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À la une de lundi, 21. janvier 2008


La Serbie tombe sous le charme des nationalistes


Le candidat nationaliste Tomislav Nikolic a remporté le 20 janvier le premier tour de l'élection serbe avec quatre points d'avance sur le chef d'Etat sortant, Boris Tadic. Un second tour départagera le 3 février ces deux hommes qui possèdent une vision radicalement différente sur l'avenir européen de la Serbie.


Delo - Slovénie

Sasa Vidmajer estime que l'UE a trop soutenu le candidat pro-européen Tadic afin de parvenir à signer un accord de stabilité et d'association (le 7 novembre 2007). Et elle aurait même cédé sur ses principes afin de trouver une solution à la question du Kosovo. "Après que Bruxelles a expliqué, des années durant, que l'arrestation des criminels de guerre était une condition sine qua non à tout accord avec l'UE, les politiciens européens se montrent désormais peu dignes de foi, sans principes. (...) Le message que l'Europe adresse à la Serbie est catastrophique : l'UE relâche sa pression sur un Etat qui protège des criminels de guerre présumés et qui ne respecte pas les valeurs européennes. La Slovénie est également tombée dans ce traquenard lorsque que le pays a pris le flambeau de la présidence tournante de l'UE [le 1er janvier]. (...) Les Pays-Bas sont désormais isolés sur la scène internationale car ils respectent le principe selon lequel la question du Kosovo ne devrait pas être associée à l'avenir européen de la Serbie." (21.01.2008)


Berliner Zeitung - Allemagne

Frank Herold explique qu'une majorité de Serbes se montre favorable à une adhésion à l'UE et reste attachée au Kosovo. "Néanmoins, le pays va devoir décider de ce qui le plus important pour lui : essayer de défendre un bien perdu ou gagner son avenir. Ce n'est pas la première fois que la Serbie se trouve à la croisée des chemins et, trop souvent, elle a choisi la mauvaise route. (...) Si l'offre de l'UE devait s'avérer insuffisante et si la majorité des Serbes devait choisir les nationalistes radicaux dans le round décisif, ce serait certes un échec pour l'Europe, mais ce serait d'abord un échec pour les Serbes. Ils ne peuvent en effet plus empêcher la séparation du Kosovo. Or, tout rapprochement avec l'UE serait bloqué dans un proche avenir." (21.01.2008)


Die Presse - Autriche

Doris Kraus estime qu'un rapprochement de la Serbie avec la Russie n'est qu'une simple escarmouche électorale. "La menace de l'indépendance du Kosovo est un nouveau coup bas porté à la fierté serbe. Et, naturellement, l'Ouest en est encore le responsable. Dans ce contexte, il n'est pas étonnant que la Serbie n'hésite pas à jouer la 'carte de l'Est' pendant la campagne électorale. En témoigne la déclaration du candidat nationaliste Tomislav Nikolic, qui affirme que la Serbie chercherait son salut politique dans un rapprochement avec la Russie. Cependant, cet atout ne peut être décisif car il ne tient pas compte de la réalité: la Serbie se trouve en Europe et, à moyen terme, le pays sera encerclé par des membres de l'UE." (21.01.2008)


Corriere della Sera - Italie

"Après toutes ces années, nous en sommes encore au point de départ : comment se débarrasser de l'héritage de [Slobodan] Milosevic ?", se demande l'analyste politique Bratislav Grubacic dans une interview réalisée par Mara Gergolet. "Nous avons hérité de tant de choses désastreuses - la corruption, la débâcle économique, l'isolement international - qu'aucun gouvernement n'a réussi à faire une vraie transition. (...) Ils [les radicaux] sont anti-systèmes, eurosceptiques, extrémistes. Il s'agit d'un phénomène contestataire commun à de nombreux pays d'Europe de l'Est. (...) Tout cela est le résultat de la guerre des Balkans. Il n'a pas toujours été facile de comprendre qui avait gagné et qui avait perdu. Prenons le cas du Kosovo : personne n'a expliqué aux Serbes qu'ils avaient perdu cette guerre." (21.01.2008)


» Ensemble de la revue de presse de lundi, 21. janvier 2008

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