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À la une de lundi, 28. janvier 2008


Deux scrutins régionaux changent la donne en Allemagne


Des élections régionales ont eu lieu le 27 janvier dans le Land de Hesse et celui de Basse-Saxe. Dans le premier, le ministre-président Roland Koch (Union chrétienne-démocrate, CDU) a obtenu un très mauvais résultat et pourrait perdre son mandat. Dans le second, la CDU est également en baisse mais reste au pouvoir. Quelles seront les conséquences de ces élections sur la politique nationale allemande ?


Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Selon Heribert Prantl, "le SPD [Parti social-démocrate allemand] glisse vers la gauche et le Parti de la gauche commence à conquérir l'Ouest. Cette journée électorale va modifier la politique allemande. Dans le Land de Hesse, les électeurs redécouvrent un parti que l'on considérait déjà comme mort et enterré. La social-démocratie n'était plus rouge, mais blafarde. Elle avait peur de son histoire et de ses membres. Elle tremblait devant le Parti de la gauche comme on tremble devant un ennemi invincible. (...) Il a fallu beaucoup de temps avant que les annonces des licenciements massifs et les milliards perdus dans les faillites discréditent les promesses néolibérales et réhabilitent la politique sociale. [Andrea] Ypsilanti, qui incarne l'avant-garde du SPD, n'est pas une candidate enfermée dans le passé. Au sein de son parti, cette femme franche montre l'exemple : un social-démocrate ne doit pas se réfugier dans le nirvana politique ou rallier le Parti de la gauche (...) pour  pouvoir parler de justice sociale." (28.01.2008)


Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Jürg Delial estime que le système des partis allemands a connu une évolution si défavorable que l'on envisage une réforme du droit de vote pour favoriser la stabilité des majorités. "Les élections n'ont pas uniquement bloqué la situation entre les deux premiers partis du pays. Elles ont également favorisées l'implantation du Parti de la gauche, qui s'appelle officiellement La Gauche [Die Linke]. En Basse-Saxe, où la CDU [Union chrétienne-démocrate] pourra gouverner avec le FDP [Parti libéral démocrate], La Gauche a fait son nid. Ainsi, dans l'Ouest de l'Allemagne, le modèle des cinq partis semble de plus en plus désastreux, ce qui ne signifie rien d'autre que la déstabilisation du système parlementaire. Tous les partis bien établis traitent La Gauche comme un enfant crasseux. Mais comment peut-on gouverner sans elle ? Une grande coalition rassemblant la CDU et le SPD serait au mieux un pis-aller, comme nous l'a récemment montré le gouvernement fédéral regroupant la droite chrétienne et les sociaux-démocrates." (28.01.2008)


Hospodářské noviny - République tchèque

Jiri Sladek analyses les conséquences du scrutin régional de Hesse sur la politique nationale. "Ces élections sont tout d'abord un test de popularité pour les élections parlementaires du Bundestag qui se tiendront l'année prochaine, et en particulier pour la CDU [Union chrétienne-démocrate] et le SPD [Parti social-démocrate], qui forment la grande coalition. Pendant la campagne, les deux camps ont joué la carte du populisme. Les conservateurs se sont concentrés sur la sécurité intérieure et la fermeté envers les immigrés. La gauche, quant à elle, a axé sa campagne sur le salaire minimal. C'est surtout ce dernier thème qui a suscité l'intérêt des électeurs. (...) Le SPD peut désormais être confiant au niveau fédéral et poser d'autres exigences pour atténuer certaines conséquences des réformes sociales mises en places." (28.01.2008)


El País - Espagne

José Comas estime que les mauvais résultats enregistrés par Roland Koch est "une magnifique illustration de la maturité des électeurs. A l'inverse de 1999, la campagne contre la double nationalité des immigrés, qui lui avait permis d'accéder à la présidence du Land de Hesse, n'a cette fois pas fonctionné. La tentative de Koch de mobiliser la majorité silencieuse avec des thèmes xénophobes et un anticommunisme obsolète a eu un effet boomerang car il pourrait même, selon les résultats provisoires, perdre la présidence de ce Land. L'échec de Koch bénéficie à Merkel (CDU) car la chancelière avait participé en rechignant à sa campagne populiste. Cette défaite éloigne le danger que représente pour elle l'un des plus ambitieux hommes politiques de la CDU, un rival qui ne cessait de lui couper l'herbe sous le pied." (28.01.2008)


» Ensemble de la revue de presse de lundi, 28. janvier 2008

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