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À la une de mardi, 3. juin 2008


Les élections en Macédoine


Le parti conservateur du Premier ministre Nikola Gruevski a remporté les élections législatives anticipées en Macédoine. Ce vote a pourtant donné lieu à des actes de violences. Quelles sont les conséquences de ces élections tendues sur le processus d'unification européenne ?


Die Presse - Autriche

Avec les violences provoquées lors des élections législatives de dimanche, la minorité albanaise de Macédoine met tout le pays en difficultés, écrit le quotidien Die Presse : "L'OSCE a clairement localisé la violence, en l'occurrence exclusivement dans les régions majoritairement albanaises." Les violences lors des élections législatives "ne font aucun bien à un pays fragile qui a déjà fort à faire entre sa faible économie, son mélange de populations complexe et ses voisins. L'Union européenne pourrait désormais aussi geler les perspectives d'adhésion pour Skopje. … On peut formuler cela plus clairement : les Albanais mettent tout en pièces dans le magasin de porcelaine de la démocratie. La minorité albanaise est divisée et représente près de 25 pour cent de la population d'un pays qui compte 2,1 millions d'habitants. Elle part en guerre selon les règles de la traditionnelle culture balkanique du conflit et laisse entrevoir à quel point elle est éloignée de la maturité européenne." (03.06.2008)


Ta Nea - Grèce

La porte de l'Union européenne s'est refermée pour la Macédoine après les irrégularités constatées lors des élections, commente le quotidien Ta Nea. "Les citoyens du pays n'ont pas eu besoin du rapport de l'OSCE pour se rendre compte de l'étendue des irrégularités constatées lors des élections. Le coupable moral n'est autre que Nikola Gruevski et les victimes pas seulement les Albanais, mais aussi les Macédoniens slaves. … La porte de l'Union européenne s'est refermée ; le pays vit [son rêve d'une adhésion à l'UE] avec deux ethnies différentes et un homme à sa tête qui souhaite la répression de tous. Un jour, Skopje retrouvera le chemin de la démocratie. Car c'est là le cours de l'histoire et qu'il est indépendant du lourd héritage des Balkans. Et la Grèce, ainsi que d'autres pays européens, prendront alors l'ARYM [Ancienne République Yougoslave de Macédoine] par la main. En attendant, les débats sur le nom du pays sembleront vraiment venir d'une autre planète." (03.06.2008)


Tages-Anzeiger - Suisse

Le quotidien Tagesanzeiger se penche sur la victoire du Premier ministre macédonien Nikola Gruevski, dont le parti démocrate pour l'unité nationale est devenu la force politique majoritaire au sein du Parlement macédonien : "Après le sommet de l'OTAN en avril dernier, lors duquel le chef du gouvernement a compris que la Grèce … ne céderait pas et que l'adhésion de la Macédoine dans l'alliance atlantique serait bloquée, celui-ci a appelé à des élections législatives anticipées. … La date des élections est sans conteste tombée à point nommé pour Gruevski. Il pouvait alors endosser le rôle du défenseur des intérêts nationaux et de l'identité macédonienne. … Il a donc pu détourner l'attention des électeurs des problèmes économiques de son pays. Car exceptée la lutte contre la corruption …, son gouvernement n'a que très peu de succès à mettre à son actif. Au cours des derniers mois, les prix des produits alimentaires ont augmenté. L'inflation a englouti la croissance économique." (02.06.2008)


Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Après les élections législatives en Macédoine, entachées d'incidents violents et d'irrégularités, le Süddeutsche Zeitung écrit : "En Macédoine, le terme de combat électoral est pris au pied de la lettre. … L'Etat est trop faible pour pouvoir entreprendre quoi que ce soit contre ce retard politique. … La stabilité de ce pays est [pourtant] importante pour tous les Balkans. Le pays est entouré de voisins plutôt hostiles. D'innombrables conflits restent irrésolus. … La guerre de tranchées entre Albanais et la querelle avec la Grèce paralysent la Macédoine. C'est pourquoi la diplomatie de l'UE est particulièrement sollicitée afin que l'intégration à l'Ouest de toute la région puisse enfin se poursuivre. Au vu des difficultés rencontrées par l'UE au cours de sa mission de contrôle de l'indépendance kosovare, il ne faut pas s'attendre à un miracle de la part de Bruxelles. Dans le meilleur des cas, l'UE peut contribuer à un apaisement superficiel." (03.06.2008)


» Ensemble de la revue de presse de mardi, 3. juin 2008

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