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À la une de lundi, 8. septembre 2008


La réorganisation sociale-démocrate


Un an avant les élections législatives, le Parti social-démocrate d'Allemagne (SPD) en crise ose se réorganiser: le ministre des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier a été désigné comme candidat du parti à la chancellerie lors d'un congrès dimanche dernier et Franz Müntefering, un des "éléphants" du parti, comme nouveau président du SPD. Le président en poste, Kurt Beck, a démissionné. La presse européenne analyse ce changement de direction au sein du parti le plus ancien d'Allemagne.


Hospodářské noviny - République tchèque

Pour le journal économique Hospodářské noviny, le changement de direction au sein des socio-démocrates allemands n'est pas une surprise: "Les résultats des sondages incroyablement bas ont obligé le SPD à agir. Désormais ce sont Frank-Walter Steinmeier et Franz Müntefering, deux proches de l'ancien chancelier Gerhard Schröder qui doivent stopper la chute libre. La responsabilité de la baisse a été imputée à l'actuel président Kurt Beck que les Allemands considèrent comme imprévisible. Ils lui reprochent surtout de tergiverser en permanence sur la collaboration avec l'extrême gauche au niveau fédéral. ... Le SPD sent que ses adversaires veulent l'éclipser. La chancelière Angela Merkel lui vole ses électeurs du centre avec sa politique sociale. Le parti de gauche marxiste chasse pour sa part avec succès sur les rives gauches de l'électorat du SPD. En Sarre, die Linke devance entre-temps le SPD dans les sondages. La question est de savoir comment il faut réagir." (08.09.2008)


Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Pour Heribert Prantl, responsable de la politique intérieure du quotidien Süddeutsche Zeitung, ce changement de direction à la tête du SPD a toutes les allures d'un putsch. "Cela devait être un putsch tranquille au cours duquel Beck devait faire contre mauvaise fortune bon cœur. Mais Beck n'a pas ce talent. La coupe était pleine pour lui et cela peut se comprendre. … Steinmeier n'a pas trahi Beck - mais il lui a retiré les commandes. Il ne s'est même pas donné la peine de laisser le président du parti jouer son rôle de président : désigner le candidat à la chancellerie. … Il a ainsi ôté à Beck l'occasion de considérer la désignation du candidat comme sa souveraine décision et d'asseoir sa position en tant que chef de parti d'une façon ou d'une autre. … Steinmeier, ancien bras droit de Schröder, un partisan de la politique de force, a ainsi livré son ouvrage d'artisan en matière de politique de force. Il a agi comme s'il avait été sous l'emprise de Schröder… Le coup du parti ne fait pas de lui un politique charismatique. Il est aussi peu charismatique qu'Angela Merkel peut l'être - dans la mesure où la concurrence entre ces deux est intéressante." (08.09.2008)


Corriere della Sera - Italie

Le quotidien Corriere della Sera décrit la prise de becs au sein du SPD comme "une révolution au sommet [de ce parti] dictée par le désespoir. … Frank-Walter Steinmeier, ministre des Affaires étrangères et vice-chancelier dans la grande coalition, est populaire, mais il lui manque la base. Il n'a pas de fief de partisans. Steinmeier est un réformateur, proche de l'ancien chancelier Schröder, et il recentre l'axe du SPD après le va-et-vient de Beck. Sa faiblesse réside dans le fait qu'il n'a jamais été élu et qu'il n'a aucune expérience en politique intérieure. Sa candidature ne suscite aucune difficulté pour le gouvernement de la grande coalition : les adversaires aux élections de 2009 sont la chancelière Angela Merkel et son vice-chancelier Steinmeier. Ils doivent travailler ensemble au sein du gouvernement et s'affronter sur le théâtre de la campagne électorale." (08.09.2008)


Delo - Slovénie

Le quotidien Delo commente les répercussions du changement de direction au sein du SPD sur la politique extérieure allemande : "Il a suffi d'une seule journée pour mettre un terme aux nombreuses incertitudes et au jeu de devinettes de l'année dernière au sein du SPD. … La désignation de Steinmeier comme candidat SPD à la chancellerie va donner une nouvelle dynamique à la vie politique intérieure en Allemagne. … Ce qui est particulièrement intéressant pour la politique extérieure car Steinmeier et la chancelière Merkel ne font aucun mystère de leurs différentes positions par rapport à la Russie, les Etats-Unis ou encore la Chine. Le social-démocrate va 'défier' la chancelière dans le domaine de la politique extérieure, un terrain sur lequel Angela Merkel a réussi à marquer beaucoup de points jusqu'ici." (08.09.2008)


» Ensemble de la revue de presse de lundi, 8. septembre 2008

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