À la une de lundi, 20. octobre 2008
L'Espagne en quête de justice
Le juge d'instruction espagnol Baltasar Garzón veut réexaminer les crimes de la guerre civile espagnole et de la dictature du Général Francisco Franco qui lui a succédé. Certains estiment que rendre la justice est important, tandis que les autres pensent que Garzón n'est motivé que par une volonté de notoriété. La presse européenne se demande quel traitement réserver au passé espagnol.
ABC - Espagne
En dépit de l'importante critique publique suscitée, le quotidien ABC estime que la procédure engagée par Garzón est nécessaire : "Les arguments contre le rôle de Garzón ne sont pas sans fondement : faire un procès du franquisme n'est ni la procédure la plus judicieuse, ni la plus pratique et la moins onéreuse qui soient. Il est vrai que l'histoire l'a déjà condamné, et il est vrai que la plupart des gens - des électeurs - ont d'autres priorités. Mais même s'il ne devait rester qu'une seule victime dans le pays demandant à être dédommagée, celle-ci ne se satisfera pas de réponses politiques. Et si cette victime demande justice dans une affaire encore non jugée, et si nous parlons de crimes contre l'humanité, qui constituent des crimes imprescriptibles, nous devrions au moins considérer comme légitime que les juges cherchent un moyen d'apporter une réponse juridique – à savoir la garzonada [une action à la façon de Garzón]." (20.10.2008)
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Tous les textes disponibles de » Irene Lozano
La Razón - Espagne
Le quotidien espagnol La Razón reproche au juge d'instruction Garzón d'être plus motivé par un désir de notoriété personnelle que par la recherche de la justice : "[Garzón] a soudain transformé ses investigations sur les crimes commis pendant la guerre civile et le franquisme en un référé, pour éviter que le parquet ne puisse agir à temps et que le tribunal correctionnel ne le déclare incompétent ou non pour juger cette affaire. Avec ce stratagème, il oblige le parquet à engager une procédure contre son action, ce qui lui accorde un délai pour l'accepter ou la refuser. Cela lui laisse le temps de faire ouvrir quelques tombes et se faire photographier avec le crâne de [Federico] García Lorca [poète espagnol victime des épurations politiques] devant tous les médias. … Au cours des années, Baltasar Garzón n'a cessé de montrer que ses actes étaient souvent motivés par une soif de notoriété personnelle exagérée." (20.10.2008)
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taz - Allemagne
Le quotidien die tageszeitung réfléchit aux possibilités d'effectuer le travail de mémoire. "Même si les responsables sont pour la plupart morts depuis longtemps, l'enquête de Garzón sur ces 'crimes contre l'humanité' est importante. Les survivants attendent depuis bien trop longtemps que justice soit rendue. Mais le travail de mémoire est difficile. Tandis que certains espèrent enfin voir ouverts les charniers disséminés dans le pays et les dépouilles des personnes assassinées transférées dans des cimetières, d'autres ne sont pas très à l'aise à cette idée. … Pour préserver le souvenir des terribles années de la guerre civile et de la dictature, une solution bien plus symbolique pourrait être imaginable. Au lieu de transférer les restes des victimes dans des caveaux familiaux, la fosse commune de [Federico] García Lorca pourrait servir d'exemple. Pourquoi les autorités ne prendraient-elle pas l'initiative d'ériger des monuments commémoratifs et des parcs partout où se trouvent des fosses communes ? Cela rendrait cette histoire cruelle bien plus accessible." (20.10.2008)
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Tous les textes disponibles de » Reiner Wandler
» Ensemble de la revue de presse de lundi, 20. octobre 2008