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À la une de mardi, 25. novembre 2008


La Grande-Bretagne diminue sa TVA


Le gouvernement britannique baisse la TVA de 17,5 à 15 pour cent afin de relancer la conjoncture. La presse européenne discute du pour et du contre d'une telle mesure. Une telle initiative pourrait-elle également aider l'économie d'autres pays ?


The Guardian - Royaume-Uni

Le quotidien de gauche The Guardian s'interroge : "Les remèdes [du chancelier de l'Echiquier Alistair] Darling fonctionneront-ils ? Certains peut-être. L'ensemble de mesures destiné à aider les petites entreprises est excellent : il est ciblé et rigoureux. Le soutien aux consommateurs – dont la part du lion est la baisse de la TVA – semble plus risqué, bien qu'il soit judicieux de cibler les retraités et les pauvres, ceux-ci payant en général une part plus importante de leurs revenus. Il est toutefois peu probable que l'économie connaisse la récession courte et intense que le gouvernement prédit. … L'élément déterminant pour remettre l'économie en état de marche n'est pas d'augmenter les dépenses publiques mais d'inciter les banques à prêter à nouveau de l'argent. Jusque-là, les prévisions de croissance et des finances publiques sont tout autant énigmatiques que les analyses." (25.11.2008)


The Irish Times - Irlande

Le quotidien irlandais The Irish Times estime que le pas franchi par les Britanniques comporte un risque acceptable mais qu'il désavantage l'économie irlandaise : "La stimulation en matière de politique budgétaire – grâce à une réduction d'impôts peu élevés – représente un jeu de loterie calculé. Face à la faiblesse de l'économie britannique, cela représente pourtant un risque qu'on devrait prendre. … La décision d'hier pourrait être désavantageuse pour l'économie irlandaise. Dans les régions frontalières, la faiblesse persistante de la livre britannique a rendu les marchandises britanniques très bon marché. Pour les visiteurs de la République [d'Irlande], un taux de TVA de 15 pour cent rendra les achats transfrontaliers encore plus attractifs. … Cela arrive exactement au moment où le gouvernement [irlandais] vient d'augmenter la TVA d'un demi-point à 21,5 pour cent. Avec une livre sterling qui va continuer à chuter en raison du paquet fiscal annoncé hier, le préjudice semble encore plus important." (25.11.2008)


taz - Allemagne

Le quotidien de gauche die tageszeitung salue l'intervention britannique. Naturellement, une baisse de la TVA coûterait cher au gouvernement allemand, mais la Grande-Bretagne a également trouvé une solution à ce problème : "La baisse des impôts devrait être compensée plus tard par des impôts sur les revenus plus élevés pour les riches. C'est bien comme ça ! En fin de compte, cela devrait aussi corriger une situation sociale critique qui existe également en Allemagne depuis trop longtemps. Si la charge principale du financement de l'Etat est transférée des impôts directs – c'est-à-dire des impôts sur la consommation – vers les impôts indirects, la part principale des dépenses de l'Etat sera à nouveau supportée par la catégorie des hauts salaires. Qui aurait pensé qu'on souhaiterait un jour prendre la Grande-Bretagne comme exemple en matière de politique fiscale ? Mais c'est ainsi. A vous de jouer, Mister Brown ! (25.11.2008)


La Repubblica - Italie

Le quotidien italien La Repubblica salue la réduction de la taxe sur la valeur ajoutée qu'il considère comme un acte de justice sociale de la part du Premier ministre Gordon Brown : "L'augmentation des impôts sur les revenus - de 40 à 45 pour cent - pour financer la réduction de la TVA concerne près de 300 000 personnes, donc une minorité, mais elle met fin à l'alliance créée par [le prédécesseur de Brown Tony] Blair entre le New Labour et la classe privilégiée. La hausse de la dette publique de 2,8 à 4 pour cent du produit intérieur brut dépasse le seuil maximum de 3 pour cent fixé par Maastricht pour les pays de la zone euro, mais le chef du Labour se soucie peu de cela, d'autant plus que l'Angleterre n'appartient pas à cette zone et que la dette est malgré tout moins élevée qu'il y a dix ans. … L'opposition Tory de David Cameron est critique sur ce point. Car ce qu'on donne aujourd'hui devra être remboursé demain. Mais la première réaction du marché financier, une forte hausse des cours de la bourse, est positive. Si l'économie devait également réagir de façon positive d'ici Noël, Brown pourrait avoir remporté son pari." (25.11.2008)


To Ethnos - Grèce

Le quotidien To Ethnos critique la décision du gouvernement grec d'augmenter les impôts de 7,1 milliards pour l'année 2009, dans le but affiché de venir à bout de la crise économique : "Les gouvernements d'autres pays qui souhaitent résoudre le problème ont pris des mesures complètement différentes. Le Premier ministre britannique, Gordon Brown, en apporte la preuve. … Il a en effet diminué la taxe sur la valeur ajoutée de 2,5 points et réduit l'imposition des citoyens faibles économiquement, afin de relancer le marché. … Le gouvernement grec procède comme s'il ne voulait pas ou ne pouvait pas comprendre. Pour cette raison, les pratiques qu'il poursuit sont les mêmes que celles de l'année dernière ou d'il y a deux ans : une forte imposition lui permettant de masquer l'échec de la politique financière. … Le gouvernement n'est pas seulement incapable de développer une politique sérieuse, mais il n'est pas non plus en mesure de suivre la stratégie des autres pays de l'UE." (24.11.2008)


» Ensemble de la revue de presse de mardi, 25. novembre 2008

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