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À la une de vendredi, 9. janvier 2009


Tacticques russe et ukrainienne


Un accord semble se dessiner dans le conflit gazier. La Russie souhaite de nouveau exporter du gaz vers l'Europe à condition que des observateurs de l'UE contrôlent les livraisons transitant par l'Ukraine. La presse européenne commente les tactiques russe et ukrainienne.


Cotidianul - Roumanie

Le quotidien Cotidianul voit la crise du gaz comme la poursuite de la politique coloniale du Premier ministre russe Vladimir Poutine. "Quand l'Ukraine s'oppose au prix du gaz russe, elle ne reçoit pas de gaz. L'Europe se refroidit tout autant, et ce traitement glacial sera le triomphe de Moscou: l'Europe accepte les revendications de la Russie sur ses Etats voisins. Le désaccord bilatéral entre la Russie et l'Ukraine n'est autre que la concrétisation de la politique coloniale du régime de Poutine. Première phase en été, la Géorgie; deuxième phase en hiver, l'Ukraine. L'opération Poutine-Gazprom décide donc du fait que l'Ukraine et la Géorgie n'ont pas à se rapprocher de l'UE et de l'OTAN, et qu'ils doivent rester sous l'influence de l'empire russe de Gazprom. La Russie stabilise de facto les nouvelles frontières à l'Est de l'UE et exerce une pression pour que l'on revienne aux prix artificiels du gaz et du pétrole dont dépend une économie sous-développée. De plus, on réduit l'Europe à un esclavage énergétique." (09.01.2009)


Dziennik Gazeta Prawna - Pologne

Le quotidien Dziennik critique l'Ukraine et estime que le pays a largement perdu la confiance de l'Occident avec le conflit gazier: "L'Ukraine a manqué l'occasion de s'intégrer à l'Ouest dans un avenir proche et de sortir de la sphère d'influence russe. La crise du gaz a révélé à l'UE et aux Etats-Unis les inquiétudes concernant l'état préoccupant de l'économie ukrainienne et le chaos qu'est devenue la vie politique. Il apparait clairement que l'Ukraine a gaspillé les quatre années qui se sont écoulées depuis la révolution orange. Elle a gâchée le capital sympathie dont elle disposait à l'Ouest. 'Contrairement au dernier conflit gazier remontant à 2006, plus personne à Bruxelles n'a l'intention de se ranger aux côtés de Kiev dans la confrontation avec Moscou. La crédibilité de l'élite politique en Ukraine est proche du niveau zéro', indique Katinka Barysch, une experte du Center for European Reform de Londres." (09.01.2009)


Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Le quotidien Süddeutsche Zeitung estime que la politique d'alliance du Premier ministre russe Vladimir Poutine représente un danger pour la cohésion de l'Europe. "Ce ne sont pas des mots vides de sens qui relient les Etats, mais la dépendance concrète engendrée par le gaz en tant que matière première. L'Europe de la Russie est pour ainsi dire ficelée dans un système de gazoduc. Le réseau de conduits s'étend sur le continent et permet d'étudier, comme dans un diagramme fléché, les interdépendances et les interactions. … La Russie veut empêcher que l'UE ne fasse bloc devant le fournisseur en gaz de l'Est. Poutine veut éviter que les structures de pouvoir entre le fournisseur et les clients (solvables) n'évolue au détriment de la Russie. Moscou a donc besoin d'une clientèle divisée et préoccupée par un seul objectif: que le gaz circule." (09.01.2009)


De Standaard - Belgique

Selon le quotidien De Standaard, le conflit gazier met en évidence les relations problématiques au sein de l'Europe: "Depuis l'été dernier et la campagne militaire en Géorgie, nous savons que la Russie n'aime pas que l'on plaisante avec elle et qu'elle ne fait pas dans la modération, que des tensions internationales apparaissent ou non. L'honneur et les intérêts de la patrie passent en premier, les grandes considérations viennent après. ... On vient de se rappeler qu'il faut prendre des pincettes avec l'ours russe contrarié. L'Europe est brutalement confrontée aux conséquences de son récent élargissement. L'Union s'étend jusqu'à l'embouchure du Danube, mais les pays de cette région, qu'ils le veuillent ou non, sont inextricablement liés à Moscou. Ils forment une communauté de destin dont beaucoup d'Européens ne sont pas conscients. Sur la carte du monde, l'Europe est un maigre appendice de la gigantesque Russie. Quand cette réalité gagne les rapports de force économiques et politiques, le refroidissement s'instille partout." (09.01.2009)


» Ensemble de la revue de presse de vendredi, 9. janvier 2009

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