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À la une de mardi, 20. octobre 2009


Des élections sans résultat en Afghanistan


Deux mois après les élections présidentielles en Afghanistan, il n'y a toujours pas de résultat certain. La commission des plaintes électorales afghanes (ECC), soutenue par les Nations unies, a annoncé lundi l'invalidité de plusieurs centaines de milliers de voix. Ainsi, le président afghan Hamid Karzaï est loin d'avoir réuni la majorité absolue. Jusqu'à présent, celui-ci refuse toutefois la tenue d'un second tour entre lui et le candidat arrivé en seconde position, Abdullah Abdullah.


Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

Les élections présidentielles ont mené l'Afghanistan dans une impasse qui ne présente des avantages que pour les talibans, juge le quotidien conservateur Frankfurter Allgemeine Zeitung : "On peut admirer une symphonie de l'échec à laquelle de nombreux musiciens ont apporté leur contribution : les candidats, les Nations unies, les Américains et aussi les Européens. … En collaborant contre son gré avec l'ancien chouchou [le président Hamid] Karzaï, la communauté internationale est parvenue à mener le pays dans une situation de quasi impasse. Si le président sortant devait en outre être déclaré vainqueur au premier tour, les Afghans ne croiront pas que les choses se sont passées de manière juste. Si l'on aboutit à un scrutin de ballottage, celui-ci risque de ne pas apporter de progrès en matière de légitimité en raison de la faible participation. … Les talibans observent ce spectacle désolant avec un flegme sardonique. Ils n'auraient pas pu ridiculiser la communauté internationale et le gouvernement détesté de Karzaï de meilleure façon qu'ils ne l'ont fait eux-mêmes." (20.10.2009)


Die Presse - Autriche

L'expérience démocratique a échoué, estime le quotidien Die Presse devant le rapport de la commission des plaintes électorales sur les fraudes commises lors des élections présidentielles afghanes : "Il n'y a plus aucun doute désormais sur le fait que Karzaï a largement fait truquer les élections présidentielles du 20 août. La commission des plaintes électorales, contrôlée par l'ONU, vient de déclarer l'invalidité de plusieurs centaines de milliers de voix. Ce qui était déjà évident depuis plusieurs semaines devient ainsi quasiment officiel : Karzaï n'a pas réuni la majorité absolue. Un second tour est nécessaire. Un gouvernement d'union tenant compte de son adversaire [Abdullah Abdullah] ne résoudra pas le problème. Il faut donner la possibilité aux Afghans de sortir Karzaï dans un scrutin juste et équitable. L'Occident doit désormais rester ferme. Il ne peut pas dénoncer haut et fort les manipulations électorales en Iran et laisser dans le même temps Karzaï tranquille." (20.10.2009)


The Times - Royaume-Uni

Le président afghan Hamid Karzaï doit autoriser un second tour car le pays a besoin d'un gouvernement légitime, écrit le quotidien conservateur The Times : "Il n'en a peut-être pas envie. Karzaï a … bâti son propre réseau complexe de loyautés et d'alliances locales. … Il a profité pendant un certain temps de son rôle de défenseur de l'Afghanistan face aux intérêts occidentaux. Paradoxalement, il est toujours la meilleure option pour l'Occident en tant que figure de proue de l'Afghanistan, et il peut penser qu'il ne pourra pas être écarté aussi facilement. Cela est vrai, mais on peut aussi l'ignorer. Au final, l'Occident aura besoin en Afghanistan d'un gouvernement central capable, mais de nombreux arguments sont en faveur d'une approche plus locale à court terme. … M. Karzaï doit savoir qu'il peut soit être un partenaire pour la reconstruction de son pays, soit observer … celle-ci sans y être impliqué. … Nos troupes ne peuvent pas continuer à mourir pour défendre un régime corrompu. L'Afghanistan a besoin d'un gouvernement légitime." (20.10.2009)


» Ensemble de la revue de presse de mardi, 20. octobre 2009

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