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À la une de vendredi, 27. août 2010


La critique persistante des expulsions de Roms en France


Alors que les sondages indiquent que deux tiers des Français approuvent l'actuelle politique à l'égard des Roms du président Nicolas Sarkozy, les critiques internationales se poursuivent. Discrimination, non-respect des droits fondamentaux et électoralisme populiste sont les principales accusations de la presse, qui polémique sur le rôle de l'UE dans le conflit.


Süddeutsche Zeitung - Allemagne

La France organise le 6 septembre une rencontre interministérielle sur l'immigration illégale. Y participeront l'Italie, la Grande-Bretagne, l'Allemagne, l'Espagne et la Grèce. Le rôle de cette assemblée exclusive est uniquement de relativiser la liberté d'installation des Roms au sein de l'UE, critique le quotidien de centre-gauche Süddeutsche Zeitung : "Les principaux pays d'origine des Roms - Roumanie, Bulgarie, Hongrie, Slovaquie - ne sont pas invités. Bruxelles semble désemparée ; elle vérifie si l'exclusion de milliers de Roms de la France vers la Bulgarie et la Roumanie est légitime, alors qu'officiellement 'on ne peut être expulsé simplement parce qu'on est Rom'. Il est donc demandé à la France et à l'Italie de faire ce qui est normal, mais qui semble manifestement ne pas l'être : respecter les 'droits fondamentaux'. … Un continent qui a connu l'holocauste ne doit à aucun prix se laisser aller de nouveau à juger la valeur de ses citoyens et à les répartir en catégories, en individus désirables et indésirables, et au final en individus de valeur et dépourvus de valeur." (27.08.2010)


Népszabadság - Hongrie

Le président français Nicolas Sarkozy a rendu les immigrés roms responsables de l'augmentation de la criminalité en France, analyse le quotidien de centre-gauche Népszabadság. Mais cela ne relève que d'une campagne électorale anticipée et viciée : "Au palais de l'Elysée, on dit que Sarkozy n'a pas déclaré la guerre aux Roms roumains et bulgares, mais à la 'criminalité'. S'il était vraiment question de criminalité, ces mesures seraient tout à fait acceptables. Mais seuls les campements roms sont la cible de la campagne du chef de l'Etat français. … La moitié du continent a déjà compris que Sarkozy menait une campagne électorale précoce en expulsant les Roms vers leurs pays." (27.08.2010)


Gândul - Roumanie

La politique à l'égard des Roms du président français Nicolas Sarkozy est même critiquée par la Chine, mais pour des motifs déloyaux, estime le quotidien Gândul. Mais il n'y a pas non plus d'unanimité au sein de l'UE : "Les critiques les plus acerbes envers la République française se trouvent dans la presse chinoise. Pas parce que celle-ci se soucie du sort des tziganes, mais parce que la Chine peut désormais ridiculiser la 'différence entre la parole et les actes dans le domaine des droits de l'homme en Occident'. … Certains demandent une 'stratégie européenne' pour ces groupes ethniques. Une telle stratégie serait selon eux difficile à esquisser, d'autant plus que l'UE n'a même pas trouvé de soutien suffisant pour une stratégie énergétique ou une politique étrangère [commune]." (27.08.2010)


Dnevnik - Bulgarie

L'eurodéputé socialiste bulgare Kristian Vigenin a critiqué mercredi l'attitude de l'UE quant à l'expulsion des Roms bulgares de France et demandé la création d'un poste de commissaire européen en charge des minorités. Mais la Bulgarie doit prendre elle-même en main ses problèmes de minorités, écrit le quotidien Dnevnik : "On ne peut pas tout simplement transférer les obligations des gouvernements nationaux à l'égard de leurs citoyens vers de quelconques et obscures structures paneuropéennes. Les Roms sont l'un des problèmes les plus graves de la Bulgarie. Nous devons trouver des solutions pour cela et non des moyens de déplacer les choses hors du pays. … Le problème, ce ne sont pas seulement les tziganes, mais la 'tziganisation'. La question est de savoir si les Bulgares intégreront la minorité rom dans les fondements de la vie civilisée comme un élément à priori constitutif de la nation, ou si la minorité parviendra à accaparer la majorité ; si nous serons en mesure de civiliser lentement mais sûrement ce ghetto, ou bien si ce ghetto fera progressivement partie de nous." (26.08.2010)


» Ensemble de la revue de presse de vendredi, 27. août 2010

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