À la une de jeudi, 24. février 2011
Intervenir pour la paix en Libye
Les troupes fidèles au régime libyen continuent de s'en prendre violemment aux manifestants. Le Conseil de sécurité de l'ONU, les Etats-Unis et l'UE ont appelé le chef d'Etat libyen Mouammar Kadhafi à renoncer à la violence et envisagent des sanctions. Pour la presse, il faut les adopter immédiatement et envisager l'option d'une intervention militaire.
Süddeutsche Zeitung - Allemagne
L'Europe doit intervenir immédiatement en Libye, préconise le quotidien de centre-gauche Süddeutsche Zeitung, en lui demandant deux mesures concrètes : "Même si les sanctions impressionnent peu Kadhafi, elles auront toutefois une force symbolique. Elles doivent être adoptées immédiatement. Il faut ensuite que l'Europe présente une menace convaincante. Le mieux serait qu'elle forme une coalition avec la Ligue Arabe, l'Egypte et l'Union africaine. Une coalition dotée d'un mandat de l'ONU qui puisse intervenir militairement en Libye pour restaurer la paix. Ce serait vraisemblablement la seule menace qui puisse encore inciter les derniers partisans de Kadhafi à se détourner du dictateur. … Mais il y a bien une chose que l'Europe ne doit pas faire, c'est attendre. Une Libye qui se désintègre et sombre dans une guerre civile et tribale pourrait mettre le feu à toute la région. Depuis les guerres des Balkans, les Européens connaissent la valeur d'une intervention précoce. Ils avaient raté le bon moment à l'époque. Ils ne doivent pas répéter cette erreur en Afrique du Nord." (23.02.2011)
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Tous les textes disponibles de » Martin Winter
NRC Handelsblad - Pays-Bas
Pour faire cesser les crimes contre l'humanité, l'Occident doit désormais prendre des sanctions contre la Libye, estime le quotidien libéral NRC Handelsblad : "On ne peut intervenir militairement directement sans mandat de l'ONU. Mais si le Conseil de sécurité ne prend cette décision qu'après-demain, il sera peut-être trop tard. Entre-temps, on peut néanmoins prendre des mesures légitimes et - espérons-le - efficaces. La proposition du président français Sarkozy d'isoler Kadhafi au moyen de sanctions financières est un début. … Il est fondamental de bloquer les comptes et les opérations bancaires des personnes et des entreprises du régime. Les mercenaires ne sont pas des idéalistes, ils combattent juste quand ils sont payés. … Et si les avions et les hélicoptères continuent de tirer sur les citoyens, on peut envisager d'exiger une zone d'interdiction de vol au-dessus de la Libye. Un blocus maritime est aussi une option. Ce sont des mesures en marge du principe de souveraineté, mais elles sont opportunes, le chaos menaçant de s'aggraver en Libye." (24.02.2011)
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Avvenire - Italie
Si l'Europe et les Etats-Unis condamnent la violence en Libye, ils hésitent encore à prendre des sanctions. La communauté internationale ne peut pourtant pas rester les bras croisés, met en garde le quotidien catholique Avvenire : "En Libye, il y a le risque que le peuple soit abandonné à lui-même et devienne ainsi une victime facile des bandes djihadistes. Nous sommes devant une nouvelle Somalie potentielle. Ou pire encore, un Afghanistan méditerranéen. … Un cauchemar avec un flux massif de réfugiés en perspective. … Pour faire cesser la folie meurtrière de ce tyran sanguinaire, l'Occident - et pas seulement - doit être prêt à tout, même à une intervention humanitaire des Casques bleus de l'ONU. Mais l'Europe doit surtout réagir. La crise libyenne est l'occasion de donner enfin un sens au mirage que constitue la politique étrangère européenne et de donner un travail digne de ce nom à sa représentante, l'indicible baronne Ashton." (24.02.2011)
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Tous les textes disponibles de » Luigi Geninazzi
Die Presse - Autriche
Vu le délitement de l'ordre public en Libye, l'Europe craint de nouvelles vagues de réfugiés venus d'Afrique. Le ministre des Affaires étrangères italien Franco Frattini évoque même 200.000 à 300.000 immigrés supplémentaires. L'Europe a sa part de responsabilité dans ce scénario, estime le quotidien libéral conservateur Die Presse : "De nombreux Européens, Italiens et Maltais en tête, n'ont pas eu honte de conclure un sale marché avec Kadhafi. Le dictateur libyen avait ouvertement demandé des milliards d'euros à l'UE pour continuer à contenir en Afrique les flux d'émigrés économiques maghrébins, et les tenir à distance de l'UE. On se demande comment les politiques ont pu être naïfs ou vaniteux au point d'espérer sérieusement des avantages durables de ce terrible chantage. … Le mal est ailleurs : presque aucun pays ne tire un trait clair entre réfugiés et immigrés. Presque aucun politique ne reconnaît que rien n'a été fait pendant des décennies en matière d'immigration contrôlée." (24.02.2011)
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Tous les textes disponibles de » Claudia Dannhauser
» Ensemble de la revue de presse de jeudi, 24. février 2011