À la une de vendredi, 18. novembre 2011
L'Europe entre technocratie et démocratie

Des policiers frappent jeudi des étudiants à Milan qui manifestaient contre les plans d'austérité (©AP)
Tandis que les experts gouvernent l'Italie et la Grèce et que les experts financiers de la troïka contrôlent le Portugal et l'Irlande, des milliers de personnes manifestent contre les technocrates non démocrates. Mais on n'a pas le droit de s'en prendre aux innocents, mettent en garde certains commentateurs. D'autres recommandent comme issue au dilemme démocratique une fédération européenne et une Constitution soumise au vote de tous les Européens.
La Stampa - Italie
Jeudi, le Sénat italien a accordé sa confiance au Premier ministre Mario Monti et à son cabinet d'experts. Seule la Ligue du Nord populiste de droite a voté contre. Au même moment des milliers de manifestants défilaient dans la rue et critiquaient ce cabinet qualifié de "gouvernement des banquiers". Mais la critique se trompe de cible, estime le quotidien libéral La Stampa : "Quand le danger menace, la tentation est forte de montrer les coupables du doigt en recherchant l'approbation. Jusqu'à hier les interprètes supposés de la voix du peuple diabolisaient la caste des politiques à qui elle attribuait une culpabilité encore plus grande que celle qu'elle porte déjà. Maintenant la vague de protestation semble se diriger vers l'élite en général, ce qui devrait permettre aux politiques de respirer - malheur partagé n'est malheur qu'à demi. Mais les banques italiennes ne portent qu'une responsabilité limitée et la banque d'émission italienne aucune. Au contraire, elle a essayé d'endiguer l'endettement. Mais qui s'en inquiète quand il s'agit de s'exercer au tir. La Ligue du Nord, désormais dans l'opposition, cherche à récupérer des voix, et l'extrême gauche à se fabriquer un nouvel ennemi, maintenant que Berlusconi n'est plus disponible." (18.11.2011)
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Le Monde - France
Le mouvement des indignés descend dans les rues et occupe des places dans toute l'Europe parce qu'elle estime que seuls les banquiers et les technocrates prennent les décisions importantes. Pour préserver la démocratie, l'Europe a besoin d'une Constitution, estime l'expert en droit Dominique Rousseau dans le quotidien libéral de gauche Le Monde : "La république parlementaire est une forme politique : elle a une apparence, la responsabilité des gouvernants devant le Parlement et le peuple ; et une réalité, leur responsabilité devant les marchés. En clair, il s'agit de plouto-républiques ! ... En 1788, pour répondre à la crise des finances du royaume, Louis XVI convoque les Etats généraux qui, en 1789, s'autoproclament Assemblée nationale et, par l'écriture de la Constitution, elle transforme les peuples qui vivaient sur le territoire de la France en peuple français. Au Parlement européen, aujourd'hui, d'avoir la même audace. Il est la seule institution issue du suffrage universel et cette légitimité lui donne la capacité de s'autoproclamer Assemblée constituante et de proposer au vote des peuples européens une Constitution qui s'ouvrirait par 'Nous, peuple européen…'." (18.11.2011)
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Pravda - Slovaquie
Le cas de l'Italie démontre que la crise ne s'arrête pas à la périphérie de la zone euro, constate avec inquiétude le quotidien de gauche Pravda : "Ce qui surprend c'est la rapidité du processus. L'euro ne sera pas sauvé par le départ de quelques chefs de gouvernements peu dignes de confiance ou incapables, ni par leur remplacement par des technocrates quelle que soit leur renommée. Il ne sera pas non plus sauvé par la disposition des gouvernements à économiser jusqu'à plus soif. … La zone euro et par conséquent tout le projet de l'intégration ne peut être sauvé que par une seule chose : une étape décisive vers l'Union politique, une fédération européenne. Des propositions concrètes en ce sens existent depuis longtemps." (18.11.2011)
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