Navigation

 

Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 20.01.2006

 

À LA UNE

Jacques Chirac brandit la menace nucléaire

Lors de sa visite jeudi 19 janvier à la base militaire de l'Ile Longue, le président Jacques Chirac a déclaré que la France pourrait se servir de l'arme nucléaire face à des "dirigeants d'Etats qui auraient recours à des moyens terroristes". Il s'agit du premier discours du président depuis 2001 sur la doctrine nucléaire de la France. La presse européenne offre des réactions contrastées. » suite

Extraits des publications suivantes:
Le Figaro - France, Lidové noviny - République tchèque, Die Presse - Autriche, Financial Times - Royaume-Uni, ABC - Espagne

Le Figaro - France

Selon Pierre Rousselin, éditorialiste du quotidien conservateur, "la dissuasion nucléaire n'est pas une notion stratégique du passé. Si notre force de frappe a bien été conçue pour sanctuariser la France pendant la guerre froide, elle s'est transformée et n'a rien perdu de sa raison d'être dans un monde où le terrorisme et la prolifération ont remplacé les anciennes menaces. (…) Les têtes nucléaires embarquées par nos sous-marins ou nos bombardiers sont devenues bien plus précises. On ne leur demande plus d'exercer une menace dissuasive sur les populations mais bien d'être capables de frapper les centres de pouvoir d'un chef d'Etat ou d'un groupe terroriste. (…) L'analyse de la menace ayant évolué, le champ d'application de la dissuasion en est transformé, avec une disponibilité réaffirmée au service de la défense européenne". (20.01.2006)

Lidové noviny - République tchèque

Pavel Masa est effaré par l'annonce de Jacques Chirac de vouloir utiliser l'arme atomique en cas de nécessité. "C'est une politique à courte vue et déraisonnable. Jusqu'ici, nous avions une chance de voir s'appliquer une solution collective à la place de politiques d'inspiration unilatérale. Depuis hier, ce n'est plus valable. Si Chirac n'est pas le fossoyeur de cet espoir, il est au moins le Brutus qui lui a infligé la blessure mortelle". (20.01.2006)

Die Presse - Autriche

Pour sa part, Burkhard Bischof approuve pleinement la menace de Jacques Chirac : "Dieu merci, l'Europe n'a pas encore atteint le stade où elle se retrouve  nue et sans défense dans le conflit iranien et où elle tremble devant les délires d'un ancien gardien de la révolution devenu fou. Merci, Monsieur le Président Chirac, d'avoir été aussi clair. (...) La France possède encore près de 300 têtes nucléaires dans son arsenal et dispose des engins de lancement les plus modernes pour envoyer ces armes sur n'importe quel point du globe. Ce potentiel de destruction n'a pas vocation à servir de musée, mais à effrayer d'éventuels agresseurs. L'Iran se contente pour l'instant d'agressions verbales - mais combien de temps le resteront-elles ? C'est une bonne chose que Chirac ait placé Téhéran dans sa ligne de mire nucléaire". (20.01.2006)

Financial Times - Royaume-Uni

Le quotidien financier note que le discours de Chirac répond au besoin récurrent des dirigeants français de "réaffirmer l'intérêt de la 'force de frappe' pour la sécurité du pays. Mais il y a un effet pervers à vanter les mérites de l'arme nucléaire alors que la France et les autres puissances nucléaires officielles devraient au contraire réduire leurs arsenaux, si toutefois elles veulent dissuader des pays comme l'Iran et la Corée du Nord de mettre au point des bombes atomiques. Cela dit, M. Chirac s'est servi de ce discours (...) pour achever la transformation raisonnable de la doctrine nucléaire française, commencée en 2001, juste avant les attaques terroristes aux Etats-Unis. (...) Il a reconnu que les armes nucléaires ne pouvaient pas arrêter des 'terroristes fanatiques' prêts à mourir pour leur cause, mais pourraient faire douter les Etats ou gouvernements prêts à les soutenir." (20.01.2006)

ABC - Espagne

"Un Jacques Chirac inédit a lancé hier un avertissement très dur et inhabituel contre les Etats terroristes. Ambassadeur du pacifisme, de la tempérance et de la mesure pendant la phase préliminaire à la guerre en Irak, et opposé à l'usage de la force contre le régime de Saddam Hussein, le président français change radicalement de terrain", s'étonne le quotidien espagnol. "Chirac n'a mentionné aucun Etat en particulier. Il a préféré l'abstraction et a bâti son discours sur la puissance nucléaire de la France, jusqu'ici symbole de la résistance pacifique et pacifiste à la 'guerre contre le terrorisme' menée par les Etats-Unis après le 11 septembre. Le président gaulois a rangé sa panoplie de pacifiste et déplié la carte du terrorisme international, considérée comme la feuille de route d'un avenir imprévisible. Et très changeant." (20.01.2006)

RÉFLEXIONS

The Times - Royaume-Uni

Un révisionniste attend son procès en Autriche

Le chroniqueur Ben Macintyre appelle l'Autriche à libérer l'historien révisionniste britannique David Irving de la prison où il est retenu depuis son arrestation en novembre, pour avoir nié l'Holocauste. "Le procès d'Irving, qui doit commencer le mois prochain, risque de le tirer de l'oubli intellectuel qu'il mérite, lui et ses opinions. Avant que la police autrichienne ne l'arrête, il n'était qu'un universitaire marginal s'adressant à un groupe de fanatiques d'extrême-droite coiffés de chapeaux ridicules dans un sous-sol de Vienne. Maintenant il y a un vrai risque qu'il ne devienne un martyr pour l'extrême-droite. (...) Relâchez Irving. Il est juste un tout petit point très éloigné du débat rationnel, et qui a attiré une attention injustifiée. Il a le droit d'avoir tort ; et une fois qu'il sera libre, nous pourrons tous exercer notre droit inaliénable de l'ignorer." (20.01.2006)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

Rzeczpospolita - Pologne

Masochisme national

Le commentateur Maciej Rybinski tente de relier la crise politique polonaise à l'histoire du pays : "Notre histoire est marquée par la défaite. La caractéristique la plus notable du tableau polonais est la souffrance. Les grands héros de l'histoire polonaise sont ceux qui ont été vaincus, qui sont morts, qui ont subi l'injustice et l'humiliation. Le présent reste fidèle à ce courant masochiste. (...) L'histoire nous a appris à tort qu'une défaite dans l'honneur était signe de noblesse. (...) Peut-être suis-je égoïste, mais j'aimerais bien vivre dans un pays qui gagne, gouverné par des gens satisfaits de ce qu'ils ont accompli". (19.01.2006)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

POLITIQUE

Heti Válasz - Hongrie

Le recyclage de la police politique à l'Est

"La Pologne va peut-être devenir le premier pays d'Europe de l'Est à mener un véritable changement de régime en profondeur". C'est en ces termes que le chroniqueur Istvan Baba commente les projets du nouveau gouvernement polonais de refondre ses services secrets : "À la chute du communisme, les chefs de la police politique de tous les pays concernés ont reçu pour mission de s'intégrer eux-mêmes dans la démocratie sous un nouveau nom. (...) Ainsi, la plupart des officiers et des fonctionnaires de la police politique ont pu conserver le poste qu'ils occupaient depuis cinq décennies. Ces gens sont encore présents dans tous les domaines de la société, de l'économie et de la politique". (12.01.2006)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

Kulturní týdeník A2 - République tchèque

Le recyclage de la police politique à l'Est

Le politologue Bohumil Dolezal attire l'attention sur la façon, singulière pour l'Europe de l'Est, dont la Hongrie a choisi de se libérer de la dictature communiste. "La Hongrie ne possède pas de 'loi de lustration' (loi visant à écarter les anciens dirigeants communistes du pouvoir) ni de liste des agents secrets". Or, le fait d'accuser, encore aujourd'hui, des hommes politiques hauts placés d'avoir collaboré avec les anciens tenants du pouvoir engendre des complications. "La Hongrie est entrée en conflit avec son passé. Le problème est que le régime communiste a commencé à s'y effriter dès 1981 et que les événements ont été beaucoup moins douloureux qu'en Tchécoslovaquie, par exemple. On retrouve ce problème dans le programme politique du Fidesz (droite). Les socialistes, en revanche, ne tiennent pas particulièrement à l'évoquer, ce que l'on comprend aisément. S'ils prenaient le sujet à bras le corps, cela pourrait déboucher sur des accusations de personnes". (19.01.2006)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

Tribune de Genève - Suisse

Le travail clandestin et l'économie nationale

"La police espagnole vient de démanteler en Andalousie un réseau de trafiquants de main-d'œuvre", indique le journaliste Jean-Noël Cuénod. "Retour du Moyen Age? Pas du tout. Il serait vain de croire que seule l'Espagne est concernée. Dans la plupart des pays industrialisés, dont la Suisse, les clandestins font partie des économies nationales. D'un côté, les Etats favorisés élèvent des barrières bureaucratiques de plus en plus hautes pour empêcher les étrangers de se placer sur le marché de l'emploi légal. Et s'ils érigent ces obstacles, c'est pour complaire à leurs électeurs qui, dans leur majorité, développent un prurit de type xénophobe. D'un autre côté, ces mêmes Etats - et ces mêmes électeurs - ferment les yeux lorsque des clandestins sont embauchés dans des secteurs délaissés par les travailleurs nationaux". (20.01.2006)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

La Libre Belgique - Belgique

L'affaire d'Outreau en France

L'éditorialiste Jean-Claude Matgen revient sur la "catastrophe judiciaire d'Outreau", une affaire de pédophilie au cours de laquelle 13 personnes ont été maintenues en détention provisoire dans les prisons françaises, sur la base de fausses accusations. "Aujourd'hui, une commission parlementaire d'enquête, dont les travaux rappellent à plus d'un titre ceux de la Commission Dutroux, est chargée de tirer les conclusions de cet immense fiasco. (…) Les 13 acquittés n'ont pas ménagé leurs reproches à l'égard d'un magistrat instructeur qui aura accumulé les maladresses. Il ne faudrait toutefois pas que l'on réduise l'affaire d'Outreau aux errements d'un seul magistrat (…) L'erreur fût collective et elle illustre la fragilité de la justice des hommes. Doit-on pour autant jeter toute la procédure inquisitoire aux orties et brûler la figure du juge d'instruction ?" (20.01.2006)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

Postimees - Estonie

La législation sur la prostitution

Voilà quelques années, la Suède durcissait sa législation sur la prostitution. Récemment, la Finlande lui a emboîté le pas. L'Estonie, quant à elle, envisage de punir l'achat de services sexuels. Kärt Anvelt s'interroge : "L'Estonie doit-elle suivre les parlements suédois et finlandais ? La prostitution a toujours existé et existera toujours, tant qu'il y aura des clients et des prostituées. La volonté du législateur de considérer l'achat de services sexuels comme un crime compliquera sans doute le commerce, mais ne le fera pas disparaître pour autant. Il risque plutôt de s'enfoncer un peu plus dans l'illégalité (...). Si la Suède a pu s'offrir la criminalisation de la prostitution, c'est notamment parce qu'elle a assez d'argent pour réinsérer les prostituées dans la société et leur offrir un avenir. En Estonie, ce n'est pas encore le cas". (20.01.2006)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

MÉDIAS

Spiegel Online - Allemagne

Wikipédia

Le portail allemand de l'encyclopédie virtuelle et gratuite Wikipédia est actuellement fermé. Les parents de "Tron", un hacker décédé, ont obtenu de la justice la fermeture temporaire du site, car ils ne veulent pas que le nom civil de leur fils apparaisse sur les pages de l'encyclopédie. Frank Patalong et Matthias Gebauer y voient "un précédent pour Wikipedia.de, qui pourrait permettre d'éclaircir une question non négligeable : Quel est le véritable statut juridique de Wikipédia ? Jusqu'à présent, ce projet bénévole jouit d'un certain nombre de libertés. (...) Mais la popularité du service fait qu'il est davantage exposé aux critiques, comme l'ont montré les débats des mois derniers. Il y a quelques semaines, Wikipedia US s'est vu contraint de durcir le règlement sur l'ajout de nouveaux articles. A l'avenir, il ne sera même plus possible de les modifier directement : de plus en plus souvent, Wikipédia se voit confrontée à la question de la responsabilité éditoriale". (20.01.2006)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

CULTURE

Libération - France

La photographie et le monde politique

Le photographe et documentariste Raymond Depardon publie et expose actuellement ses images de personnalités politiques. Il explique dans une interview réalisée par Antoine de Baecque et Renaud Dely l'intérêt qu'il porte à ce milieu. "J'ai voulu réhabiliter la politique. Les gens exagèrent avec les hommes politiques, c'est injuste de leur reprocher tous les maux de la terre. (…) Il y a trois domaines comparables, photographiquement parlant : la politique, le sport, la guerre. (…) Montrer un homme politique c'est sortir, saisir le monde rural, la ville, la banlieue. Ça révèle plein de choses. Même si la télé a écrasé toute expression visuelle, la photo a toujours une place dans ces trois domaines, grâce à une faculté et une fascination : elle produit du mythe immédiat, elle seule arrête le mouvement. Car la photo, comme la presse écrite d'opinion, éditorialise : elle a un point de vue". (20.01.2006)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

La Vanguardia - Espagne

Les Catalans retrouvent une partie de leur mémoire

"Les documents historiques catalans, qui se trouvaient aux Archives nationales, à Salamanque, reviennent aujourd'hui à leur propriétaire légitime, après avoir été confisqués par les franquistes et conservés durant 67 ans après la Guerre civile", se réjouit le quotidien catalan. Les 500 caisses, réclamées depuis 25 ans par la Catalogne, contiennent des documents sur la période de la Guerre civile et notamment sur les exécutions de Républicains en Catalogne. "Le retour de ces documents a crée un affrontement territorial et politique absurde entre les partis politiques. Même sans ces documents, les Archives de Salamanque pourront être transformées en Centre de la mémoire espagnole, et la Catalogne a vu ses droits reconnus." (20.01.2006)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

COULEURS LOCALES

Gazeta Wyborcza - Pologne

Les lecteurs collaborent à un ouvrage sur le Pape

La Gazeta Wyborcza fait écrire un livre à ses lecteurs. Elle les encourage à raconter leur dernière rencontre avec le Pape Jean-Paul II, mort en avril dernier. "Quelle relation entreteniez-vous avec lui ? Où lui avez-vous dit adieu ? Dans notre ville, à la campagne, à Wadowice ou devant la 'fenêtre du Pape' à Cracovie, sur la place Pilsudski ou devant la basilique St Pierre, à Rome ? Qu'a-t-il laissé en nous ? Rédigez un texte et envoyez-le à notre rédaction. A partir de vos réflexions, de vos souvenirs et de vos photos, nous réaliserons un livre qui sera publié pour le premier anniversaire de la mort de Jean-Paul II". (20.01.2006)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

D'autre contenu