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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 01.03.2006

 

À LA UNE

Premier bilan de l'action d'Angela Merkel

La grande coalition allemande, dirigée par Angela Merkel, est au pouvoir depuis 100 jours. Le scepticisme des débuts a fait place à une approbation quasi-générale. Si certains commentateurs européens se montrent très impressionnées par la chancelière allemande, d'autres lui reprochent son manque de succès en politique intérieure". » suite

Extraits des publications suivantes:
Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne, Sme - Slovaquie, Mladá fronta Dnes - République tchèque, Le Monde - France

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

Le bilan des 100 premiers jours d'Angela Merkel est bon, selon Berthold Kohler, mais les problèmes ne font que commencer : "La coalition peut encore miser sur le capital de confiance acquis par la chancelière, grâce à l'assurance dénuée de prétention dont elle a fait preuve dans ses déplacements à l'étranger, et à sa prise de distance vis-à-vis des petites querelles nationales. Mais la barre n'est pas encore trop haute, ni sur le plan de la politique étrangère, ni sur le plan de la politique intérieure. Or, cela pourrait bien changer si la crise iranienne s'envenimait ou si le conflit sur la réforme de l'assurance maladie, jusqu'ici repoussé, venait à éclater. Les premiers lauriers décrochés facilement seront bientôt fanés". (01.03.2006)

Sme - Slovaquie

"Elle a surpris l'Allemagne et l'Europe", constate Stefan Hudec à propos des 100 premiers jours de la grande coalition allemande. Le journaliste donne un bon point à la chancelière Angela Merkel. "Elle s'est battue comme une lionne sur la scène internationale et a su imposer le respect. (...) Ses succès sur la scène nationale sont toutefois moindres. Mise à part la réforme de l'Etat fédéral, tous ses projets ont échoué. Les Allemands attendent des changements sur lesquels elle ne pourra pas faire l'impasse: la réforme des systèmes de santé et de retraite et l'allègement de la bureaucratie. L'Allemagne compte encore plus de cinq millions de chômeurs. Malgré tout, les Allemands ont plutôt un meilleur moral et semblent voir l'avenir avec plus d'optimisme". (01.03.2006)

Mladá fronta Dnes - République tchèque

Dans le grand journal de Prague, Zita Senkova attire à son tour l'attention sur les problèmes de politique intérieure que doit affronter le gouvernement d'Angela Merkel. "Le mot d'ordre 'Priorité à l'emploi' ne figure, pour l'instant, que dans le programme électoral de la CDU [Union chrétienne-démocrate]. (...) La Deutsche Telekom prévoit de supprimer 30 000 postes, Volkswagen 20 000. Au cours des dix dernières années, deux millions de postes ont été supprimés dans l'industrie allemande. Aujourd'hui, il y en a moins qu'avant la réunification. Les Allemands se serrent la ceinture et économisent. En fin de compte, les 100 premiers jours d'Angela Merkel et de sa grande coalition peuvent se résumer par: 'peu de mots et encore moins d'actions'". (01.03.2006)

Le Monde - France

Le chroniqueur Daniel Vernet évoque un "état de grâce" pour la chancelière allemande. "Mme Merkel recueille aujourd'hui 80 % d'opinions favorables. Un nouveau scrutin aurait lieu dimanche, que la Démocratie chrétienne frôlerait la majorité absolue des sièges au Bundestag, une performance réalisée une seule fois dans l'histoire de la République fédérale par Konrad Adenauer en 1957. (...) Les Allemands aiment l'idée d'un compromis national qui permette de résoudre leurs problèmes, même si le gouvernement ne s'est pas encore attaqué aux réformes que tout le monde juge indispensables. Le secret du succès de la première chancelière d'Allemagne tient à l'image de calme, de réflexion, de pragmatisme qu'elle dégage (...) Lors de sa première apparition à un Conseil européen, elle s'est glissée dans la peau d'une médiatrice entre les anciens et les nouveaux membres de l'Union". (01.03.2006)

RÉFLEXIONS

Jyllands-Posten - Danemark

Douze intellectuels contre le "totalitarisme islamique"

A l'origine de la controverse autour des caricatures du prophète Mahomet, le quotidien danois a décidé de reprendre le "Manifeste contre le totalitarisme islamique" que l'hebdomadaire satirique français "Charlie Hebdo" publie dans son édition datée du 1er mars. Parmi les douze signataires de ce texte se trouvent notamment Ayaan Hirsi Ali, Taslima Nasreen, Salman Rushdie et Bernard-Henri Lévy. "Après avoir vaincu le fascisme, le nazisme et le stalinisme, le monde fait face à une nouvelle menace globale de type totalitaire: l'islamisme. Nous, écrivains, journalistes, intellectuels, appelons à la résistance au totalitarisme religieux et à la promotion de la liberté, de l'égalité des chances et de la laïcité pour tous. Les événements récents, survenus suite à la publication de dessins sur Mahomet dans des journaux européens, ont mis en évidence la nécessité de la lutte pour ces valeurs universelles. Cette lutte ne se gagnera pas par les armes, mais sur le terrain des idées". (01.03.2006)

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Politiken - Danemark

Desmond Tutu et l'affaire des caricatures

Le Premier ministre danois Anders Fogh Rasmussen a récemment reproché aux médias, aux entreprises et à la scène culturelle, leur manque de principes et leur capitulation dans l'affaire des caricatures. L'archevêque sud-africain Desmond Tutu, Prix Nobel de la paix, estime au contraire que la crise aurait pu être évitée si Anders Fogh Rasmussen avait accepté de rencontrer les ambassadeurs des pays musulmans juste après la publication des dessins. "Les caricatures sont vues comme le symptôme d'une maladie beaucoup plus grave. Si les relations entre le monde musulman et l'Occident étaient différentes, les dessins n'auraient jamais été réalisés - et même si cela avait été le cas, l'affaire aurait pris une tout autre tournure. Aucun droit fondamental, pas même la liberté d'expression, n'est absolu. Les droits fondamentaux s'accompagnent toujours de devoirs". (28.02.2006)

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El País - Espagne

La question explosive des identités

Suite à la polémique autour des caricatures du prophète Mahomet, Sami Naïr, professeur de sciences politiques, estime nécessaire de prendre en compte la mondialisation et la mixité culturelle dans le débat sur la liberté d'expression. "Cette situation historique, qui se produit pour la première fois avec une telle intensité dans l'histoire humaine, exige à la fois une prise de conscience et un énorme effort de responsabilité. Une prise de conscience qui consiste à comprendre que les identités sont devenues un facteur essentiel et une véritable dynamite sociale et politique. Et, par conséquent, qu'il ne faut pas jouer avec la question des identités et qu'il ne faut pas le transformer en un défi stratégique et politique entre les groupes humains". (01.03.2006)

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Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Wolfgang Sofsky et le risque d'une pandémie

Dans un essai qui se veut volontiers effrayant, le sociologue Wolfgang Sofsky imagine qu'une pandémie de grippe pourrait tuer de 180 à 360 millions de personnes : "L'air - vecteur de la grippe - ne connaît pas les frontières. Les quarantaines et les mesures d'hygiène, des méthodes qui ont fait leur preuve contre la tuberculose ou au choléra, ne servent pas à grand chose dans le cas de la grippe. Au mieux, la fermeture des aéroports et le bouclage de certaines régions retarderaient la progression de l'épidémie. Mais on ne peut pas bloquer les routes indéfiniment. (...) La contrebande et l'exode prendront rapidement de l'ampleur, beaucoup de gens fuyant vers les zones supposément sûres. Les autorités locales devront mettre entre place des groupes de défense citoyenne afin de freiner l'afflux de migrants. Même s'il décrète lui-même l'état d'urgence, l'exécutif se trouvera en danger. Le monopole des dirigeants sera contesté. Les policiers et les forces de secours déserteront, car le service public sera, lui aussi, décimé par l'épidémie". (01.03.2006)

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Népszabadság - Hongrie

La portée du soulèvement de 1956

En octobre 1956, la Hongrie tentait, au moyen d'un soulèvement populaire, de se libérer du joug soviétique. L'intervention de l'Armée rouge mit fin à cette révolution. L'historien Domokos Kosary, qui dirige le comité organisateur du 50e anniversaire de cet événement, en analyse les répercussions dans une interview réalisée par Zsolt Greczy : "Pour la première fois, l'Union soviétique voyait que les pays occupés n'étaient pas prêts à tout accepter. Le soulèvement de la Hongrie était nécessaire pour que s'effondre finalement l'empire soviétique. Il serait inutile d'exiger des excuses de l'Europe de l'Ouest et des Etats-Unis [pour n'avoir pas réagi à l'époque]. Il est bien plus important que la portée historique de cette révolution soit reconnue au niveau mondial. Notre principale satisfaction est le succès du soulèvement de 1956 : certes, la révolution a été réprimée, mais l'Europe a pu imposer ses intérêts et reprendre la partie orientale du continent à l'Union soviétique". (28.02.2006)

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POLITIQUE

Rzeczpospolita - Pologne

Les musulmans polonais, trait d'union entre les cultures

Stefan Bratkowski, président d'honneur de l'association professionnelle des journalistes polonais, estime que les musulmans du pays, les Tatars, pourraient jouer le rôle de conciliateurs dans le conflit déclenché par les caricatures de Mahomet. La Pologne est le seul pays chrétien d'Europe dans lequel les musulmans ont, pendant 500 ans, cohabité pacifiquement avec les chrétiens. "Mieux que quiconque, les musulmans de Pologne sont à même de servir de médiateurs dans un dialogue interculturel. (...) Ces pionniers insolites pourraient servir d'exemple de développement autonome au grand monde provincial auquel nous appartenons. Ils pourraient également confirmer que l'islam polonais n'est pas un produit d'importation récente - il n'a pas provoqué de crise identitaire chez les sujets de la troisième génération - mais qu'il est dépositaire d'une tradition séculaire". (28.02.2006)

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De Morgen - Belgique

La lutte contre le terrorisme

Suite aux lourdes condamnations prononcées hier en Belgique contre des militants de l'organisation révolutionnaire turque DHKP-C (extrême-gauche) sur la base de la législation antiterroriste, l'éditorialiste du quotidien s'interroge: "La justice attaque des organisations, et donc en même temps tous leurs membres, même s'il s'agit de gens qui n'ont rien à voir directement avec des meurtres. Elle le fait sur base d'une loi qui est interprétée rétroactivement avec beaucoup de zèle. (...) Ce 'terrorisme' défini trop largement est un concept qui manque de bases sérieuses. Il ne permet pas de condamner des personnes et des organisations. Surtout si 'le fait de faire de la propagande' est condamnable. Tous les activistes anti-apartheid ou les partisans des guérilleros du Salvador dans les années 80 étaient-ils des terroristes potentiels ?" (01.03.2006)

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La Repubblica - Italie

Berlusconi cherche le soutien de George Bush

Dans le cadre de sa campagne électorale, Silvio Berlusconi est allé demander du soutien à George Bush, qui lui a manifesté son amitié. Pour Vittorio Zucconi, correspondant du journal aux Etats-Unis, il s'agit de l'ultime numéro électoral de Berlusconi. "Ce soutien était l'objectif de la visite, trop proche de l'élection pour ne pas être perçue comme une opération de propagande électorale. (...) Qu'un relent de l'élection italienne soit entré dans le bureau ovale, où tant d'histoires plus ou moins nobles se sont déroulées, était prévu. Mais la Maison Blanche a dû corriger l'impression de soutenir le Cavaliere de façon excessive. Des raisons diplomatiques l'ont amené à préciser que l'appréciation personnelle du président ne devait pas être interprétée comme l'investiture d'un parti par le gouvernement américain. Ce scénario était prévisible". (01.03.2006)

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ÉCONOMIE

Financial Times - Royaume-Uni

Le modèle social européen se lézarde

Le chroniqueur Martin Wolf suggère que les faiblesses de l'Etat providence européen l'emportent sur ses avantages. "Le temps est venu pour les Européens de s'interroger sur l'impensable: le modèle social dont ils se prévalent peut-il survivre? (...) L'Etat européen est maternel: protecteur mais également infantilisant. Ses impôts élevés et ses avantages découragent quiconque de trop bien faire, en s'assurant que personne ne s'en sorte trop mal. Ses services sont accessibles à tous, mais ils sont également médiocres et manquent de souplesse (...) Malgré toutes ses inefficacités dénoncées, l'économie de marché, par ses approximations successives, s'est avérée plus efficace que la planification soviétique. Mais même si ses erreurs sont moins graves, la social-démocratie européenne semble de moins en moins pouvoir fonctionner sur le long terme." (01.03.2006)

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MÉDIAS

Die Presse - Autriche

L'affaire des caricatures, version finlandaise

"Pour avoir refusé de retirer une bande dessinée sur l'affaire des caricatures de Mahomet du site Web du magazine culturel [finlandais] 'Kaltio', Jussi Vilkuna, son rédacteur en chef, a été renvoyé", rapporte le journal. "La bande dessinée n'était pas dirigée contre Mahomet ou contre l'islam mais, d'après le dessinateur Ville Ranta, contre la servilité des responsables politiques finlandais. Son dessin montrait un caricaturiste se disputant avec Mahomet, sur le visage duquel - afin de respecter le Coran - il avait mis un masque". La présidente, le Premier ministre et le ministre finlandais des Affaires étrangères s'étaient "officiellement [excusés] auprès des pays musulmans - faisant profil bas afin d'éviter d'être impliqués dans l'affaire des caricatures. Lorsque la caricature de Ville Ranta, montrant un Mahomet masqué, a été publiée, les principaux annonceurs du journal ont rompu leur contrat avec 'Kaltio'. L'éditeur a alors dit à son rédacteur : soit tu gardes les dessins, soit tu pars. Jussi Vilkuna est parti, et le dessinateur Ville Ranta a également été sanctionné". (01.03.2006)

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CULTURE

Gazeta Wyborcza - Pologne

La censure artistique

Le recteur de l'université de Lublin, Wieslaw Kaminski, a interdit dans ses locaux une exposition de photographies provocantes qui devaient accompagner le festival "Les Droits de l'Homme au cinéma". Selon lui, ces images sont choquantes pour de nombreuses personnes. Elles montraient des T-shirts ornés d'inscriptions telles que "J'ai avorté", "Je n'ai pas pleuré à la mort du Pape", ou encore "Je suis juif". Plus d'une douzaine d'artistes - comédiens, écrivains, metteurs en scène - qui portaient les T-shirts sur les photos, ont protesté contre cette censure dans une lettre commune publiée par le journal : "Nous sommes choqués. C'est la première fois que notre travail est censuré depuis que la Pologne est une démocratie. Nous trouvons cela alarmant. (...) La démocratie et la liberté ne sont pas définitives. Nous devons les défendre quotidiennement, si nous ne voulons pas nous réveiller esclaves un jour. (...) Nous comprenons que les T-shirts puissent ne pas plaire à tout le monde. Mais nous n'acceptons pas cette atteinte à la liberté d'expression". (01.03.2006)

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La Vanguardia - Espagne

Julià de Jòdar et le déclin du prolétariat

L'écrivain espagnol Julià de Jòdar vient de terminer une trilogie consacrée à la disparition du prolétariat dans l'Espagne postfranquiste avec son ouvrage "El metall impur". Il explique dans une interview réalisée par Rosa Maria Piñol le rôle que joue son travail dans la préservation de l'histoire ouvrière du pays. "La fiction n'est qu'une des composantes de la reconstruction de la mémoire historique, elle résulte de la subjectivité du narrateur. Une nouvelle peut apporter des lignes directrices, des visions, des conduites morales ou même recréer des langages. Mais elle ne peut pas se substituer à l'histoire en tant que science. Ni à la transmission familiale orale, individuelle ou nationale de ce patrimoine collectif". (01.03.2006)

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The Times - Royaume-Uni

L'auteur de 'Da Vinci Code' accusé de plagiat

Le journaliste Magnus Linklater s'interroge sur les allégations de deux historiens, prétendant que l'écrivain Dan Brown aurait plagié un de leurs travaux pour l'écriture de son best-seller 'The Da Vinci Code'. L'affaire est actuellement jugée par la Haute cour de Londres. "Je suis inquiet. Si l'on interdit les emprunts pour construire une intrigue, qu'allons-nous devenir, moi et le reste du monde littéraire? (...) T.S. Elliot pensait que le plagiat sous la plume d'un bon écrivain était une forme d'art: 'Les apprentis poètes imitent, les grands poètes volent', disait-il simplement. Shakespeare a dérobé ses meilleures intrigues à Holinshed. The 'Lost Paradise' [de John Milton] s'inspire sans honte de la Genèse. Martin Luther King a copié une partie de la thèse de doctorat qui allait devenir son meilleurs discours. Zadie Smith ne se cache pas de s'être inspiré de 'Howards End' de E. M. Forster pour écrire son dernier roman, 'On Beauty' (...)" (01.03.2006)

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