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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 04.04.2006

 

À LA UNE

La campagne électorale touche à sa fin

Le Premier ministre italien Silvio Berlusconi a de nouveau affronté à la télévision l'ancien président de la Commission européenne, Romano Prodi. Si la plupart des commentateurs européens espèrent un échec de Berlusconi aux élections législatives des 9 et 10 avril, certains jugent que la victoire de la coalition de Prodi comporte certains risques. » suite

Extraits des publications suivantes:
Financial Times - Royaume-Uni, La Repubblica - Italie, Jyllands-Posten - Danemark, Der Standard - Autriche, Rzeczpospolita - Pologne, Tribune de Genève - Suisse

Financial Times - Royaume-Uni

Dans une longue analyse que publie le quotidien financier, le journaliste Tony Barber juge que le match Prodi/Berlusconi ne fait qu'alimenter de vieux clivages politiques, sans qu'aucune solution aux problèmes les plus pressants du pays ne soit proposée. "Ce qui est le plus frappant, dans le programme des deux coalitions, c'est le nombre de questions laissées sans réponse, et par-dessus tout comment augmenter la productivité de l'Italie et restaurer sa compétitivité. (...) Les ambiguïtés et les lacunes des programmes de chaque coalition révèlent le manque d'identité de ces ensembles de partis, aux intérêts parfois conflictuels. (...) Cette fragmentation interne aux coalitions renvoie à différentes tensions culturelles et historiques en Italie : la gauche contre la droite, le Nord contre le Sud, les catholiques contre les partisans de la laïcité, les riches contre les pauvres, la ville contre la campagne." (04.04.2006)

La Repubblica - Italie

Le journaliste politique Curzio Maltese analyse la prestation des deux candidats lors du débat qui les a opposé lundi à la télévision. "Après un départ incertain, le Diesel Prodi a remporté ce second face-à-face plus nettement que le premier. Berlusconi, lui, a joué son rôle (...). Ce duel confirme qu'il est un grand communicateur digne du Far West. (...)  Pour le reste, il a pleurniché une heure et demie durant sur ses alliés et ses adversaires malveillants, et sur la conjoncture économique (...). L'abolition de la taxe d'habitation [qu'il a proposé à la toute dernière minute du débat s'il était réélu, empêchant ainsi toute réplique] est un retour nostalgique au rêve berlusconien de 2001, la relance désespérée du joueur qui sent qu'il est en train de perdre la partie". (04.04.2006)

Jyllands-Posten - Danemark

Per Nyholm dresse le portrait des deux adversaires de la campagne électorale italienne. Selon lui, c'est Romani Prodi qui l'emporterait dans n'importe quel autre pays, mais l'Italie est ce qu'elle est, un pays qui n'est pas régi par les mêmes lois que les autres : "Tous deux sont authentiques, très italiens (...) Prodi est le diplômé un peu lunaire, un économiste célèbre qui circule à vélo, un peu trop honnête, un peu ennuyeux, pas vraiment un piège à voix. Berlusconi est différent. C'est le roi de la scène : élégant, superficiel, spirituel, acerbe, un peu trop italien aux yeux des voisins de l'Italie. Il s'est lui-même comparé à Churchill, Napoléon et Jésus (...) Prodi est intelligent et sérieux. Il est aimé, mais non admiré. Berlusconi est l'homme de la publicité et de la télévision, toujours manipulateur. Il est admiré, mais il n'est pas aimé". (04.04.2006)

Der Standard - Autriche

Hans Rauscher s'indigne contre le chancelier autrichien Wolfgang Schüssel, qui a souhaité bonne chance à son 'cher Silvio Berlusconi' : "Berlusconi est un mauvais Européen car il ne s'intéresse qu'à ses propres intérêts. Sa réélection serait une catastrophe pour l'Italie, dont la situation politique est à la limite de la démocratie, et pour l'Europe, en raison de l'effet d'exemple. Qu'est-ce qui a pris à Wolfgang Schüssel de se montrer aussi chaleureux envers ce dangereux charlatan, alors que la plupart des autres partis chrétiens-démocrates ne rencontrent Berlusconi qu'avec une pince à linge sur le nez, alors que son adversaire, Romano Prodi, est un honnête catholique de gauche qui a assaini les finances de l'Italie et préparé le pays à l'euro ?" (04.04.2006)

Rzeczpospolita - Pologne

"En cas de défaite de Berlusconi, la gauche italienne s'effondrera comme un château de cartes", pronostique Piotr Kowalczuk. "La coalition de Romano Prodi est un bric-à-brac de partis et de formations politiques qui n'ont qu'une chose en commun : la haine de Berlusconi. Lorsque les responsables politiques n'ont plus peur des réactions de leur électorat, la guerre est inévitable. La coalition de Romano Prodi est un mélange improbable de chrétiens-démocrates, de communistes réformés et non réformables, de Verts, d'altermondialistes (...), de libéraux et d'anarchistes (...). Si Prodi l'emporte, l'Italie obliquera inévitablement vers la gauche, les relations avec les Etats-Unis se détendront et le pays se rapprochera de la France et de l'Allemagne. Enfin, les rapports d'amitié avec la Russie de Poutine prospèreront, car la gauche italienne a l'amour de la Russie dans le sang". (04.04.2006)

Tribune de Genève - Suisse

L'éditorialiste Fedele Mendicino remarque que le thème de la mafia est négligé par les candidats. "Il y a les thèmes classiques: les impôts, l'emploi, la croissance. Et les sujets plus scabreux comme le retour imminent du stalinisme ou l'extinction de la race italienne par les homosexuels ligués avec les clandestins chinois. Plus démagogique que pragmatique, la campagne électorale en vue des législatives de dimanche en Italie ratisse large.  (...) Que proposent les politiciens ? Pas grand-chose. Berlusconi continue de promettre des travaux pharaoniques comme le pont sur le détroit de Messine devant relier Sicile et Calabre. Pourtant l'homme sait que sans une surveillance de l'Etat, les mandats seront alloués à des entreprises contrôlées par la mafia. (...) Faute de courage, peut-être en raison de la collusion entre la politique locale et la pègre, le thème de la mafia a déserté le débat électoral. (04.04.2006)

RÉFLEXIONS

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

Andrzej Stasiuk et le désintérêt occidental pour l'Europe de l'Est

Déçu que l'Europe occidentale n'ait pas apporté son aide à l'opposition biélorusse, l'écrivain Andrzej Stasiuk accuse vivement les Européens de l'Ouest de se désintéresser des ambitions européennes de habitants de l'Est : "Pourquoi l'Europe aurait-elle besoin de la Biélorussie, un pays dont l'existence reste à prouver ? Pourquoi aurait-elle besoin de l'Ukraine, cette traîtresse qui accepte les gestes de solidarité du monde libre (couvertures, sacs de couchage et équipes de télévision), mais qui depuis un an ne fait rien pour ressembler un peu plus au Grand-duché du Luxembourg. Avec cette manne de sacs de couchage et de caméras, l'Ukraine pourrait au moins essayer. Pourquoi l'Europe a-t-elle besoin de la Bosnie-Herzégovine ? Elle voudra éclater une nouvelle fois, de toutes façons. Et pourquoi - perspective effrayante - aurait-elle besoin de la Serbie, avec son alphabet compliqué et son agressivité congénitale ? (...). Un Européen est une personne qui se reconnaît dans les valeurs européennes et qui comprend que l'on puisse se battre pour elle. Une personne qui risque sa vie et sa liberté pour elle. Si ces critères étaient différents, nous pourrions oublier le Vieux Continent". (04.04.2006)

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Élet és Irodalom - Hongrie

Peter Nadas et le reportage sous la dictature

L'écrivain hongrois Peter Nadas se demande dans un essai s'il est véritablement possible de faire un reportage lucide sous une dictature : "La moindre phrase à double sens est une victoire, car elle apporte la satisfaction d'avoir trompé la police politique (...). On peut néanmoins se demander jusqu'à quel point un correspondant étranger peut user de combines, jusqu'où il peut faire preuve d'imagination, et où commence l'inconscience. Par exemple, un habitant de Boston qui verse du sirop d'érable sur ses oeufs brouillés est-il capable de lire entre les lignes, et de comprendre à quel point les gens utilisent leur langue maternelle pour cacher leurs idées plutôt que de les exprimer ? Comment ils rampent à l'ombre des mots et utilisent les lacunes des définitions pour chuchoter des messages ?" (31.03.2006)

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POLITIQUE

Le Soir - Belgique

Jacques Chirac fossoyeur de l'Europe

Jurek Kuczkiewicz revient sur la sortie ostensible de Jacques Chirac lors du sommet européen de Bruxelles, le 23 mars, au moment où un des ses compatriotes s'exprimait en anglais. "La futilité de l'incident au regard des problèmes qu'affronte la France en ce moment est flagrante", assène l'éditorialiste en référence à l'agitation française autour du Contrat Première Embauche (CPE). "Ce décalage est inquiétant du point de vue strictement français, mais également européen. (...) N'en déplaise aux francophobes, dont la besace aux clichés antifrançais vient de se regarnir, le moteur européen ne redémarrera pas sans que ne redémarre le moteur français. Pendant six mois en 1965, le général de Gaulle avait lourdement pesé sur la CEE en inventant sa 'politique de la chaise vide'. Quarante ans plus tard, Chirac (...) s'est assoupi dans une 'chaise de la politique vide'." (04.04.2006)

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Die Presse - Autriche

Jörg Haider bascule dans l'insignifiance

Voilà un an, Jörg Haider divisait le FPÖ pour créer un nouveau parti d'extrême-droite, le BZÖ (Alliance pour l'avenir de l'Autriche), rappelle Andreas Wölzer. D'après le journaliste, le BZÖ n'est parvenu "à engager un débat sur aucune question - si l'on fait exception du faux problème de la limitation de la vitesse à 160 Km/h sur certaines autoroutes et de la question régionale des panneaux indicateurs bilingues dans le Sud de la Carinthie. La ministre de la Justice BZÖ a bien essayé de se poser en pionnière du combat pour le mariage homosexuel, et la ministre des Affaires sociales de prendre la défense du multiculturalisme en participant à des barbecues turcs. Toutefois, en dépit du fait qu'Haider soit le chouchou des médias (en particulier dans les journaux proches du gouvernement et ceux appartenant au groupe de presse 'News') sa crédibilité et sa cote de popularité refusent obstinément de décoller". (04.04.2006)

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De Volkskrant - Pays-Bas

Les Pays-Bas ont perdu leur innocence

Un groupe d'anciens politiciens de premier plan, parmi lesquels cinq ex-dirigeants de partis politiques allant de l'extrême gauche aux fondamentalistes protestants, dénoncent de concert la politique gouvernementale sur l'immigration et l'atmosphère xénophobe qui règne dans la société néerlandaise. "La confiance et l'ouverture des Néerlandais a fait place au désespoir, et aux lamentations sur un 'nationalisme négligé' et une 'identité perdue'. La considération internationale pour le modèle hollandais, unique par sa tolérance et son esprit de concertation, est aujourd'hui battue en brèche. On découvre avec étonnement une société polarisée [opposant les Néerlandais de souche et ceux issus de l'immigration], où les relations sociales comme les politiques se durcissent. Les Pays-Bas ont perdu leur innocence, leur respect et leur rôle de pays modèle. Comment en est-on arrivé là ?" (04.04.2006)

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ÉCONOMIE

Público - Portugal

Le grand gaspillage des services publics

Selon la chroniqueuse Teresa de Sousa, la dilapidation des ressources communautaires est un des problèmes majeurs que connaît le Portugal. "La façon dont seront utilisés les prochains fonds communautaires sera décisive (...) si nous voulons rectifier le modèle de développement de l'économie portugaise, et ne plus s'éloigner de l'Europe comme nous le faisons depuis cinq ans. (...) Si nous prenons exemple sur les dépenses globales dans l'éducation, le niveau de gaspillage y est manifeste: en 2001, selon l'OCDE, le Portugal y consacrait 5,9% de son PIB, contre 4,9% en Espagne, 6% en France en  et 7,3% aux Etats-Unis. Conclusion: il y a un problème terrible d'inefficacité des services publics, qui n'est pas dû à un manque de moyens mais à l'absence de rationalité, d'efficacité et de définition des objectifs". (04.04.2006)

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CULTURE

Die Welt - Allemagne

Kirill Petrenko, modeste star des chefs d'orchestre

Kai Luehrs-Kaiser dresse un portrait élogieux du jeune chef d'orchestre Kirill Petrenko, qui a bâti sa réputation à l'opéra comique de Berlin : "Un défaitiste sous les projecteurs (...) Du haut de son mètre soixante, la star du pupitre qui n'était encore qu'un inconnu voilà quatre ans, dépasse à peine, de sa petite tête barbue, la balustrade de l'orchestre. A force d'un travail accompli au cours de quatre années passées à Berlin, il a connu une ascension fulgurante pour s'élever au niveau de Daniel Barenboim. Avec ce fils d'un premier violon et d'une présentatrice de programmes, né en 1972 à Omsk, dans l'Ouest de la Sibérie, on a assisté à une véritable révolution dans le monde des maestros. Avec Petrenko, les maestros ont appris la modestie. Petrenko possède l'assurance d'un Woody Allen et le charisme d'une racine de ginseng. Assis à la petite table de sa loge dénudée, il ressemble à un candidat d'humeur insatisfaite. 'Je veux tout faire bien'. Des mots qui résument le drame de son incertitude". (04.04.2006)

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The Independent - Royaume-Uni

Barenboim, un gourou autant qu'un maestro

Le chef d'orchestre israélo-argentin Daniel Barenboim, notamment célèbre pour son travail visant à promouvoir la paix au Proche-Orient au travers de la musique classique, participe à une série de conférences 'Reith' sur les ondes de la BBC. Pour le chroniqueur Thomas Sutcliffe, la première prestation de Barenboim se rapproche plus de l'homélie que d'un exercice savant. "Barenboim, qui croit au pouvoir de la musique à nous instruire sur la vie plutôt que de nous en distraire, ne donne pas des conférences, mais délivre des sermons. Les personnes les mieux placées pour juger de sa prestation ne sont pas des musicologues ou des neurologues, mais des séminaristes". Sutcliffe recommande pourtant de tendre l'oreille : "Vous succomberez au charme du prêtre, à ses aphorismes, à l'esprit dont il fait preuve pour écarter un paradoxe. Il est tout autant un gourou qu'un maestro". (04.04.2006)

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La Libre Belgique - Belgique

L'art contemporain selon Anton Herbert

La mythique collection Herbert est actuellement présentée au Macba, le musée d'Art contemporain de Barcelone. Le journaliste Guy Duplat souligne l'importance de l'évènement. "Dans les 2 500 mètres carrés des salles d'expositions temporaires du musée [oeuvre de l'architecte américain Richard Meier], toute la collection d'Anton Herbert ne rentre pas. L'amateur d'art belge, au look très décalé, est considéré comme un des personnages clefs de l'art contemporain au niveau européen. Une référence absolue pour les collectionneurs de l'avant-garde. (...) Ce qui frappe dans cette collection non spectaculaire, intellectuelle, élitiste, est la rigueur qui l'anime et le miroir qu'elle donne de toute une époque de l'art contemporain. Ce qui se donne à voir ici est autant le principe même du collectionneur, son aventure esthétique et intellectuelle que les oeuvres elles-mêmes". (04.04.2006)

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COULEURS LOCALES

SL Õhtuleht - Estonie

Concurrence entre les ferries de la Baltique

L'Estonie est bien placée dans la lutte entre les société de ferries de la Baltique. Un incident - un passager est passé par dessus bord lors du trajet Tallin-Stockholm d'un ferry de la société estonienne "Tallink" - suscite aujourd'hui des chamailleries entre les pays riverains de la Baltique. Les journaux suédois critiquent le fait que le ferry ne se soit pas arrêté à l'annonce de l'accident. Urmo Soonvald exprime son point de vue : "Tallink est depuis longtemps un acteur majeur de la Baltique. Après-demain, la société ouvrira une ligne Riga-Stockholm, et elle souhaite par ailleurs acheter le finlandais Silja (...). Le succès des Estoniens est une épine dans le pied des Suédois. Chaque incident du côté estonien est immédiatement crié sur tous les toits, alors que le manteau du silence recouvre les incidents qui se produisent sur les ferries finlandais et suédois". (04.04.2006)

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El País - Espagne

Les poutres de la Mezquita de Cordoue retirées des enchères

La société de vente aux enchères de renommée mondiale Christie's a accepté mardi 4 mars de suspendre la vente de cinq poutres ciselées de la Mezquita de Cordoue, l'un des chefs d'oeuvre de l'architecture omeyyade (785-987), une ancienne mosquée converti en cathédrale en 1236. "Le chapitre de la Mezquita soutient qu'il est le propriétaire légitime de ces poutres, et qu'elles ne peuvent donc pas être vendues aux enchères", précise le journal. "Il a consenti à indemniser l'actuel détenteur des oeuvres s'il est prouvé que celui-ci les possède de bonne foi, et que la suspension des enchères lui a fait perdre de l'argent. De son côté, Christie's dit avoir suspendu les enchères uniquement afin d'ouvrir des négociations avec le chapitre, pour qu'il rachète les pièces". Le gouvernement espagnol a demandé de suspendre la vente, et saisi la brigade historique de la police nationale espagnole. (04.04.2006)

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