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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 27.06.2006

 

À LA UNE

L'Italie refuse l'autonomie des régions

Lors du référendum des 25 et 26 juin, les citoyens italiens ont rejeté par 61,3 % des voix la réforme de la Constitution proposée par Silvio Berlusconi alors qu'il était encore chef du gouvernement. La réforme prévoyait notamment de donner plus de pouvoir aux régions et au Premier ministre. » suite

Extraits des publications suivantes:
Berliner Zeitung - Allemagne, ABC - Espagne, La Stampa - Italie, Le Soir - Belgique

Berliner Zeitung - Allemagne

"Les Italiens apprécient leur Constitution qui en 1948 a donné de nouvelles bases au pays après 20 ans de fascisme. Ils souhaitent la conserver comme ils souhaitent préserver l'unité du pays", commente Oliver Meiler à propos du référendum. "Berlusconi souhaitait réévaluer le rôle du Premier ministre, au détriment de celui du président et du parlement. En vain. La vieille Constitution italienne est un système astucieux de mécanismes de contrôle. L'objectif des pères fondateurs était clair : il fallait éviter l'arrivée au pouvoir d'un 'deuxième Duce' (...). Beaucoup d'Italiens sont également attachés à l'idée d'un président au-dessus des partis, qui serve d'instance de contrôle. Car l'Italie ne semble toujours pas à l'abri de chefs de gouvernement populistes aux tendances napoléoniennes, comme l'a prouvée l'histoire récente". (27.06.2006)

ABC - Espagne

"L'échec du gouvernement Berlusconi, qui a entraîné le pays dans une réforme fédéraliste, est sans appel", affirme le quotidien conservateur. "La gauche gouvernementale et la majorité de la droite se sont entendues pour rejeter ce projet qui heurtait le sentiment national des Italiens et ne correspondait pas à une vraie demande citoyenne. Grâce au référendum, tous les Italiens ont pu dire ce qu'ils pensaient sur l'avenir de leur pays. La leçon italienne (...) a une forte signification politique. A l'échelle européenne, le vote des Italiens se résume à un franc plébiscite pour le maintien des structures étatiques, face aux propositions supranationales ou régionalistes. La volonté du peuple italien de conserver des institutions nationales puissantes s'apparente (...) aux mouvements de restauration d'un Etat central fort, comme en Allemagne." (27.06.2006)

La Stampa - Italie

L'éditorialiste Luigi La Spina revient sur la série de défaites subies par la droite depuis trois mois et estime que le résultat du référendum envoie un signal à Silvio Berlusconi, qu'il devrait prendre au sérieux. "La première défaite, lors des élections législatives la nuit du 11 avril, avait été une demie victoire. La seconde, lors des municipales fin mai, avait été plus nette. La troisième défaite enfin, celle d'hier sur le référendum constitutionnel, risque d'être la pire pour le leader de Forza Italia parce qu'elle brise l'axe fondamental de cette alliance politique sur laquelle Berlusconi a bâti sa revanche en 2001, puis gouverné pendant la dernière législature : l'entente avec la Ligue de Umberto Bossi [Ligue du Nord, séparatiste] (...). Le résultat du vote indique que l'immense majorité des électeurs du sud n'accepte plus d'être entraînée au nom de l'anticommunisme par les prétentions autonomistes du parti de Bossi." (27.06.2006)

Le Soir - Belgique

"Ce nouveau revers politique fragilise le leadership de Silvio Berlusconi sur l'opposition de droite", note le quotidien belge. "Romano Prodi a fait campagne pour le 'non', car cette réforme divise le pays en deux, entre riches et pauvres. Et l'Eglise italienne a dénoncé les inégalités sociales que cette réforme va créer, notamment dans le secteur de la santé. (...) Ce choix est un nouveau revers cuisant pour Silvio Berlusconi, qui a scandalisé ses compatriotes en jugeant indignes les partisans du 'non'. Contraint de céder le pouvoir à la gauche après sa défaite aux législatives des 9 et 10 avril, il a déjà vu ses rêves de revanche s'évanouir avec les défaites de la droite aux municipales fin mai et jouait avec ce référendum son leadership sur la droite." (27.06.2006)

RÉFLEXIONS

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

La recette de Herfried Münkler contre le nouveau terrorisme

Le politologue Herfried Münkler livre une courte analyse du nouveau terrorisme, et donne un conseil laconique aux populations des pays visés. "Moins vous vous laisserez gagner par la peur, plus vite la faiblesse des groupes terroristes se dévoilera. Leur force réside dans l'influence qu'ils ont sur l'état psychique des populations visées. L'hystérie et la panique accroissent cette influence. La meilleure réponse aux attaques terroristes est donc de ne pas céder à la peur : si vous restez calmes après un attentat, si vous faites comme s'il ne s'était rien passé, les terroristes auront manqué leur objectif". (27.06.2006)

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La Croix - France

Pierre Lory et l'enseignement de l'islam au féminin

Le quotidien catholique publie un dossier consacré à la voix des femmes dans l'enseignement de l'islam. Jean-Christophe Ploquin a demandé à Pierre Lory, professeur d'histoire de la pensée musulmane à l'Ecole pratique des hautes études, à Paris, ce qu'il pensait de l'actuel débat sur les femmes prédicatrices. "Chacun comprend l'intérêt que les femmes, qui sont aussi mères et soeurs, soient bien formées et qu'elles jouent un rôle dans la transmission de la religion. (...) La question féminine devient l'un des très grands enjeux dans le monde musulman. On y constate une grande instabilité idéologique, au sens chimique du terme. Les idées circulent, mais les conclusions ne sont pas encore stabilisées. Les dialogues foisonnants sur Internet sont particulièrement révélateurs. S'y expriment des femmes de plus en plus cultivées et très croyantes." (27.06.2006)

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POLITIQUE

Svenska Dagbladet - Suède

La culture américaine du don n'est pas celle de la Suède

Le journal se réjouit du chèque de 34 milliards de dollars donné par l'Américain Warren Buffet à la fondation Bill Gates. Aussi exceptionnel soit-il, ce montant n'est que l'expression d'une culture du don très répandue aux Etats-Unis, mais ignorée en Europe. "En Suède, nous avons l'habitude que les choses fonctionnent différemment. Le terme de 'charité' a une connotation clairement négative. Les fortunes privées suscitent la méfiance. C'est l'Etat qui est responsable de l'argent et le distribue. C'est lui qui est le premier donateur. Le gouvernement en place décide ce qui doit être fait - et comment. Les alternatives sont ignorées, les idées novatrices laissées de côté". (27.06.2006)

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La Libre Belgique - Belgique

Une grève de la faim pour la défense des sans-papiers

"Une dizaine de personnes ont décidé d'entamer une grève de la faim citoyenne d'ici la fin de la semaine dans plusieurs villes du pays pour soutenir les revendications des sans-papiers", annonce le quotidien. "Ces citoyens belges dénoncent le fait que le ministre de l'Intérieur [Patrick Dewael] reste sourd aux appels des sans-papiers, alors que la majorité de la population est favorable à la régularisation et que de nombreux autres pays européens ont lancé une opération de régularisation". Les citoyens en question "ont donc décidé d'entamer une grève de la faim illimitée afin de revendiquer des critères de régularisation clairs et permanents pour les sans-papiers", précise le journal, avant de citer les intéressés : "Alors que le mouvement des sans-papiers fait preuve d'une maturité citoyenne exemplaire, nous constatons que ces êtres humains sont pris pour quantité négligeable par la plupart de nos femmes et hommes politiques". (27.06.2006)

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Financial Times - Royaume-Uni

Le leader conservateur veut modifier la Constitution

Le quotidien économique réagit à la proposition du leader conservateur, David Cameron, d'abroger le Human Rights Act [Convention des droits de l'Homme de l'UE, intégrée à la loi britannique], en vigueur depuis 1998, et de le remplacer par une déclaration proprement britannique. "Son discours du lundi 26 juin (...) est une tentative astucieuse pour s'emparer du débat sur l'équilibre entre les libertés civiles et la sécurité publique à l'époque du terrorisme global. Il faudra attendre de connaître davantage de détails avant de savoir si cette initiative politique a un quelconque intérêt constitutionnel. (...) David Cameron est persuasif en argumentant qu'une charte comme le Bill of Rights américain ou la Loi fondamentale [Constitution] allemande donnerait aux Britanniques un sentiment de 'propriété sur leurs droits'. (...) Mais il laisse aux experts le soin de répondre à une question essentielle, qui consiste à savoir si une nouvelle loi remplacerait ou s'ajouterait à celle existante. C'est une manière experte de botter en touche." (27.06.2006)

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SPORT

Tribune de Genève - Suisse

La Suisse éliminée, mais unie

Malgré l'élimination de la Suisse lundi 26 juin en huitième de finale du Mondial de football, le journaliste Dominique Von Burg estime que l'aventure a été positive pour le pays. "Sociologiquement, la Suisse a profondément changé. Au fil des vagues d'immigration, au gré de l'urbanisation, nous sommes aujourd'hui une société moderne multiculturelle. (...) Au-delà de son succès sportif, la bande à Köbi Kuhn [sélectionneur suisse] nous rend un sacré service. Elle nous fait redécouvrir le plaisir que procure l'expérience communautaire. Elle nous apprend que des valeurs comme la jeunesse, la confiance et l'audace font aussi partie de la réalité helvétique. Elle nous réconcilie avec un sentiment de fierté débarrassé de toute fausse pudeur. Quelle belle leçon !" (27.06.2006)

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Politiken - Danemark

Le football est un sport de combat

L'arbitre russe du match de huitième de finale entre le Portugal et les Pays-Bas, Valentin Ivanov, mérite une médaille, d'après le journal, pour avoir tenté d'enrayer la violence des joueurs en distribuant à tour de bras des cartons rouges et jaunes. En revanche, le président de la Fifa, Sepp Blatter, s'est disqualifié aux yeux du journal en critiquant ouvertement l'arbitre. "La violence sur le terrain est indigne et doit être stoppée, d'autant qu'elle légitime la violence des supporters. Bien sûr, le football est un sport de combat, et la confrontation physique en fait partie, lors des duels ou des tacles. Mais il faut empêcher à tout prix que cela dégénère et nuise à l'élégance du jeu. Nous voulons que le football reste un jeu noble où règne le fair-play, en dépit des enjeux d'une telle compétition". (27.06.2006)

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ÉCONOMIE

The Independent - Royaume-Uni

Capitalisation à Londres de la compagnie pétrolière Rosneft

Le quotidien se demande si le russe Rosneft, compagnie pétrolière nationale, doit être autorisé à poursuivre ses plans d'introduction au London Stock Exchange, dévoilés lundi 26 juin. Cette cotation devrait lui permettre de lever 11,6 milliards de dollars [9,2 milliards d'euros]. "[Le problème] n'est pas que son principal actionnaire soit l'Etat russe - d'autres compagnies russes ont déjà été introduites avec succès au London Stock Exchange. C'est qu'une part significative de son capital est considéré comme provenant de biens acquis frauduleusement, en l'occurrence la compagnie pétrolière et gazière Iouganskneftgaz que Rosneft s'est procurée à bas prix auprès de Ioukos, après l'arrestation et l'emprisonnement de son ancien patron. L'origine de la plupart des richesses russes d'aujourd'hui est profondément douteuse. (...) La chute de Ioukos est un exemple remarquable de démantèlement d'une société pour des raisons politiques." (27.06.2006)

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Der Standard - Autriche

Le projet de gazoduc Nabucco

"L'Europe va diversifier ses sources d'approvisionnement en gaz naturel, et par là même réduire sa dépendance vis-à-vis du gaz russe. A partir de 2011, un nouveau gazoduc baptisé Nabucco devrait acheminer jusqu'à 30 milliards de mètres-cubes de gaz naturel par an, depuis la zone frontalière turco-irano-azerbaïdjanaise jusqu'à l'Autriche et, de là, jusqu'aux autres pays de l'Union européenne. Ce projet a reçu l'aval des ministres de l'Energie des pays concernés, l'Autriche, la Hongrie, la Roumanie, la Bulgarie et la Turquie, lors d'une conférence intergouvernementale qui s'est tenue lundi 26 juin à Vienne", rapporte Günther Strobl dans le premier article d'une série consacrée au projet Nabucco. "Il reste quelques points de détail à éclaircir avec la Turquie, mais elle fera quoi qu'il en soit partie du projet. La participation du candidat à l'entrée dans l'UE est en effet nécessaire en raison de sa position géographique. A l'Est, le pays borde une région qui possède les plus grosses réserves de gaz de la planète : l'Iran, l'Irak, le Qatar et - il ne faudrait pas l'oublier - la région de la mer Caspienne". (27.06.2006)

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MÉDIAS

Gazeta Wyborcza - Pologne

Les journalistes polonais sous contrôle

Le gouvernement conservateur polonais prévoit l'adoption d'une loi permettant d'examiner le passé des journalistes afin de s'assurer qu'ils ne sont pas d'anciens collaborateurs de la police politique. Jusqu'à présent, seuls les responsables politiques et les hauts fonctionnaires étaient soumis à un tel examen. Mais, à l'avenir, toute personne née avant 1972 et dont le journalisme représente la première source de revenus ne pourra continuer à travailler que si elle accepte une enquête sur son passé. Krzysztof Lozinski, rédacteur en chef du webzine Kontrateksty, réagit violemment. "Comment ces messieurs les enquêteurs veulent-ils vérifier si nous, les journalistes qui travaillons sur Internet, avons été examinés ? Vont-ils frapper à la porte de la rédaction ? Quelle rédaction ? En décembre 2005, j'ai rédigé un article depuis des cybercafés situés en Inde et au Népal, et la semaine dernière, je travaillais sur un ordinateur portable au bord d'un lac de Mazurie. Par ailleurs, il est très facile de faire héberger un site sur un serveur américain. La Chine, la Russie, la Biélorussie et le Vietnam se sont déjà cassés les dents en tentant de censurer Internet". (27.06.2006)

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Le Monde - France

Sauvegarder l'esprit de 'Libération'

De nombreuses personnalités, parmi lesquelles Jean-Pierre Azéma, Enki Bilal, Daniel Buren, Sophie Calle, Jeanne Moreau et Jean Nouvel, cosignent mardi 27 juin un appel pour la défense du journal 'Libération', dont le directeur et cofondateur Serge July vient d'être remercié par l'actionnaire principal Edouard de Rothschild. "Sacré journal ! On peut ne pas partager ses idées, s'agacer de ses ironies, contester ses partis pris ou, au contraire, saluer son insolence, mais comment rester indifférent à ce qui lui arrive aujourd'hui ? (...) De sensibilités, de parcours et d'écoles de pensée différentes, nous tenons pourtant à dire notre inquiétude. 'Libération' occupe une place essentielle dans l'animation du débat démocratique français, par sa liberté de ton, ses engagements, ses excès. (...) Ce quotidien a su manifester un esprit de résistance, quand cela était nécessaire." (27.06.2006)

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CULTURE

Gazeta Wyborcza - Pologne

Le dernier ouvrage de Stanislaw Lem

Wojciech Orlinski commente le dernier recueil de l'écrivain disparu Stanislaw Lem, intitulé 'Rasa drapiezcow. Teksty ostatnie' (La race des brigands. Derniers textes). "La sélection de Stanislaw Lem montre qu'il avait prévu avec une rare sagacité les attitudes fâcheuses des classes dirigeantes actuelles (...). Dans ce recueil, Stanislaw Lem prouve qu'il était un observateur avisé de son époque, possédant une grande connaissance de l'histoire, de la science et de la culture. Il commente les événements comme le fiasco de l'occupation de l'Irak, les élections polonaises ou le tsunami selon une perspective qui pourrait être celle d'un des robots qu'il imaginait, associant les événements en cours avec les données compilées dans ses archives". (27.06.2006)

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Postimees - Estonie

Polémique autour d'un monument soviétique à Tallinn

Depuis plusieurs mois, une polémique fait rage en Estonie au sujet de la démolition d'une statue en bronze de l'époque soviétique, à Tallinn. Krista Kodres s'engage en faveur de la sauvegarde des vestiges du régime communiste. "Imaginez que les révolutionnaires français aient détruit les châteaux des Bourbons qu'ils haïssaient en 1789 ou que les révolutionnaires russes aient ruiné le Palais d'hiver ou le Kremlin. Imaginez que l'Estonie ait rasé ses fermes domaniales, symboles de 700 ans d'esclavage (...). L'Union soviétique n'était pas dépourvue de culture. Naturellement, celle-ci n'était pas toujours libre, mais les écrivains écrivaient, les peintres peignaient, les compositeurs composaient et les architectes bâtissaient. Tout n'est pas de la grande culture, mais c'est de la culture tout de même". (27.06.2006)

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