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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 18.09.2006

 

À LA UNE

Le pape irrite le monde musulman

Un discours prononcé la semaine dernière par le Pape Benoît XVI à l'université de Ratisbonne (Allemagne) a provoqué l'indignation du monde musulman. A l'origine du scandale, une citation par le souverain pontife des propos de l'Empereur byzantin Manuel II Paléologue : "Montre-moi donc ce que Mahomet a apporté de nouveau. Tu ne trouveras que des choses mauvaises et inhumaines, comme le droit de défendre par l'épée la foi qu'il prêchait". Comment interpréter ces propos ? » suite

Extraits des publications suivantes:
Times of Malta - Malte, Frankfurter Rundschau - Allemagne, Rzeczpospolita - Pologne, Kristeligt Dagblad - Danemark, Tribune de Genève - Suisse, El Diario Vasco - Espagne

Times of Malta - Malte

Selon le quotidien, "le pape s'est servi de la citation pour étayer son argument selon lequel la foi ne saurait être propagée grâce à la 'guerre sainte', relevant que 'la violence est incompatible avec la nature de Dieu et la nature de l'âme'. Ces mots pourraient, et devraient, également s'appliquer aux croisades menées voilà huit ou dix siècles et pour lesquelles le prédécesseur de Benoît XVI, Jean-Paul II, avait demandé pardon. Ils sont applicables à toutes les guerres religieuses qui ont sévi au cours des siècles, et qui continuent de sévir à l'aube du XXIe siècle. Ce que le pape a délivré était un prêche passionné et érudit pour la tolérance religieuse. (...) Les guerres de religion se poursuivent aujourd'hui dans certaines parties du monde musulman : lors des seize années de guerre civile au Liban, par exemple, ainsi que durant des décennies au Soudan et au Nigeria. Et les massacres entre les deux courants majoritaires de l'islam - les sunnites et les chiites - sont désormais quotidiens en Irak."  (18.09.2006)

Frankfurter Rundschau - Allemagne

"Si l'on a échappé à une réédition de l'affaire des caricatures, c'est grâce à la rapidité de réaction du Vatican et à la modération des représentants influents de l'islam, qui ne se sont pas obstinés à demander des excuses explicites de la part du pape", estime Monika Kappus. "Le front d'opposition à Benoît XVI semble s'être effrité hier, dimanche 17 septembre. Un apaisement de cette affaire serait d'autant plus remarquable que le pape n'a pas regretté ses paroles, mais simplement les réactions qu'elles ont engendrées. Sans retirer ses propos, il est peut-être parvenu à calmer les esprits. Ça urgeait (...). Un pape n'est pas un érudit qui peut se permettre de philosopher en public sans songer aux conséquences". (18.09.2006)

Rzeczpospolita - Pologne

Le nouveau rédacteur en chef du journal, Pawel Lisicki, recommande la fermeté à l'égard des musulmans. "Les musulmans, tout au moins les principaux dirigeants de la communauté musulmane, ne sont pas intéressés par le dialogue avec l'Eglise - un dialogue grâce auquel les deux camps confronteraient leurs arguments - mais par la capitulation des Chrétiens. Ils ne s'intéressent tout simplement pas à ce qui fait, à juste titre, la fierté de l'Occident : la liberté de dialoguer, sans recours à la violence (...). L'Eglise et les gouvernements des pays occidentaux doivent revoir leur approche du monde musulman. Nous devons au moins réclamer que les Chrétiens vivant dans les pays islamiques puissent jouir des mêmes droits et des mêmes libertés que les musulmans vivant à l'Ouest (...). Les gestes symboliques, qui montrent que l'époque de l'indulgence est terminée, sont tout aussi importants. Et ce même si la réaction adéquate de Benoît XVI aux paroles du Premier ministre turc pourrait compromettre sa visite dans ce pays." (18.09.2006)

Kristeligt Dagblad - Danemark

Pour Henrik Brun, responsable de la rubrique 'politique étrangère' du journal, le tohu-bohu médiatique actuel reflète bien notre époque. Le pape aurait pu prévoir de telles réactions. "Cette affaire, comme celle des caricatures du prophète Mahomet, illustre parfaitement la multiplication des malentendus qu'engendre un monde médiatique où l'on réagit au quart de tour. C'est particulièrement valable dans le domaine religieux. En premier lieu, parce que la croyance est un point sensible chez de nombreuses personnes, ensuite parce que les messages religieux dépendent, plus que toute autre chose, de la façon dont le destinataire les interprète. Sans contester la liberté d'expression du pape ni juger le discours de Ratisbonne, on peut se demander si le souverain pontife connaisse réellement le fonctionnement du système médiatique mondial de 2006". (18.09.2006)

Tribune de Genève - Suisse

"En citant l'empereur chrétien de Constantinople Manuel II Paléologue, qui stigmatisait la violence du prophète Mohammed, Benoît XVI a cédé à la tentation de retrouver son rôle de professeur en théologie qui, pour piquer l'attention de ses élèves, lance des citations à la fois savantes et provocatrices", estime Jean-Noël Cuénod. "Si cette attitude est parfaitement acceptable dans l'enceinte d'un séminaire ou lors d'un débat académique, elle ne l'est plus lorsqu'on intervient - en tant que chef de l'une des grandes confessions chrétiennes - sur le terrain tumultueux des médias. Dans cet espace sans recul, la prudence est plus qu'une vertu cardinale. C'est un ardent devoir. A l'évidence, Joseph Ratzinger ne se meut pas encore avec aisance dans la soutane immaculée de Benoît XVI. L'habit ne fait pas le pape." (18.09.2006)

El Diario Vasco - Espagne

Le quotidien estime que le pape Ratzinger "ne possède pas la finesse de son prédécesseur Wojtila qui n'aurait jamais commis une erreur aussi grossière. Car il était évident que, dans le contexte international actuel tendu, avec les conflits que vit le Proche-Orient, n'importe quelle étincelle pouvait provoquer un incendie. Et c'est ce qui s'est passé. (...) Certains analystes peu miséricordieux avec Ratzinger jugent impossible que Benoît XVI n'ait pas médité ses propos, ce qui signifie que le pape aurait voulu clairement établir la supériorité morale du catholicisme sur les autres religions. Il est cependant insensé de penser qu'une figure intellectuelle comme Ratzinger ait commis un tel faux pas dans la perspective du dialogue entre les religions, prôné par le Vatican depuis de longues années." (18.09.2006)

RÉFLEXIONS

Foreign Policy Edición Española - Espagne

La religion gagne du terrain politique

Le magazine espagnol reproduit une tribune déjà publiée par d'autres médias dans laquelle les chercheurs américains Timothy Samuel Shah et Monica Duffy Toft analysent le poids grandissant de la religion dans le monde. "La politique mondiale est de plus en plus marquée par ce que nous pouvons appeler la 'politique prophétique'. Les voix de ceux qui assurent posséder une autorité transcendantale remplissent les espaces publics et gagnent des affrontements cruciaux. (...) La diffusion de la démocratie, loin de placer sous contrôle le pouvoir des activistes religieux, devrait contribuer à augmenter la portée des mouvements politique prophétiques. Même si la plupart d'entre eux devraient émerger de processus électoraux mieux organisés, plus populaires et plus légitimes qu'auparavant, ces mouvements pourraient aussi faire usage de la violence. La démocratie permet à de plus en plus de peuples de s'exprimer, et ils choisissent de parler de Dieu". (18.09.2006)

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The Independent - Royaume-Uni

Andreas Whittam-Smith et l'affaiblissement des Etats-Unis

"En ce qui concerne le Moyen-Orient, les sphères d'influence se déplacent doucement des Etats-Unis vers l'Europe", explique Andreas Whittam-Smith, cofondateur et chroniqueur du journal, qui analyse le rôle joué par l'Europe dans cette région. "Ce n'est pas tant que l'Europe est devenue plus forte, mais plutôt que les Etats-Unis semblent plus faibles. (...) Et on constate dans le même temps un renouvellement des dirigeants politiques chez les principaux alliés des Américains. Le premier à partir a été le Premier ministre espagnol, le conservateur José Maria Aznar. Il a dû démissionner en 2004 avec la défaite de son parti aux élections. En avril 2006, le Premier ministre italien Silvio Berlusconi a aussi été chassé par les électeurs. Et notre propre Tony Blair a été invité à abandonner son parti. (...) Leurs successeurs vont discrètement tenir compte de ces échecs, et devront ajuster leurs politiques ". (18.09.2006)

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POLITIQUE

Dagens Nyheter - Suède

L'opposition remporte les législatives en Suède

L'Alliance de droite dirigée par Fredrik Reinfeldt a remporté de justesse le 17 septembre les élections législatives suédoises, avec 48,1 % des voix contre 46,2 % pour le bloc de gauche. Pour le journal, l'opposition doit sa victoire à l'alternative claire qu'elle a su proposer aux électeurs. Jusqu'à la fin, personne n'a su avec qui le Premier ministre Göran Persson s'allierait en cas de victoire. "La question de la formation du gouvernement a ainsi tourné à l'avantage de l'Alliance. La deuxième explication de ce résultat est Göran Persson lui-même, dont la position dans son camp était beaucoup trop dominatrice (...). Avec le temps, le pouvoir déforme les dirigeants, fait ressortir leurs défauts et les prive de leur franchise comme de leur allant. Si les sociaux-démocrates ont perdu le contrôle du dossier du chômage, c'est en grande partie à cause du Premier ministre, pour qui le travail se crée de lui-même et le chômage n'est donc pas un problème. Les électeurs ne l'ont pas accepté". (18.09.2006)

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Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Succès électoral régional de l'extrême droite allemande

Le parti d'extrême droite NPD a obtenu 6,9 % lors des élections régionales organisées le 17 septembre dans l'Etat du Mecklembourg-Poméranie occidentale et devrait avoir cinq députés au sein du Parlement de cette région. Selon Heribert Prantl, il ne faut pas minimiser ce résultat car l'Allemagne se retrouve "dans la situation de l'alcoolique (...) qui retouche à la bouteille. Il paraît difficile d'attendre que l'extrême droite sombre une nouvelle fois dans sa bêtise (...). Tous les partis populistes et d'extrême droite européens attisent la peur de la déculturation par l'étranger. Cependant, la plupart ne parlent pas de protéger la race, comme les extrémistes classiques, mais de protéger leur culture et leur identité nationale. La plupart craignent d'afficher un extrémisme excessif. Ils puisent abondamment dans l'arsenal argumentaire de l'extrême droite, mais ne sont pas militants. Le NPD, lui, est militant. Il ne le cache que par intervalle, lorsque cela lui semble opportun. Le NPD utilise clairement la rhétorique national-socialiste." (18.09.2006)

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The Guardian - Royaume-Uni

L'Europe est un tabou pour les politiques britanniques

"L'Europe est un sujet que les conservateurs comme les travaillistes ignorent volontairement, alors même que ce sujet touche chacun de nous", relève le chroniqueur Peter Preston, ancien rédacteur en chef du quotidien. "M. Brown [ministre de l'Economie] a pris l'habitude de ne pas mentionner l'Europe. (...) Ses fréquents exposés sur la 'britannité' ne vont pas au-delà de Douvres. Et pourtant, si l'on jette un bref coup d'oeil aux actualités du jour et aux priorités du gouvernement, cette omission est plus que bizarre. (...) La position de David Cameron [chef de l'opposition conservatrice] est plus curieuse encore. (...) Son programme oublie la vitesse à laquelle la perspective d'adhésion a élevé et cimenté les libertés en Europe de l'Est. Il mentionne peu la transformation de la Roumanie et de la Bulgarie. Il ne participe guère au débat vif, large et symbolique, qui concerne l'adhésion d'Ankara à l'UE. Il ne peut se permettre de faire de l'Europe un sujet important, car il risquerait de rouvrir les plaies des conservateurs." (18.09.2006)

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Postimees - Estonie

La Transdniestrie se rapproche de Moscou

La population de la République de Transdniestrie (région séparatiste de la Moldavie, non reconnu par la communauté internationale), majoritairement composée d'Ukrainiens et de Russes, s'est prononcée ce week-end par référendum en faveur de l'indépendance, dans le but d'un rattachement ultérieur à la Russie. L'UE et l'OSCE ont fait savoir que les résultats du référendum ne seraient pas reconnus. Le journal avance que la Transdniestrie ne peut pas invoquer le précédent du Monténégro. "Au cours des 15 dernières années, la Russie s'est servie de plusieurs conflits sur le territoire de la CEI pour étendre sa sphère d'influence dans les pays voisins. C'est encore une fois le cas. Pour Moscou, l'enjeu n'est pas le résultat du référendum, ni même l'annexion de la Transdniestrie, mais la sauvegarde de son influence sur l'Ukraine et la Moldavie". (18.09.2006)

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Le Monde - France

La Finlande à la recherche de migrants

Dans un entretien avec Daniel Vernet, le politologue et diplomate finlandais Max Jakobson explique pourquoi la population finlandaise compte à peine 1% d'étranger. "C'est une attitude traditionnelle de mettre la nation finnoise à l'abri des apports étrangers. Après plus d'un siècle de domination tsariste, la population russe dans le Grand Duché de Finlande ne dépassait pas 0,5 % ! Et même si nos élites suivaient alors rigoureusement les principes russes, nous ne voulions pas avoir de Russes ici. Cette sorte d'attitude fondamentale semble se perpétuer. Or nous avons besoin de plus d'immigrants parce que notre population vieillit. (...) Les dirigeants politiques, les milieux industriels sont d'accord sur cette nécessité d'ouvrir les frontières. Pourtant, nous ne prenons pas de décision. Nous ne savons pas où trouver ces migrants. Les Polonais, les Baltes émigrent vers l'Europe occidentale, la Grande-Bretagne. Ils ne viennent pas ici". (18.09.2006)

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CULTURE

La Repubblica - Italie

La mort d'Oriana Fallaci

Oriana Fallaci est morte à l'âge de 77 ans le 15 septembre dans sa ville natale de Florence. Journaliste et reporter lors de la guerre du Vietnam, elle était mondialement connue pour ses essais au vitriol. Le journaliste et philosophe Giancarlo Bosetti revient sur les polémiques qu'elle a suscitées. "La force de l'invective a été l'une des raisons du succès de ses livres. Elle avait déclaré la guerre non seulement au terrorisme islamique, mais à la religion musulmane en tant que telle, et aux immigrés en tant que tels (...). Oriana Fallaci a porté l'écriture subjective à ses limites extrêmes. Subjective, dans le sens du nouveau journalisme de Norman Mailer, Truman Capote ou Tom Wolfe, dans la veine d'une écriture qui plonge le lecteur au centre des positions de l'auteur, dans son esprit (...)". (16.09.2006)

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La Libre Belgique - Belgique

Rétrospective Francis Bacon à Düsseldorf

Roger Pierre Turine s'est rendu à la Kunstsammlung de Düsseldorf, qui expose jusqu'au 7 janvier une soixantaine d'œuvres du peintre britannique Francis Bacon (1909-1992). "Le plaisir de retrouver un Bacon, tel qu'en lui-même il s'est forgé en ressassant la place confinée de l'individu dans un univers démesurément clos, se trouve renforcé par la présence, du moins pour ses premières oeuvres, de tableaux rarement montrés, sinon inédits. (...) Bacon savait la force et l'impact des masses dans leur rayonnement ! On ne s'étonnera pas que ce peintre majeur de l'art du XXe siècle ait parfois pris ses références dynamiques chez un Muybridge. Ses tableaux dédiés à Van Gogh ne comptent pas au rang des chefs-d'oeuvre, mais ils impressionnent par leurs couleurs en fusion. Si, comme le disait Vincent, le rouge et le vert expriment les terribles passions humaines, Bacon s'en est souvenu." (18.09.2006)

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CHOUX DE BRUXELLES

Respekt - République tchèque

Une alliance germano-tchèque pour la bière ?

Alexandr Vondra, nouveau ministre tchèque des Affaires étrangères, a provoqué l'hilarité générale lors de sa dernière visite à Berlin en proposant à son homologue allemand Frank-Walter Steinmeier la création d'une "alliance pour la bière" afin de riposter aux efforts de Bruxelles visant à augmenter les taxes sur les boissons alcoolisées. Anneke Hudalla commente. "Je n'ai rien contre la bière, et rien non plus contre le fait que le gouvernement tchèque défende les intérêts de ses citoyens. La Commission européenne veut augmenter les taxes sur l'alcool, au  grand dam des Tchèques. Alexandr Vondra en est conscient. Selon lui, le fossé qui sépare au sein de l'UE les élites des populations va en s'élargissant. Il souhaite rapprocher les gens de l'Europe. C'est une bonne idée - à condition que les dirigeants ne laissent pas le peuple prendre les décisions de politique européenne." (18.09.2006)

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