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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 21.09.2006

 

À LA UNE

La popularité de l'extrême droite dans l'Est de Allemagne

Dans le Land de Mecklenbourg-Poméranie-Antérieure, le parti d'extrême droite NPD est entré au Parlement régional après avoir obtenu plus de 7 % des voix aux élections qui se sont tenues ce week-end. Il réitère ainsi le scénario de 2004 dans le Land de Saxe. La presse européenne se demande quelles sont les causes de la popularité de l'extrême droite dans l'Est de l'Allemagne. » suite

Extraits des publications suivantes:
Lidové noviny - République tchèque, Frankfurter Rundschau - Allemagne, Neue Zürcher Zeitung - Suisse, Der Standard - Autriche

Lidové noviny - République tchèque

Pour le commentateur Lubos Palata, la première explication du succès du NPD aux élections régionales de Mecklenbourg-Poméranie-Antérieure est la situation économique de l'ex-Allemagne de l'Est. "La République de Berlin a du mal à retrouver le niveau économique de la République de Bonn. Autrefois l'un des pays les plus en pointe d'Europe, l'Allemagne est retombé en milieu de peloton. Et si l'on ne considère que les régions de l'Est, la situation est encore pire. Ils ne maintiennent la tête hors de l'eau que grâce à l'Ouest. La progression des néo-nazis est le prix de ce fiasco, de même que celle des néo-communistes. Ils représentent un tiers du total des voix. Ce n'est pas rien. La démocratie allemande est forte, mais elle a besoin de succès, comme les autres. Comme le reste de l'UE. Nous autres, qui faisons parties des démocraties moins solides, le savons mieux que quiconque". (19.09.2006)

Frankfurter Rundschau - Allemagne

Pour Stephan Hebel, la popularité du NPD en ex-Allemagne de l'Est s'explique par l'attitude des partis établis, qui laissent le NPD "se présenter comme la seule formation politique qui comprenne les aspirations et la détresse des citoyens (...). Les pauvres et les chômeurs ne sont pas les seuls à chercher d'autres réponses à leurs questions sur l'avenir, différentes des tergiversations des dirigeants de Schwerin ou Berlin. Personne ne devrait s'étonner de voir une minorité grandissante se laisser convaincre par les idées de l'extrême droite. Le NPD exploite comme nul autre le sentiment des gens d'être des objets impuissants ou des victimes des 'partis du système'. La plupart du temps, la classe politique et les médias jouent les observateurs silencieux. Et même si tous frémissent devant leurs postes le soir des élections, ils ne s'occupent pas au quotidien des raisons qui conduisent les gens à voter pour l'extrême droite". (20.09.2006)

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

"Le parti d'extrême droite allemand, le NPD, profite du manque d'envergure des partis démocratiques dans le Land oriental de Mecklenbourg-Poméranie-Antérieure", juge Eric Gujer, correspondant du journal en Allemagne, qui décrit les stratégies du parti extrémiste dans l'Est de l'Allemagne. "Dans ses fiefs, le parti a deux visages : il se pose en parti bourgeois tout en recevant le soutien des groupes néonazis (...). Le représentant du NPD à Anklamer, Michael Andrejewski, est originaire de Bade-Wurtemberg, et la tête de liste du parti aux législatives régionales, Udo Pastörs, arrive de Basse-Saxe (...). Ils font partie de ces cadres du NPD issus d'Allemagne de l'Ouest, forts d'une grande expérience politique, d'apparence bourgeoise, et qui ont trouvé un nouveau terrain d'action à l'Est. Ces dirigeants sont soutenus par les groupes néonazis, qui se font généralement appeler 'camaraderies' (...). Les leaders néonazis, eux aussi, sont souvent originaires de l'Ouest. En revanche, la plupart de leurs membres, des jeunes peu scolarisés et sans avenir professionnel, sont recrutés sur place, dans le Land de Mecklenbourg-Poméranie-Antérieure". (21.09.2006)

Der Standard - Autriche

Birgit Baumann demande à la coalition gouvernemantale de "se décider à faire quelque chose" pour lutter contre l'extrême droite. "Qui les en empêche, sinon eux-mêmes ? Jamais le moment n'a été plus propice : les élections de Berlin et de Mecklenbourg-Poméranie-Antérieure étaient les dernières élections importantes avant longtemps. Aucune élection régionale décisive n'est prévue en Allemagne en 2007. Il n'y a plus rien à espérer du gouvernement s'il n'utilise pas cette fenêtre du calendrier. Cela vaut également pour la lutte contre l'extrême droite, en particulier à l'Est. Il faut engager ou renforcer la lutte dès aujourd'hui - dans les écoles, dans les clubs de loisirs, dans les associations sportives. C'est une tâche fastidieuse, mais plus honnête et plus porteuse que les appels réguliers à l'interdiction d'un parti". (19.09.2006)

RÉFLEXIONS

Le Nouvel Observateur - France

Rony Brauman et la "banalité du nazisme"

L'hebdomadaire consacre sa une à l'ouvrage de l'écrivain américain Jonathan Littell, 'Les Bienveillantes', qui décrit le quotidien d'un criminel SS. Rony Brauman, ex-président de Médecins sans frontières et coréalisateur d'un documentaire sur le procès Eichmann, évoque ce quotidien dans un entretien avec Michel Labro. "Beaucoup d'officiers SS étaient issus de la meilleure société, il y avait parmi eux des universitaires, des banquiers. Et les hommes de main ne sont pas différents de leurs supérieurs. Les manifestations de fanatisme étaient exceptionnelles, les travaux des historiens l'attestent : la plupart de ces hommes agissaient sans pitié, mais sans haine. Et c'est ce zèle ordonné qui est le plus effrayant. (...) Ce n'est pas le mal qui est banal [référence à la formule d'Hannah Arendt], ce sont les hommes. Reconnaître la banalité du nazisme, ce n'est pas le banaliser, c'est le rapatrier dans le monde des hommes." (21.09.2006)

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Público - Portugal

José Pacheco Pereira analyse le discours du pape

L'historien portugais José Pacheco Pereira revient sur la polémique engendrée par discours du pape la semaine dernière à Ratisbonne. "Le pape critique l'islam non pas du fait de la violence de l'épée de Mahomet, mais parce que dans la doctrine musulmane, Dieu est absolument transcendant. Il n'y a pas de véritable interaction entre Dieu et les hommes : la raison n'est pas nécessaire, la foi est essentiellement soumission et obéissance. (...) En valorisant la fusion de la tradition grecque du logos avec le christianisme, le pape énonce la tradition culturelle de l'Europe, de l'histoire tumultueuse de sa pensée et des fondements de son identité. Il parle de religion et de politique, de culture et de pensée, de l'Union européenne et de la Turquie, du christianisme et de l'islam. C'est de cela que le pape espérait débattre. C'est bien cela qui interpelle l'islam, si toutefois celui-ci accepte qu'on l'interpelle." (21.09.2006)

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POLITIQUE

Népszabadság - Hongrie

Peter Nadas et l'actualité hongroise

Dans une interview télévisée conduite par Sandor Friderikusz, dont le journal publie des extraits, l'écrivain hongrois Peter Nadas défend le discours à huis clos du Premier ministre Ferenc Gyurcsany, dont la diffusion a déclenché une vague importante de protestations et d'émeutes en Hongrie. Selon l'écrivain, l'objectif formulé dans le discours est de mettre un terme "au népotisme féodal qui prévaut dans le pays depuis 16 ans". Jusqu'à présent, les gouvernements "ont distribué ce qui ne leur appartenait pas. C'est inacceptable en Europe. La Hongrie n'a pas besoin de mesures d'austérité, mais d'une grande réforme de son budget, comprenant la lutte contre la corruption et la suppression des privilèges. (...) La situation de la Hongrie se dégraderait considérablement si le gouvernement de Ferenc Gyurcsany était renversé". (21.09.2006)

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The Irish Times - Irlande

La légitimité du Premier ministre hongrois

Le quotidien considère que la crise politique hongroise pourrait avoir des conséquences positives en raison de l'expérience et du charisme du Premier ministre Ferenc Gyurcsany. "Même s'ils s'enragent devant l'audace avec laquelle ils ont été trompés, la Commission européenne et les bailleurs de fonds internationaux ont pris note de la situation, et espèrent qu'il pourra continuer à appliquer son programme. Quant à savoir si M.Gyurcsany sera capable de rétablir sa légitimité et de maintenir le système politique en place, c'est une autre histoire. Partout en Europe, les électeurs reconnaîtront la manoeuvre politique (qui rappelle étrangement les scénarios électoraux vécus par les Irlandais en 1987 et 2002) et se demanderont s'il ne s'agit pas là d'un exemple du manque de fiabilité enraciné des hommes politiques. Quoiqu'il en soit, la crise politique hongroise montre aussi à quel point il est difficile pour les nouveaux Etats membres d'appliquer la politique d'intégration économique." (21.09.2006)

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Le Monde - France

Une crise d'identité en Europe de l'Est

Face aux violences qui se poursuivent dans les rues de Budapest, l'Union européenne a pour l'instant fait preuve de prudence. Anne Rodier a demandé au politologue français Jean-Yves Camus, spécialiste de l'extrême droite, si la montée du populisme en Hongrie, en Slovaquie et en Pologne pouvait être interprétée comme une crise régionale dans les nouveaux Etats membres de l'UE. "Il y a toujours eu persistance de courants ultranationalistes dans ces pays. Mais on a un énorme problème de classification des partis. Les lignes sont brouillées dans tout ces Etats où les mouvements qui ont combattu les Soviétiques ont une aura de libérateurs. Là où il y a crise, c'est en réaction à l'Union européenne et pas seulement en termes économiques, mais aussi identitaires." (21.09.2006)

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Gazeta Wyborcza - Pologne

L'Irlande, un modèle pour la Pologne

"Le succès économique de l'Irlande est si impressionnant que cela donne envie de le reproduire en Pologne", écrit Witold Gadomski. Le premier obstacle qui se dresse sur la route de la Pologne est "l'instabilité de la scène politique et la perception de l'économie comme un champ de bataille politique (...). Au cours des douze derniers mois, la Pologne a perçu un total de 7,8 milliards d'euros d'investissements étrangers. Si le résultat n'est pas mauvais, il n'a cependant rien à voir avec les investissements étrangers en Irlande. Sans réforme des finances publiques, sans l'entrée dans la zone euro, sans réduction des taxes, sans réformes structurelles (la libéralisation du marché de l'énergie, des télécoms et des chemins de fers) et sans règlement des privatisations, la Pologne ne réitérera pas le miracle irlandais. Nous nous enrichissons plus vite que l'Europe de l'Ouest, c'est vrai, mais il nous faudra encore 30 ans avant de pouvoir la rattraper. Les Irlandais l'ont fait en dix ans". (21.09.2006)

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La Stampa - Italie

Un scandale d'écoutes téléphoniques illégales en Italie

Après l'arrestation mercredi 20 septembre de 21 personnes dans une affaire d'écoutes téléphoniques illégales visant de très nombreuses personnalités, le journaliste Riccardo Barenghi demande que toute la lumière soit faite sur ce scandale hors norme. "Quand on dit 'Telecom', on pense téléphone, et le téléphone, en Italie, tout le monde en possède un. Tout le monde devrait donc se préoccuper des nouvelles impliquant la 'Telecom'. S'en inquiéter et demander des explications à ceux qui peuvent en donner, aux magistrats mais aussi au gouvernement et au Parlement(...). Des millions d'Italiens moyens assistent stupéfaits à un spectacle dont ils ne comprennent ni les causes, ni les effets, ni les possibles conclusions. Ils ont le droit de savoir pourquoi une entreprise privée par sa composition et publique par son action, et qu'ils connaissent depuis toujours, se trouve brutalement dans l'oeil du cyclone. L'Italien moyen en demande-t-il trop ?" (21.09.2006)

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Lietuvos rytas - Lituanie

Controverse autour de l'invasion de la Pologne en 1939

A l'occasion du 67e anniversaire de l'invasion de la partie orientale de la Pologne par l'armée rouge, Jacekas Komaras rappelle que l'interprétation des événements du 17 septembre 1939 diffère encore aujourd'hui dans les pays d'Europe de l'Est. Les clauses secrètes du pacte germano-soviétique entre Hitler et Staline prévoyaient la division de l'Europe de l'Est en sphères d'influence. Après la guerre, une grande partie de la Pologne orientale est revenue à l'Union soviétique et appartient encore aujourd'hui à la Biélorussie. "Cette date plaît au dictateur biélorusse Loukachenko, qui a décidé d'en faire un jour férié pour commémorer la libération de la partie occidentale du pays de l'emprise polonaise. Les villes de Grodno ou Minsk ont même leur 'rue du 17 septembre'. Pour les Polonais, en revanche, cette date a fait l'effet d'un coup de poignard dans le dos, et pour la Lituanie, elle a marqué la fin de l'indépendance (...). Si l'esprit de nombreux Lituaniens est encore hanté par les stéréotypes soviétiques, nous pouvons au moins espérer que nos enfants apprennent la vérité sur le mois de septembre 1939. En Russie, en revanche, il y a peu de chance pour que l'enseignement de cette période soit modifié dans les dix ou vingt années à venir". (21.09.2006)

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Cinco Días - Espagne

Le nouveau discours politique espagnol sur l'immigration

L'économiste espagnol José Aranda analyse le changement de discours politique observé en Espagne sur la question de l'immigration en raison de l'arrivée de plusieurs milliers de clandestins depuis le début de l'année. "Ce qui est le plus lamentable dans les déclarations politiques prônant la fermeté, c'est le mépris qui s'en dégage à l'égard du peuple espagnol. Etant donné son histoire, il peut pourtant comprendre sans difficulté les raisons des mouvements migratoires, qui sont toujours douloureux pour leurs acteurs. Ces mouvements sont les conséquences de guerres, de persécutions, d'épidémies, de la désertification et de bien d'autres problèmes sur lesquels les pays développés devraient concentrer leur attention au lieu d'écouter ceux qui, comme Nicolas Sarkozy en France, ne savent prononcer que des discours durs et parler d'un impossible blindage frontalier (...)". (20.09.2006)

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ÉCONOMIE

Finance - Slovénie

Un partenariat énergétique russo-slovène

Le groupe pétrolier russe Loukoil cherche à se rapprocher de Petrol, le leader slovène du marché. Bozo Dimnik analyse les avantages de cet "acoquinement avec les Russes". "La recherche de partenariat dans le secteur de l'énergie doit devenir la priorité de la Slovénie. Il convient en particulier de trouver des partenaires possédant leurs propres sources d'énergie. Or, la Russie ne dispose que d'un nombre limité d'alliés au sein de l'Union européenne, les relations étant difficiles en raison des contentieux du passé. Parmi les nouveaux membres de l'Union européenne, la Slovénie est le pays qui jouit des relations les moins troublées avec le géant russe (...). C'est pourquoi je pense que la Slovénie pourrait servir de pont entre la Russie et l'UE". (20.09.2006)

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CULTURE

The Guardian - Royaume-Uni

Le National Theater redonne vie à une pièce du XVIIe siècle

"La reprise au National Theater de 'L'Alchimiste', une très grande pièce sur les arnaqueurs, est toute aussi pertinente dans la période actuelle où les bouteilles d'eau sont supposées maintenir les gens en forme qu'au moment de la bulle des mers du Sud [un des premiers krachs financiers de l'Histoire, en 1720]", note le quotidien en référence à l'oeuvre de Ben Jonson [1572-1637]. "La pièce ne parle pas d'alchimie, mais des délinquants qui ont su s'enrichir en incitant les plus crédules à se séparer de leur argent. (...) Ce qu'il y a de plus extraordinaire, c'est la façon dont l'auteur canalise ses démons intérieurs dans une écriture encore vivante, malgré ses références classiques et ses nombreux repères temporels – bien plus fréquents que chez Shakespeare. (...) La mise en scène de Nicholas Hytner parvient à redonner vie à l'oeuvre de Jonson. Elle a été comparée à de l'alchimie, bien qu'elle contribue davantage à préserver l'or qu'à le fabriquer." (21.09.2006)

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COULEURS LOCALES

taz - Allemagne

Les dévergondages de la Fête de la bière

La psychologue allemande Brigitte Veiz, qui étudie la Fête de la bière de Munich depuis 14 ans, explique à Monika Goetsch pourquoi cette grande beuverie attire autant de Bavarois et de touristes. "L'ivresse permet de libérer ses envies les plus profondes. Ses envies d'amour, d'érotisme, de patriotisme, d'absolu. On tend les bras vers le ciel. Tout le monde vit au même rythme. Comme si l'on voulait se détacher de son propre corps. Naturellement, personne n'avoue qu'il va à la Fête de la bière pour y trouver une ivresse transcendantale. Mais inconsciemment, c'est ce désir qui prévaut, le désir de fusion avec le divin (...). Le spirituel est absent de la fête, ce qui n'empêche pas la Fête de la bière d'avoir un caractère rituel. Année après année, au même endroit, pendant un laps de temps défini, revêtus des costumes traditionnels, on est autorisé à se libérer de ce que Norbert Elias appelle 'le carcan auto-imposé'". (21.09.2006)

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