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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 31.10.2006

 

À LA UNE

Le coût du réchauffement climatique

Mandaté par le gouvernement britannique en vue d'évaluer les conséquences économiques du réchauffement climatique, l'économiste Nicholas Stern a rendu public, lundi 30 octobre, un rapport dans lequel il estime le coût des changements climatiques à 5 500 milliards d'euros si rien n'est fait d'ici dix ans. La presse commente les résultats de cette étude et salue l'engagement britannique en matière environnementale. » suite

Extraits des publications suivantes:
La Tribune - France, The Guardian - Royaume-Uni, taz - Allemagne, Le Temps - Suisse

La Tribune - France

"Seul l'homme est en mesure d'inverser la mécanique autodestructrice qui résulte du développement anarchique et égoïste de ses activités", insiste l'éditorialiste Pascal Aubert. "Et sans une bonne dose de volontarisme, la dégradation de l'atmosphère terrestre et son cortège de calamités naturelles atteindront sous peu un caractère irréversible dont il faudrait alors rendre compte devant les générations futures. Il en va de la responsabilité des dirigeants politiques et économiques, mais aussi des individus consommateurs que nous sommes tous, de laisser derrière nous une planète aussi viable et vivable que celle qu'on nous a léguée en héritage. Certains s'y emploient déjà ; d'autres pensent qu'ils ont le temps devant eux. Le mérite du travail de l'économiste respecté qu'est sir Nicholas Stern est d'essayer de leur faire comprendre que, plus ils attendront, plus le prix à payer sera élevé." (31.10.2006)

The Guardian - Royaume-Uni

"Que le rapport de Nicholas Stern ait poussé les gens à agir avant même d'avoir été lu en entier prouve bien l'importance de l'argent", écrit le journaliste George Monbiot. "Il semble qu'il ait démontré ce que beaucoup d'entre nous supposaient, à savoir qu'il serait beaucoup moins onéreux de prévenir le changement climatique que de chercher à vivre avec. Aussi utile que soit la découverte, j'espère que cela ne signifie pas que le débat va s'orienter uniquement sur l'argent. Le principal coût du réchauffement climatique se calculera en vies humaines, pas en euros. Comme Stern le rappelait hier, il y a un impératif moral à essayer d'éviter que des populations soient décimées, quel que soit l'argument économique. (...) Cela exigera davantage d'interventionnisme étatique que ce dont on avait l'habitude, ainsi que la mise en place urgente d'un plan politique assez brutal (et qui ne pourra être contesté). Mais si vous pensez que cela est pire que l'hécatombe, alors vous avez un problème avec votre système de valeurs." (31.10.2006)

taz - Allemagne

"Le capitalisme découvre les changements climatiques", écrit Stephan Kosch. Pour le journaliste, mieux vaut tard que jamais. "La vérité est que le réchauffement climatique menace également l'économie mondiale. Nous n'aurions pas dû attendre la publication de l'étude britannique pour nous en rendre compte. Nous aurions dû le comprendre au plus tard lors de la chute de la production de pétrole dans le Golfe du Mexique provoquée l'année dernière par les ouragans, le prix du pétrole augmentant alors. C'est un exemple type des difficultés auxquelles les entreprises devront faire face dans les années à venir, partout dans le monde (...). L'économie ne comprenant pas d'autre langage que celui de l'argent, les entreprises ne réagissent que lorsque leurs rendements sont menacés. Ou lorsque de nouveaux marchés s'ouvrent. Les entreprises britanniques l'ont bien compris et voient la chance que représente les changements climatiques. Condamnées à réduire les émissions de gaz à effet de serre, elles mettent l'accent sur l'innovation." (31.10.2006)

Le Temps - Suisse

Stéphane Bussart relève que le réchauffement de la planète est devenu au Royaume-Uni un enjeu de politique nationale. "Cosmétique électorale il y a encore peu, le thème du changement climatique est devenu incontournable. Longtemps en retrait sur les questions environnementales, le gouvernement travailliste britannique l'a bien compris. (...) S'appuyant sur l'étude Stern, le gouvernement britannique propose trois mesures pour combattre le réchauffement climatique. (...) Gordon Brown [ministre britannique de l'Economie], qui a commandé l'étude Stern, vient par ailleurs d'engager comme conseiller environnemental l'ex-vice-président américain Al Gore (auteur du documentaire 'Une vérité qui dérange' sur la même thématique du réchauffement climatique). Une commission devrait aussi encadrer les investissements réalisés par les entreprises du Royaume-Uni dans les technologies vertes." (31.10.2006)

RÉFLEXIONS

Die Welt - Allemagne

Burkhard Spinnen et la littérature politique

Après une rencontre avec Günter Grass et d'autres écrivains, l'essayiste allemand Burkhard Spinnen livre ses pensées sur la littérature politique. "A l'époque post-idéologique, la compétence politique ne s'acquière que par la spécialité de l'écrivain, à savoir le texte littéraire. En tant qu'auteur, je dois me soustraire aux débats quotidiens et au carrousel des sondages. Mes arguments ne sont pas fondés sur une réputation littéraire abstraite, mais sur le contexte de mon oeuvre ! (...) Le coeur est toujours la langue. La littérature n'a pas pour mission de résoudre les problèmes des chefs d'Etat. Elle est là pour mettre leur discours à l'épreuve (...). Hier comme aujourd'hui, le travail esthétique n'est ni le pendant du travail politique, ni un simple accompagnement. Il serait plutôt le préalable nécessaire au succès littéraire, et c'est aussi valable pour la littérature politique. Car la littérature ne donne aucune piste concrète et ne construit aucun système abstrait. Elle livre des exemples concrets,  tout en les inscrivant dans une histoire". (31.10.2006)

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Le Figaro - France

Le bon usage de la démocratie participative

Ségolène Royal, candidate à l'investiture socialiste pour l'élection présidentielle française, a proposé la création de "jurys citoyens" chargés d'évaluer la politique des élus. Denis Stokkink, Fanny Gleize, Judith Ferrando y Puig et Yves Mathieu, collaborateurs du think tank européen 'Pour la solidarité', soutiennent cette approche de la vie politique. "La démocratie participative est précisément ce dont nous avons besoin aujourd'hui pour sortir de cette situation où le choix au suffrage universel se fait sur une image et un positionnement plus que sur l'intention politique, les paroles et l'action. (...) Il ne s'agit pas de mettre en concurrence ces deux modes de démocratie, mais bien de faire de la démocratie participative un outil complémentaire au suffrage universel. (...) Ce que Ségolène Royal propose et ce que nombre d'élus de gauche et de droite mettent en oeuvre, c'est effectivement une rénovation en profondeur de notre démocratie". (31.10.2006)

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POLITIQUE

Financial Times - Royaume-Uni

Victoire du pro-européen Parvanov à la présidentielle bulgare

Guéorgui Parvanov a remporté dimanche 29 octobre le deuxième tour de l'élection présidentielle bulgare avec 76 % des voix, contre 24 % pour son rival d'extrême droite, Volen Siderov, chef du parti nationaliste Ataka. Les journalistes Theodor Troev et Kerin Hope expliquent que cette victoire a été perçue à Sofia "comme le triomphe des forces pro-européennes à la veille de l'adhésion du pays à l'UE, le 1er janvier 2007. ...  Le succès de M. Parvanov a été facilité par l'absence d'un candidat sérieux dans les rangs des partis de centre-droit. ... Selon Daniel Smilov, chercheur du Centre pour les stratégies libérales, un think thank basé à Sofia, Ataka ne constitue pas vraiment une menace pour les critères que doit satisfaire la Bulgarie en tant que membre de l'UE : 'La Bulgarie ne possède pas de parti anti-européen. En dépit de ses positions contestables dans différents domaines, Ataka ne brandit pas l'étendard de l'euroscepticisme ou de l'anti-européanisme'". (31.10.2006)

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Trouw - Pays-Bas

La question arménienne dans les législatives néerlandaises

Le quotidien s'intéresse à l'influence des électeurs d'origine turque dans la campagne pour les élections législatives du 22 novembre prochain. "Le 'Forum turc' diffuse une affiche appelant à un vote massif pour Fatma Koser Kaya, candidate du parti D66 [parti libéral de gauche]. Leur colère pointe principalement le CDA [parti chrétien-démocrate] et le PvdA [parti travailliste] qui ont exclu trois candidats d'origine turque en raison de leur refus de reconnaître le génocide arménien. (...) La candidate Koser Kaya comble les nationalistes turcs car elle réfute toute responsabilité de la Turquie concernant le génocide arménien de 1915. Elle a également voté contre la loi sur l'intégration proposée par la ministre Rita Verdonk [chargée de l'Intégration]. Le Forum turc appelle à 'un vote massif pour cette dame de grande valeur afin qu'elle continue de siéger à la Chambre'". (31.10.2006)

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Magyar Hírlap - Hongrie

Une nouvelle Constitution pour la Serbie

La Serbie vient d'adopter une nouvelle Constitution, dont le préambule stipule que la province du Kosovo fait "partie intégrante de la Serbie". Le commentateur György Kakuk remet en question la légitimité de la nouvelle Constitution. "La majorité de la population du Kosovo n'a pas eu le droit de s'exprimer sur ce préambule. Ils ne le souhaitaient pas non plus. Depuis plus de sept ans, le Kosovo ne fait qu'en apparence partie de la Serbie. Les Albanais du Kosovo tentent de démontrer qu'ils n'ont rien à voir avec Belgrade. Ce projet de Constitution entre dans le cadre d'une stratégie de survie échafaudée par la coalition gouvernementale dirigée par le Parti démocratique de Serbie. Des élections législatives anticipées devraient être convoquées dans quelques mois en Serbie et, [le Premier ministre serbe] Vojislav Kostunica entend montrer avec cette Constitution à ses électeurs qu'il a tout fait pour éviter de perdre le Kosovo". (30.10.2006)

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Rzeczpospolita - Pologne

Légère amélioration des relations germano-polonaise

Jerzy Haszczynski commente la visite lundi 30 octobre en Allemagne du Premier ministre Jaroslaw Kaczynski à l'aune des relations difficiles entre l'Allemagne et la Pologne. La rencontre entre Kaczynski et Angela Merkel n'aura permis aucune avancée décisive. "Toutefois, on ne peut pas dire non plus que les relations germano-polonaises sont aussi mauvaises qu'elles ne l'étaient avant cette visite. Un pas a été fait dans la bonne direction. Un pas vers un accord sur la sécurité énergétique de la Pologne, menacée par le projet de gazoduc germano-russe (...). Malheureusement, pour des raisons historiques, il n'y a pas eu de véritable rapprochement. Angela Merkel n'a pas compris qu'il ne suffisait pas d'affirmer que le gouvernement allemand ne soutiendra aucune plainte individuelle d'expulsé [certains descendants d'Allemands expulsés d'Europe orientale à la fin de la Deuxième guerre mondiale ont déposé des demandes de restitution de biens]". (31.10.2006)

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Corriere della Sera - Italie

Les nouveaux déboires judiciaires de Berlusconi

Un magistrat milanais a décidé lundi 30 octobre le renvoi devant la justice pénale de Silvio Berlusconi pour corruption aux côtés de son ex-avocat, le Britannique David Mills. Le début du procès a été fixé au 13 mars. Alors que Berlusconi se défend comme à son habitude en accusant la justice de le harceler et de faire de la politique, le commentateur Roberto Zuccolini constate l'embarras de la gauche au pouvoir. "Et maintenant, que faire ? Attaquer avec force ou se garder de tout commentaire avant le procès ? Le centre-gauche s'interroge sur la conduite à tenir maintenant que l'ennemi numéro un, Silvio Berlusconi, est renvoyé devant la justice. Divisé sur la stratégie à suivre, divisé sur le discours à tenir. Car le moment est délicat (...). Il Cavaliere tente de rameuter les foules contre la loi de finances, et il n'est pas dit qu'il soit bon d'ajouter des problèmes aux problèmes." (31.10.2006)

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Le Soir - Belgique

La violence structurelle des banlieues françaises

Le sociologue français Sébastien Roché est interviewé par Joëlle Meskens sur la violence dans les banlieues françaises. "Les émeutiers cherchent l'adrénaline. Ils attaquent des cibles vulnérables, se font peur à peu de frais. (...) Le plus inquiétant, c'est le fait que ces phénomènes soient devenus structurels. Depuis 1981, brûler vingt mille voitures par an, c'est devenu habituel. Plus personne n'en parle, alors on se met à détruire des bus. C'est une sorte d'effet de mode. (...) Le plus stupéfiant, c'est qu'on n'a même pas essayé [d'apporter une réponse aux émeutes] ! Bien sûr, personne ne peut résoudre ces problèmes en un an. Mais on n'a même pas mis en place de commission d'enquête parlementaire pour tenter d'en déterminer les causes. Toutes les autres démocraties qui ont vécu des émeutes l'ont fait. Ici, le gouvernement a cru que les problèmes allaient se régler tout seuls". (31.10.2006)

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Svenska Dagbladet - Suède

Amnistie pour les détenteurs d'armes illégales en Suède

La Suède se demande actuellement si elle doit accorder une amnistie aux détenteurs d'armes illégales, dont les bénéficiaires seraient principalement les membres du gang des 'Hells angels'. Lors d'une initiative similaire en 1993, 17 000 armes à feu illégales et 15 tonnes de munitions avaient été remises aux autorités en échange d'une impunité pour leurs propriétaires. L'opposition suédoise est sceptique. Au contraire, l'essayiste Maria Abrahamsson salue l'initiative de la ministre suédoise de la Justice, Beatrice Ask. "Chaque arme illégale récupérée renforce la sécurité de la société - même s'il s'agit surtout, comme la dernière fois, de vieilles armes, souvent héritées, mais néanmoins en état de fonctionnement. Par ailleurs, on pourrait renforcer les peines pour détention illégale d'arme, en les faisant passer de quatre années d'emprisonnement à six. Il ne faut pas croire qu'une bonne proposition en exclut une autre". (31.10.2006)

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MÉDIAS

To Vima Online - Grèce

Athènes accueille le forum mondial sur la gouvernance d'Internet

"Vous devez penser qu'il s'agit d'une ironie. Et bien pas du tout ! La Grèce est peut-être l'un des derniers pays d'Europe en matière de connexion Internet mais cela ne l'empêche pas de s'intéresser aux enjeux du réseau", explique le quotidien. "C'est une première. Le Forum mondial sur la gouvernance de l'Internet (FGI) qui a lieu en ce moment à Vouliagmeni [dans la banlieue d'Athènes] n'a rien d'un d'un comité restreint. Au contraire, les représentants de près de 90 Etats, ainsi que les plus grands magnats du Web, sont réunis pour s'accorder sur un code de respect d'utilisation du réseau, notamment en matière de protection contre l'utilisation des données personnelles." (31.10.2006)

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CULTURE

Polityka - Pologne

La dramaturgie polonaise contemporaine

Aneta Kyziol se demande pourquoi les pièces de théâtre de l'époque communiste sont rarement jouées en Pologne. "Les metteurs en scène âgés ne veulent pas regarder en arrière et les jeunes préfèrent les auteurs universels ou reprennent les pièces de leurs collègues (...). Après le tournant de 1989, le théâtre polonais s'est empressé d'intégrer la dramaturgie contemporaine occidentale". Aneta Kyziol cite le critique de théâtre Jan Majcherek : "Après la chute du communisme, influencé par l'Occident, le théâtre polonais a voulu montrer la réalité à l'échelle réelle. C'était une forme de naturalisme. On a donc assisté à la disparition des métaphores et des manières. A la place, les auteurs se sont concentrés sur la restitution fidèle des événements sur scène (...). Je crois que les artistes comme les spectateurs voudront bientôt retrouver la discrétion, la subtilité et la poésie qui font aujourd'hui défaut au théâtre". (30.10.2006)

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Neue Zürcher Zeitung - Suisse

La Suisse redécouvre les constructions élevées

"Longtemps, les gratte-ciel ont semblé ne pas avoir la faveur des Helvètes : l'image rurale du pays qui a longtemps prévalu s'opposait à tout projet vertical", constate Hubertus Adam. On observe néanmoins une "renaissance de la tour d'habitation" en Suisse dans "des projets de construction tels que ceux de Zurich, de Bâle, de Locarno ou de Davos". "Alors que dans des villes comme Londres, Paris ou Francfort - sans parler des métropoles américaines ou asiatiques - les tours émergent du sol par grappes, elles sont généralement solitaires en Suisse. La tendance actuelle aux formes originales (comme le 'Concombre' de Norman Foster à Londres) semble percer également en Suisse : ce n'est plus la hauteur qui prévaut aujourd'hui, mais plutôt le symbole". (31.10.2006)

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