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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 24.11.2006

 

À LA UNE

Les élections néerlandaises n'accouchent d'aucune majorité

A l'issue des élections aux Pays-Bas, dix partis sont représentés au Parlement. La formation d'un gouvernement promet d'être difficile car il n'existe pas de majorité suffisante pour une grande coalition entre chrétiens-démocrates et travaillistes. Les analystes se demandent si ce paysage éclaté n'est pas le reflet d'une tendance européenne. » suite

Extraits des publications suivantes:
Die Welt - Allemagne, Die Presse - Autriche, The Economist - Royaume-Uni, Neue Zürcher Zeitung - Suisse, De Morgen - Belgique

Die Welt - Allemagne

"On va finir par pouvoir rayer du vocabulaire des analyses politiques le terme de 'verdict électoral'", écrit Thomas Kielinger. "Bienvenue à bord, pourrait-on crier aux Néerlandais, vous êtes en bonne compagnie. Que ce soit en Pologne, en Autriche, en Allemagne, en République tchèque ou en Italie, des élections aux résultats indécis tendent à devenir la règle. Le 'match nul' comme métaphore du présent : le peuple ne sait plus où se situer. Et cela n'a rien d'étonnant. Après la fin de la guerre froide et le déclin des idéologies, le débat politique manque de grandes questions qui divisent. Le paysage des partis se délite, le centre convoité n'est plus délimité clairement, tous chantent la même partition. Les groupes minoritaires qui font soudain pencher la balance ont le vent en poupe. En Hollande, un parti pour les droits des animaux fait pour la première fois son entrée au sein d'un Parlement européen. C'est bien pour les animaux maltraités, ça l'est moins pour la formation d'un exécutif capable d'agir et de proposer des réformes." (24.11.2006)

Die Presse - Autriche

Friederike Leibl dresse le portrait du vainqueur des élections, le Premier ministre Jan Peter Balkenende. "Balkenende a bénéficié du plus gros bonus qui soit pour un homme politique : le fait que les électeurs aient cru en lui. Au cours des années passées, des crises violentes ont secoué le pays et le chrétien-démocrate a traversé de douloureuses réformes avec son allié libéral de la coalition (le VVD). En 2005, la population a exprimé sa colère à l'encontre du gouvernement avec un vote 'choc' contre la Constitution européenne. Après l'assassinat du réalisateur Theo van Gogh par un extrémiste marocain, la méfiance à l'égard des immigrés musulmans a crû de manière dramatique. Balkenende a réagi avec des lois sur l'immigration plus sévères tout en recherchant le dialogue avec les musulmans. La reprise économique à un moment décisif lui a donné le coup de pouce nécessaire pour franchir la ligne d'arrivée. Mais c'est à sa modestie qu'il doit la victoire." (24.11.2006)

The Economist - Royaume-Uni

"Une coalition de centre-gauche est attendue par les observateurs de tous les bords politiques", note l'hebdomadaire. "Le gouvernement de M. Balkenende [le Premier ministre néerlandais] a peut-être de bons résultats économiques, mais le corps social porte les stigmates de ses quatre années au pouvoir, dans un pays qui cherche encore assumer sa nature multiculturelle et multiraciale. Nombreux sont ceux qui aimeraient voir partir la corrosive Mme Verdonk [ministre de l'Intégration]. Les chrétiens-démocrates et les travaillistes ont tous deux évité d'aborder les thèmes de l'immigration et de l'islam lors de la campagne. Par ailleurs, ils n'ont pas souhaité aborder la question européenne, alors même qu'on essaie de redonner vie à la Constitution que les Néerlandais ont refusée en 2005. Cette défiance montre que la peur des élites est encore bien présente. Comme le résume Gerrit Zalm, ministre de l'Economie sur le départ : 'C'est l'anarchie. Il est extrêmement difficile de former un gouvernement à partir de ces résultats'." (24.11.2006)

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Jürg Dedial se demande quel est le message des élections néerlandaises. "Etonnamment, le thème de l'immigration et de l'intégration qui domine la vie politique néerlandaise depuis des années semble n'avoir joué pratiquement aucun rôle. Même si le PVV (Parti libéral) de Geert Wilders a clairement progressé, il apparaît que Wilders a plus utilisé l'euroscepticisme de beaucoup de Néerlandais que leur hostilité à l'égard des étrangers. Et il est encore bien loin de la popularité d'un Pim Fortuyn, qui avait réussi voilà quatre ans avec son parti à déclencher une véritable tempête en brisant le tabou de l'immigration. C'est comme si le fait de se mettre d'accord sur la nécessité de discuter de ce problème, et le besoin de pouvoir dire ouvertement ce qu'on en pense, avait fini par démobiliser la population. La disparition du parti de Fortuyn au cours des dernières élections n'est pas un hasard". (24.11.2006)

De Morgen - Belgique

L'éditorialiste Yves Desmet juge que la communication politique a clairement pris le pas sur les idées. "Wouter Bos [le dirigeant travailliste] n'a pas assez communiqué. Pourtant, l'analyse stratégique et le marketing politique ont pris le dessus sur le contenu politique. (...) La campagne a été dessinée par les stratèges de la communication qui ont évité toute controverse, et ont ainsi enlevé toute authenticité aux débats. Et dans ce secteur que Jan Marijnissen [leader du parti d'extrême gauche SP] a gagné. On peut l'aimer ou le détester, mais il est ce qu'il est, droit dans ses bottes, pas difficile à comprendre, univoque et radical. (...) Les Pays-Bas avaient déjà la tradition d'un paysage politique multicolore, mais la carte politique est maintenant assez bigarrée." (24.11.2006)

RÉFLEXIONS

Spiegel Online - Allemagne

Daniel Goldhagen rapproche islamisme et nazisme

Dans un entretien avec Sebastian Fischer, le politologue et historien américain Daniel Goldhagen appelle l'Occident à cesser de prôner 'l'apaisement' à l'encontre de l'islam politique. "Même si les deux ne coïncident pas point par point, les arguments centraux de l'islam politique se rapprochent davantage de ceux des Nazis que de tout autre mouvement politique contemporain. Tous deux prêchent le génocide. Tous deux menacent d'exterminer entièrement des groupes d'hommes. Les islamistes autorisent les fatwas appelant à tuer des millions d'Américains et les justifient en utilisant le Coran. Ils sont dévorés par un culte de la mort que l'on ne peut comparer qu'à celui des nazis et peut-être du Japon de l'époque impérialiste. Les nazis et les islamistes glorifient la mort, comme le montrent les auteurs d'attentats suicides au sein de l'islam politique. En outre, il existe des points communs avec l'antisémitisme. Le discours des islamistes politiques sur les juifs est similaire à celui que prônent les manuels nazis." (24.11.2006)

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El País - Espagne

Monika Zgustova juge que les penseurs sont en danger

L'écrivaine et traductrice tchèque Monika Zgustova écrit sur le danger que courent les penseurs ou intellectuels en Russie et dans bien d'autres pays. "Penser a toujours conduit à remettre en question l'ordre du monde. Or, le monde est dirigé par le pouvoir, et celui qui pense remet donc en question le pouvoir. Penser s'avère être une activité dangereuse. (...) Ce qui se passe en Russie n'est pas une situation isolée, circonscrite à ce pays. La Russie présage d'une tendance croissante au sein des pouvoirs qui décident aujourd'hui de l'ordre de notre monde : la tendance à faire taire par différents moyens ceux qui remettent en cause l'ordre en question. (...) Octavio Paz avait prédit que, dans quelques décennies, les écrivains et les penseurs allaient devoir se réfugier dans des monastères reculés pour pouvoir, loin des yeux du monde hostile, préserver la tradition du savoir, comme l'ont fait les moines dans l'Irlande du VIIe siècle." (23.11.2006)

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Le Monde - France

José Saramago s'interroge sur l'idée de démocratie

Dans son ouvrage 'La Lucidité', l'écrivain portugais José Saramago s'interroge sur le fonctionnement du système démocratique. Il répond, dans un entretien avec Christine Rousseau, à ceux qui l'accusent de vouloir détruire ce système en pointant ses faiblesses ou ses incohérences. "Nous vivons à une époque où l'on peut tout discuter mais, étrangement, il y a un sujet qui ne se discute pas, c'est la démocratie. C'est quand même extraordinaire que l'on ne s'arrête pas pour s'interroger sur ce qu'est la démocratie, à quoi elle sert, à qui elle sert ? C'est comme la Sainte Vierge, on n'ose pas y toucher. On a le sentiment que c'est une donnée acquise. Or, il faudrait organiser un débat de fond à l'échelle internationale sur ce sujet et là, certainement, nous en arriverions à la conclusion que nous ne vivons pas dans une démocratie, qu'elle n'est qu'une façade." (24.11.2006)

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POLITIQUE

Wprost Online - Pologne

Les dangers du veto polonais aux discussions EU-Russie

Les négociations concernant un accord de partenariat entre la Russie et l'UE n'ont pas pu débuter ce vendredi 24 novembre en raison d'un veto opposé par la Pologne. Varsovie refuse que les négociations démarrent tant que la Russie ne suspend pas son embargo sur la viande polonaise. Krzysztof Grzegrzolka reproche à Anna Fotyga, ministre polonaise des Affaires étrangères et membre du parti conservateur Pis (Droit et Justice), d'avoir déclaré que son gouvernement était prêt, dans cette dispute, à sacrifier sa réputation internationale. "Le langage qu'emploie la chef de la diplomatie polonaise s'accommode très bien avec la façon dont son parti a mené la campagne électorale [municipale]. Mais ce langage n'est pas celui d'une diplomate de la République de Pologne. C'est très embarrassant pour la diplomatie russe comme pour la diplomatie européenne... Le gouvernement polonais a renoncé à tout effort diplomatique ou compromis, et usé délibérément de son droit de veto. Il utilise donc la méthode de la matraque pour mettre à mal la solidarité européenne. Et il provoque ainsi la Russie." (24.11.2006)

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Diário de Notícias - Portugal

Le sida reste une menace en Europe

Fernanda Câncio redoute un relâchement des comportements de prévention face à l'épidémie du sida dans les pays développés. "Les conséquences de cette attitude sont visibles dans le dernier rapport de l'Onusida. Alors qu'on constate un début de stabilisation de l'épidémie dans les pays qui ont parié sur la promotion de l'usage du préservatif et de l'éducation sexuelle, comme par exemple en Afrique subsaharienne (à l'image du Brésil en Amérique du sud), en Europe occidentale et aux Etats-Unis, un cocktail explosif de pseudo-sophistication, d'inconscience et d'idées toutes faites – avec l'idée que le sida est devenu une maladie chronique dont on ne meurt pas – menace de provoquer le retour de la pandémie. L'augmentation exponentielle des diagnostics HIV dans toute l'Europe (+ 68 % dans notre pays entre 2001 et 2006) entre les hommes qui couchent avec des hommes est une illustration de cette attitude 'décontractée' par rapport au HIV (...)". (24.11.2006)

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Woxx - Luxembourg

Comment appréhender le problème de la drogue ?

Luc Caregari regrette que le dernier rapport de l'Observatoire européen des drogues et des toxicomanies ne mette l'accent que sur la répression, qui s'avère pourtant inutile. "Les saisies record par les polices européennes ces dernières années, qui sont en constante hausse, n'ont aucun impact sur les statistiques de consommation (...). Ce qui reste introuvable dans ce rapport, ce sont des chiffres concrets sur des programmes qui proposent des alternatives à la répression étatique de la drogue. Pas un mot sur les impacts de la légalisation de la résine de cannabis au Pays-Bas, par exemple. Et aucune présentation d'alternative crédible au régime actuel. Seule idée dans la conclusion du rapport : 'Améliorer la surveillance de l'usage problématique de drogue et de la poly-consommation de drogues'. Reste à espérer que cette surveillance accrue ne servira pas seulement à une répression accrue, mais aussi à une prise en compte plus honnête, plus réaliste et plus efficace des problèmes de drogue." (24.11.2006)

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Postimees - Estonie

L'empoisonnement de l'ex-espion russe Litvinenko

L'ancien espion russe Alexandre Litvinenko est mort jeudi 23 novembre à Londres des suites d'un empoisonnement. La Russie nie toute responsabilité dans l'assassinat, prétendant que les services secrets ne se sont rendus coupables d'aucun crime depuis 1959. "On peut mettre en doute cette date", relève Erkki Bahovsk. "En 2004, le commandant militaire tchétchène Zelimkhan Iandarbiev a été victime d'un attentat à la bombe au Qatar. A l'issue d'un long affrontement, deux agents présumés coupables ont été livrés à la Russie. Comment réagirait Moscou si les Britanniques arrêtaient aujourd'hui un espion russe ? En refusant de regarder la BBC en Russie ? (...)  En raison du grand nombre de réfugiés russes qu'elle abrite, la Grande-Bretagne est depuis longtemps une véritable épine dans le pied de Moscou. On peut s'imaginer ce qui ce serait passé si des personnes telles qu'Ahmed Sakaïev [ex-président tchétchène vivant à Londres]  ou Boris Beresovski [ancien oligarque russe réfugié à Londres] vivaient en Géorgie ou en Estonie." (24.11.2006)

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Dnevnik - Slovénie

La minorité rom bientôt protégée en Slovénie

Le gouvernement slovène vient de présenter un projet de loi reconnaissant aux Roms un statut de minorité ethnique. "Cela arrive un peu trop tard", juge Samo Trtnik. Les Roms obtiennent avec ce texte des droits spéciaux destinés à protéger leur langue et leur culture, ainsi qu'un siège au sein du Parlement. Jusqu'à présent, seules les minorités italienne et hongroise avaient obtenu en Slovénie un statut spécial. "Le projet de loi va suivre la voie normale au sein du Parlement et doit être approuvé avant la fin de l'année. (...) Mais il est plus vraisemblable qu'il ne le soit qu'à la fin de l'année prochaine". Trtnik se demande si une telle loi aurait pu empêcher fin octobre l'expulsion d'une famille de Roms de la ville d'Ambrus, à l'Est du pays. "Peut-être que oui, peut-être que non. De toute façon, on aurait pu trouver une solution beaucoup plus facile dans ce dossier". (24.11.2006)

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CULTURE

The Guardian - Royaume-Uni

Les Anglais peu friands de littérature politique

Le sociologue britannique Anthony Giddens regrette l'absence d'ouvrages politiques dans le classement des livres les plus vendus au Royaume-Uni. "Il manque un espace au sein duquel les questions et les problèmes intellectuels alimentent le débat public. Il y a très peu de livres à succès qui traitent de questions sociales et politiques. Il n'existe pas de demande du public car les liens entre les universités et la vie politique britannique sont moins forts que dans d'autres pays. Cette absence se reflète-t-elle de manière défavorable sur la vie politique britannique, ou bien n'a-t-elle aucune conséquence ? (...) Je répondrais que cela joue effectivement un rôle, et que cela a des effets importants sur les politiciens britanniques. Notre système politique semble être marqué par un niveau de cynisme et de désenchantement plus élevé que dans les autres pays industrialisés. En Italie, la participation lors de récentes élections était de 80 %, alors qu'elle n'était ici que de 59 % lors des dernières élections législatives." (23.11.2006)

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COULEURS LOCALES

Népszabadság - Hongrie

La construction du métro de Budapest n'avance pas

"Budapest est la ville du superlatif", écrit de manière sarcastique Gábor Schmidt. Voilà cent ans, la première ligne de métro avait été construite en à peine deux ans. En 1976 devaient commencer les travaux pour la construction d'une quatrième ligne, mais rien ne s'est produit jusqu'à présent. "Budapest a le record de lenteur en Europe dans la construction de métro. (...) Plusieurs associations de citoyens ne veulent pas que trop d'argent soit dépensé pour une ligne devant simplement rallier le centre-ville. Le gouvernement ne veut plus participer au financement de ce projet et renvoie vers de possibles subventions de l'UE. (...) Les guides de voyage indiquent depuis longtemps cette nouvelle ligne de métro avec un trait en pointillé et la mention 'en construction'. Et avant que les travaux ne débutent réellement, nous devrions avoir encore largement le temps de consulter les anciens plans de ville. Sur celui de 1912 sont déjà mentionnées plusieurs stations de cette ligne." (24.11.2006)

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