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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 01.12.2006

 

À LA UNE

Bruxelles veut lutter contre le réchauffement climatique

La Commission européenne a rendu son verdict, mercredi 29 novembre, sur les plans d'émission de CO2 de dix Etats membres pour la période 2008-2012. Elle souhaite imposer à plusieurs pays des quotas d'émission plus contraignants. » suite

Extraits des publications suivantes:
The Economist - Royaume-Uni, Der Tagesspiegel - Allemagne, Le Monde - France, La Libre Belgique - Belgique

The Economist - Royaume-Uni

L'hebdomadaire évalue le système européen d'échange de quotas d'émission de CO2 (ETS). "Jusqu'ici, la Commission n'a statué que sur dix plans nationaux pour 25 Etats membres. Cinq mois après la date limite supposée, six pays n'ont pas encore pris la peine de remettre leurs plans. La France promet de soumettre à nouveau ses propositions. Par ailleurs, le verdict de la Commission ne sera pas définitif. Plusieurs mois de révisions et de marchandages seront nécessaires avant qu'une seconde phase puisse prendre forme. Selon Kate Hampton de Climate Change Capital, une banque d'investissement spécialisée dans les quotas d'émission, la Commission a au moins montré qu'elle était déterminée à être un 'régulateur crédible'. Cela pourrait inciter d'autres pays à imiter le système ETS, voire à le rejoindre. (...) En effet, l'exemple européen pourrait ouvrir la voie à un digne successeur du protocole de Kyoto, qui expire en 2012. Encore faudrait-il que la Commission parvienne à mettre au pli les gouvernements récalcitrants." (01.12.2006)

Der Tagesspiegel - Allemagne

"Partout, les lobbies industriels bataillent pour grappiller un gramme de CO2 supplémentaire. Et partout, les grands groupes menacent de procéder à des licenciements, de ne pas pouvoir garantir le même niveau de sécurité énergétique et de boycotter les investissements", écrit Dagmar Dehmer au sujet des plans européens de quotas d'émissions. "Pour le gouvernement allemand, le rejet du plan national d'allocation des quotas par la Commission européenne est un échec. L'Allemagne, qui héritera de la présidence européenne en janvier 2007, a fait savoir que la défense du climat ferait partie de ses priorités. L'avertissement de Bruxelles compromet sa crédibilité. Dans les négociations internationales sur la défense du climat qui s'annoncent, l'Allemagne est en mauvaise position car du point de vue de la Commission européenne, ce pays n'a jamais rempli ses obligations." (01.12.2006)

Le Monde - France

Le quotidien commente dans son éditorial le retrait précipité du plan français d'allocation de quotas. "A l'heure où la défense de l'environnement s'invite au menu de la campagne présidentielle, Jacques Chirac multiplie les déclarations vertueuses dans ce domaine. Louables intentions ! Mais Paris a pris le risque, mercredi 29 novembre, d'être perçu comme le canard boiteux de l'UE. (...) Le commissaire chargé de l'Environnement, Stavros Dimas, a donné deux semaines à la France pour qu'elle lui transmette un projet plus conforme à ses exigences.  (...) A sa décharge, la France peut faire valoir qu'elle n'est pas la seule à croiser le fer avec les autorités bruxelloises, qui démontrent au passage qu'elles résistent parfois aux pressions du monde des affaires. L'Italie, l'Espagne, l'Autriche, la République tchèque, la Hongrie et le Danemark n'ont pas transmis de projet à Bruxelles et font l'objet d'une procédure d'infraction." (01.12.2006)

La Libre Belgique - Belgique

Un groupe de cinq climatologues et physiciens belges cosignent une tribune dans laquelle ils dénoncent la "désinformation climatique". Selon eux, "réduire radicalement les émissions de gaz à effet de serre ne requiert pas un effondrement économique, mais une adaptation en profondeur de l'économie et de la société. (...) S'il y a des questions dont il faut débattre, c'est donc largement autour de ces changements nécessaires qu'elles se situent. Peut-on réduire les émissions en suffisance en utilisant principalement des changements technologiques ? (...) Comment contribuer à l'utilisation d'énergie propre dans les pays en développement ? Comment bâtir une économie durable au service du bien-être de tous ? L'Europe fait-elle assez pour joindre les actes à la parole ? Autant d'enjeux éthiques, de choix politiques, de questions cruciales pour la poursuite du développement humain au XXIe siècle, à traiter sans catastrophisme mais résolument." (29.11.2006)

RÉFLEXIONS

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Ulrich Beck souhaite la poursuite des pourparlers avec Ankara

Le sociologue allemand Ulrich Beck se prononce contre l'interruption des négociations d'adhésion entre la Turquie et l'Union européenne. "La tentative de définir l'UE en fonction d'une origine culturelle commune et des valeurs occidentales est vouée à l'échec. La Communauté européenne est née comme une réponse à l'horreur du XXe siècle : il s'agissait de répondre à l'autodestruction du continent par deux guerres mondiales, à l'Holocauste et à la terreur stalinienne par l'apprentissage de l'Histoire. Le miracle européen, cette capacité à transformer ses ennemis en alliés, est précisément ce qui fait l'âme de l'Europe. C'est peut-être pour cela que le pape, qui a reconnu l'importance historique d'une égalité entre chrétiens et les musulmans, a plaidé pour que soit maintenue la promesse d'une adhésion future de la Turquie à l'UE, pour permettre à ce pays de s'européaniser". (01.12.2006)

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La Repubblica - Italie

Salman Rushdie compte sur les femmes pour réformer l'islam

Dans une interview accordée au magazine culturel italien 'MicroMega', et reproduite par le quotidien, l'écrivain britannique d'origine indienne Salman Rushdie livre sa réflexion sur la réforme, qu'il juge possible, de la religion de Mahomet. "Je ne suis pas croyant et je ne peux donc pas parler au nom de la communauté musulmane. Mais je pense qu'il est urgent de revoir le scénario 'nous-contre-eux' et encourager le changement (...). Le noeud du problème vient des écoles coraniques et des écoles musulmanes où l'on vit dans une atmosphère qui nie la réalité du monde extérieur. (...) Je pense que la réforme de l'islam débutera en Occident et qu'elle commencera avec les femmes musulmanes, parce que ce sont elles qui ont compris, mieux que quiconque - et sûrement mieux que les hommes - les problèmes de l'islam. Il n'y avait aucune terroriste dans les avions du 11 septembre." (01.12.2006)

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Die Weltwoche - Suisse

Leon de Winter et le besoin de démocratie directe

Dans un entretien avec Hans-Peter Born, l'écrivain néerlandais Leon de Winter tente de trouver une explication au "mécontentement général" exprimé par les Néerlandais lors des élections législatives du 22 novembre. "Il traduit une insatisfaction face à la démocratie représentative, qui est dépassée. Comme les Suisses, les Néerlandais sont très informés. Nous avons accès à une masse d'informations étonnante. Nous lisons, absorbons, sélectionnons, mais on ne nous demande notre avis qu'une fois tous les quatre ans. Les maires de nos villes ne sont pas élus, mais nommés. Il y a encore quelques dizaines d'années, la démocratie représentative se justifiait. Aujourd'hui, la situation est très différente. Nous sommes conscients des problèmes qui existent, nous les analysons, nous sommes plus ou moins au même niveau que nos hommes politiques (...) On nous condamne à la passivité alors même que notre volonté de participer au processus politique ne cesse de croître." (01.12.2006)

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POLITIQUE

Open Democracy - Royaume-Uni

Un plaidoyer pour l'indépendance de l'Ecosse

A l'occasion de la fête nationale écossaise (Saint Andrew's day) célébrée le 30 novembre, le magazine en ligne publie en texte cosigné par trois écrivains écossais - Alasdair Gray, Christopher Harvie et Jimmy Reid - dans lequel ces derniers défendent l'indépendance de l'Ecosse. "A tous les niveaux, les travaillistes du New Labour se sont vendus au secteur privé, faisant affaire avec des individus fortunés et de riches multinationales, et ils l'ont fait avec autant d'entrain que leurs prédécesseurs, les gouvernements de John Major et Margaret Thatcher. Ils se sont simplement engagés (et ont échoué) à gouverner plus honnêtement. Au lieu de cela, nous voulons un pays dont le gouvernement encourage les entreprises locales en tous genres qui n'ont pas pour seul but le profit et qui s'engagent dans l'innovation et la coopération. La politique économique des travaillistes est mensongère (...). Nous avons besoin de l'indépendance pour pouvoir mettre de l'ordre dans notre pays, et en faire une nation capable de se faire entendre dans le monde des affaires". (30.12.2006)

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Der Standard - Autriche

L'Autriche reste fidèle au droit du sang

En Autriche, le débat fait rage autour d'un décret promulgué par le gouvernement sortant, qui supprime l'aide sociale aux enfants d'étrangers. Bernhard Perchinig, spécialiste de l'immigration, considère cette exclusion comme une erreur fondamentale. "L'Autriche fait partie des rares pays d'Europe de l'Ouest à ne pas avoir accordé de place au lieu de naissance dans sa loi sur la nationalité : comme l'éducation, la nationalité est d'abord transmise par les parents, quel que leur lieu de résidence ou la durée de leur séjour en Autriche. Le droit du sang domine dans la législation sur la nationalité autrichienne depuis que le principe en a été inscrit en 1811 au paragraphe 28 du Code civil par l'empereur François Ier. Aujourd'hui encore, seul le passeport des parents détermine si la République se sent responsable du bien-être de ses enfants (...). Même l'Allemagne, qui a longtemps été considérée comme le pays le plus fidèle au droit du sang, a réformé sa loi sur la nationalité en 2000 pour prendre en compte le droit du sol." (01.12.2006)

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El País - Espagne

La distinction entre eurosceptiques et europhobes

Estimant que les médias ont tendance à faire l'amalgame entre les termes "eurosceptique" et "europhobe", Cesáreo Aguilera, professeur espagnol de sciences politiques, établit une claire distinction. "Les eurosceptiques ont l'habitude d'accepter une UE purement économique et intergouvernementale, et ils ne s'opposent, certes de manière frontale, qu'à une éventuelle fédéralisation politique. Selon leurs calculs, l'UE n'est acceptable que si elle se contente d'être un grand marché intéressant pour faire des affaires ou recevoir des fonds. Au contraire, les europhobes s'opposent à l'UE en raison de ce qu'elle est et de ce qu'elle pourrait devenir si le processus d'intégration venait à se poursuivre. Leur logique préconise que les nations se désintéressent de l'UE, ou, mieux encore, que l'Union disparaisse complètement". (01.12.2006)

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Dziennik Gazeta Prawna - Pologne

Le gouvernement polonais doit-il rompre avec l'extrême-droite ?

Depuis mai 2006, la Ligue des familles polonaises (LPR), parti d'extrême droite, est représenté par deux ministres au sein du gouvernement de Varsovie. Pour l'essayiste et philosophe Marcin Król, les partis extrémistes tels que le LPR devraient être maintenus à l'écart du pouvoir en Europe. "La Pologne - ou plutôt le PiS [parti Droit et Justice allié à la LPR au sein du gouvernement] - va à l'encontre de la finalité première de la démocratie : la stabilité et la prévisibilité. Non pas que la LPR ou d'autres partis similaires risquent de 'fasciser' la Pologne, c'est très peu probable. Il s'agit plutôt de respecter un usage international du monde démocratique qui repose sur l'équilibre politique et le principe de l'amitié entre les peuples (...). Dans une démocratie, il faut savoir faire des compromis (...). Mais avec des partis radicaux, c'est inenvisageable." (01.12.2006)

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Hufvudstadsbladet - Finlande

La Finlande doit revoir sa collaboration avec l'OTAN

Bien qu'elle ne soit pas membre de l'OTAN, la Finlande participe aux troupes d'intervention rapide en Afghanistan aux côtés des Allemands et des Néerlandais. Björn Mansson voit cela d'un oeil critique. "Il faut savoir poser des limites. N'étant pas membre de l'OTAN, la Finlande ne devrait pas être autorisée à prendre part à de telles opérations. Celles-ci ne visent en effet pas seulement à fournir des aides humanitaires, elles ont également pour objectif de contraindre les parties en conflit à un accord de paix par des moyens militaires. Ce que nous pouvons faire sous le drapeau de l'UE, mais pas sous celui de l'OTAN." (01.12.2006)

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Diário de Notícias - Portugal

La gauche portugaise accusée de défendre l'avortement

Le Portugal organisera le 11 février 2007 un référendum sur la légalisation de l'avortement. L'écrivain portugais Jacinto Lucas Pires s'étonne de ne pas voir plus de militants de gauche s'opposer à cette pratique. "Cela me surprend car s'il existe encore quelque chose qui peut distinguer la gauche de la droite, cela devrait être la volonté d'une réelle transformation de la société et du monde. Or, cela implique avant tout de ne pas capituler face à la tragédie du fait accompli. D'un autre côté, il est évident que ce rêve concret de la gauche doit reposer sur des principes de base d'humanité et de justice - et la protection de la vie humaine en est le point de départ. Pourtant, les gauches (pour une fois, toutes ensemble, du centre à l'extrême...) font l'inverse et cèdent à la facilité du 'oui' simpliste [pour le référendum]. (...) La gauche ne va-t-elle pas de la sorte se dénaturer pour de bon et accepter, finalement, d'être uniquement une simple pièce en plus dans le grand jeu du conformisme, du pessimisme, du politiquement correct ?" (01.12.2006)

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Postimees - Estonie

L'Estonie prohibe les symboles soviétiques et nazis

Le gouvernement estonien a adopté une proposition de loi qui punit l'usage de symboles des régimes d'occupation, notamment ceux des nazis et de l'Union soviétique. Une décision contre laquelle s'élève le journal estonien. "Comme la plupart des interdictions, cette décision est le signe d'un point faible de la société. Condamner ou punir ne résout rien ; la prise de conscience doit venir de la population elle-même (...) L'interdiction des symboles de l'occupation démontre notre incapacité à assumer notre passé. Cependant, l'Estonie est loin d'être le seul pays à recourir au droit pénal dans ce domaine : dans nombre de pays, c'est la négation de l'Holocauste qui est interdite." (01.12.2006)

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CULTURE

24 heures - Suisse

La littérature française a perdu son éclat international

"L'attribution de quatre prix littéraires des plus prestigieux, cet automne, à l'Américain Jonathan Littell (Prix Goncourt et Grand Prix du roman de l'Académie française), à la Canadienne-Française Nancy Huston (Prix Femina) et au Congolais-Français Alain Mabanckou (Prix Renaudot), fait figure d'événement significatif dans une France littéraire en perte de vitesse", écrit Jean-Louis Kuffer. "Les ténors de la littérature mondiale actuelle ne sont pas français mais le plus souvent issus de pays où de grands chocs suscitent des oeuvres fortes. (...) Cela ne signifie pas pour autant que la France littéraire actuelle soit sans intérêt, loin de là : les écrivains de qualité y foisonnent, mais les voix de portée 'universelle' n'y sont plus, comparables à l'extraordinaire pléiade de la première moitié du XXe siècle, de Proust à Bernanos en passant par Céline, Gide, Malraux, Camus et tant d'autres." (30.11.2006)

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COULEURS LOCALES

The Irish Times - Irlande

La langue irlandaise manque de soutien

"Les organisations gouvernementales ou les institutions jouent un rôle déterminant pour la vitalité des langues", note Alan Titley, professeur de langue irlandaise à l'Université de Cork (UCC). "Il peut, et il devrait, toujours y avoir un débat sur la nature de ce soutien. Ce débat est probablement plus animé et plus gênant au sein de la communauté 'irlandophone' que dans toute autre communauté. (...) Rares sont les personnes parlant irlandais qui ne sont pas confrontées au cours de leur vie à des commentaires pouvant être qualifiés de racistes. (...) La plupart des gens adoptent un ton convenu en expliquant que cette langue est formidable, qu'il s'agit d'un trésor national, qu'ils adorent l'écouter, qu'ils aimeraient que plus de gens la pratiquent, et abondent ainsi dans le sens de ceux qui la défendent. Mais dès qu'une proposition [visant à soutenir cette langue] est faite, quelque soit son importance, ils se trouvent de nombreux prétextes (...)". (01.12.2006)

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