En ce moment, la Pologne s'intéresse de près à une affaire de moeurs impliquant le vice-Premier ministre et ministre de l'Agriculture Andrzej Lepper. Les anciennes collaboratrices de l'homme politique l'accusent de n'avoir accordé des postes au sein de son parti Autodéfense (Samoobrona) qu'en échange de faveurs sexuelles. Les médias évoquent même la chute possible du gouvernement Kaczynski. "La façon dont le public réagit à cette affaire de moeurs dans les hautes sphères politiques en dit long sur le pays", observe le philosophe français Guy Sorman. "Ce type de réaction permet de voir si un pays est chrétien et démocratique. Dans le cas de la France, la réponse à ces deux questions est 'non'. Le président socialiste François Mitterrand avait deux femmes, a entretenu de nombreuses maîtresses pendant des années sur les deniers de l'Etat et avait un enfant adultérin. Il n'en faisait pas mystère, et pourtant, cela n'a donné lieu à aucune indignation morale ni aucun scandale de grande ampleur (...). Nous avons une élection présidentielle mais, en réalité, c'est un roi que nous élisons. Le peuple français estime que le président doit jouir des mêmes privilèges qu'un roi. Et celui-ci a droit, comme le sait chaque enfant, à des frasques amoureuses". (06.12.2006)
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