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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 07.12.2006

 

À LA UNE

La France lance sa chaîne de télévision internationale

La nouvelle chaîne de télévision France 24 a été lancée mercredi 6 décembre sur Internet et sur le câble. Elle diffuse 24 heures sur 24, en anglais et en français. La conception et le mode de financement de la chaîne permettront-ils réellement d'imposer une vision française du monde face à la domination de chaînes comme CNN, BBC World ou Al-Jazira ? » suite

Extraits des publications suivantes:
L'Express - France, Die Zeit - Allemagne, Neue Zürcher Zeitung - Suisse, The Times - Royaume-Uni

L'Express - France

Le journaliste Marc Epstein explique que France 24 "aura la particularité de s'exprimer en deux langues : ses rédactions francophone et anglophone travailleront en parallèle. Un troisième canal, en langue arabe, est annoncé pour l'été 2007. Souhaitée par l'Elysée, la petite nouvelle est parvenue à faire oublier quelque peu son image de 'télé Chirac' grâce à des structures qui devraient la protéger, en principe, de pressions éventuelles. (...) Mais la chaîne semble surtout menacée par une sorte de schizophrénie. Car ses concepteurs ont imaginé un programme et des journaux identiques dans les langues de Molière et de Shakespeare, et diffusés simultanément. Outre des frais de distribution multipliés par deux, cette dualité posera un problème de fond. La candidature de François Bayrou ou le voyage de Ségolène Royal au Moyen-Orient sont-ils vraiment de nature à passionner les 'leaders d'opinion' non francophones, que France 24 prétend cibler ?" (07.12.2006)

Die Zeit - Allemagne

Pour Michael Mönninger, le lancement en fanfare de France 24 intervient trop tard, avec, en outre, des moyens plutôt limités. "CNN existe depuis plus de vingt ans, et même ses concurrents européens nés dans les années 1990, comme BBC World et Deutsche Welle TV, sont deux ou trois fois plus gros [que France 24]. Par ailleurs, une demi-douzaine de nouvelles chaînes étrangères émergent en Amérique latine, en Arabie, en Russie ou en Chine, et déboursent des sommes faramineuses pour conquérir le public international. Les nouveaux venus sont généralement financés par des fonds publics. Parallèlement à la marche triomphale du capitalisme, on a vu l'apparition d'une industrie mondiale de la conscience, dont l'objectif premier n'est pas le profit, mais l'influence (...). C'est une guerre froide des images qui ne cherche pas à conquérir des territoires, mais des esprits". (07.12.2006)

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Pour Christian Müller, correspondant du journal à Paris, le but premier de la nouvelle chaîne française d'information est de briser le 'monopole anglo-saxon' sur les ondes. "Officiellement, France 24 ne sera pas la voix de la France mais simplement un 'regard français' sur les événements du monde. La genèse, la structure et le financement de l'entreprise laissent pourtant la place au doute. La chaîne est censée diffuser 'les valeurs de la France et sa vision du monde', selon les mots de Jacques Chirac. On ne peut s'empêcher de penser aux débuts de la télévision française, alors 100 % publique. Beaucoup de gens [en France] ont l'impression que CNN ou Fox News reflètent le point de vue officiel des Etats-Unis sur le monde". (07.12.2006)

The Times - Royaume-Uni

"Hier soir la France ('La Fronns') a lancé une chaîne d'information continue en deux langues (...) pour faire contrepoids aux traditionnelles chaînes d'informations internationales comme CNN ou BBC World, qui, selon la France, ont un parti pris anglo-saxon", relève Joe Joseph avec un brin d'humour britannique. "Mais existe-t-il vraiment un public international désireux de voir le monde avec les yeux d'un Français (...) ? Ou de percer le mystère de la vie française (...) ou encore d'assouvir cette passion de la France de percevoir les événements soit à travers le prisme de ses philosophes (...), soit celui de Johnny Halliday. France 24 est en fait la chaîne de télévision d'une nation irritée de n'avoir pu persuader le reste du monde de parler français plutôt qu'anglais." (07.12.2006)

RÉFLEXIONS

Le Nouvel Observateur - France

Ian McEwan défend le droit à l'apostasie

Dans son livre 'Samedi', l'écrivain britannique Ian McEwan se penche sur les grandes manifestations qui ont eu lieu à Londres en 2003 pour protester contre l'intervention en Irak. Dans un entretien avec Gilles Anquetil et François Armanet, il explique le scepticisme qu'il ressentait à l'époque. "J'étais très gêné de voir ce mouvement d'opposition à la guerre largement influencé par l'Association des Musulmans de Grande-Bretagne, que je méprise d'avoir condamné Salman Rushdie et appelé à châtier les apostats. Voilà pour moi où se situe le fossé : la question du voile islamique est mineure comparée à celle de l'apostasie. Le droit de renier sa religion, de perdre la foi fait partie de nos valeurs. S'y opposer, c'est remettre en cause les fondements de notre société. (...) 'L'affaire Rushdie' a été le premier chapitre de ce qui nous arrive. La gauche a tendance à se montrer complaisante envers l'islam dans l'espoir de faire cause commune contre les Etats-Unis. On voit à présent des groupuscules gauchistes proposer des salles de prière séparées pour les hommes et les femmes ! C'est le monde à l'envers..." (07.12.2006)

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El País - Espagne

André Glucksmann et le courage d'Anna Politkovskaïa

Le philosophe français André Glucksmann rend un vibrant hommage à la journaliste russe Anna Politkovskaïa, tuée le 7 octobre à Moscou. Il refuse de penser qu'elle est morte pour rien. "Anna a tiré la sonnette d'alarme afin que le monde démocratique soit au courant et réagisse. (...) Elle est morte pour nous, les Occidentaux, qui avons été incapables de la lire et de la protéger. Nous sommes ce rien pour lequel Anna a donné sa vie. Elle était sensible à la douleur des opprimés, refusait la corruption, et se montrait glaciale face aux compromissions. Anna était et reste un phare. Le désir de vérité à tout prix passait avant les honneurs, l'argent ou sa carrière. Le printemps dernier, quand je l'ai rencontrée pour la première fois, elle m'a dit : 'S'ils me tuent, ne cherchez pas, le responsable est au Kremlin'. Le 23 novembre 2006, Alexandre Litvinenko [l'ex-espion russe tué à Londres] glissait dans un dernier souffle : 'Les salauds m'ont eu, mais ils n'auront pas tout le monde'. Cela dépend de nous". (07.12.2006)

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POLITIQUE

Gazeta Wyborcza - Pologne

Ouverture des archives des ex-services secrets roumains

Plus de seize ans après la chute du communisme, la Roumanie va enfin pouvoir consulter les archives de l'ex-police secrète, la tristement célèbre Securitate. Environ 1,3 million de documents seront dévoilés progressivement. Vladimir Tismaneanu, professeur de sciences politiques à l'université américaine du Maryland et président de la Commission d'enquête sur la dictature communiste de Roumanie créée par le président roumain Traian Basescu en avril 2006, plaide en faveur de la transparence sur l'identité des collaborateurs de la police secrète. "Nous menons une guerre contre l'amnésie - et cette lutte est justifiée. On ne peut pas parler aujourd'hui de chasse aux sorcières. Les 'sorcières' étaient des femmes innocentes qui étaient dénoncées, torturées et souvent assassinées lors de rituels insensés. Les informateurs des services secrets, au contraire, travaillaient de manière active pour le mal (...). Il est temps de découvrir les antécédents des dirigeants et responsables politiques actuels. Nous avons besoin d'une transparence complète afin de connaître toute la vérité. Le tissu de mensonges auquel nous faisons face aujourd'hui se resserre chaque jour un peu plus (...). Or, l'opacité permet au populisme et à autres mouvements démagogues et autoritaires de prospérer". (07.12.2006)

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La Repubblica - Italie

Le résultat contesté des législatives italiennes

Une commission parlementaire italienne a annoncé mercredi 6 décembre qu'elle allait vérifier certains votes exprimés lors des élections législatives d'avril dernier, qui ont donné une courte victoire à la coalition de Romano Prodi. Pour l'éditorialiste Edmondo Berselli, cette décision traduit un certain malaise politique. "Huit mois se sont écoulés depuis les élections. Nous avons un gouvernement qui continue son action et un parlement qui s'attèle à la Loi de finances. Que signifie alors la décision de la commission électorale du Sénat de procéder pour sept régions à un recomptage des votes blancs, nuls ou contestés ? Pour le moment l'unique certitude, paradoxale, est que le doute s'installe sur le résultat électoral des 9 et 10 avril derniers. Pour la première fois dans l'histoire de l'Italie républicaine, le mécanisme fondamental de la vie publique qui jusqu'à maintenant était indiscutable se fêle". (07.12.2006)

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Neatkarīgā - Lettonie

La lassitude des candidats à l'OTAN

Après le sommet de l'OTAN qui s'est récemment déroulé à Riga, Voldemars Hermanis croit déceler une forme de lassitude vis-à-vis de l'OTAN chez certains pays de l'Ouest des Balkans, mais également en Géorgie ou en Ukraine. "Lors de son discours prononcé dans la salle de réception de l'université de Riga, George Bush a déclaré que la Croatie, la Macédoine et l'Albanie étaient prêtes à entrer dans l'OTAN. Rappelons que ces Etats faisaient déjà partie, voilà de nombreuses années, du Groupe des dix de Vilnius [qui ont posé leur candidature à l'entrée dans l'OTAN]. Le président américain a également fait savoir que l'Ukraine pouvait être candidate si elle était intéressée. On ne sépare pas le bon grain de l'ivraie au moment de l'adhésion à l'alliance militaire et politique la plus puissante du monde : l'adhésion doit avant tout résulter d'une initiative individuelle". (07.12.2006)

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Kathimerini - Grèce

L'UE accusée de complaisance envers la Turquie

"Le fait que le camp gréco-chypriote a connu autant de défaites tactiques peut laisser penser qu'il existe un problème de stratégie", note le journaliste G.G de Lastic, qui juge trop timoré le gel partiel des négociations de l'UE avec Ankara. "Il semble en effet que le dogme établi, qui veut que l'accession éventuelle de la Turquie à l'UE soit dans l'intérêt de Chypre et de la Grèce ne cadre plus avec la réalité. Et si l'on pouvait à l'origine pardonner à la Turquie sa naïveté politique, ce n'est plus le cas aujourd'hui. La Turquie exploite les concessions grecques et chypriotes pour légitimer sa position dans le dossier de Chypre et peser sur les relations gréco-turques dans le cadre de l'Union européenne. Au lieu 'd'européaniser' son attitude vis-à-vis de la Grèce et de Chypre, la Turquie, candidate à l'UE, essaie de faire revenir l'Europe sur son attitude intransigeante." (06.12.2006)

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Knack - Belgique

La candidature de la Turquie doit être traitée comme les autres

Dans une tribune publiée par l'hebdomadaire flamand, la sénatrice socialiste flamande d'origine turque Fatma Pehlivan estime que "l'Union européenne s'est elle-même mis dans l'embarras dans les discussions avec la Turquie. A force de se voir imposer des critères différents de ceux imposés aux autres pays candidats, l'opinion publique turque s'est finalement complètement retournée contre l'Europe. Voilà deux ans, 60 % des Turcs étaient favorables à l'adhésion de manière sincère et euphorique. Seule une petite minorité y était opposée. L'approche de l'UE a inversé les choses. Même le citoyen moyen en Turquie se demande pourquoi l'Union européenne se comporte de manière systématiquement plus sévère avec la Turquie qu'avec les autres pays. La Roumanie et la Bulgarie ont-ils eu à répondre aux mêmes exigences pour adhérer à l'Union ?" (07.12.2006)

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CULTURE

Právo - République tchèque

Wim Wenders veut redécouvrir l'Allemagne

Le cinéaste allemand Wim Wenders souhaite quitter les Etats-Unis pour revenir en Allemagne. Il explique pourquoi dans une interview conduite par Michal Prochazka. "J'ai dit tout ce que je voulais dire des Etats-Unis dans mes films. Aujourd'hui, je veux redécouvrir mon pays natal, dans lequel beaucoup de choses ont changé au cours des dernières années. Aujourd'hui, je connais mieux l'Utah que la Saxe. Je m'intéresse par exemple aux légendes et aux contes des monts Métallifères [qui forment la frontière germano-tchèque]. Mais surtout, j'aimerais comprendre les conditions de vie de l'Allemagne d'aujourd'hui. Personnellement, je suis originaire d'une famille de la classe moyenne. Or, cette classe moyenne a presque disparu. Les riches sont de plus en plus riches, pendant que le reste de la population s'appauvrit. Cela m'inquiète, et j'aimerais essayer de l'exprimer dans mes films". (07.12.2006)

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Rzeczpospolita - Pologne

Ken Loach et le cinéma historique

Barbara Hollender a demandé au réalisateur britannique Ken Loach s'il trouvait plus intéressants les films historiques ou les films traitant de l'époque contemporaine. "J'aime le cinéma qui dévoile les mécanismes de l'Histoire. Le spectateur peut s'identifier aux héros contemporains ou tout au moins les comprendre. Les films historiques, en revanche, obligent souvent le spectateur à questionner son propre jugement, à mettre en doute ses certitudes. Et ce n'est pas agréable. Mais je pense qu'il faut raconter l'Histoire et la sauver de l'oubli. Car sans elle, il n'y a pas de présent". (07.12.2006)

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De Morgen - Belgique

Le football miroir de la construction européeenne

"Le musée du Cinquantaire à Bruxelles prépare l'ouverture d'une exposition l'été prochain qui retracera parallèlement l'histoire du football européen et celle de l'intégration politique européenne", annonce le quotidien progressiste. "'Only a game ?' ('Juste un jeu ?'), c'est le titre de l'exposition qui vise à souligner l'importance de l'Europe à travers ses stars du ballon rond. (...) Les visiteurs pourront redécouvrir les plus importants moments sportifs et politiques en Europe, de la chute du Mur de Berlin (et ses conséquences footballistiques en Europe de l'Est) à l'arrêt Bosman dans les années 90 qui révolutionnera le monde du football [en mettant un terme aux quotas de nationalité qui limitaient le nombre de joueurs étrangers par club]". (07.12.2006)

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COULEURS LOCALES

Lidové noviny - République tchèque

A qui appartient la cathédrale Saint Guy de Prague ?

La polémique sur la cathédrale Saint Guy de Prague repart de plus belle en République tchèque. L'année dernière, un tribunal avait statué que l'édifice était la propriété de l'Eglise catholique. Cependant, les autorités nationales ne sont pas prêtes à s'en accommoder. Martina Klapalova raconte ainsi qu'une nouvelle pétition fait actuellement le tour de Prague. A ce jour, plus de 15 000 personnes demandent au parlement d'invalider la décision de justice. Selon l'historien tchèque Dusan Trestik, "cette polémique montre que la cathédrale est un symbole important yeux des pragois. En Bohème, un tel édifice est un monument national avant d'être une église. C'est quelque chose qu'un Polonais, par exemple, ne comprendrait pas : pour lui, une église est une église. Mais nous autres Tchèques vivons dans un pays athée". (07.12.2006)

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