Le philosophe français André Glucksmann rend un vibrant hommage à la journaliste russe Anna Politkovskaïa, tuée le 7 octobre à Moscou. Il refuse de penser qu'elle est morte pour rien. "Anna a tiré la sonnette d'alarme afin que le monde démocratique soit au courant et réagisse. (...) Elle est morte pour nous, les Occidentaux, qui avons été incapables de la lire et de la protéger. Nous sommes ce rien pour lequel Anna a donné sa vie. Elle était sensible à la douleur des opprimés, refusait la corruption, et se montrait glaciale face aux compromissions. Anna était et reste un phare. Le désir de vérité à tout prix passait avant les honneurs, l'argent ou sa carrière. Le printemps dernier, quand je l'ai rencontrée pour la première fois, elle m'a dit : 'S'ils me tuent, ne cherchez pas, le responsable est au Kremlin'. Le 23 novembre 2006, Alexandre Litvinenko [l'ex-espion russe tué à Londres] glissait dans un dernier souffle : 'Les salauds m'ont eu, mais ils n'auront pas tout le monde'. Cela dépend de nous". (07.12.2006)
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