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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 13.12.2006

 

À LA UNE

La Pologne 25 ans après l'instauration de la loi martiale

La loi martiale instaurée en Pologne le 13 décembre 1981 divise encore aujourd'hui le pays. Le président de l'époque, le général Wojciech Jaruzelski - âgé de 83 ans et actuellement hospitalisé en raison de problèmes de santé - est-il un criminel ou un héros tragique ? » suite

Extraits des publications suivantes:
Süddeutsche Zeitung - Allemagne, Tygodnik Solidarność - Pologne, Die Presse - Autriche

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Le général Jaruzelski affirme avoir sauvé son pays d'une invasion soviétique par l'instauration de la loi martiale, écrit Thomas Urban, qui regrette qu'aucune sanction pénale n'ait été prise contre les responsables de cette intervention. "En Europe occidentale, beaucoup se sont prononcés en faveur de la loi martiale. Elle était considérée comme un 'moindre mal' par rapport à une invasion de l'armée soviétique, qui aurait certainement conduit à des effusions de sang. Jaruzelski a donc agi en toute connaissance de cause. Il est un 'héros tragique'. Encore aujourd'hui, cette version figure dans de nombreuses publications, bien qu'elle soit réfutée depuis le milieu des années 90. A plusieurs reprises, des documents issus des bureaux politiques polonais et soviétiques ont été publiés, donnant une toute autre image des événements qui ont précédé le 13 décembre 1981. Il en ressort que le Kremlin avait renoncé dès avril 1981, soit huit mois avant l'instauration de la loi martiale, à une invasion militaire. Le général en avait été immédiatement informé. Il a réagi d'une façon peu banale : il a prié Moscou de poursuivre ses menaces d'invasion." (13.12.2006)

Tygodnik Solidarność - Pologne

Lukasz Perzyna est furieux que le général Jaruzelski s'en tire à si bon compte en Pologne. "Le monde sait ce qu'il y a à retenir de Wojciech Jaruzelski. Seule la Russie célèbre ce général (...). Dans les jours qui ont suivi le 13 décembre 1981, les opposants à la loi martiale ont profité de l'inattention des patrouilles militaires et ont écrit sur les murs 'Jaruzelski = Pinochet'. Et ils ont surnommé 'la junte' son 'Conseil de salut national' d'opérette. Ces comparaisons ont été reprises dans les journaux occidentaux, et l'analogie entre les deux généraux est devenue fameuse. Aujourd'hui elle est de nouveau d'actualité lorsqu'il est question de la responsabilité des deux généraux. Alors que le 'boucher de Santiago' a rendu l'âme dans une clinique de luxe, le général Jaruzelski coule ses jours dans une villa de Varsovie, bénéficie d'une protection personnelle et est toujours prêt à donner des interviews." (12.12.2006)

Die Presse - Autriche

Thomas Roser explique que la figure du général Jaruzelski "divise encore aujourd'hui l'opinion polonaise". "Pour les historiens, l'émergence de la démocratie en Pologne en 1981 n'aurait probablement pas entraîné d'invasion [soviétique] similaire à celle de la Tchécoslovaquie par les troupes du Pacte de Varsovie en 1968. Cependant, de nombreux Polonais continuent de penser que Jaruzelski a évité l'invasion, en même temps qu'un bain de sang, en instaurant la loi martiale. Une bonne moitié des Polonais estime même que le coup d'Etat était 'plutôt justifié'. Effectivement, on ne saurait comparer le régime militaire instauré par l'homme aux fameuses lunettes fumées avec les odieuses dictatures de la junte sud-américaine. Et, de fait, l'ascète qui s'était excusé à plusieurs reprises, lors de son retrait de la vie politique en 1990, de ses 'erreurs du passé', jouit d'une image plus positive auprès de nombreux Polonais que beaucoup de ses successeurs pourtant élus démocratiquement." (13.12.2006)

RÉFLEXIONS

New Statesman - Royaume-Uni

Ziauddin Sardar critique la littérature conservatrice britannique

"Les romanciers ne sont plus simplement des romanciers, ils sont également des experts mondiaux qui nourrissent notre opinion sur tous les sujets, qu'il s'agisse d'art, de politique, de vie quotidienne, et forgent même la civilisation telle que nous la connaissons aujourd'hui", écrit Ziauddin Sardar, un auteur britannique né au Pakistan. "Le paysage littéraire britannique est dominé par trois écrivains : Martin Amis, Salman Rushdie et Ian McEwan. Et tous trois ont traité du dilemme central de notre époque, la terreur. (...) Ils constituent l'avant-garde de la littérature néo-conservatrice de Grande-Bretagne, les 'Blitcons'. Le projet des 'Blitcons' est formé autour de trois grands thèmes. Le premier est celui de la suprématie absolue de la culture américaine. (...) Le deuxième veut que l'islam soit la plus grande menace pour l'idée de civilisation. (...) Et le troisième concept 'Blitcon' repose sur l'idée que les notions américaines de liberté et la démocratie ne sont pas seulement justes, mais doivent être imposées au reste du monde."  (11.12.2006)

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Cyprus Mail - Chypre

Lauren O'Hara et le passé colonial de Chypre

La journaliste Lauren O'Hara considère la complexité de l'identité chypriote à l'occasion de la publication de l'ouvrage 'La Grande-Bretagne à Chypre. Colonialisme et post-colonialisme (1878-2006)', un ensemble d'essais compilés par Hubert Faustmann & Nicos Peristianis. "Le colonialisme a été tout à la fois bon et mauvais pour l'île. La Chypre post-coloniale ne doit pas répéter les erreurs du passé qui ont divisé les communautés et renforcé les différences. Il est trop tard pour approuver le plan Annan [rejeté par référendum en 2004]. A moins que la Turquie ne rejoigne l'UE, l'unification de l'île n'est qu'un rêve. Mais il n'est pas trop tard pour créer une société ouverte et juste qui traite tous ses membres égalitairement. Autrement se referma le piège du nationalisme, avec son lot de népotisme visant à favoriser un groupe sur un autre, à réserver les emplois pour les siens et à utiliser ses réseaux pour faire commerce. Ce nationalisme se transformera en un néo-colonialisme qui reproduit les inégalités du passé. Et même si les drapeaux blancs et bleus flottent au vent, le fait d'être 'Chypriote' ne se traduira pas dans la réalité." (13.12.2006)

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El País - Espagne

Dominique Moïsi et la fin du monde unipolaire

Dans une tribune diffusée par l'association Project Syndicate et reprise par le quotidien espagnol, Dominique Moïsi, conseiller spécial de Institut Français des Relations Internationales (IFRI), analyse les conséquences pour l'UE de la chute de l'hyperpuissance américaine. "L'Europe a une chance unique de montrer qu'elle peut faire une différence lors de cette période qui fait suite à l'unipolarité américaine et qui commence dès maintenant au Proche‑Orient. Nous nous rapprochons du monde souhaité par l'Europe : il peut échouer lamentablement sans l'UE ou s'améliorer en marge grâce à elle. A certains égards, la fin d'un monde unipolaire pourrait véritablement être 'l'heure de l'Europe'. Mais cela n'arrivera que si l'Union européenne reprend confiance et intervient pour jouer un rôle positif - avec et non contre les Etats-Unis." (13.12.2006)

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POLITIQUE

Libération - France

L'UE impose un contrôle sur les substances chimiques

Le Parlement européen doit adopter ce mercredi 13 décembre le règlement Reach qui prévoit l'enregistrement, l'évaluation et l'autorisation de quelque 30 000 molécules chimiques actuellement commercialisées dans l'Union. "Le texte a d'abord le mérite d'exister", note l'éditorialiste Patrick Laam. "Ce qui n'est pas un mince exploit, compte tenu de la complexité et de la sensibilité du sujet ainsi que des joutes qu'il a provoquées. La période d'incertitude, qui prévalait depuis des années, prend ainsi fin. (...) Reste à savoir comment ce texte sera vraiment appliqué. On peut vouloir se retrancher derrière tous les 'principes de précaution' imaginables, il faut bien savoir qu'on ne s'assurera jamais à 100 % de la non-toxicité des substances chimiques (...) On peut d'ores et déjà prévoir qu'un nouveau métier va faire florès dans les prochaines années : celui 'd'expert Reach', tellement il est à craindre que la nouvelle réglementation ne donne de maux de tête aux entreprises concernées !" (13.12.2006)

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Respekt - République tchèque

La présidence allemande de l'UE en 2007

Le journaliste tchèque Lubos Palata voit d'un bon oeil le fait que l'Allemagne prenne la présidence de l'UE au premier semestre 2007. "L'Allemagne, c'est l'Union européenne en miniature. Elle est composée de Länder tels que le Mecklembourg-Poméranie, bien plus en retard économiquement que la République tchèque, mais également d'autres comme la Bavière, qui compte parmi les champions de l'Union. On retrouve le même schéma dans les domaines politique, social et religieux. Angela Merkel, qui a dû apprendre très vite à composer avec ces extrêmes, remplit toutes les conditions pour remettre l'Europe quelque peu paralysée en mouvement. Comme les Allemands, les Européens ne veulent pas être privés de leur économie sociale de marché, un système sans pareil, mais comme la République fédérale, l'Union doit passer par une modernisation économique." (13.12.2006)

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Sme - Slovaquie

La République tchèque met la Slovaquie sous pression

La République tchèque a menacé la Slovaquie d'instaurer des contrôles à la frontière entre les deux pays, totalement ouverte jusqu'à maintenant, si elle ne respecte pas ses engagements découlant de la ratification des accords de Schengen. Cet avertissement a fait l'effet d'une bombe en Slovaquie. Selon le journal, "avant d'intégrer l'espace Schengen à la fin de l'année 2007, la Slovaquie doit sécuriser sa frontière Est (une section d'environ 100 km qui la sépare de l'Ukraine), réorganiser sa police des frontières et des étrangers, former les policiers et assurer la sécurité des aéroports de Bratislava et Kosice. Le pays est le moins bien préparé des dix nouveaux Etats membres.  Pour l'instant, il ne peut remplir aucun des critères exigés (...) Pour la République tchèque, Schengen revêt une importance toute particulière. En effet, l'exemption de visa des Tchèques par les Etats-Unis en dépend." (13.12.2006)

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Le Temps - Suisse

La nouvelle idéologie des services secrets russes

La politilogue et criminologue française Hélène Blanc analyse dans une interview réalisée par Eléonore Sulser le fonctionnement des services secrets russes. "Il faut savoir que le KGB - qui s'appelle maintenant le FSB mais qui est toujours le KGB -, est un Etat dans l'Etat. C'est un monde à part, qui possède sa propre culture, ses règles. (...) Depuis qu'il est arrivé au pouvoir, Vladimir Poutine gouverne d'une manière assez sommaire. Pour lui, il y a les alliés et les adversaires. Il applique ce vieil adage : celui qui n'est pas avec nous est contre nous. Jadis, les services secrets représentaient le bras armé du Parti et défendaient un pays et une idéologie. Aujourd'hui, les agents plus jeunes, qui comme Vladimir Poutine ont entre 40 et 55 ans, ne servent plus une idéologie ou un Etat-Parti : ils défendent leurs intérêts corporatistes. L'idéologie a été remplacée par la chasse au pouvoir et à l'argent." (13.12.2006)

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La Repubblica - Italie

L'Italie n'échappera pas au débat sur l'euthanasie

La justice italienne doit se prononcer ces prochains jours sur la demande de Piergiorgio Welby, un homme âgé de 60 ans qui est maintenu en vie depuis 1997 grâce à un respirateur et qui réclame le droit de mourir. Son cas a rouvert le débat sur l'euthanasie en Italie. Le grand cancérologue italien Umberto Veronesi estime qu'il y a urgence à légiférer. "Combien de tragédies doivent encore finir en premières pages des journaux ? Combien d'images poignantes de personnes prisonnières de leurs corps doivent apparaître sur les écrans de télévision pour obtenir cet acte de civisme qu'est l'euthanasie ? C'est la réponse à une demande claire et lucide émise  volontairement par une personne malade que les médecins sont tenus d"écouter, comme ils l"écoutent tout au long des soins. C'est une expression de respect pour la dignité de la personne pour sa capacité et sa liberté d'autodétermination. C'est un débat qu'il va falloir affronter." (13.12.2006)

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ÉCONOMIE

Vasabladet - Finlande

La Finlande et la mondialisation

Le Conseil économique finlandais a publié en début de semaine un rapport sur les répercussions de la mondialisation en Finlande. Ses conclusions sont positives. Si, pour Dennis Rundt, la Finlande s'en sort bien, elle ne doit pas pour autant se reposer sur ses lauriers. "La Finlande a intensifié son intégration dans l'économie mondiale au cours des dernières années. La grande crainte, qui prévalait voilà quelques années, de voir le travail partir en Chine ou dans les autres pays en développement, ne s'est pas confirmée. Certes, entre 1 500 et 3 500 postes sont déplacés chaque année à l'étranger, mais dans le même temps, la croissance économique crée de nouveaux emplois en Finlande. Le Conseil économique finlandais nous déconseille toutefois de croire que les choses demeureront ainsi - car même l'éducation finlandaise tant admirée à l'étranger ne protégera pas durablement la Finlande de la concurrence internationale." (13.12.2006)

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CULTURE

Gazeta Wyborcza - Pologne

Le boom des musées en Pologne

La journaliste Dorota Jarecka constate que les Polonais recommencent à construire des musées. "Aujourd'hui, les centres artistiques cherchent la proximité des commerces, des cafés et des zones piétonnes très fréquentées (...). La Pologne est passée à côté de toute une ère du développement des centres artistiques : celle de l'époque moderne. Pas un seul musée n'a été construit en cinquante ans. Nous sommes directement passés à l'étape suivante, dans laquelle il n'existe plus de forme universelle du musée. Sa physionomie dépend de la réalité locale et du contexte historique. Les musées d'art moderne que l'on construit aujourd'hui dans les grandes villes sont généralement placés dans les centres. On assiste au retour de l'idée selon laquelle le musée doit se fondre dans la ville - en conformité avec les développements actuels de l'art. L'art nous plonge aujourd'hui dans le tourbillon de la vie, laissant peu de place au repos ou à la détente. Comme au XIXe siècle, les musées se retrouvent à nouveau coincés entre l'hôtel de ville, l'opéra et le centre commercial". (13.12.2006)

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Libération - France

Pierre Encrevé et les 'autres langues de France'

Le linguiste Pierre Encrevé, professeur à l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), estime que les langues minoritaires et régionales ne sont pas suffisamment défendues en France. "Aussi longtemps qu'il ne sera pas désigné, d'une manière ou d'une autre dans la Constitution, notre irremplaçable patrimoine linguistique sera en grand péril. (...) Pour tous ceux qui déplorent que la France, qui plaide toujours verbe haut pour la défense de la diversité culturelle et du plurilinguisme, soit aujourd'hui un des derniers pays de l'Union européenne à n'avoir pas ratifié la Charte européenne des langues régionales et minoritaires, l'important est qu'une modification de la Constitution permette enfin cette ratification. (...) Il est nécessaire que les parlementaires reformulent l'alinéa 1er de l'article 2 en une affirmation indiscutablement démocratique : 'La langue de la République est le français, dans le respect des autres langues de France'." (13.12.2006)

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COULEURS LOCALES

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

L'esprit de concorde de Sibiu

En 2007, la ville roumaine de Sibiu, située en Transylvanie, sera capitale européenne de la Culture, en même temps que la ville de Luxembourg. L'auteur allemand d'origine roumaine Richard Wagner attribue l'essor surprenant que connaît cette ville de 170 000 habitants depuis 1990 à son 'flegme historique'. "Sibiu n'a jamais été un centre de polarisation ethnique (...) Alors que dans les années 90, un extrémiste roumain élu maire de Cluj a jeté le discrédit sur la ville en adoptant des mesures vulgaires, en faisant par exemple repeindre les bancs publics aux couleurs du drapeau roumain, Sibiu s'est illustrée comme une ville qui fait la part belle à la raison et au sens de la mesure. En 1990, alors que la minorité allemande faisait ses valises à la suite de l'ouverture des frontières, beaucoup d'Allemands, et notamment d'intellectuels, ont choisi de rester à Sibiu. Cette fidélité à l'ancien 'domaine des rois', comme le surnommaient les Saxons, dont il était le territoire plus ou moins imaginaire, faisait sourire bon nombre d'émigrants, mais allait être bientôt récompensée. A Sibiu, la bonne réputation légendaire des Allemands de Roumanie est devenue mythique. Depuis plusieurs années, la ville est l'exemple parfait de la bonne entente entre les peuples." (13.12.2006)

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