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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 28.02.2007

 

À LA UNE

La justice internationale en débat

Deux décisions de poids dans le domaine de la justice internationale se sont succédées en ce début de semaine : la Cour internationale de justice a statué lundi 26 février sur la plainte déposée contre la Serbie pour génocide et la Cour pénale internationale a, le lendemain, désigné deux premiers suspects accusés de crimes de guerre dans la province soudanaise du Darfour. La presse européenne en profite pour analyser la portée de l'action des tribunaux internationaux. » suite

Extraits des publications suivantes:
Süddeutsche Zeitung - Allemagne, The Guardian - Royaume-Uni, Politiken - Danemark

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Nicolas Richter compare l'action de la justice internationale vis-à-vis des massacres perpétrés à Srebrenica et au Darfour. "La justice pénale internationale intervient désormais plus tôt, alors que les crimes sont toujours d'actualité au Darfour, et plus seulement quand tout est terminé - comme ce fut le cas en ex-Yougoslavie. Mais c'est le seul point positif qui ressort lorsque l'on met en parallèle Srebrenica et le Darfour. (...) Lors d'un sommet international qui s'est tenu à New York fin 2005, l'ONU a trouvé un accord sur un principe de 'responsabilité commune'. Chaque Etat doit préserver son peuple des désastres, et s'il n'est pas à la hauteur, l'ONU doit intervenir. Le principe autrefois sacré de souveraineté de l'Etat trouve ici ses limites - mais seulement en théorie. Le cas du Soudan montre qu'un régime qui massacre son peuple depuis plusieurs années peut manipuler l'ONU. Même les magistrats de La Haye sont découragés - ils n'ont pas de police pour emprisonner les suspects (...). L'ONU demeure incapable d'empêcher les crimes les plus abominables commis en son sein." (28.02.2007)

The Guardian - Royaume-Uni

Le quotidien revient sur la décision de la Cour internationale de justice concernant le génocide de Srebrenica. "C'était la première fois depuis 1948, date de la rédaction de la Convention pour la prévention et la répression du crime de génocide, qu'une nation a été tenue responsable d'un génocide. Un précédent important a été créé : lorsqu'un pays peut exercer une influence positive ou qu'une autorité de facto peut empêcher un génocide, ils sont dans l'obligation de le faire. Le même principe pourrait être évoqué concernant le Soudan et le nettoyage ethnique au Darfour. La séance [de la CIJ sur le génocide de Srebrenica] revenait en quelque sorte sur les cendres du procès de Milosevic, mort avant qu'un jugement ne soit prononcé contre lui. Aussi imparfaite soit-elle, la décision d'hier [lundi 26 février] a prouvé son utilité et vient renforcer le droit international en clarifiant la notion de génocide et la responsabilité d'un pays qui peut prévenir ou fomenter un génocide." (27.02.2007)

Politiken - Danemark

Le journal porte un jugement positif sur la décision de la Cour internationale de justice dans l'affaire du massacre de Srebrenica, à la lumière de l'inculpation des criminels de guerre du Darfour. "Les musulmans bosniaques sont déçus, mais un jugement prononcé contre la Serbie toute entière aurait vraisemblablement renforcé le déni de responsabilité prôné par la sphère politique serbe. La Cour a confirmé la responsabilité des dirigeants serbes, mais a aussi établi qu'un Etat qui n'a pas été capable d'empêcher un génocide sur son propre territoire portait également une part de responsabilités. (...) Il n'est pas surprenant que le gouvernement soudanais protège les personnes suspectées d'être à l'origine des massacres au Darfour. La décision de la Cour internationale de justice ainsi que l'opinion publique mettent la pression sur le régime soudanais, mais également sur la communauté internationale qui s'évertue à ignorer la tragédie africaine." (28.02.2007)

RÉFLEXIONS

International Herald Tribune - France

Dominique Moïsi demande que la France affronte son passé colonial

Dominique Moïsi, conseiller spécial de l'Institut français  de relations internationales (IFRI), réagit à la récente mort de Maurice Papon, condamné en 1998 pour sa collaboration avec les nazis et également connu pour sa dure répression des manifestations algériennes à Paris durant les années 1960. "Le procès de celui qui exerça en qualité de secrétaire général de la préfecture de Gironde, en 1942, a été fait. Mais il existe un deuxième Papon dont le 'procès' ne pourra qu'être posthume. Il s'agit du préfet de police de Paris (...) qui eut pour mission de réprimer par le sang la grande manifestation algérienne du 17 octobre 1961. La France s'est réconciliée avec la Deuxième guerre mondiale. Il lui reste à le faire avec son histoire impériale et coloniale. (...) C'est une histoire qui doit être abordée sans tabous ni complexes. Il y va de la capacité de notre pays à refermer les plaies du passé et à se donner ainsi les meilleures chances d'affronter les défis du présent. En premier lieu, celui de l'intégration des musulmans de France." (28.02.2007)

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Berliner Zeitung - Allemagne

Christian Bommarius défend le journalisme d'enquête

Mardi 27 février, la Cour constitutionnelle de Karlsruhe a condamné la perquisition policière effectuée en septembre 2005 à la rédaction du magazine 'Cicero', accusé d'avoir dévoilé des documents sensibles sur une affaire terroriste. Cette décision renforce les principes de liberté de la presse et de confidentialité des sources. Christian Bommarius va encore plus loin. "Elle [cette décision] nous rappelle avant tout la valeur et la substance de la liberté de la presse. Le rôle des médias, tel que le perçoivent les forces de l'ordre et la justice, mais également les éditeurs et les rédacteurs en chef, ne consiste pas à divertir le public, à enregistrer et restituer des propos, ni à à organiser des talk-shows, mais tout d'abord à informer l'opinion publique sur les abus, et ensuite contrôler le pouvoir exercé - pas seulement, mais surtout - par l'Etat. C'est ce rôle des médias qui exige et justifie une protection fondamentale de la liberté de la presse." (28.02.2007)

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POLITIQUE

The Irish Times - Irlande

La tolérance irlandaise ignore les gens du voyage

Vincent Browne, l'un des journalistes irlandais les plus connus, se demande pourquoi la tolérance démontrée lors du match de rugby historique entre l'Irlande et l'Angleterre n'est pas également pratiquée par la presse irlandaise envers les gens du voyage. Il réagit à la publication par le 'Daily Irish mail' d'un article intitulé 'Une horde de gens du voyage saccage un hôpital'. "On apprend en lisant l'aticle que, selon un porte-parole de l'hôpital, un groupe de gens du voyage est venu à l'hôpital après l'admission d'un patient. Ensuite, les portes furent fermées par mesure de précaution. (...) S'il s'était agi d'un groupe de licenciés de la Fédération des sports gaéliques, de supporteurs de football ou de rugby, personne n'aurait noté quoi que ce soit. Mais parce que les personnes en cause sont issues du groupe le plus discriminé au sein de la société irlandaise, le titre a été choisi pour accompagner d'une histoire effrayante à propos de rien du tout. (...) Comment la bonne société, si formidablement représentée samedi, peut-elle ensuite devenir une société méchante et vicieuse lorsqu'il s'agit de l'un de ses groupes les plus vulnérables ?" (28.02.2007)

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La Repubblica - Italie

Romano Prodi espère obtenir la confiance du Sénat

Le Premier ministre italien Romano Prodi a prononcé mardi 27 février un discours de la dernière chance qui sera suivi ce jour par un vote de confiance au Sénat. Pour l'éditorialiste Massimo Giannini, il s'agit d'une 'opération survie'. "Romano Prodi n'avait pas d'autre choix. Le discours que le président du Conseil a tenu hier au Sénat n'était qu'un réflexe devant l'éternel 'état de nécessité' dans laquelle la République italienne est plongée depuis cinquante ans. Cela n'a été ni enthousiasmant ni décevant. Ce ne fut que ce que cela pouvait et devait être : une analyse modeste et honnête qui reconnaît la nature politique de la crise, mais qui ne jette pas les bases d'un nouveau départ. Beaucoup plus banalement, Prodi ne cherche pour le moment qu'à éviter une fin prématurée (...). Une opération qui sera probablement aujourd'hui couronnée de succès. Car sauf surprise de dernière minute, le Palais Madame [siège du Sénat] devrait renouveler sa confiance au gouvernement." (28.02.2007)

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Kathimerini - Grèce

La Grèce se dote de nouvelles armes contre la corruption

Le gouvernement grec a adopté mardi 27 février un projet de loi qui permet pour la première fois de réprimer pénalement la corruption dans le secteur privé. "La corruption dans le secteur privé existe. C'est la raison pour laquelle la lutte contre la corruption va désormais au-delà du secteur public", explique Fotini Kalliri. "Tout le monde le sait, pratiquement tous les Grecs se retrouvant acteurs et victimes à tour de rôle. La mission sera donc difficile pour le ministre de la Justice [Anastassios Papaligouras] qui veut, cette fois, être le justicier grec contre la corruption la plus répandue. Les pots-de-vin, les délits d'influence pour l'auteur et le bénéficiaire du délit, la fabrication et l'utilisation de faux documents pour 'faciliter ou couvrir' des actes de corruption, seront passibles de une à cinq années de prison, une sanction aussi lourde que sans le secteur public. (...) La nouvelle loi grecque prévoit de nombreuses mesures drastiques. Reste à savoir comment elles seront appliquées et si elles changeront les mentalités." (28.02.2007)

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ÉCONOMIE

Les Echos - France

Les actionnaires d'Airbus donnent le mauvais exemple aux salariés

L'avionneur européen Airbus doit présenter ce 28 février son plan de restructuration 'Power8' qui devrait entraîner la suppression d'emplois en France et en Allemagne. Gilles Sengès craint une détérioration des relations entre salariés et actionnaires. "Comment expliquer que ce qui est négociable avec les actionnaires ne l'est pas avec les syndicats ? Les responsables allemands d'EADS [maison mère d'Airbus] qui ont eu recours à une forme de chantage pour arracher des concessions en faveur de leurs usines n'ont pas facilité la tâche de Louis Gallois, le président d'Airbus qui doit présenter aujourd'hui la nouvelle version du plan de restructuration de l'avionneur européen. Il y a de meilleurs exemples à donner à des salariés à qui l'on répète depuis des mois que les efforts demandés sont indispensables à la survie d'Airbus (...). Il ne faudra pas que les actionnaires s'étonnent d'un durcissement de ton des partenaires sociaux, dont certains promettent déjà un 'feu d'artifice' quand ils n'évoquent pas une 'déclaration de guerre'." (28.02.2007)

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CULTURE

Pravda - Slovaquie

Un manuel d'histoire européen ?

L'Allemagne, qui préside actuellement l'UE, envisage de suggérer l'élaboration d'un manuel d'histoire européen lors de la conférence des ministres de l'Education qui se tiendra cette semaine. Marius Kopcsay, qui se souvient des efforts déployés en ce sens par la Slovaquie et la Hongrie pendant plusieurs années, exprime de sérieuses réserves. "Chaque peuple a sa propre vision de l'histoire. A certains égards, elle est diamétralement opposée à celle des autres. En Hongrie, le Traité de Trianon (qui lui a fait perdre une bonne partie de son territoire) est interprété comme un décision qui a injustement amputé la patrie florissante. En Slovaquie, en revanche, on souligne les millénaires de servitude (sous le joug la Hongrie) qui auraient empêché les Slovaques de réaliser quoi que ce soit de significatif. (...) On peut aujourd'hui en débattre, comprendre l'autre partie et admettre que des événements historiques puissent être interprétés différemment. (...) Un grand pas en avant serait déjà fait si cette prise de conscience était mise à profit pour améliorer les manuels scolaires dans chaque pays."  (28.02.2007)

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Gazeta Wyborcza - Pologne

Le hip hop devient politique en Pologne

"On n'avait plus vu d'albums aussi politiques depuis les années 80", se félicite le critique Robert Sankowski à propos des derniers albums du rappeur O.S.T.R. et du groupe Masala Soundsystem. "Le théâtre polonais s'est politisé, les beaux-arts se sont politisés ; il fallait que la musique réagisse tôt ou tard à la polarisation de la société et à la radicalisation du discours public. Toutefois, personne ne s'attendait à des propos aussi incisifs". Le critique se rappelle que les musiciens engagés des années 80 reprenait les paroles des dirigeants politiques dans leurs chansons. Aujourd'hui, le groupe Masala Soundsystem utilise des concepts actuels et rappe sur les paroles suivantes dans son titre intitulé 'Citoyens du Quart-Monde' : "pour toi la IVe République a de la saveur, mais pour moi, elle pue la République populaire." (27.02.2007)

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The Independent - Royaume-Uni

La diplomatie culturelle est-elle une menace pour les arts ?

"Aujourd'hui, le groupe de réflexion Demos révèle sa solution à tout les défis politiques et sociaux auxquels nous faisons face", souligne avec ironie Tiffany Jenkins, directrice du programme social et des arts de l'organisme The Institute of ideas. "Leur grande idée, dans le rapport 'Diplomatie culturelle, nous sommes désormais tous des diplomates' est que les musées, les galeries, les bibliothèques, l'art, la musique et le théâtre peuvent jouer un rôle important dans les relations internationales. Demos recommande qu'ils soient appelés en renfort pour faire face aux troubles du Proche-Orient, au terrorisme, au réchauffement climatique et pour améliorer les relations avec les diasporas. Il propose que les membres des organisations culturelles et artistiques forment un groupe diplomatique dirigé par le ministère des Affaires étrangères britanniques, et que ces organismes soient 'incités' à suivre la politique du gouvernement. (...) Les arts jouent un rôle social et provocateur. Ils apportent aussi de la complexité et de l'ambiguïté à nos vies. Ils ne doivent pas faire l'objet de diktats politiques. La culture ne doit pas tenir la main d'un ministre, flatter Tony Blair [Premier ministre britannique], Gordon Brown [ministre des Finances et successeur désigné de Blair] ou David Cameron [chef de l'opposition conservatrice]. La politique étrangère culturelle est une scène politique sur laquelle le secteur culturel devrait refuser de jouer." (28.02.2007)

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COULEURS LOCALES

Postimees - Estonie

Amnesty International dénonce des pratiques discriminatoires en Estonie

Amnesty International a envoyé une lettre au Premier ministre estonien Andrus Ansip pour se plaindre des procédés d'inspection linguistique trop stricts employés contre la minorité russophone d'Estonie. Pour Erkki Bahovksi, les arguments d'Amnesty sont faibles. "L'exemple des chauffeurs de taxi qui ne savent pas parler estonien est très curieux. Suis-je donc obligé de parler russe quand je prends le taxi ? Et s'il y avait une communauté musulmane en Estonie, Amnesty obligerait-elle les Estoniennes à porter le voile ? Certes, on ne peut pas dire que tout va pour le mieux en Estonie et que le pays a fait tout ce qui était en son pouvoir pour ses citoyens russes. Les cours de langue demeurent très chers et la procédure de naturalisation est très lourde. Mais il convient de rappeler à Moscou qu'Amnesty a également attiré l'attention sur son comportement vis-à-vis de la Tchétchénie. C'est là-bas que réside le véritable problème, pas en Estonie." (28.02.2007)

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Hospodářské noviny - République tchèque

Les Autrichiens ont peur de dîner en Bohême

Le chancelier autrichien Alfred Gusenbauer vient d'effectuer sa première visite officielle en République tchèque. Pour Jan Krcmar, c'est l'occasion de réfléchir aux rapports ambivalents qu'entretiennent l'Autriche et la République tchèque. "En Autriche, la première chose qui vient à l'esprit des générations les plus jeunes à l'évocation de la République tchèque, c'est la centrale nucléaire de Temelin. Viennent ensuite les courses bon marché ou les footballeurs tchèques qui ont relevé le niveau du championnat autrichien depuis l'époque d'Antonin Panenka. Les générations plus anciennes repensent avec nostalgie aux cuisinières et aux tailleurs de Bohême, à la monarchie détruite par les 'traîtres tchèques'. (...) On a parfois l'impression que les Autrichiens n'ont pas encore compris que le communisme s'est écroulé et que les frontières se sont ouvertes. Ils voyagent aux Maldives, en Inde et au Pérou, mais si on leur propose de faire trente kilomètres au nord pour dîner en République tchèque, ils paniquent presque." (27.02.2007)

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