"Les Grecs ont compris que la comédie (la vision de la vie selon les dieux) est supérieure à la tragédie (la vision des simples mortels)", écrit le romancier britannique Julian Gough. "La plupart des meilleurs romans - et certainement mes romans préférés - s'inscrivent dans la tradition des comédies grecques, plus que dans celle des tragédies : Rabelais, Cervantès, Swift, Voltaire et ainsi de suite jusqu'à Joseph Heller et son 'Catch 22'. (...) Pourtant, depuis le Moyen Age, la culture occidentale a surévalué la tragédie et sous-évalué la comédie. Nous considérons la tragédie comme un genre majeur, et la comédie comme un genre mineur. Les comédies brillantes ne remportent jamais l'Oscar du meilleur film. Le Booker prize privilégie la tragédie. (...) Le problème est d'ordre culturel. Mais il est aussi intériorisé par les écrivains qui s'autolimitent et s'autocensurent. Si le sujet est important, difficile et sérieux, l'auteur tend à penser qu'il doit le traiter tragiquement. Quand Amis s'est intéressé à l'Holocauste, dans son roman mineur 'La flèche du temps' (1991), il s'est gardé d'y mettre ses plaisanteries et son énergie. Et il a été récompensé par sa seule nomination au Booker prize." (01.05.2007)
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