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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 05.06.2007

 

À LA UNE

Le sommet du G8 a-t-il encore un sens ?

Le sommet du G8 a-t-il encore un sens ?

 

Le sommet du G8, qui réunit les pays les plus industrialisés, débute mercredi 6 juin à Heiligendamm, en Allemagne. La presse européenne s'interroge sur l'utilité de cette rencontre annuelle. » suite

Extraits des publications suivantes:
Der Standard - Autriche, Neue Zürcher Zeitung - Suisse, The Guardian - Royaume-Uni, Les Echos - France

Der Standard - Autriche

Pour Eric Frey, le sommet du G8 est devenu un "spectacle politique et médiatique vide de sens : l'informalité qui était celle du sommet à ses débuts s'est aujourd'hui volatilisée. D'années en années, les délégations grossissent, tout comme les cortèges médiatiques. Plus les attentes sont élevées, moins il est probable que les négociations fassent vraiment bouger les choses. Les communiqués finaux regorgent de lieux communs, et s'ils contiennent par le plus grand des hasard des résultats concrets - tel l'effacement de la dette de l'Afrique l'an passé - ils sont bien vite oubliés. Cela ne signifie pas que le monde n'a pas besoin d'une 'gouvernance mondiale'. Cette dernière existe bel et bien, mais ailleurs : au Conseil de sécurité de l'ONU (New York), à l'Agence internationale de l'énergie atomique (Vienne), à l'Organisation mondiale du commerce (Genève) ou à la Banque des règlements internationaux (Bâle). Le G8 est un rituel coûteux, si peu fructueux et tellement nuisible qu'il devrait être supprimé de toute urgence." (05.06.2007)

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Jürg Dedial n'éprouve pas beaucoup de sympathie pour les redresseurs de tort notoires et remet en question l'utilité de ces grandes réunions. "Le droit d'organiser un sommet du G8 en Allemagne est certes intangible, mais il serait tout aussi souhaitable de discuter sérieusement de l'utilité d'une telle rencontre. L'événement qui va se dérouler de mercredi à vendredi à Heilgendamm ne mérite pas toute cette agitation. Ce n'est qu'un simple cirque médiatique (la gestion du thème de l'Afrique en est un bon exemple) qui ne contribue pas suffisamment à apporter des solutions aux problèmes vraiment brûlants de ce monde. Certains participants sont à peine en mesure d'agir, d'autres ont déjà laissé clairement entendre qu'ils refuseront d'aborder certains sujets. Enfin, un troisième protagoniste se complaît dans son rôle de trouble-fête menaçant. Pendant ce temps, la Chine, l'Inde ou le Brésil, qui sont véritablement de grandes puissances, restent exclus. Encore un peu plus d'hyposcrisie, semble-t-il, des deux côtés de la clôture de protection." (05.06.2007)

The Guardian - Royaume-Uni

"Les nations du G8 poursuivront les objectifs établis, seulement tant que ceux-ci ne se heurtent pas à leurs propres intérêts. Loin des sommets sentimentaux, ils détruiront tout ce qu'ils affirment construire", déplore le journaliste George Monbiot. "Le G8 exige de l'action sur le changement climatique; la Banque mondiale, contrôlée par les pays du G8, subventionne des centrales au charbon et des projets de déforestation. Le G8 demande de meilleures conditions pour les échanges commerciaux avec l'Afrique; l'Europe et les Etats-Unis utilisent les pourparlers commerciaux mondiaux pour s'assurer que cela n'arrive pas. Les dirigeants du G8 appellent à une réduction de la dette; le Fonds monétaire international (FMI) exige que les nations pauvres retirent les barrières aux flux de capitaux qui les endettent. Simultanément, les dirigeants du G8 se tordent les mains d'inquiétude et se lavent les mains. (...) La question n'est plus de savoir si le pouvoir non-démocratique que les nations du G8 exercent sur le reste du monde peut être utilisé à des fins positives ou négatives. La question est de déterminer s'ils vont cesser de l'utiliser." (05.06.2007)

Les Echos - France

Valéry Giscard d'Estaing, ancien président français (1974-1981), a été l'un des membres fondateurs du sommet. Il se demande si, 32 ans après sa création, le G8 est encore représentatif. "Oui, sans doute, car le poids économique de ses membres représente 63 % du PNB mondial, et environ 50 % du commerce international de marchandises. Ils fournissent environ les trois quarts de l'aide au développement. Mais on voit bien que les grands pays à fort taux de croissance, comme la Chine, l'Inde et le Brésil n'en font pas partie. (...) Les membres du Groupe pourront s'interroger sur l'avenir de l'institution. Combien de temps durera-t-elle encore ? Sans doute une ou deux décennies. Mais, lorsque le PIB de la Chine et celui de l'Inde auront dépassé les niveaux de tous les membres du G8, à l'exception des Etats-Unis et peut-être du Japon, ce qui ne saurait beaucoup tarder, il sera bon de rechercher une forme plus adaptée de gouvernance économique mondiale." (04.06.2007)

RÉFLEXIONS

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

Necla Kelek insiste sur la fonction politique de l'islam

Le projet de construction à Cologne d'une grande mosquée, dessinée par l'architecte Paul Böhm, soulève une vive controverse. Necla Kelek, sociologue allemande d'origine turque, se montre très réservée vis-à-vis de cette institution. "Pour les musulmans, les mosquées ne sont pas des lieux sacrés comme les églises ou les synagogues, mais des 'bâtiments multifonctions'. On se garde bien de le crier sur tous les toits, tout comme le fait que l'islam n'est pas une religion. L'islam ne se perçoit pas seulement comme une vision spirituelle du monde. La vie quotidienne, la politique et la foi, sont perçues comme un tout indissociable. Il n'existe pas de doctrine théologique obligatoire. Ainsi, de nombreuses associations musulmanes en Allemagne jouent le rôle d'un parti religieux et représentent des intérêts politiques. C'est pourquoi la construction de la mosquée n'est pas une question de liberté de culte, mais une question politique." (05.06.2007)

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România Liberă - Roumanie

Cristian Pirvulescu regrette le vide politico-idéologique de l'Europe de l'Est

"Près de deux décennies après la chute du communisme, les démocraties d'Europe de l'Est ne connaissent qu'une stabilité toute relative", affirme le politologue roumain Cristian Pirvulescu. "La consommation économique est au centre des débats : elle ne s'est jamais accompagnée d'une démocratisation substantielle. De vieux démons ont également fait leur retour, sous la forme du fondamentalisme. Rien ne semble avoir changé. Même les systèmes de partis qui ont succédé au communisme sont représentatifs du vide politico-idéologique des pays de l'Est en transition. (...) Le comportement anti-européen des dirigeants de Varsovie ou de Prague, les accès de violence en  Hongrie l'automne dernier, les relations tendues des Estoniens avec la minorité russophone, les crises politiques à Bucarest ou à Sofia sont autant de témoignages de ce vide (...) Il ne pourra pas être comblé par des modifications incessantes du système électoral, mais seulement par un contenu politique." (05.06.2007)

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POLITIQUE

Dnevnik - Bulgarie

Le gouvernement bulgare remanié

Le Premier ministre bulgare Sergueï Stanichev a accepté, le 2 juin, les démissions du ministre de l'Economie et de l'Energie, Rumen Ovtcharov, et du ministre de la Justice, Guéorgi Petkanov, tous deux accusés de corruption. Sergueï Stanichev souhaite créer une agence de sécurité nationale pour lutter contre la corruption et le crime organisé. Pour Stoïana Georgieva, cela ne va pas résoudre la crise gouvernementale bulgare. "Le chef de l'Etat est un marionettiste qui a acquis tant d'influence, de pouvoir et de ressources avec ses discours patriotiques et ses fêtes populaires que même Todor Jivkov [président de la Bulgarie et chef du parti communiste de 1971 à 1989] l'envierait. (...) Le scandale de la corruption ne cessera pas et le gouvernement va être destabilisé. (...) Dans une telle situation, des élections anticipées sont à envisager." (05.06.2007)

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Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Les désillusions de la Turquie vis-à-vis de l'UE

Lundi 4 juin, lors d'une rencontre à Ankara, l'UE a exigé que la Turquie mène à bien les réformes actuellement bloquées, ce qui, comme le rapporte Kai Strittmatter, lui a valu des critiques des Turcs libéraux et proeuropéens. Il explique que l'UE a perdu de son aura auprès de la Turquie. "Les turbulences que connaît le pays, la vague nationaliste, la régression des droits des citoyens, le retour des militaires dans la politique - ce n'est pas un hasard si cela s'est accompagné de désillusions vis-à-vis de l'UE, avec les gaffes d'Angela Merkel et la rhétorique antiturque de Nicolas Sarkozy. En 2005, la Turquie s'était vue promettre des négociations justes ; aujourd'hui, elle voit cette promesse remise chaque jour en question." (05.06.2007)

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De Volkskrant - Pays-Bas

L'UE ne doit pas céder face aux menaces de Poutine

Le quotidien analyse les récents propos du président russe Vladimir Poutine, qui a menacé de pointer vers l'Europe une nouvelle génération de missiles en réaction au projet américain de bouclier antimissile. "Selon certains observateurs du Kremlin, l'attitude brutale de Poutine doit être considérée comme une manifestation de fierté de la part d'une grande puissance offensée qui, depuis l'éclatement de l'empire soviétique, a déjà perdu quelques plumes. (...) Poutine avait déjà, voilà quelques mois, prononcé des mots très durs contre l'Occident en général et les Etats-Unis en particulier. C'est le signe du retour d'une grande puissance tourmentée. (...) Ce n'est pas une raison pour sombrer dans des vieux reflexes de la guerre froide, même si l'Occident doit offrir un contrepoids. En ce sens, la chancelière allemande Angela Merkel a donné le bon exemple lors du dernier sommet Russie-UE [organisé les 17 et 18 mai à Samara]." (05.06.2007)

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Cyprus Mail - Chypre

Un malaise général règne sur Chypre

"Notre industrie du tourisme est devenue minable et décadente, reflètant un malaise général, une absence d'amour et de respect pour notre pays, rares étant ceux qui expriment leur fierté d'être chypriotes", se plaint Hermes Solomon. "Je dis bravo à notre ministre des Finances, car, tout comme Malte, nous avons rempli les critères de Bruxelles pour intégrer la zone euro en janvier prochain. Et qu'est-ce que cela signifiera d'autre qu'une augmentation de 5 à 15 % du coût de la vie, comme dans tous les Etats qui ont changé de monnaie ? Peu importe ce que nous dit notre gouvernement au sujet du contrôle des prix, ils n'arrivent même pas à contrôler le trafic. (...) En cherchant à remplir ces critères, notre gouvernement a négligé de façon criminelle nos infrastructures, l'industrie, le tourisme et la création de vrais emplois." (03.06.2007)

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The Independent - Royaume-Uni

Un Polonais sort du coma et découvre le capitalisme

"Les médecins ne devraient pas être les seuls à faire la queue pour parler à Jan Grzebski, un homme âgé de 65 ans qui a soudainement et de façon inexplicable émergé d'un coma de 19 ans. Les économistes et les politologues devrait aussi rendre visite à la maison de l'ancien cheminot, située à Dzialdowo, dans le Nord de la Pologne", considère le commentateur Nigel Lawson. "M. Grzebski est tombé dans le coma après avoir été percuté par un train en 1988, un an avant la chute du communisme. Le week-end dernier, il a affirmé à la télévision polonaise : 'lorsque je suis tombé dans le coma, il y a avait seulement du thé et du vinaigre dans les magasins, la viande était rationnée et il y avait des queues interminables pour l'essence. Maintenant il y a tellement de produits dans les magasins que cela me fait tourner la tête'. Selon sa femme, Gertruda, 'Jan était tellement impressionné de voir les rues colorées. Il dit que le monde est plus beau maintenant'." (05.06.2007)

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CULTURE

Rzeczpospolita - Pologne

La tradition théâtrale lettone

Le metteur en scène letton Alvis Hermanis, qui a remporté quatre récompenses pour sa mise en scène de 'Sonia' au festival international de théâtre 'Kontakt' de Torun, en Pologne, évoque dans un entretien réalisé par Jacek Cieślak l'histoire du théâtre letton. "Il n'a que 100 ans, mais il ne vient pas de la lune. A une époque, alors que Ibsen et Tchekov étaient en pleine phase créative, notre compatriote Rudolfs Blaumanis écrivait ses pièces - qui à mon avis n'étaient pas mauvaises, mais notre pays est si petit qu'il est inconnu du reste du monde. Tout comme notre peuple était influencé par les Allemands et les Russes, notre théâtre a été influencé par les pièces de Stanislavski et de Brecht. Richard Wagner a travaillé à Riga, qui a été construite par les Allemands, et plus tard le théâtre du boulevard a été très fréquenté par la bourgeoisie allemande. Les Lettons vivaient principalement dans les zones rurales." (04.06.2007)

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MÉDIAS

La Croix - France

Rue89, un nouveau média atypique en France

Sabine Audrerie fait l'éloge du site d'informations français 'Rue89' lancé voilà un mois. "Proposant d'allier la rigueur du journalisme traditionnel à la culture de l'Internet, Rue89 ('rue' parce qu'elle est synonyme de circulation, de rencontres et de vie ; '89' parce qu'il évoque la liberté, la chute des murs, Tian An Men, des révolutions, donc celle de l'information) a été fondé en quelques semaines (...) par quelques anciens [du quotidien] Libération. (...) Rue89 veut bouleverser la manière traditionnelle de concevoir l'information. De la verticale (du média vers le lecteur), il propose de passer au mode horizontal, en même temps qu'il débroussaille le champ du tout et n'importe quoi offert par Internet. (...) Le contenu rivalise avec celui des médias d'information classiques, dans sa densité et sa réactivité. Avec une ouverture importante à l'international, et une plus-value : le ton, ni trop sérieux, ni outrancier, et des investigations décalées ou inattendues." (04.06.2007)

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SPORT

La Voix du Luxembourg - Luxembourg

Les Petits Etats d'Europe s'affrontent à Monaco

Créés en 1985, les Jeux des Petits Etats d'Europe réunissent tous les deux ans les pays européens dont la population est inférieure à un million d'habitants, soit 8 pays qui s'affrontent dans 12 disciplines sportives. Laurent Moyse salue l'existence de cette compétition dont la douzième édition a débuté le 4 juin à Monaco. "Les sportifs luxembourgeois auront de nouveau la possibilité de se mesurer à des athlètes appartenant à de petites fédérations, donc aux moyens sensiblement plus égaux que ceux de grands pays où le sport professionnel ne laisse guère de chance au hasard. On le constate dans les compétitions par équipes : les clubs luxembourgeois ou l'équipe nationale se font régulièrement étriller par leur adversaire, de sorte qu'un score serré en faveur de ce dernier est déjà considéré comme un demi-succès pour les valeureux perdants." (05.06.2007)

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COULEURS LOCALES

Eleftherotypia - Grèce

Le nouveau code de la route grec fait mal

Entrée en vigueur le 3 juin, le nouveau code de la route grec prévoit de très lourdes amendes pour certaines infractions. "Il s'agit du plus sévère d'Europe et son application crée une polémique dans le pays : brûler un feu rouge coûtera 700 euros alors que le salaire minimum s'élève à 668 euros", explique le quotidien. "Le gouvernement justifie certes cette mesure par la volonté de lutter contre les accidents de la route car les routes grecques sont parmi les plus meurtrières d'Europe (...). Mais une telle sévérité était-elle nécessaire? Les livreurs de pizza, dont le salaire est inférieur à 700 €, se trouvent dans une impasse car ce sont eux qui brûlent le plus de feux rouges pour arriver à temps, sous peine de retenue de salaire. (...) Seule consolation, les personnes payant leur contravention dans les 10 jours suivant l'infraction verront le montant réduit de moitié." (05.06.2007)

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Respekt - République tchèque

Un parc de Prague aiguise les convoitises

Vladimir Sevela explique que les skateboarders de Prague risquent de perdre leur principale piste d'entraînement située dans le parc Letná, qui domine la vieille ville. L'investisseur australien Underwater World Oceanarium projette d'y construire un immense aquarium d'eau de mer. "Après qu'un club ouvert illégalement sous l'ancien monument soviétique dans les années 90 ait été fermé, ce sont maintenant les skateboarders, les joueurs de roller hockey, les adeptes de vélo freestyle et tous ceux qui se sont installés un étage plus haut qui sont menacés d'expulsion. (...) Ce n'est pas nouveau. D'une part, les entrepreneurs tentent de tirer des revenus de tous les lieux inoccupés qui existent encore dans les centres-villes. D'autre part, les habitants 'désorganisés' cherchent un lieu où ils peuvent se retrouver sans avoir à payer. Ce conflit d'intérêts concerne toutes les métropoles." (05.06.2007)

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