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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 08.06.2007

 

À LA UNE

Poutine joue la carte de l'apaisement

Poutine joue la carte de l'apaisement

 

Le projet américain d'installer en Europe de l'Est plusieurs éléments d'un bouclier antimissile provoque une vive polémique depuis plusieurs mois entre Washington et Moscou. Jeudi 7 juin, le président russe Vladimir Poutine a fait, en marge du G8, une surprenante proposition à son homologue américain, celle d'utiliser pour ce projet une base militaire russe en Azerbaïdjan. S'agit-il d'une simple manoeuvre ou bien d'une proposition sérieuse ? » suite

Extraits des publications suivantes:
Neue Zürcher Zeitung - Suisse, Financial Times - Royaume-Uni, La Vanguardia - Espagne, Lidové noviny - République tchèque, taz - Allemagne

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

"La tentative de Poutine est adroite", estime Eric Gujer. "Après des semaines de chantage à la guerre, pendant lesquelles Vladimir Poutine a évoqué une Russie menacée par le système américain et laissé planer la menace d'une nouvelle guerre froide, Moscou se déclare maintenant prête au dialogue. En Europe et en Allemagne notamment, de nombreuses voix vont juger cela comme un signe de concession et inviter Washington à se montrer complaisante envers Moscou. Pour les Etats-Unis, la proposition du président russe est vraisemblablement moins attractive. (...) La technique de défense envisagée est trop moderne pour qu'on puisse vouloir la partager avec la Russie. La version azerbaïdjanaise de Vladimir Poutine ne suppose pas seulement une exploitation en commun : celle-ci se déroulerait dans la zone d'influence russe. Moscou aurait ainsi une vaste mainmise sur le système." (08.06.2007)

Financial Times - Royaume-Uni

Le journaliste Neil Buckley note que "pendant qu'il essayait de diviser l'UE et les Etats-Unis sur le bouclier antimissile, M. Poutine les a peut-être involontairement rapprochés. Nicolas Sarkozy, le nouveau président français, et la chancelière allemande Angela Merkel, sont déterminés à adopter une ligne plus ferme à l'égard de M. Poutine que leurs prédécesseurs. Cela pourrait rendre le dirigeant russe favorable à un compromis pour sauver les apparences, faute de pouvoir empêcher le développement du système de défense antimissile. Déplacer la station radar prévue [en République tchèque] vers une base existante en Azerbaïdjan, comme M. Poutine l'a suggéré hier, pourrait être une porte de sortie. Une autre suggestion est d'installer les missiles intercepteurs au Royaume-Uni plutôt qu'en Pologne, une solution que les officiels américains ne jugent pas idéale mais qui est viable. Et ils affirment que la Russie a laissé penser qu'elle pourrait accepter. Mais ce que l'administration Bush est prête à concéder au sujet d'un système dans lequel elle est lourdement engagée n'est pas clair. Et elle pourrait choisir de mettre devant le fait accompli le prochain président américain." (08.06.2007)

La Vanguardia - Espagne

"Vladimir Poutine a réalisé un coup de théâtre lors du sommet du G8", explique le quotidien. "Le président russe avait secoué ces dernières semaines les chancelleries avec ses menaces rhétoriques de reprise de la guerre froide, en réaction au projet américain d'installer un bouclier antimissile en Pologne et en République tchèque. (...) Pour le président russe, il ne s'agit pas vraiment d'éliminer une menace contre son pays, ou bien de sauver l'influence de Moscou sur ses pays voisins, mais plutôt de parvenir à remettre la Russie sur un pied d'égalité vis-à-vis des Etats-Unis, de l'Europe ou de la Chine. Ce qui est en jeu, ce n'est pas seulement le bouclier antimissile, mais aussi l'indépendance du Kosovo ou la question du programme nucléaire iranien. Poutine veut que la Russie pèse sur les grandes décisions du monde et il défend ses positions avec astuce." (08.06.2007)

Lidové noviny - République tchèque

"Moscou a une fois de plus créé la surprise," écrit Petre Pesek à propos de la proposition faite par Vladimir Poutine à George Bush d'utiliser une base militaire en Azerbaïdjan. Cela remettrait en question le projet initial prévoyant des installations en République tchèque et en Pologne. "Même si la station radar ne voit pas le jour en République tchèque, ses partisans dans le pays se sauveront la face. Et les opposants pourront aussi se réjouir sans pour autant que les relations avec les Etats-Unis en pâtissent. Toutefois, nous nous trouvons actuellement dans une phase où toutes les suppositions sont permises. Car vu tout ce que Moscou a fait jusqu'à maintenant, il ne faut pas s'attendre à ce que les Américains accueillent les Russes à bras ouverts. Il n'est pas exclu que l'Azerbaïdjan ne vienne qu'en complément du projet de bouclier actuel. C'est pourquoi les opposants à la station radar devraient attendre un peu avant de se réjouir (...) La République tchèque n'a pas fini d'entendre parler du bouclier antimissile." (08.06.2007)

taz - Allemagne

Pour Otfried Nassauer, qui travaille au Centre d'information de Berlin sur la sécurité transatlantique (BITS), les agissements de Vladimir Poutine sont d'ordre stratégique. "Les décisions centrales sur la sécurité européenne devront-elles être prises avec ou contre la Russie à l'avenir ? L'Occident va-t-il continuer à construire le Conseil Otan-Russie (COR) de manière à ce que les Russes et les membres de l'OTAN puissent prendre des décisions en commun ? Le président Poutine cherche cette controverse sans risque. Dans les livres d'histoire russe, il sera présenté comme le président qui a mis fin au déclin politique et économique de la Russie, qui a rendu sa noblesse au pays. Avec ce débat dont l'objectif est de trancher si l'Occident doit décider seul, ou avec la Russie, de la sécurité européenne, Vladimir Poutine peut réussir à atteindre des résultats similaires dans le domaine de la politique étrangère et de la sécurité. Il ne court aucun risque. La décision d'une nouvelle confrontation revient soit à l'Occident soit à son successeur." (08.06.2007)

RÉFLEXIONS

The Times - Royaume-Uni

Pour Ben Macintyre, les Britanniques ont une vision moralisatrice du passé

"Jamais le passé n'a autant préoccupé le présent. Jamais la soif de justice historique n'a été aussi intense. Pour nos ancêtres, l'idée de solder les comptes de l'Histoire aurait semblé perverse et irréaliste. Aujourd'hui, elle fait partie de la réalité", note Ben Macintyre, journaliste et auteur d'essais historiques. "Le Royaume-Uni, en dépit (ou à cause) de son passé colonial, adopte une ligne morale ferme sur ces sujets [les crimes de l'histoire]. (...) Cette année, nous avons  célébré en grande pompe l'abolition de l'esclavage, la plus vaste et cruelle migration forcée de l'histoire humaine. Le message de nos maîtres à penser est clair : nous devons nous excuser pour le rôle britannique dans les expulsions du passé; nous devons condamner de telles actions dans le présent, et si cela est nécessaire (et opportun), nous devons faire la guerre contre elles, comme au Kosovo." (08.06.2007)

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Die Welt - Allemagne

Mariam Lau et la liberté de religion en Allemagne

L'essayiste allemande Mariam Lau prend position dans le débat autour de la construction de mosquées en Allemagne et fait remarquer aux sceptiques - comme Necla Kelek et Ralph Giordano - que la notion de liberté de religion ne peut être liée à de simples concessions. "Si la liberté de religion est liée à des critères esthétiques ou à d'autres types de conditions, comme l'intégration par exemple, nous sommes fichus. Si aujourd'hui l'argument selon lequel les mosquées ne sont pas en règle parce que les femmes prient séparément des hommes s'impose, il est probable qu'il se retournera ultérieurement contre les synagogues orthodoxes, dans lesquelles c'est également le cas (...) L'attaque généralisée contre l'islam doit éclaircir une contradiction : d'un côté on fait comprendre aux musulmans qu'à moins qu'ils n'acceptent la séparation de la religion et de l'Etat, l'islam ne sera jamais compatible avec la démocratie - ce qui est vrai. D'un autre côté, l'islam est rendu responsable de tout : des mauvaises notes à l'école, des 'crimes d'honneur', de la violence envers les femmes, du chômage des jeunes. Les mosquées doivent faire leurs preuves dans ces domaines avant de pouvoir être construites." (08.06.2007)

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POLITIQUE

Delo - Slovénie

Merkel obtient un accord sur la lutte contre le réchauffement climatique

Peter Zerjavic commente le compromis sur la lutte contre le réchauffement climatique auquel sont parvenus les chefs d'Etat et de gouvernement lors du G8 organisé en Allemagne. Ils se sont engagés à 'considérer sérieusement' la réduction de 50 % d'ici à 2050 des émissions de gaz à effet de serre. Le mérite de cette décision ne revient pas seulement à Angela Merkel. "Le débat sur les mesures à prendre pour éviter une catastrophe climatique est un exemple de l'influence croissante de l'opinion publique sur les décisions du G8 (...) Angela Merkel avait l'air satisfaite sous le soleil de Heiligendamm. Finalement, elle a réussi à arracher un compromis qui satisfait toutes les parties. Toutefois, il sera bien plus difficile pour les pays de fixer des limites concrètes que de faire une simple déclaration d'intention." (08.06.2007)

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Le Soir - Belgique

Le spectre de l'extrême-droite hante les législatives belges

Avant les élections législatives organisées le 10 juin en Belgique, l'éditorialiste Martine Vandemeulebroucke rappelle que "l'extrême droite, francophone surtout, est une bête imprévisible qui exige la vigilance car elle se réveille là où on ne l'attend pas toujours. A-t-on sous-estimé son potentiel de nuisance au cours de cette campagne électorale ? Tout se passe comme si elle ne comptait pas ou si peu. Point positif : même en Flandre, on n'a pas vu des partis démocratiques jouer la stratégie Sarkozy de pêche en eaux troubles. Pas ou peu de petites phrases assassines sur l'immigration, l'insécurité. Mais si les électeurs ont réussi à comprendre un peu les enjeux en matière d'emploi, d'environnement ou de justice, c'est surtout grâce au travail des médias. Car pour le reste, tout s'est focalisé sur des personnes, sur des Premiers ministrables comme on prend des paris sur des chevaux. (...) Alors si, dimanche, l'extrême droite se tasse, ce sera vraiment une belle surprise." (08.06.2007)

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Les Echos - France

Une majorité parlementaire trop ample peut-elle gêner Sarkozy ?

Alors qu'une large victoire de la droite est prévue aux élections législatives françaises, dont le premier tour a lieu le 10 juin, l'éditorialiste Françoise Fressoz estime que "si l'exécutif peut souffrir d'une majorité trop courte, il n'est jamais heureux avec une majorité trop large. Car plus le nombre d'élus est important, plus la probabilité de fabriquer des frustrés augmente. Pour quelques fidèles récompensés aux postes clefs (présidences de l'Assemblée, du groupe, des commissions), combien de déçus qui ruminent et parfois conspirent ? (...) Mais le plus dur, en cas de forte majorité, est de conserver la maîtrise idéologique de ses troupes. Plus un camp gagne, plus il est arrogant, moins il est apte à comprendre qu'un président est le représentant de tous les Français et pas seulement celui d'une majorité. (...) Un bon conseil, donc, au nouveau président : une majorité oui, mais surtout pas trop large !" (08.06.2007)

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ÉCONOMIE

24 heures - Suisse

La justice suisse blanchit les anciens dirigeants de Swissair

Dix-neuf ex-dirigeants de la compagnie aérienne Swissair, disparue en 2001 pour cause de gestion ruineuse, ont été relaxés jeudi 7 juin par la justice suisse qui les jugeait pour leur rôle dans cette faillite. Elle a aussi décidé de leur octroyer des indemnités pour 'tort moral'. Elizabeth Eckert estime que "le verdict d'hier, dans la débâcle de Swissair, a infligé aux citoyens helvétiques le coup du lapin. Sonnés, écoeurés, ne pouvant que constater une chose : contrairement aux Etats-Unis où la justice a inclus une forte notion morale pour les affaires économiques, infligeant des peines de vingt, voire trente ans aux dirigeants d'Enron ou de Worldcom qui n'ont pas fait pire que ceux de Swissair, le système judiciaire helvétique est d'une indécence formidable. En ce qu'il absout d'emblée les grands maîtres du jeu financier." (08.06.2007)

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SPORT

Polityka - Pologne

L'Euro 2012, un défi pour la Pologne

Le championnat d'Europe de football se déroulera en 2012 en Pologne et en Ukraine. Adam Grzeszczak regrette que l'espoir de voir cette manifestation accélérer la construction de routes et de stades se soit déjà envolée. "Maintenant que l'enthousiasme s'est émoussé, nous commençons à réaliser que nous ne sommes pas du tout prêts du point de vue juridique comme du point de vue organisationnel, financier et politique. (...) Il existe de nombreuses théories pour expliquer l'état lamentable des infrastructures polonaises, à commencer par une théorie historique qui fait référence à l'impact de l'ère communiste et d'époques plus reculées encore. (...) Il existe également une théorie psychologique qui renvoie à notre caractère national : notre individualisme et notre propension à courir au lieu de partir à point. (...) Si, sous la pression de l'Euro 2012, nous réussissons à briser ce cercle vicieux que le Premier ministre Kaczynski nomme l''impossibilisme', ce sera le plus grand succès footballistique de toute l'histoire de la Pologne." (09.06.2007)

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CULTURE

Le Monde - France

Toutes les villes veulent leur biennale d'art contemporain

"Cent douze biennales d'art contemporain ont lieu, aujourd'hui dans le monde. La croissance est exponentielle, qui témoigne de la mondialisation galopante de l'art actuel. En juin, l'essentiel se passe en Europe avec Venise, Kassel et Münster. Mais le phénomène est désormais planétaire", constate Emmanuelle Lequeux. "Lyon, Berlin, Istanbul, Moscou, Sharjah, Turin, Shanghaï, La Havane, Sidney, Dakar, Taïpeh, et même Ushuaia... On ne compte plus les villes qui accueillent ces méga-expositions, et le phénomène semble s'accroître régulièrement, surtout en Asie... (...) Les enjeux ? Ils vont bien au-delà de l'esthétique, pour être aussi politiques, géostratégiques, économiques. Si les villes raffolent des biennales, c'est qu'elles servent magnifiquement leur image. (...) Démontrer qu'on fait partie du jeu international : telle est une des missions conférées aux biennales. L'art contemporain est devenu, comme l'anglais, une langue universelle." (08.06.2007)

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Gazeta Wyborcza - Pologne

L'art contemporain d'Europe de l'Est a désormais son musée

"A travers l'Europe, de grands musées ont commencé à rassembler l'art d'Europe de l'Est. Nous devrons bientôt nous rendre à Paris ou à Londres pour admirer de l'art roumain par exemple. Seules ces métropoles savent apprécier la valeur des oeuvres d'art d'Europe de l'Est. Nous voulons tenter de changer cette situation", déclare Joanna Mytkowska, directrice du nouveau Musée d'art moderne de Varsovie dans un entretien réalisé par Dorota Jarecka. Elle veut placer cet art contemporain au coeur du musée. "En se concentrant sur l'art d'Europe de l'Est, le musée de Varsovie garantit son caractère unique et son attractivité. Jusqu'à présent, seules des institutions non gouvernementales ont pris au sérieux la création artistique de la région ; elle a été soutenue par des artistes, des conservateurs et des critiques. (...) Les grands artistes d'Europe de l'Est attendent encore qu'on les découvre." (08.06.2007)

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COULEURS LOCALES

La Repubblica - Italie

Du pétrole dans la vallée du Noto ?

L'écrivain sicilien Andrea Camilleri lance un appel à la mobilisation pour sauver le 'Val di Noto', au sud-est de la Sicile, une région où se trouvent huit villes connues pour leur architecture baroque. La société américaine Panther Eureka a reçu l'autorisation de chercher des hydrocarbures dans le sous-sol du Val. "Comment réagiraient les Milanais si on leur disait qu'il y avait un projet avancé de recherche pétrolifère juste devant le Dôme ? Et les Vénitiens, s'ils venaient à apprendre qu'on allait creuser sous la place Saint-Marc ? Et les Florentins, supporteraient-ils des foreuses dans l'église Santa Croce ? Et les habitants de Rome, de Vérone, du Lac de Garde ? Ne se sentiraient-ils pas offensés au plus profond de leur être ? C'est ce qui arrive en Sicile dans une zone pourtant inscrite au patrimoine mondial de l'Unesco, le Val Di Noto. (…). Cela signifie détruire, d'un seul coup et totalement, paysage et histoire, culture et identité, beauté et harmonie. Le meilleur de nous-mêmes, en somme". (07.06.2007)

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