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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 20.06.2007

 

À LA UNE

Que reste-t-il du projet de Constitution européenne ?

Que reste-t-il du projet de Constitution européenne ?

 

Si les dirigeants de l'UE se mettent d'accord sur un mini-traité constitutionnel lors du sommet qui débutera le 21 juin, il sera totalement différent du projet initial de Constitution. Est-ce la bonne voie à suivre ? A la veille du sommet européen, des désaccords persistent sur le devenir de l'Europe. » suite

Extraits des publications suivantes:
La Voix du Luxembourg - Luxembourg, De Standaard - Belgique, Aftonbladet - Suède, Népszabadság - Hongrie, Hospodářské noviny - République tchèque, Cotidianul - Roumanie

La Voix du Luxembourg - Luxembourg

Laurent Moyse relève que "les points qui font obstacle à un nouveau compromis, pourtant fortement dilué par rapport à la première proposition, n'ont pas grand-chose à voir avec les motifs de refus qu'ont avancé les partisans du 'non' [à la Constitution]. (...) On est en passe d'assister à une dilution complète de l'Europe communautaire. Jetant par dessus bord principes et valeurs qui furent âprement discutés pendant des mois, les opposants au traité sont parvenus à torpiller un projet qui était loin d'être la panacée mais qui avait le mérite de jeter les bases d'un meilleur fonctionnement. Ils ont trouvé des alliés inattendus, dont les intérêts sont parfois à l'opposé d'une Europe unie et solidaire. Quant à l'argument entendu voilà deux ans selon lequel une crise en Europe ne pouvait être que salutaire, la réalité démontre le contraire. L'esprit destructeur n'a jamais été de bon conseil." (20.06.2007)

De Standaard - Belgique

Le quotidien flamand estime qu'on ne peut pas faire de l'UE "les Etats-Unis d'Europe. On ne peut pas comparer de vieilles nations comme la France ou la Pologne avec le Kansas ou l'Ohio. Ceci n'est pas le discours d'un eurosceptique. L'ex-ministre française socialiste Elisabeth Guigou, qui fait partie du camp pro-européen, a tenu ces propos à Bruxelles lors d'un colloque organisé par les Amis de l'Europe. (...) Les discussions à couteaux tirés sur la Constitution européenne démontrent une fois pour toute combien il est illusoire de parler des Etats-Unis d'Europe. (...) Faire comme si l'Union allait grandir jusqu'à devenir un super-Etat, comme les Etats-Unis, avec un président, un gouvernement, un Congrès, une armée, une politique étrangère, sans oublier une seule langue... c'est faire preuve d'aveuglement et non pas de volontarisme." (20.06.2007)

Aftonbladet - Suède

A l'occasion du sommet européen, le journal appelle le chef du gouvernement suédois Fredrik Reinfeldt à ne pas perdre de vue que l'opinion publique suédoise tient particulièrement à ce que la Constitution européenne comporte une composante sociale. "La Charte européenne des droits fondamentaux [rédigée en 2000] est en danger. C'est elle qui définit les droits syndicaux essentiels comme le droit de grève et les conventions collectives. L'objectif est de rendre cette charte juridiquement contraignante et de créer un contrepoids aux forces du marché. (...) En ce qui concerne les questions sociales et la charte des droits fondamentaux, la résistance vient surtout du Royaume-Uni. Le gouvernement suédois cache son jeu et suit l'Allemagne. Toutefois, si Fredrik Reinfeldt cède sur des questions importantes pour les travailleurs et l'Europe sociale, ce sera la guerre quand il rentrera au pays." (20.06.2007)

Népszabadság - Hongrie

László Szöcs se demande quelles seraient les conséquences d'un échec du sommet européen. "Si le sommet échoue, les institutions européennes devront poursuivre leur travail avec la règle de droit en vigueur aujourd'hui. Ce serait une véritable gifle politique pour les 27 Etats membres car les réformes institutionnelles seraient encore renvoyées aux calendes grecques. La politique étrangère commune restera rudimentaire, les décisions de politique intérieure et de sécurité seront compliquées par le droit de veto et le bien-fondé de l'élargissement européen pourrait être remis en question. Selon le Traité de Nice, aucun nouveau pays ne peut entrer dans l'UE, ce qui va bloquer l'intégration des pays de l'Ouest de Balkans." (20.06.2007)

Hospodářské noviny - République tchèque

David Klimes analyse la position des principaux critiques de l'UE. "Les Pays-Bas sont les grands gagnants au hit parade imaginaire des eurosceptiques. Les élites politiques qui soutenaient le premier projet de constitution se sont humblement rangés à l'opinion exprimée par les citoyens au référendum." Le journaliste donne son avis sur l'exigence de la Pologne de réformer le système de vote de l'UE. "C'est un guet-apens tendu aux grands pays, notamment l'Allemagne. Les frères Kaczynski veulent avoir plus de poids - prétendument au titre d'un renforcement de la démocratie dans l'UE. Ce sont toutefois les Tchèques qui occupent la position la plus tragique. Ce qui est secondaire pour les autres Etats - comme l'attribution d'un statut constitutionnel au drapeau européen ou à l'hymne de Beethoven - représente pour les Tchèques un événement politique par excellence." (20.06.2007)

Cotidianul - Roumanie

Sever Voinescu déplore que les Roumains ne prennent pas part au débat actuel sur le traité européen. "La Roumanie est représentée dans les commissions à Bruxelles, elle peut faire des remarques, voter. Mais nous ne sommes que des insulaires dans un coin reculé d'Europe. Nous sommes incapables d'être membres de l'UE - nous sommes à des années-lumière des grands thème européens. La Roumanie est totalement absente du débat sur la Constitution européenne. (...) L'UE n'évoque qu'une seule chose aux politiciens roumains : tirer profit des fonds. Pour nous, il n'est pas question de responsabilités." (19.06.2007)

RÉFLEXIONS

Le Temps - Suisse

Yves Meny et la tentation impériale de l'Europe

Yves Meny, président de l'Institut universitaire européen de Florence (IUE), note que face aux opinions radicalement différentes autour de l'avenir de l'Europe, "un nouveau vocable est en train de naître pour dépasser ces contradictions. Ulrich Beck et Edgar Grande parlent de 'Das Kosmopolitische Europa', que la traduction française traduit (trahit?) comme un plaidoyer 'pour un empire européen'. C'est aussi le titre provocateur d'une récente analyse de Jan Zielonka : 'Europe as Empire'. Le concept d'empire a la séduction du diable puisqu'il semble réconcilier toutes les contradictions : la centralisation et la décentralisation, l'unité et la diversité, la force et la souplesse. Il n'y a qu'un défaut : l'histoire nous apprend que les empires plus que toute autre construction politique sont fragiles. Mieux, ou pire: ils sont mortels." (19.06.2007)

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Télérama - France

Amartya Sen réfute la théorie du choc des civilisations

Dans un entretien mené par Weronika Zarachowicz, l'économiste indien Amartya Sen, prix Nobel d'économie en 1998, qualifie de "thèse mal pensée, voire stupide" la théorie du choc des civilisations développée par Samuel Huntington. "C'est tellement simple pour les fondamentalistes islamistes d'en appeler à la religion et à Dieu, et pour les gouvernements occidentaux à la défense de notre 'civilisation' en danger ! Par ailleurs, c'est le grand mystère des périodes d'hystérie collective telles que nous en vivons depuis le 11 Septembre : elles ont leur propre élan et imposent leur logique. Rappelons-nous la Première Guerre mondiale et l'obsession nationaliste des Allemands, des Français et des Britanniques. L'hystérie était alors si forte qu'il suffisait d'un rien pour l'alimenter. C'est le cas aujourd'hui avec la 'guerre des civilisations': elle s'est insinuée dans l'inconscient collectif, de la même manière que le nationalisme en 1914 ou la notion de 'race', dans le sud des Etats-Unis, dans la seconde moitié du XIXe siècle." (20.06.2007)

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POLITIQUE

The Irish Times - Irlande

L'Irlande du Nord et l'Ecosse font cause commune

"La visite lundi [18 juin] à Belfast du Premier ministre écossais, Alex Salmond, la première à l'étranger du chef du Parti national écossais (SNP) depuis qu'il a pris la tête du gouvernement, marque une étape symbolique dans l'établissement d'un dialogue fructueux qui pourrait à la fois renforcer les positions de M. Salmond et du Dr Paisley [chef du nouveau gouvernement autonome d'Irlande du Nord]", explique le quotidien irlandais. "Il est insensé de la part des unionistes d'Ulster de qualifier cette rencontre de 'piège nationaliste'. Les deux hommes ont signé une déclaration commune dans laquelle ils se sont engagés à promouvoir le tourisme, l'éducation supérieure, les transports et à poursuivre la baisse des impôts sur les sociétés. Et ils ont convenu d'impliquer le gouvernement gallois une fois que le cadre de cette association sera clairement défini. Mr Salmond est à la recherche de protocoles permettant aux Parlements semi-autonomes de développer des approches communes dans leurs relations avec Westminster." (20.06.2007)

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El País - Espagne

L'UE et l'Espagne en phase pour dialoguer avec Cuba

L'UE a décidé d'inviter une délégation cubaine à Bruxelles malgré le gel des relations diplomatiques qui dure désormais depuis quatre ans. Le quotidien estime que "le gouvernement espagnol voit ainsi sa politique d'ouverture à l'égard du régime castriste partiellement validée. (...) Cuba est une dictature communiste, une des dernières. Mais son évolution et son éventuelle transition politique n'aura rien à voir avec celle de la Tchécoslovaquie, de la Pologne ou de la Roumanie. Car la plupart des opposants ont abandonné l'île et parce qu'il existe à quelques kilomètres de là une grande puissance, les Etats-Unis. Comme José María Aznar [ex chef du gouvernement espagnol] avait aligné la politique cubaine de l'UE sur celle de Washington, des efforts ont été fait ces dernières années pour tenter de modifier son caractère inconditionnel. Les objectifs sont désormais les mêmes : réussir à ce que l'UE et l'Espagne se trouvent en bonne position pour aider au succès d'une transition pacifique vers la démocratie." (19.06.2007)

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CULTURE

Le Soir - Belgique

Un opéra européen rend hommage à une civilisation perdue

"Aussi impensable soit-il - c'est plus fréquent en Amazonie ou en Papouasie... -, plusieurs centaines de personnes ont vécu en autarcie complète et forcée pendant plusieurs millénaires, en Europe, et ce, jusqu'en 1830. En Europe ? Oui ! Mais loin, très loin. Entre le nord de l'Ecosse et l'Islande. A Saint Kilda, une île à 64 kilomètres des côtes les plus proches", relate Philippe Manche. "C'est la vie de ces hommes qui sert de trame à 'Kilda, l'île des hommes oiseaux', opéra ou spectacle musical présenté ces vendredi 22 et samedi 23 juin dans six villes : Mons (Belgique), Valenciennes (France), Düsseldorf (Allemagne), Hallstatt (Autriche), Glasgow et Stornoway. (...) Les spectateurs de Mons verront ce qui se passe à Düsseldorf, ceux de Stornoway apprécieront les images de Valenciennes, et ainsi de suite. C'est sans doute un des premiers spectacles où l'ubiquité n'est ni fantasme, ni virtuelle." (20.06.2007)

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The Independent - Royaume-Uni

La controverse autour de 'Sir' Salman Rushdie

L'écrivain d'origine indienne Salman Rushdie, qui a dû se cacher en 1989 en raison d'une fatwa iranienne le condamnant à mort, a été fait chevalier par la Reine d'Angleterre. Le quotidien s'intéresse aux objections qui ont été formulées contre cet anoblissement. En ce qui concerne le prétendu manque de gratitude de Rushdie vis-à-vis du Royaume-Uni qui l'a protégé, le journal estime que "si les traitres doivent être exclus, l'octroi d'honneur ne doit pas être subordonné à un degré d'expression du patriotisme". S'interrogeant sur les inquiétudes à propos "des retombées diplomatiques", après les protestations au Pakistan et en Iran, il admet qu'"il est vrai que la décision de faire Salman Rushdie chevalier peut avoir été imprudente. (...) Prudente ou pas, cependant, aucun gouvernement ne peut permettre qu'une hostilité prévisible dicte ses actions - sur quelque chose d'aussi interne et local que les honneurs ou d'aussi général que la politique étrangère. En tant que figure culturelle, Salman Rushdie, peut mériter ou non son titre, mais nous devons défendre le droit du gouvernement de l'honorer, et celui de Rushdie d'accepter ces honneurs." (20.06.2007)

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Dilema Veche - Roumanie

California Dreamin, un western à la sauce roumaine

Outre la Palme d'or décernée cette année à Cannes au film '4 mois, 3 semaines et 2 jours', un autre long-métrage roumain a été récompensé en France dans la catégorie 'Un Certain Regard' : 'California Dreamin', du jeune réalisateur Cristian Nemescu, disparu récemment dans un accident de voiture. Le film raconte l'histoire d'un train de l'OTAN en route vers le Kosovo qui se retrouve coincé dans un petit village roumain. C'est le point de départ d'une formidable comédie, écrit le critique de cinéma Andrei Gorzo. "Contrairement aux autres films, 'California Dreamin' ne montre pas d'images parcimonieuses. Il ne partage pas non plus la conviction selon laquelle le cinéma doit explorer la réalité - le point de vue habituel du spectateur conditionné par Hollywood, qui pense que le spectacle naît de la réalité. On peut ressentir dans le film la personnalité du réalisateur, sa jeunesse, son goût pour les jeux visuels à la Spielberg. Cristian Nemescu a fait beaucoup d'expériences dans ce film : une once de surréalisme commercial avec des paysans roumains comme protagonistes, un film qui est à la fois une parodie de western et une comédie érotique." (20.06.2007)

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COULEURS LOCALES

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Vienne, point de passage entre l'Est et l'Ouest de l'Europe

"Près de 90 ans après la chute de l'empire habsbourgeois, son ancienne capitale Vienne se débarrasse seulement aujourd'hui de l'un de ses héritages les plus monumentaux", rapporte Michael Frank. En effet, Vienne abandonne son terminus ferroviaire au profit d'une gare centrale. "La capitale va devenir une gare de passage. (...) Vienne, l'ancienne métropole incontestée d'Europe centrale, était l'alpha et oméga, le point de départ de tous les échanges commerciaux et également leur terminus. La ville impériale accueillait le monde et envoyait ses émissaires dans le monde entier. Une ville de passage ? Impensable. C'est pourquoi tous les trains avaient leur terminus à Vienne ou en partaient pour rejoindre des villes comme Trieste, Cracovie, Bucarest, Lemberg, Košice et Debrecen. (...) La construction de la nouvelle gare centrale de Vienne - qui devrait être mise en service en 2013 - est le dernier changement tangible mis sur les rails. L'empire austro-hongrois a perdu sa dernière prérogative, être le début et la fin de tous les voyages en Europe centrale." (20.06.2007)

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CHOUX DE BRUXELLES

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Plaidoyer pour le système de vote de la racine carrée dans l'UE

Le mathématicien allemand Friedrich Pukelsheim explique pourquoi le système à la racine carrée proposé par les Polonais, pour voter au sein du Conseil des ministres de l'UE est le meilleur. Le dénommé 'compromis jagellonien' est le système le plus transparent, parce que le nombre de voix des pays membres "ne sera pas joué sur un coup de poker pendant des nuits entières au cours de négociations marathon", mais sera déterminé "très simplement" à partir de la racine carrée du nombre d'habitants. "Le compromis jagellonien établit un parallèle entre voix et pouvoir. C'est pourquoi il suffit de partager la pondération des voix, qui, selon cette structure, coïncide avec la racine carrée de la population. Par conséquent, le résultat est toujours le même : un. Le compromis jagellonien garantit à tous les citoyens de l'Union la même influence sur les décisions du Conseil de l'UE. C'est tout ce qu'on demande à un système de vote." (20.06.2007)

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