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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 06.08.2007

 

À LA UNE

Le nouveau Parlement turc prête serment

Le nouveau Parlement turc prête serment

 

Le nouveau Parlement a tenu le 4 août sa séance inaugurale. L'AKP, le parti du Premier ministre sortant Recep Tayyip Erdogan, y jouit d'une très large majorité. Et dans le bras de fer qui l'oppose à l'armée, le rapport de force semble désormais être en faveur de ce parti. Il devrait prochainement présenter au poste de président de la Turquie un candidat controversé, Abdullah Gül. » suite

Extraits des publications suivantes:
Le Monde - France, The Economist - Royaume-Uni, Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

Le Monde - France

Pour la journaliste Sophie Shihab, l'état-major turc n'a "plus d'autre choix que de s'incliner" : "Les rapports de force ont bougé au détriment des généraux, dont aucun des procédés utilisés durant la crise ne semble recyclable. Le mémorandum menaçant publié par l'armée sur son site Internet [le 27 avril, elle a menacé d'intervenir si la laïcité était en danger] avait certes impressionné la Cour constitutionnelle, mais celle-ci a montré, depuis, qu'elle devrait résister à toute nouvelle instrumentalisation. Les meetings de masse pro-laïcité (…) auxquels l'état-major a ensuite appelé, au risque d'enflammer l'antagonisme turco-kurde, ont été un échec patent. Surtout, l'armée turque, qui entend tirer sa légitimité de son prestige - constamment scruté par les sondages qu'elle commandite -, ne peut pas bloquer un candidat quasi plébiscité." Elle n'a plus les moyens d'empêcher l'élection à la présidence d'Abdullah Gül, le ministre des Affaires étrangères. (04.08.2007)

The Economist - Royaume-Uni

L'hebdomadaire se souvient qu'en avril 2007, "Gül a retiré sa candidature [à la présidence] et Erdogan appelé à de nouvelles élections, après que la Cour constitutionnelle a soutenu une plainte de l'opposition selon laquelle le premier tour de la présidentielle n'était pas valide, faute d'un quorum suffisant au Parlement. Le Parlement (...) doit choisir un nouveau président avant la mi-septembre, sinon de nouvelles élections auront lieu. Gül est de nouveau candidat à la fonction suprême, soutenu par le reste de l'AKP. Erdogan est en mauvaise posture. S'il soutient Gül, il remet son gouvernement en situation de confrontation avec l'armée : le général Yasar Buyukanit, le chef de l'Etat-major, a déclaré que l'armée campait sur ses positions (et donc sur son opposition à Gül) 'avec conviction'. Mais si Erdogan cède aux demandes de l'armée, il risque de diviser son propre parti. 'Erdogan peut soit bloquer la candidature de Gül et perdre quelques députés, soit la soutenir et perdre complètement le pouvoir', explique un expert. A moins que Gül ne fasse marche arrière." (02.08.2007)

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

Wolfgang Günter Lerch revient sur l'évolution connue par la Turquie, depuis la proclamation de la République en 1923. Une nouvelle étape a débuté avec la fondation de l'AKP en 2001. Elle pourrait maintenant se transformer en une ère Erdogan. "Recep Tayyip Erdogan incarne aujourd'hui ce qu'incarnait l'ancien président Turgut Özal à son époque [de 1989 à 1993] : une élite influencée par la religion, mais qui se modernise. On s'est habitué à désigner cette élite sous le nom de "Turcs noirs", par opposition à celle marquée par le kémalisme, les "Turcs blancs". La situation n'est pas claire, et la polarisation est encore importante. Si le succès de l'AKP se confirme, si Erdogan manoeuvre intelligemment dans les années à venir, sans provoquer ni brusquer le camp adverse, il pourrait parvenir à réduire progressivement le fossé, à imposer une véritable laïcité en lieu et place d'une laïcité souvent artificielle car imposée d'en haut, et à faire en sorte que la Turquie se réconcilie enfin avec elle-même." (06.08.2007)

RÉFLEXIONS

taz - Allemagne

Benedict Anderson et le nationalisme de diaspora

L'universitaire américain Benedict Anderson, interviewé par la journaliste Isolde Charim, évoque la diaspora en tant que phénomène mondial. Selon le chercheur, elle a engendré une nouvelle forme de nationalisme. "Il existe aujourd'hui un nationalisme de longue distance chez les expatriés qui, en tant que minorité, ne se sentent pas totalement acceptés dans leur pays d'adoption. Ils essaient souvent de compenser en se montrant fiers de leur pays d'origine. La communication de masse leur facilite grandement la tâche. Ils peuvent écouter les radios de leur pays, regarder des DVD, téléphoner, prendre des vols low cost pour s'y rendre, etc. (...) Ces personnes souhaitent souvent participer à la vie politique de leur patrie d'origine, mais ils ne sont pas tenus de respecter ses lois ou de payer des impôts. Ils sont pour ainsi dire des acteurs autonomes. Ceux qui pratiquent cette politique à longue distance n'ont pas non plus à en répondre des conséquences." (06.08.2007)

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L'Express - France

Jacques Attali et la quête de la performance

L'essayiste français Jacques Attali décrypte l'opprobre dont les sportifs dopés sont l'objet. "Depuis qu'Homo sapiens sapiens a supplanté tous ses rivaux (les autres hominidés), son aspect physique n'évolue plus (…) Il rechigne à autoriser les recherches qui pourraient conduire à l'amélioration des performances de ses bras ou de ses jambes et, plus encore, à la fabrication d'hommes-prothèses ou d'hommes-lanceurs d'engins. En revanche, il encourage sans réserve toute recherche visant à améliorer ses qualités intellectuelles ou artistiques. (…) L'homme cherche ainsi à se maintenir dans sa réalité physique passée, tout en admettant que son avenir est de devenir un artefact intellectuel. Comme s'il pensait que sa réalité était dans sa seule naturalité. Comme si l'effort était le dernier sanctuaire de l'humanité primitive. Comme si le sport était le dernier garde-fou, l'ultime archivage de la pureté humaine, bientôt emportée par le fascinant tsunami de nos propres démesures." (01.08.2007)

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POLITIQUE

Dala-Demokraten - Suède

La course à l'Arctique est lancée

La Russie revendique la propriété du sous-sol arctique, riche en matières premières. Le 2 août, une expédition scientifique a planté un drapeau russe à la verticale du pôle Nord, à plus de quatre kilomètres sous la mer. Le journal ne voit guère l'intérêt d'exploiter l'Arctique : "Il vaudrait mieux consacrer les investissements nécessaires à ce projet industriel titanesque - les défis technologiques sont énormes - au développement des énergies renouvelables (...) Dans le débat actuel sur le réchauffement climatique, la fonte des glaciers est devenue le symbole des colossales forces destructrices libérées par le capitalisme industriel (...) Si la course énergétique gagne maintenant l'Arctique - il ne se passera pas longtemps avant que les Américains plantent également leur drapeau au fond de l'océan - c'est qu'on a atteint le summum de la folie : les chasseurs de profits élisent maintenant domicile sous la glace en train de fondre." (04.08.2007)

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Literární noviny - République tchèque

Les jeunes Tchèques critiquent les Américains

Le politologue tchèque Jirí Pehe regrette que les jeunes Tchèques qui montrent de l'esprit critique soient aussi rapidement taxés d'antiaméricanisme. "La domination des Etats-Unis conduit beaucoup de jeunes gens à établir instinctivement un lien entre les aspects négatifs de l'évolution actuelle de notre société et les défaillances de la politique américaine. Les plus jeunes n'ont connu ni le communisme ni le monde bipolaire, mais ils sont à la recherche d'un nouvel ordre mondial, dans lequel les Etats-Unis joueraient un rôle plus constructif qu'aujourd'hui. Il est inopportun de qualifier cela d'antiaméricanisme (...) De nombreux jeunes gens doutent que le projet [américain d'établir un bouclier antimissile dans le pays] contribue à améliorer l'ordre mondial, parce qu'ils n'ont pas grandi à l'époque de la guerre froide. Cela n'a rien à voir avec une opposition irrationnelle aux Etats-Unis." (06.08.2007)

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Hufvudstadsbladet - Finlande

La Hongrie débat du passé de Gyula Horn

Le président hongrois Laszlo Solyom s'oppose à ce que l'ancien ministre des Affaires étrangères, Gyula Horn, reçoive la plus haute distinction du pays. Il a ainsi rouvert le débat sur le rôle joué par l'ex-ministre dans la chute du rideau de fer en 1989, et surtout lors du soulèvement de 1956. A l'époque, il avait pris part à la répression de ceux qui s'opposaient à la domination soviétique. Bjarne Nitovuori commente cette polémique. "C'est Gyula Horn qui, en tant que ministre des Affaires étrangères, avec son homologue autrichien Alois Mock, a coupé le fil de fer barbelé qui séparait les deux pays, le 27 juin 1989. Selon le mythe en vigueur à l'Ouest, c'est ce qui a permis la fuite de milliers d'Allemands de l'Est et a conduit à la chute du mur de Berlin en novembre. Il ne faut pas oublier que la transition d'un régime à parti unique vers la démocratie ne se serait pas déroulée aussi calmement sans l'intervention des communistes réformistes tels que Horn. La Hongrie et la Pologne sont les exemples d'une révolution réalisée par le biais de négociations." (06.08.2007)

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ÉCONOMIE

El País - Espagne

La politique environnementale de l'UE est menacée

La Lettonie est le sixième Etat-membre de l'UE à intenter un recours en justice contre la Commission européenne, pour contester le système européen d'échange de quotas d'émissions de gaz à effet de serre (ETS, pour Emissions trading scheme). Elle rejoint ainsi la Pologne, la Hongrie, la République Tchèque, la Slovaquie et l'Estonie. "Ces pays jugent discriminatoire le fait de leur imposer des limitations que les nations occidentales n'ont pas eu à respecter lors de leur développement industriel", explique le quotidien. "L'UE, comme il en a été décidé lors du dernier sommet du G8 en Allemagne, souhaite mener la lutte contre le changement climatique. Elle veut convaincre les grands pollueurs que sont les Etats-Unis (...) ou la Chine d'adopter des accords contraignants pour freiner le réchauffement. Mais son autorité risque de pâtir du fait que certains de ses membres utilisent des arguments similaires à ceux avancés par d'autres pays émergents de la planète pour refuser les accords de réduction de gaz polluants." (06.08.2007)

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Diário de Notícias - Portugal

Les immigrants entrepreneurs bienvenus au Portugal

Le quotidien commente l'entrée en vigueur au Portugal d'une nouvelle loi sur l'immigration selon laquelle les immigrants entrepreneurs recevront automatiquement une carte de séjour. "Ce que la loi entend par 'immigrants entrepreneurs' est trompeur. (…) L'immigrant chinois qui ouvre une boutique ne pourra pas demander sa régularisation. L'idée de la loi est d'attirer les grandes entreprises qui désirent investir au Portugal et qui disposent déjà des fonds ou ont obtenus un crédit bancaire pour cela. (...) Elle laisse de côté tous ceux qui se déclarent 'entrepreneurs de travaux publics', l'appellation à laquelle la plus grande partie des immigrants ont recours quand ils arrivent au Portugal. Au-delà de cela, il est intéressant de constater que cette loi nous rapproche des pays qui ont su profiter de l'énergie des étrangers pour se développer. C'est cette énergie qui a construit les Etats-Unis, le Brésil, la Grande-Bretagne ou la France." (03.08.2007)

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CULTURE

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Une exposition sur l'homosexualité et l'art annulée à Milan

Gabriele Detterer raconte le scandale provoqué, à Milan, par l'exposition 'Arte e Omosessualita'. Quelques heures après son ouverture, celle-ci à dû fermer ses portes au public. "Près de 150 oeuvres devaient être exposées à partir du 10 juin et jusqu'au mois de novembre au Palazzo della Ragione [de Milan]. Elles étaient censées montrer de quelle manière les beaux-arts abordent l'amour entre deux personnes du même sexe." L'exposition, organisée par les responsables du secteur culturel de la ville, a été "annulée et repoussée, après que la mairesse conservatrice Letizia Moratti a mis son veto à trois oeuvres. 'Miss Kitty' est le titre de l'oeuvre qui a créé le scandale. Cette sculpture représente un transsexuel à moitié nu sous les traits du Pape Benoît XVI. Pour la mairesse, l'artiste Paolo Schmidlin est allé trop loin et a dépassé les limites de ce qui est éthiquement représentable. Que le scandale ait éclaté juste avant l'ouverture de l'exposition et l'ait transformée en 'Mostra delle Vergogne' (exposition de la honte) montre bien qu'en l'absence de consensus politique, la politique culturelle de Milan dérape complètement." (03.08.2007)

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La Stampa - Italie

Goran Bregovic et la soif de liberté des gitans

Le compositeur Goran Bregovic, qui vient de donner plusieurs concerts en Italie avec son orchestre Des Mariages et des Enterrements, revient dans une interview réalisée par Ketty Aredia sur l'une de ses oeuvres, 'Karmen avec une fin heureuse'. "On a la tendance à considérer les gitans comme la poubelle de l'humanité. J'ai tenté de sauver l'âme tzigane et son goût pour la liberté en lui donnant une fin heureuse. (...) Ma Karmen, à la différence de celle de Bizet, se termine avec un grand mariage, car la vie est une valise trop lourde pour la porter tout seul. (...) Je veux que mon œuvre soit vraiment populaire et ouverte. Et j'envisage dans cette optique de mettre mes partitions sur mon site web, de façon à ce que tous les orchestres qui le souhaitent puissent les utiliser." (04.08.2007)

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COULEURS LOCALES

The Times - Royaume-Uni

Une université polonaise made in London

L'Université polonaise de Lodz ouvre une antenne à Londres. Elle proposera des formations en polonais aux Polonais qui se sont installés au Royaume-Uni depuis que leur pays a intégré l'UE. Le quotidien salue cette initiative. "L'arrivée des Polonais a eu ici un impact multiple et varié. On a pu observer une fréquentation en nette hausse des offices religieux [de l'Eglise catholique romaine], une concurrence bienvenue dans le secteur du bâtiment et une explosion du nombre de bars, de traiteurs et de boîtes de nuit qui répondent aux goûts particuliers, mais séduisants, de ceux venus de Gdansk ou de Varsovie. Les journaux en langue polonaise se sont multipliés, permettant aux lettres k et z de connaître une renaissance stimulatrice. (...) Le Portugal est peut-être le plus vieil allié de l'Angleterre, mais la Pologne s'impose également comme un partenaire naturel. L'Université de Lodz va sans nul doute dynamiser l'activité dans la capitale. Il est en revanche moins sûr qu'elle soit prise d'assaut par des étudiants nés au Royaume-Uni, suffisamment sûrs d'eux pour s'embarquer dans un cursus en polonais." (06.08.2007)

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Diario de Sevilla - Espagne

Des nationalistes catalans démontent un symbole de l'Espagne

Des nationalistes catalans ont démonté un panneau publicitaire représentant un taureau noir afin d'"humilier" et de détruire ce symbole bien connu de l'Espagne. Dans un communiqué de presse, une organisation disant s'appeler 'Le Drapeau noir' s'est élevée contre cette "saleté à cornes espagnole" qui souille selon elle la montagne "sacrée" de Montserrat, en Catalogne. "Les fanatiques finissent toujours par trouver leur Bouddha à dynamiter", déplore Carlos Colón. "Les fanatiques islamistes avaient fait exploser les bouddhas de Bamiyan [en Afghanistan en 2001] - patrimoine de l'Humanité - pour 'empêcher l'adoration de fausses idoles'. (...) Le fanatisme nationaliste est un substitut moderne du fanatisme religieux. Il agit en sacralisant l'union entre le territoire, la race et la culture. (...) L'Espagne, malheureusement pour nous, est le dernier endroit en Europe occidentale qui connaît cette forme de fanatisme." (06.08.2007)

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CHOUX DE BRUXELLES

Dnevnik - Slovénie

Le multilinguisme apparent de l'UE

A l'occasion d'un congrès sur l'espéranto organisé en Slovénie, l'écrivain Vinko Oslak réfléchit au multilinguisme dans l'UE. "Il existe aujourd'hui plus de 6 000 langues dans le monde. L'UE possède 23 langues officielles, soit plus de 300 combinaisons possibles quand il faut traduire. La traduction représente 30 % de l'ensemble des coûts administratifs de l'UE. Concrètement, cela représente un peu moins d'un milliard d'euros. Ce milliard ne garantit que sur le papier l'égalité entre toutes les langues. Dans la réalité, la situation est à peu près similaire à celle qui régnait dans l'empire habsbourgeois, où l'allemand était la langue dominante. Dans l'UE, c'est l'anglais." (03.08.2007)

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