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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 16.08.2007

 

À LA UNE

Gül postule de nouveau à la présidence turque

Gül postule de nouveau à la présidence turque

 

Le ministre turc des Affaires étrangères Abdullah Gül se présente pour la deuxième fois à la présidence de la République. En avril, sa première candidature avait été un échec du fait de la résistance de l'opposition. Des élections anticipées ont été organisées entre-temps, desquelles Abdullah Gül et le parti au gouvernement AKP sont sortis renforcés. Mais quelle va être la réaction de l'armée, à voir ce homme occuper la présidence du pays ? » suite

Extraits des publications suivantes:
La Vanguardia - Espagne, Der Standard - Autriche, Süddeutsche Zeitung - Allemagne, Financial Times - Royaume-Uni

La Vanguardia - Espagne

Le quotidien s'interroge sur le scénario à venir. "La situation a changé car le parti islamiste AKP a augmenté son avantage sur l'opposition lors des législatives [organisées en juillet]. De plus, la candidature de Gül a le soutien de deux groupes parlementaires minoritaires, ce qui lui permet d'avoir le quorum nécessaire pour espérer gagner lors de l'élection présidentielle prévue à la fin du mois d'août [elle aura lieu au Parlement]. Gül a certes promis de défendre la laïcité de l'Etat et de renforcer les valeurs républicaines. Mais cet homme (...) suscite le rejet chez les laïcs, en particulier dans les rangs de l'armée. L'opposition, incarnée par le Parti populaire républicain (CHP), a annoncé qu'elle boycotterait à nouveau l'élection et une partie de l'opinion publique redoute que l'armée ne décide d'intervenir, comme elle l'avait fait en 1997 pour faire tomber un gouvernement islamiste. Ce qui, sans nul doute, aurait de graves conséquences pour le futur européen de ce pays." (16.08.2007)

Der Standard - Autriche

"Cette candidature est un message envoyé aux militaires : nous ne plierons pas, même si vous nous menacez d'un putsch. Les militaires se voient donc contraints de répondre à une question fondamentale : l'armée acceptera-t-elle que le Parlement lui impose un nouveau chef – le président est le commandant en chef des armées – contre sa volonté ? Le Parlement a-t-il donc plus de poids ? Le fait que l'élection d'Abdullah Gül renforce non seulement l'AKP mais également la démocratie n'est peut-être pas le facteur le plus important pour le parti au pouvoir. Mais pour la Turquie, un recul durable de l'armée pourrait marquer le début d'une nouvelle ère, où les menaces et les putsch ne seraient plus à craindre." (16.08.2007)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

"La Turquie et l'AKP auraient fait meilleure figure en présentant un candidat plus acceptable - même si nombre de leurs partisans fustigeraient une telle mesure comme une 'soumission aux militaires' et délaisseraient le parti du [Premier ministre] Recep Tayyip Erdogan", écrit Peter Lindner dans l'édition en ligne du journal. "Un compromis serait le signal d'une réconciliation - et une première étape vers le comblement du fossé qui divise le pays. En ce qui concerne la résolution des problèmes avec le parti séparatiste kurde PKK - les forces armées plaident ici pour une intervention militaire massive - il est tout sauf utile que le chef de l'Etat et l'armée s'opposent. L'UE a également du souci à se faire : avec la nomination d'Abdullah Gül, il va être très difficile de restreindre l'influence politique de l'armée. Les militaires jouent un rôle particulier et ne comptent pas y renoncer - et certainement encore moins sous la présidence d'Abdullah Gül." (14.08.2007)

Financial Times - Royaume-Uni

Le quotidien qualifie de "néandertalienne"  la tentative de l'armée de bloquer la candidature de Gül. "Ce sont l'armée et l'inévitable élite laïque kémaliste qu'elle représente qui sont bloquées dans le passé, pas le parti néo-islamiste AKP qui a réussi à suivre une politique stable et modernisatrice. (...) En tant que ministres des Affaires étrangères, [Gül] a gagné le respect de la communauté internationale et a su défendre les intérêts de la Turquie au sein de l'UE, ainsi qu'aux Etats-Unis ou dans les pays voisins. Il est à la fois emblématique d'une nouvelle classe moyenne musulmane en pleine confiance et d'une Anatolie centrale dynamique sur le plan économique. Les objections des instances laïques envers lui fleurent la lutte des classes : leurs arguments sur les dangers dune théocratie déguisée sont faux et frôlent l'hystérie. M. Gül doit bien sûr respecter son serment de représenter tous les Turcs. (...) Son travail sera de représenter une Turquie ouverte sur le monde et de poursuivre sans relâche les négociations d'adhésion avec l'UE."   (15.08.2007)

RÉFLEXIONS

Heti Világgazdaság - Hongrie

Miklós Jancsó à propos du cinéma comme moyen d'expression quotidien

Le réalisateur hongrois  Miklós Jancsó s'est forgé une réputation internationale dans les années 1960, avec sa manière particulière de tourner et ses compositions expressionnistes. Depuis le tournant de 1989, il ne tourne plus que des comédies pleines d'amertume. Le présent ne prête qu'à rire, affirme-t-il dans un entretien réalisé par Tamás Vajna. "Je le reconnais : le grand âge fait faire des bourdes. Quand on est enfant, on est persuadé qu'on vivra éternellement et on se prend très au sérieux. Quand on voit la fin de sa vie approcher, on se demande à quoi tout cela rime vraiment." Entre-temps, les films sont devenus partie intégrante de la culture quotidienne, poursuit Miklós Jancsó, et le tournage une technique culturelle élémentaire. "Le langage cinématographique est devenu une forme d'expression quotidienne. La caméra est aujourd'hui ce que le crayon était autrefois. Les prédictions d'Alexandre Astruc, représentant de la Nouvelle vague française, se sont réalisées. Le premier festival de films tournés avec un téléphone portable s'est tenu l'année dernière à Kapolcs [en Hongrie]. La réalisation est aujourd'hui strictement équivalente à l'écriture ou à la lecture." (15.08.2007)

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L'Espresso - Italie

Tahar Ben Jelloun et l'identité multiethnique de l'UE

L'écrivain franco-marocain Tahar Ben Jelloun juge nécessaire que l'UE se dote d'une politique commune en matière d'immigration. "Lorsque l'on s'interroge sur l'avenir des sociétés européennes, toujours plus multiethniques, on se confronte au problème de savoir s'il est acceptable ou non que l'identité européenne soit composée d'apports étrangers. La question qui surgit plus clairement est celle de l'islam car les immigrés portugais, espagnols ou italiens n'ont aucun problème pour s'intégrer en France. (…) Accueillir quelqu'un chez soi ne signifie pas lui permettre de tout bouleverser, de lui laisser conquérir le territoire (…). Il faut par contre s'en tenir aux lois de l'hospitalité, de manière à établir un accord de cohabitation. (…) Il s'agit d'accepter l'idée que le paysage européen sera composé de mélanges de races : il sera enrichi, transformé, plus ouvert vers l'extérieur. L'intégration est une opération que l'on fait à deux. Cela ne signifie pas renoncer à ses origines mais les adapter en fonction de la nouvelle vie qu'on embrasse et selon ce qu'on reçoit." (10.08.2007)

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POLITIQUE

The Irish Times - Irlande

Un policier irlandais peut-il porter le turban ?

"Les autorités de la Garda irlandaise [la police] ont interdit à un Sikh qui servait dans les forces de réserve de porter le turban. Conor Lenihan, le secrétaire d'Etat à l'Intégration, a justifié cette décision de manière abrupte, sans donner suffisamment d'importance à une question révélatrice des choix complexes qui devront être faits si notre société, engagée dans une mutation rapide, se développe de manière normale", constate le quotidien. Le journal précise "ne pas vouloir donner carte blanche à qui voudrait introduire n'importe quel vêtement dans la Garda : la burqa, par exemple, pourrait évidemment avoir un impact sur l'efficacité opérationnelle d'une policière. Cependant, beaucoup de forces de police, voire même de forces armées, autorisent les Sikhs à porter le turban, et ceux-ci n'en sont pas moins efficaces sur le terrain. (...) Une Garda qui s'accommoderait de telles démonstrations de foi montrerait qu'elle respecte la diversité et qu'elle s'engage en faveur d'une intégration qui ne serait pas à sens unique, au lieu de défendre l'approche assimilatrice que notre secrétaire d'Etat semble à première vue privilégier." (16.08.2007)

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La Libre Belgique - Belgique

Yves Leterme, le Premier ministre qui divise la Belgique

Deux mois après avoir remporté les législatives, le démocrate-chrétien flamand Yves Leterme n'a toujours pas réussi à composer son gouvernement. Francophones et Flamands peinent à s'entendre sur un programme commun. Le quotidien publie un sondage qui montre que Leterme est peu aimé des Wallons. Il récolte ce qu'il a semé, estime l'éditorialiste Francis Van de Woestyne : "Que fait-il lui, Yves Leterme, futur Premier ministre belge, pour conquérir, choyer une Communauté à laquelle il devra, demain, être aussi attentif qu'à celle où il vit ? De quelle empathie fait-il preuve ? Quel est réellement son intérêt pour les Wallons et les Bruxellois ? Il ne suffit pas de venir boire quelques bonnes bières d'abbaye pour se dire à l'écoute de quatre millions de personnes. Ce n'est pas son image de rigueur qui pose problème : on ne lui demande pas d'aller frimer sur les bords de la Méditerranée. Mais juste de s'ouvrir, d'ouvrir ses yeux, ses oreilles, son coeur aux gens du Sud et du Centre du pays." (16.08.2007)

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ÉCONOMIE

La Vie - France

A qui profite la crise boursière ?

Pour l'éditorialiste Jean-Pierre Denis, l'actuelle crise boursière "illustre à quel point [la] course à la prospérité nous place tous, riches et pauvres, dans une situation d'étroite dépendance mutuelle. (…) On a tiré de ce constat la leçon la plus surprenante : puisque nous sommes interdépendants, il ne faut rien encadrer ni contrôler. (…) On postule la logique froide et sans bavure des marchés financiers. (…) [Cela] pousse désormais à prendre des risques qui peuvent se révéler toujours plus coûteux. La certitude de voir les institutions centrales prêtes à engloutir des sommes folles pour permettre aux affaires de reprendre incitera encore au crime. Cette leçon aura son prix : à ce jour, plus de 200 milliards d'euros pour les Européens [le montant des liquidités injectées ces derniers jours par la Banque centrale européenne]. Qui ne peut se dire, dans un petit coin de sa tête, qu'une telle somme aurait pu être utilisée pour guérir notre planète de quelques-unes de ses misères ?" (14.08.2007)

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MÉDIAS

Rzeczpospolita - Pologne

Radio Maryja laisse tomber les frères Kaczyński

La radio polonaise d'extrême droite Radio Maryja, basée à Torun, avait largement contribué à la victoire des frères jumeaux Jarosław et Lech Kaczynski aux élections parlementaires et présidentielles, écrit Tomasz P. Terlikowski. Aujourd'hui, cette radio religieuse dirigée par le père Tadeusz Rydzyk, tout comme son journal 'Nasz Dziennik', prennent leurs distances avec les deux conservateurs. "L'alliance entre Jarosław Kaczynski et le père Tadeusz Rydzyk était purement intéressée, car non seulement leurs opinions, mais également leurs procédés étaient profondément contradictoires (...) Quiconque a prêté attention aux positions politiques du parti au gouvernement et de la radio, n'a pas été surpris par les violentes attaques personnelles du père Rydzyk à l'encontre des deux frères et de la politique du PiS lors d'une conférence universitaire, ni par le revirement politique de l'empire médiatique de Torun." (16.08.2007)

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The Times - Royaume-Uni

Un WikiScanner pour traquer les Wikitricheurs

"Un nouvel outil a été lancé cette semaine sur le Web. Le WikiScanner permet aux internautes de savoir qui apporte des modifications au contenu de l'encyclopédie en ligne Wikipédia, dont le succès est phénoménal", explique Oliver Kamm, écrivain et chroniqueur. "Les personnes qui interviennent dans Wikipédia peuvent être identifiées à partir de leur adresse ou de la structure d'où elles opèrent. On a ainsi pu s'apercevoir que certaines entreprises avaient elles-mêmes effacé des passages peu flatteurs les concernant. (...) Le développement de technologie pour détecter ces manipulations pourrait plaider en faveur de l'aptitude du cyberespace à s'auto réguler naturellement. Mais il devrait plutôt servir à démontrer combien l'information peut être aisément manipulée dans une culture qui privilégie des 'contenus générés par l'utilisateur'. (...) Ceux qui critiquent Internet accusent ce média de vouer un culte à l'amateurisme. Wikipédia fait pire que cela : ce site est le royaume du lobby dissimulé." (16.08.2007)

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CULTURE

Dilema Veche - Roumanie

La Roumanie dit adieu à Florian Pittis

Lucian Mindruta rend hommage à l'acteur et chanteur roumain Florian Pittis, disparu le 5 août dernier. Il décrit l'influence que l'acteur a eu sur lui et sa génération. "Je ne peux pas dire que Florian Pittis était un dissident, ni un rebelle. Il était un évadé, pas un Che Guevara," écrit Lucian Mindruta. Le régime de Ceausescu avait exigé qu'il coupe ses cheveux longs, une coiffure à laquelle il tenait. Il ne s'est pas laissé faire, et s'est déclaré prêt à accepter une interdiction de scène. "Florian Pittis est l'une des raisons pour lesquelles le système est devenu poreux de l'intérieur (...) Il a fini lui aussi par sombrer dans l'oubli, mais il reste bien vivant pour ma génération, et nous pourrons dire aux enfants, quand ils seront assez grands : 'Mieux vaut être libre que riche.' (...) Ces mots n'ont pas été prononcés par Florian Pittis. Mais sans lui, je n'aurais jamais pu les écrire."  (16.08.2007)

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Die Zeit - Allemagne

Les Allemands, les Polonais et Auschwitz

Evelyn Finger est impressionnée par le dernier film du réalisateur allemand Robert Thalheim, 'Et puis les touristes', qui décrit avec un mélange d'ironie, de légèreté et de sérieux la manière dont les Polonais font face à l'héritage d'Auschwitz. "Ce jeune réalisateur, qui est également le scénariste du film, symbolise la quête de la fameuse 'normalisation' et son impossibilité sous le traits de deux personnages à l'opposé l'un de l'autre. Sven, un Allemand qui fait son service civil, rencontre au mémorial d'Auschwitz Krzeminski, un survivant des camps de concentration. (...) C'est la rencontre de la jeunesse avec un témoin de l'histoire, d'un ingénu avec un traumatisé qui se barricade derrière un caractère taciturne et renfrogné. Pendant que le jeune héros cherche vainement à briser cette barrière, il apprend auprès des jeunes Polonais de son âge à quel point la vie dans une petite ville portant le nom du crime ultime est accablante et banale à la fois." (16.08.2007)

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COULEURS LOCALES

Postimees - Estonie

L'Estonie aura sa colonne de la liberté

Le gouvernement estonien a lancé un appel d'offres pour la création d'un monument en souvenir de la guerre de libération de 1918-1920. Il vient de choisir une colonne de 28 m de haut. Le journal estonien se félicite de la décision d'ériger le monument le 28 novembre 2008, jour du 90e anniversaire du début de la guerre. "Il est fort regrettable que la construction d'un monument de la liberté ait pris autant de temps. Un tel monument devait déjà être érigé avant la Seconde Guerre mondiale, et l'appel d'offres aurait dû être lancé dès 2001. A une époque où même Washington possède un monument en souvenir des victimes du communisme, il est d'autant plus étrange qu'il n'existe chez nous aucun monument commémorant les événements qui ont conduit à l'indépendance de l'Estonie. Certes, nous avons la cloche de la liberté à Tallinn, mais elle symbolise la nouvelle indépendance de 1991, pas l'indépendance de 1918." (16.08.2007)

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Le Temps - Suisse

La grande disette des journalistes parisiens

Sylvain Besson, correspondant du quotidien à Paris, s'étonne de voir autant de magasins fermés dans la capitale, pour cause de congés annuels. Au mois d'août, décrit-il, Paris est "un village Potemkine vidé de ses habitants, où toute activité réelle a cessé (…) En fait, c'est un peu tout le pays qui est fermé jusqu'à la fin du mois, ce qui pose de graves problèmes à ceux qui continuent à travailler. Les médias, par exemple, n'ont plus rien à se mettre sous la dent. Il y a un mois, ils tartinaient sur la vogue du Vélib', ces vélos en libre-service qu'on peut emprunter pour parcourir Paris. Un mois plus tard, 'Le Figaro' en est encore réduit à faire sa une sur… le grand succès remporté par le Vélib'. Quant aux pages politiques des journaux - quatre ou cinq par jour, le reste de l'année, pour les plus importants - elles ont disparu depuis le début de la semaine. La faute, en particulier, à Nicolas Sarkozy, qui n'a plus donné de nouvelles depuis son déjeuner, samedi, avec la famille Bush." (16.08.2007)

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