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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 14.09.2007

 

À LA UNE

La 'carte bleue' peut-elle faire consensus en Europe ?

La 'carte bleue' peut-elle faire consensus en Europe ?

 

Le Commissaire européen Franco Frattini a proposé l'introduction d'une 'carte bleue' européenne qui doit, à l'image de la Green Card américaine, faciliter l'immigration de travailleurs qualifiés dans l'UE. Une telle politique d'immigration commune peut-elle réussir ? » suite

Extraits des publications suivantes:
El País - Espagne, Diário de Notícias - Portugal, Frankfurter Rundschau - Allemagne, Berlingske - Danemark

El País - Espagne

"Alors que Franco Frattini, annonce que l'Union devrait accueillir 20 millions d'immigrants dans les deux prochaines décennies, les gouvernements britannique et français proposent des mesures restrictives pour l'entrée et le séjour des travailleurs étrangers", relate le quotidien espagnol. "Si jusqu'à maintenant l'instauration d'une politique commune en matière d'immigration était une tâche urgente en Europe, elle commence aujourd'hui à se dessiner comme un antidote indispensable pour contrer l'imagination des gouvernements qui s'acharnent sur les travailleurs étrangers. Au lieu d'établir une politique commune qui prend en considération les intérêts communs des pays d'accueil et d'origine, ainsi que le respect scrupuleux des droits humains et l'égalité devant la loi, chacun des pays membres a tendance à se lancer avec démagogie dans des initiatives qui satisfont leurs opinions nationales." (14.09.2007)

Diário de Notícias - Portugal

Pour le quotidien portugais, la création de la 'carte bleue' est ambitieuse, mais difficile à concrétiser. "Cette mesure se veut universelle, c'est-à-dire applicable à tous les Etats membres. À l'image de la 'green card' aux Etats-Unis, elle serait une porte d'entrée pour accéder à des postes de travail bien rémunérés. Mais, au contraire des Etats-Unis, notre union ne dispose pas de pouvoir exécutif central qui régule les divers aspects de la vie économique : système fiscal, marché du travail, systèmes d'enseignement et de formation professionnelle. (…) La volonté de certains pays comme la France ou la Grande-Bretagne d'attirer un certain type de cadres supérieurs n'est pas identique à celle d'autres pays, comme le Portugal, qui a d'autres besoins. Il devient de plus en plus clair que les nouvelles politiques de l'UE se heurtent aux limites de la 'méthode communautaire', la fameuse politique des petits pas et de coopération renforcée." (14.09.2007)

Frankfurter Rundschau - Allemagne

Même s'il salue la proposition de Franco Frattini, Werner Balsen déplore l'absence de réponse à de nombreuses questions. "On ignore encore comment Frattini envisage de réunir sous le drapeau européen, avec sa carte bleue, 27 pays aux intérêts divergents en matière de politique de migration (...). D'autant plus que ces pays se livrent déjà une âpre bataille pour attirer la main-d'œuvre en provenance d'Asie et d'Afrique. Dans cette compétition, un pays anglophone ou francophone a plus de chances de séduire un Africain qu'une nation comme la Finlande. On peut regretter que Frattini ne vise que la main-d'oeuvre moyennement ou fortement qualifiée au moment où l'agriculture espagnole s'effondre en raison d'une pénurie de travailleurs venus des pays du Maghreb ou de l'autre côté de la Méditerranée. La proposition du Commissaire aurait été plus crédible s'il avait aussi essayé de tenir compte de cette réalité dans son projet de loi." (14.09.2007)

Berlingske - Danemark

Le journal voit d'un oeil critique la proposition de Franco Frattini. "L'Union européenne est aujourd'hui un véritable aimant pour les travailleurs non qualifiés issus des pays pauvres. Pour 85 % de la main-d'oeuvre non qualifiée mondiale qui choisit de migrer, (...) le choix se porte sur l'UE comme destination principale, contre 5 % seulement les Etats-Unis. En revanche, les travailleurs qualifiés migrants sont 55 % à émigrer vers les USA et seulement 5 % vers l'Europe (...). Nous pouvons certes ouvrir nos frontières aux travailleurs qualifiés. Mais nous ne saurions commettre les mêmes erreurs que celles qui ont marqué la politique d'immigration jusque dans les années 1990." (14.09.2007)

RÉFLEXIONS

The Guardian - Royaume-Uni

Pour Pankaj Mishra, le pluralisme indien est un exemple pour l'Europe

Pankaj Mishra est un auteur indien qui vit entre Londres et l'Inde. Il compare la diversité européenne aux "nombreuses religions et langues cohabitant en Inde et aux inégalités entre castes et classes sociales. (...) Conscients que le risque de conflit entre communautés religieuses et ethniques était immense, les pères fondateurs de l'Inde ont cherché à construire une démocratie pluraliste. Beaucoup de choses se sont produites depuis la partition sanglante de l'Inde pour éroder leurs idéaux. (...) La gravité des violences politico-religieuses en Inde dépasse largement les souffrances endurées en Europe occidentale après-guerre. Pourtant la tradition libérale indienne unique, qui respecte l'identité des minorités et les appartenances communautaires, reste centrale dans la vie intellectuelle du pays. (...) L'Inde postcoloniale est abasourdie de voir des responsables politiques et des intellectuels européens libéraux embrasser un nationalisme refermé sur la majorité, s'approchant de ce qui, aux yeux des Indiens, semble une vision très limitée de la diversité et de l'extrémisme politique." (14.09.2007)

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Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Pour Sonja Margolina, l'histoire est un instrument politique

La journaliste russe Sonja Margolina répond à Richard Wagner sur le débat concernant la façon dont les Européens de l'Est font face à leur passé. "Pour les Européens, travailler sur son passé permet de le dépasser. Mais ce n'est qu'une illusion, car l'histoire, c'est la politique qui se projette dans le passé. C'est pourquoi confronter son passé a l'effet inverse, il est instrumentalisé par la politique actuelle. C'est également pourquoi, dans certains pays d'Europe de l'Est, l'intégration dans l'Union européenne va de pair avec une politique singulière et destructive. Alors qu'on se remet à peine de la stupeur suscitée par les méthodes des frères Kaczynski, les Pays baltes n'ont pas fini de réserver des surprises." (14.09.2007)

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POLITIQUE

taz - Allemagne

La multiplication des partis 'd'affaires' en Bulgarie

Le chroniqueur culturel bulgare Ivaylo Ditchev fait état d'une nouvelle tendance dans son pays : celle des hommes d'affaires à constituer des partis politiques pour économiser des pots-de-vin. "Il est nettement moins coûteux de fonder son propre parti que de 'sponsoriser' régulièrement les représentants politiques municipaux. (...). Cependant, ne nous berçons pas d'illusions : les hommes d'affaires sont élus localement pour des motifs sérieux. D'abord, la province voue une haine féroce à la capitale, siège de la politique nationale. C'est pourquoi l'explosion des partis 'd'affaires' représente aussi une sorte de révolte de la périphérie à l'encontre du centre. Révolte qui, à son tour, reflète une profonde crise nationale : la Bulgarie est en train de se décomposer en un royaume féodal dans lequel la séparation entre la politique et les affaires est obsolète." (14.09.2007)

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Dnevnik - Bulgarie

Des modèles latino-américain et afghan pour la Bulgarie

Le 28 octobre auront lieu les élections municipales en Bulgarie. Alexander Andreïev voit d'un oeil ironique l'émergence de deux nouvelles tendances dans la bataille électorale, inspirées par l'Amérique latine et l'Afghanistan. "La ressemblance avec l'Amérique du Sud est dans la multitude de (faux) généraux qui occupent la scène politique. Selon toute apparence, une grande partie des électeurs, qui, y compris en dehors de la sphère politique, sont de fervents admirateurs de l'Amérique latine (témoin le succès des séries télévisées et de la version balkanique de la fiesta), sont déjà convaincus que seuls épaulettes et fouets pourront ramener l'ordre au sein du chaos démocratique. 'L'afghanisation' relève de la même tendance. La représentation démocratique par les partis établis est édulcorée ; les hommes d'argent, de pouvoir et de toute puissance locale sont ceux qui pèsent le plus lourd dans la balance." (14.09.2007)

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Kathimerini - Grèce

Le choc de forces contradictoires dans les élections grecques

Stavros Lygeros commente les élections législatives qui auront lieu en Grèce dimanche 16 septembre. "Les élections seront en partie décidées par le choc de deux forces en conflit : la première est une force centrifugeuse - elle tire son origine dans la crise du système bipartite en Grèce et pousse les électeurs désabusés vers des parties mineurs qui vont attirer une grande partie du vote de protestation. L'autre force est centripète : il prend racines dans les inquiétudes au sujet d'un gouvernement faible et incite les électeurs à voter pour les grands partis. (...) Une transition vers une coalition gouvernementale cohérente est très improbable. Le ND [Nouvelle Démocratie, droite] et le PASOK [parti socialiste] mettent les électeurs devant un dilemme. Surfant sur la vague des sondages d'opinion plus favorables, le dirigeant conservateur a prévenu que si un gouvernement fort et d'un seul parti n'était pas formé, il appellerait à de nouvelles élections. Pour sa part, le dirigeant socialiste a appelé la gauche et les électeurs désillusionnés à chasser la ND du pouvoir." (14.09.2007)

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The Economist - Royaume-Uni

Brown et Thatcher, une ressemblance étonnante

Le Premier ministre britannique Gordon Brown a rencontré Margaret Thatcher [Premier ministre de 1979 à 1990] jeudi 13 septembre pour une discussion privée. L'hebdomadaire s'interroge sur leurs similarités. "D'un point de vue superficiel, Brown et Thatcher se ressemblent étrangement. Tous les deux sont des travailleurs acharnés. Tous les deux viennent d'un milieu anglican ascétique où la foi dans l'agriculture et l'industrie se conjugue à l'idée victorienne d'une classe de pauvres méritants. Ils sont tous les deux déterministes économiques. Au-delà de ses ressemblances superficielles, d'autres facteurs les rapprochent. Même s'il utilise des arguments différents pour les justifier et des euphémismes absurdes pour les décrire, les politiques économiques de Brown sont inspirées par Thatcher. Les impôts ont été modifiés et une partie de la richesse nationale a été redistribué de manière sournoise, mais la philosophie est la même : privatisation et code du travail souple, de faibles impôts sur le revenu (et de grandes inégalités) ; le culte des entrepreneurs et la propriété immobilière." (14.09.2007)

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MÉDIAS

Gazeta Wyborcza - Pologne

Jarosław Kaczynski s'en prend au quotidien Gazeta Wyborcza

Dans un entretien avec le quotidien conservateur Rzeczpospolita, le Premier ministre polonais Jaroslaw Kaczynski a reproché aux médias polonais de mener une campagne négative à son encontre, attaquant notamment le quotidien polonais de centre-gauche Gazeta Wyborcza. Une attitude que conteste avec force Jaroslaw Kurski. "Jaroslaw Kaczynski se pose en victime des médias. C'est la preuve d'une bêtise sans nom (...). Le Premier ministre cherche à nous calomnier et nous vexer. C'est le comportement typique de quelqu'un qui a peur. Car aussi longtemps qu'existeront la Gazeta et d'autres médias libres, le PiS [Parti Droit et Justice] n'aura aucun pouvoir sur la tête des Polonais. Il peut conquérir le ministère des Affaires étrangères et contrôler les services secrets, le ministère public et les médias publics. Mais il n'aura pas Gazeta Wyborcza, porte-voix d'une opinion publique et gardien des valeurs démocratiques (...). Les attaques du Premier ministre à l'encontre de Gazeta Wyborcza relèvent d'un scénario qui rappelle cruellement la Russie de Poutine, où les médias libres sont mis à genoux. Avec nous, ça ne marche pas." (14.09.2007)

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CULTURE

România Liberă - Roumanie

L'église orthodoxe roumaine a un nouveau patriarche

Le métropolite de la Moldavie et de la Bucovine, Daniel Ciobotea, 56 ans, a été élu patriarche de l'église orthodoxe roumaine. Gelu Trandafir salue son souhait de poursuivre la communication avec l'église occidentale. "Dans un monde globalisé, c'est par l'ouverture, non par l'isolement, que l'église orthodoxe roumaine se fera respecter." Trandafir rappelle la rencontre de Teoctist, prédécesseur de Daniel, avec le Pape Jean-Paul II. "Du dialogue mené avec le monde occidental au cours des dernières décennies, l'église orthodoxe roumaine est sortie plus forte, et c'est à sa richesse spirituelle qu'elle le doit. L'église roumaine s'est revendiquée comme telle, même si cela ne plaît pas au patriarche de Russie. Elle doit jouer un rôle actif sur le continent européen, au-delà des frontières de la Roumanie." (14.09.2007)

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Lietuvos Rytas - Lituanie

La Lituanie critique les exigences allemandes vis-à-vis de la Pologne

Jacekas Komaras constate une nette dégradation des relations entre l'Allemagne et la Pologne depuis l'arrivée au pouvoir des frères Kaczynski. "Ils sont mûs par des complexes d'origine inconnue dans leur comportement à l'égard de l'Allemagne. Mais force est aussi de constater que l'Allemagne tire parti de ces complexes, qui entraînent un affaiblissement de la position polonaise en Europe. Ce qui explique la multiplication des exigences allemandes à l'égard de la Pologne. Le gouvernement allemand a ainsi demandé au pays de lui restituer ses oeuvres d'art, sans pour autant songer à lui rendre les oeuvres polonaises qui figurent dans les musées allemands. Pourquoi l'Allemagne ne pose-t-elle pas ce genre d'exigence à la Russie, à la France ou aux Pays-Bas ?" (14.09.2007)

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Le Monde - France

Les textes anciens gratuits sur Internet, mais mal traduits

"A l'évidence, la Toile facilite aussi la vie des lecteurs : qui se plaindrait de pouvoir accéder, de façon immédiate et gratuite, chez soi, à des milliers et des milliers de traductions d'oeuvres du monde entier ? Faut-il en conclure que tout est pour le mieux dans le meilleur des cybermondes possibles ? Rien n'est moins sûr. Car l'un des effets pervers du nouveau système, c'est le risque que les mauvaises traductions chassent les bonnes", s'inquiète le chroniqueur littéraire Roger Paul-Droit. "On trouve donc en ligne, en particulier pour les auteurs classiques, et notamment pour les textes grecs et latins, un grand nombre de traductions du XIXe siècle. Un seul exemple : pour lire un texte difficile et fondateur comme 'La Métaphysique' d'Aristote, on dispose de la traduction française partielle et parfois farfelue de Victor Cousin qui date de... 1838. (...) Faut-il, dès lors, parler de progrès ou de régression ?" (14.09.2007)

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COULEURS LOCALES

La Vanguardia - Espagne

Comment recycler les CD ?

"Alors qu'on célèbre le 25e anniversaire de l'invention si utile du CD, il semble que s'est amorcé le processus irréversible de sa disparition et que ses jours sont comptés", regrette Sergi Pàmies, qui a récemment découvert qu'il existe un moyen de recycler les CD. "Dans de nombreux jardins, j'ai observé que les CD sont suspendus aux arbres et aux balcons, avec du fil de pêche, formant des sculptures mobiles pittoresques. (...) Les adeptes de ce rituel décoratif m'ont dit que c'était pour repousser les oiseaux qui se posent sur les arbres et les balcons. (...) Les rayons du soleil qui se reflètent sur les CD suspendus sont aussi efficaces que les épouvantails que nous dessinions lorsque nous étions enfants. La musique suspendue a donc un bel avenir devant elle. Je me demande seulement quelle est la musique dont le reflet fait le plus fuir les oiseaux, celle d'Alejandro Sanz ou de David Bisbal [chanteurs espagnols]." (14.09.2007)

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