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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 26.11.2007

 

À LA UNE

L'opposition russe réduite au silence

L'opposition russe réduite au silence

 

A huit jours des élections législatives en Russie, Garry Kasparov, leader du mouvement d'opposition "L'Autre Russie", a été arrêté lors d'une manifestation à Moscou samedi 24 novembre. Le lendemain, un défilé à Saint-Pétersbourg a été durement réprimé. Kasparov a été condamné à cinq jours de prison et plus de 250 personnes ont été appréhendées au cours du week-end en Russie. Que révèlent ces procédés ? » suite

Extraits des publications suivantes:
Postimees - Estonie, Le Soir - Belgique, Süddeutsche Zeitung - Allemagne, Der Standard - Autriche

Postimees - Estonie

Le journal estonien critique vivement la Russie : "La manière dont les manifestations de samedi et de dimanche ont été dispersées est tout bonnement scandaleuse. Cela montre le peu d'égards que notre voisin accorde aux droits de l'homme. Les interventions policières à Moscou, Saint-Petersbourg et à Nijni Novgorod ne renvoient pas à l'Occident l'image d'une Russie aspirant à la démocratie, mais d'un régime qui cherche à conserver le pouvoir à tout prix. Certes, peut-être que les opposants au président Poutine opèrent toujours en marge de la légalité, mais les conditions qui règnent actuellement en Russie ne leur laissent aucune autre possibilité pour exprimer publiquement leur point de vue." (26.11.2007)

Le Soir - Belgique

L'éditorialiste Pol Mathil juge les élections à la Douma, le 2 décembre, jouées d'avance, rendant "absurde" la vague de répression russe. Pour lui, un seul scrutin importe : la présidentielle du 2 mars. "Alors que le 21 décembre, dans moins d'un mois, expire les délais prévus pour la clôture de la liste des candidats, les Russes ne connaissent pas un seul nom de ceux qui s'apprêtent à briguer la succession de Poutine. (…) Des signes révèlent l'aggravation dans la lutte entre factions rivales au Kremlin et autour. Ces factions opposent de nombreux ex-officiers du KGB, la 'maison mère' de M. Poutine, qu'il a placés dans les échelons supérieurs de l'Etat. (…) Tous sont à la recherche des moyens de sauver leurs immenses intérêts, tout en assurant la continuité – et leur place – de l'actuel système qui ne repose en fait que sur un seul homme." (26.11.2007)

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

"La justice russe dégénère en instrument du pouvoir qui utilise les lois comme ses armes. Il était dans la nature des choses que ces armes se retournent samedi contre l'ancien champion du monde d'échec Garry Kasparov", écrit Daniel Brössler. "Kasparov a réussi à attirer un instant l'attention de l'Occident. Toutefois, sa voix est bien trop faible pour être entendue par les Russes. C'est pourquoi la dureté du pouvoir à son égard est d'autant plus étonnante. Ainsi, il semble que le Kremlin ne craigne pas tant les critiques en provenance de l'étranger, mais plutôt tout ce qui échappe à son contrôle sur son territoire. En vérité, Poutine et son entourage croient bien peu à la stabilité du système, si souvent vantée. Ils ne veulent rien laisser au hasard, pas même des élections libres." (26.11.2007)

Der Standard - Autriche

Le Parlement russe, la Douma, est plongé "en plein mutisme", écrit Eduard Steiner. "Le Parlement russe postsoviétique était encore le théâtre de débats, même pendant le premier mandat de Vladimir Poutine. Néanmoins, il se fait de moins en moins entendre depuis qu'il est passé sous le contrôle de Russie unie, le parti du Kremlin. Après les prochaines élections législatives, on pourra même se passer de haut-parleurs (...) Mais cette absence de débat n'est pas la caractéristique exclusive du Parlement. Les économistes observent que seule une libre concurrence de la pensée, portée par des médias indépendants, pourrait corriger l'orientation économique actuelle et éviter toute évolution négative. La domination croissante des grandes entreprises publiques, tout comme les tendances monopolistiques à l'oeuvre sur le marché russe, nuisent à la concurrence et donc à l'innovation. En l'absence de débat et de liberté d'opinion, l'économie va souffrir longtemps." (26.11.2007)

RÉFLEXIONS

Télérama - France

Pour Philippe Lemoine, Internet est un univers de rencontres

Le patron de start-up et écrivain Philippe Lemoine répond aux questions de Jean-Philippe Pisanias et Vincent Remy. Il défend le potentiel créatif des internautes. "Pour la culture d'élite, si l'on ouvre trop les vannes, c'est l'idiotie qui remonte, c'est l'opinion. Pourtant, qu'est-ce qui enthousiasme les jeunes dans l'interconnexion ? La conscience que, face aux questions qu'ils se posent, et auxquelles ne répondent pas les mots, les livres et les théories reconnus, ils ne sont pas seuls au monde et peuvent rencontrer d'autres personnes qui se posent les mêmes questions. Sans parler d'intelligence collective, c'est un univers de rencontre qui n'est pas uniquement de l'expression d'opinion, mais aussi la mise en commun de sensibilités et d'aspirations à autre chose. Si l'on ne reconnaît pas ça, on ne comprend pas Internet." (24.11.2007)

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El País - Espagne

Pour Vicente Verdú, l'absence est le nouveau mal du siècle

L'écrivain et journaliste Vicente Verdú recense tous les signes d'un "essor étonnant de l'absence" dans nos sociétés : "De même que le cancer ou le sida ont symbolisé une époque, la maladie d'Alzheimer s'impose comme la manifestation d'un mal nouveau. A la multiplication cellulaire du cancer ou à l'invasion du virus s'oppose une évolution cérébrale vers l'absence. (…) Le travail, qui au XIXe siècle représentait pratiquement tout, a perdu une bonne part de sa fonction identitaire à la fin du XXe siècle. Les citoyens, petit à petit, sont passés du statut de producteurs de biens matériels et spirituels à celui de consommateurs. (…) [Le règne de l'absence] n'est pas aussi grave que la chute d'une civilisation, mais marque un état culturel d'anxiété permanente que rien ne vient apaiser." (26.11.2007)

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POLITIQUE

România Liberă - Roumanie

Les élections européennes n'intéressent pas les Roumains

Les élections euréopennes n'ont pas attiré les foules en Roumanie le 25 novembre. Alors que 35 députés étaient à élire, seuls 27 % des électeurs sont allés aux urnes. Selon les premiers résultats, le Parti démocratique (PD) du Président Traian Basescu arriverait en tête, avec près de 30 % des voix. En revanche, sa proposition de système de vote uninominal, qui faisait l'objet d'un référendum parallèle, a été rejetée. Selon Simona Popescu, "les Roumains de l'étranger ne se sont pas non plus déplacés en masse pour voter. Personne ne savait ce qu'il se passait, personne n'a voulu faire l'effort de se déplacer pour élire les parlementaires roumains. On n'en savait pas plus sur les propositions du référendum. Il est manifeste que les Roumains n'ont pas confiance en leur propre vote. Ils ne croient pas qu'ils ont le pouvoir de changer les choses. (...) Une fois de plus, la politique roumaine s'est présentée à l'Europe sous un jour antidémocratique. Ce ne sera malheureusement pas la dernière fois." (26.11.2007)

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Pražský deník - République tchèque

L'élargissement de l'espace Schengen et la peur du voisin

Les Tchèques accordent une attention toute particulière à des rapports publiés, selon lesquels l'élargissement de l'espace Schengen inquiète vivement la population allemande installée en bordure de la frontière avec la Pologne et la République tchèque. Selon Josef Slerka, "nous cohabitons depuis plusieurs centaines d'années avec les Allemands, parfois sur notre territoire, parfois sur le leur, et aujourd'hui au sein de l'UE. Dans quelques jours, les contrôles aux frontières vont disparaître. Le jour où nous adopterons l'euro, nous oublierons jusqu'à l'existence même de ces frontières. Soixante années ont passé depuis la Seconde guerre mondiale. Pourtant, de chaque côté de la frontière, certaines personnes ne parviennent pas à dissimuler leur crainte des 'autres'. (...) Il s'agit surtout des personnes âgées, qui n'arrivent pas à oublier notre lourd passé commun. Elles se montrent prudentes, et craignent tout changement. La jeune génération, qui a une toute autre expérience, est notre plus grand espoir. Pour elle, les pays européens sont bien plus proches que ne le laissent supposer les frontières en voie de disparition, malgré la barrière des langues." (26.11.2007)

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Rzeczpospolita - Pologne

La première déclaration gouvernementale de Donald Tusk

Vendredi 23 novembre, le nouveau Premier ministre polonais Donald Tusk a présenté le programme de son cabinet au cours d'une déclaration gouvernementale de trois heures. Il s'est prononcé en faveur d'une introduction rapide de l'euro, et a annoncé que la Charte européenne des droits fondamentaux ne serait pas signée sans le consentement du président Lech Kaczynski. Il est resté très vague en ce qui concerne la politique intérieure. Bronislaw Wildstein lui reproche d'avoir promis l'impossible dans son discours. "D'une manière générale, on pourrait dire qu'il s'agit d'une tentative d'introduire une 'postpolitique' en Pologne - un style politique adopté avec succès par l'ancien président américain Bill Clinton et l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair (...) La 'postpolitique' consiste à remplacer la politique par le marketing et la gouvernance par l'administration. En réalité, nous sommes dépendants de la politique, et toutes les post- ou antipolitiques servent uniquement à dissimuler sa véritable teneur. Ainsi, les conflits ne sont pas résolus, seulement dissimulés." (26.11.2007)

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Le Figaro - France

La Chine compte sur la France en Europe

Valérie Niquet, directrice du centre Asie à l'Institut français des relations internationales (IFRI), souligne les attentes chinoises vis-à-vis de la France, alors que Nicolas Sarkozy a débuté, le dimanche 25 novembre, une visite de trois jours dans le pays. "En Europe, il y a l'exemple, jugé désastreux par les dirigeants chinois, de l'Allemagne, longtemps pilier avec la France du jeu chinois sur le continent, dont la chancelière, après les Etats-Unis, l'Australie, le Canada et le Japon vient de recevoir le dalaï-lama dans un acte de défi ouvert à la capacité d'influence des autorités chinoises. (...) Paris va occuper en 2008 la présidence de l'Union européenne. Pékin veut espérer que la France y jouera un rôle positif pour les intérêts chinois dans deux domaines clefs que sont la levée de l'embargo sur les ventes d'armes, à laquelle la Chine n'a pas renoncé, et l'attribution du statut d'économie de marché [que l'UE avait refusé de lui accorder en 2004]." (26.11.2007)

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Corriere della Sera - Italie

Le dalaï-lama en visite en Italie

L'écrivain Claudio Magris revient sur la visite prévue du dalaï-lama en Italie, en décembre. Il remarque que les autorités veulent ménager Pékin. "Paris vaut bien une messe, comme le disait le roi de France Henri IV [1533-1610] pour justifier sa propre conversion au catholicisme au nom de la raison d'Etat. (...) Toute proportion gardée, le même problème se pose aujourd'hui en Italie avec l'accueil qui sera réservé au dalaï-lama : au risque de faire du tort à leur illustre hôte, les autorités ont pris leurs précautions pour donner à cet accueil un ton et une mesure qui ne devraient pas trop offenser Pékin. (...) Les autorités italiennes seront de toute façon accusées de raisonner comme Henri IV, de privilégier leurs objectifs politiques et de penser aux besoins économiques du pays plutôt que d'agir avec morale." (26.11.2007)

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ÉCONOMIE

Le Temps - Suisse

L'entrée des pays baltes dans la zone euro compromise

Istvan Zsoldos, économiste à la banque Goldman Sachs, souligne la rapide croissance des pays baltes - Estonie, Lettonie et Lituanie - et estime que la surchauffe actuelle compromet leur adhésion à la zone euro. A court terme, ces pays se dirigent "vers une période un peu confuse et peut-être une récession. La Lettonie est une petite économie, mais le phénomène de bulle et son éclatement auront des répercussions. (...) La BCE et les membres actuels vont penser qu'une convergence accrue [entre ces trois pays] est nécessaire avant le passage à l'euro. Les pays baltes ont agi comme s'ils en faisaient déjà partie. La BCE et les politiciens européens sont inquiets pour leur réputation. On dira qu'ils acceptent l'adhésion de pays encore instables. Actuellement, l'entrée des pays baltes dans l'euro est prévue pour 2010. Mais ce scénario devient de moins en moins probable." (26.11.2007)

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Sydsvenskan - Suède

Le Danemark et la Suède sur la voie de l'euro ?

Anders Fogh Rasmussen, le Premier ministre danois récemment réélu, souhaite que les citoyens se prononcent une nouvelle fois sur l'introduction de l'euro, ce qui a incité les Suédois, qui ne sont pas encore membres de la zone euro, à rouvrir le débat. "En Suède, le gouvernement suédois reste divisé. La Suède devra pourtant se lancer tôt ou tard - mieux vaux tôt que tard. Il est très vraisemblable que cette question sera au coeur de la campagne électorale de 2010. Il se pourrait que le Danemark soit déjà sur la voie de l'euro, même si l'on ne peut prédire l'issue d'un référendum danois. Le fait que l'euro ait réussi à démontrer ses forces est plus important encore que la décision du Danemark. La monnaie unique est un élément central du projet européen. Rester à l'écart n'est pas une bonne solution à long terme." (26.11.2007)

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MÉDIAS

The Independent - Royaume-Uni

La BBC vire-t-elle à droite ?

La chroniqueuse Yasmin Alibhai-Brown se désole de voir la BBC pencher de plus en plus à droite. "Dateline London, cette émission unique en son genre (diffusée sur News 24 et BBC World) qui permettait à des journalistes étrangers de renom de débattre de l'actualité internationale, sous les yeux de 78 millions de téléspectateurs, va être sabrée. Cet acte de vandalisme a été suivi de l'annonce de la programmation d'une série d'émissions sur les classes moyennes blanches 'assiégées'. A croire que Nick Griffin du BNP [British national party, extrême-droite)] est leur consultant. (...) Les médias publics se doivent de diffuser, même si cela en gêne certains, des programmes sur tous les groupes sociaux et sur l'immigration. Le passé a déjà fourni d'excellents exemples de journalisme responsable et critique. Mais lancer une série d'émissions de propagande contre la diversité ethnique du Royaume-Uni ? Légitimer la haine raciale qui déferle sur nos îles, des cours d'école aux terrains de foot ? (...) La BBC que nous appréciions et en qui nous avions confiance a disparu." (26.11.2007)

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CULTURE

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

En Europe de l'Est, la critique littéraire est sinistrée

Des critiques littéraires originaires de différents pays d'Europe se sont réunis la semaine dernière à Munich, afin de réfléchir à la situation de leur profession. Elle est très variable selon les pays, rapporte Roman Bucheli, lui même critique littéraire. "Les critiques occidentaux ont affiché des mines déconfites lorsque le Tchèque Jan Icha, l'Ukrainien Iourko Prochasko et le Hongrois István Margócs ont décrit sarcastiquement les conditions de travail régnant dans leurs pays. Certes, on a pu observer une brève apogée après le naufrage de l'empire communiste ; une intelligentsia critique est sortie de l'ombre et revenue d'exil. Mais elle a été presque aussitôt balayée par les bouleversements économiques de ces dernières années. Aujourd'hui, la critique littéraire, lorsqu'elle existe encore, est devenue totalement insignifiante." (26.11.2007)

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CHOUX DE BRUXELLES

The Economist - Royaume-Uni

Trop de commissaires gâchent-ils la sauce ?

Le nouveau mini-traité prévoit de réduire la taille de la Commission européenne. Tour à tour, deux tiers des membres de l'UE auront un commissaire. Pour le moment, tous les pays de l'Union sont représentés à la Commission. Certaines capitales craignent que la réforme ne réduise leur influence bien que, comme le souligne l'hebdomadaire, les commissaires prêteront "un serment les engageant à ne servir que des intérêts strictement supranationaux, ils ne pourront parler ni de leur pays, ni de leur gouvernement. (...) Les exigences en termes d'efficacité offrent un solide argument en faveur de cette limite de taille imposée à la Commission. L'UE pourrait bientôt compter 30 Etats membres, et employer 30 commissaires pourrait être contre-productif s'ils essayent tous de travailler à créer des directives. (...) Ce n'est pas un vice si les eurocrates ne peuvent pas oublier leurs origines, c'est simplement la nature humaine qui le veut. Un vieil aphorisme français le dit bien : l'hypocrisie est le tribut payé par l'intérêt national aux vertus - utopiques - de l'UE." (26.11.2007)

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