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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 20.12.2007

 

À LA UNE

L'espace Schengen s'ouvre à l'Est

L'espace Schengen s'ouvre à l'Est

 

L'espace européen de libre-circulation, dit espace Schengen, s'élargit vendredi 21 décembre de 15 à 24 pays. Cette mesure abolit les frontières entre les pays de l'Ouest et les pays de l'Est entrés dans l'UE en 2004. » suite

Extraits des publications suivantes:
Der Tagesspiegel - Allemagne, Le Figaro - France, Lidové noviny - République tchèque, Sme - Slovaquie, Der Standard - Autriche, Dnevnik - Slovénie, La Repubblica - Italie

Der Tagesspiegel - Allemagne

Selon Gerd Appenzeller, "les polices frontalières allemande et scandinave sont préoccupées. Elles redoutent une hausse de la criminalité transfrontalière et une dégradation de la sécurité." Cependant, il considère ces craintes injustifiées. "Cette peur est compréhensible, mais elle est aussi un peu absurde. Elle présente de grandes similitudes avec les craintes suscitées par la levée des contrôles aux frontières en Europe de l'Ouest, le 26 mars 1995, entre la France, l'Allemagne et le Benelux, pour n'en citer que quelques-uns. La police fédérale allemande s'étant retirée des frontières, de nouvelles méthodes de surveillance frontalière ont été mises en place, ce qui a entraîné non pas une dégradation de la sécurité, mais son amélioration. De même, on ne peut pas dire que la police va disparaître du jour au lendemain aux frontières germano-polonaise et germano-tchèque." (20.12.2007)

Le Figaro - France

Les nouvelles limites de l'espace Schengen n'enthousiasment guère Christine Fauvet-Mycia. "De fait, avec l'élargissement de l'espace Schengen, on en revient au débat qui agita les citoyens français et plus généralement les Européens lorsque fut soumis à leur jugement le projet de traité constitutionnel européen. Il se solda en 2005 par un non en France et aux Pays-Bas. Un non devant justement une Europe qui n'en finit pas de s'élargir, de s'étendre, de s'étaler sans s'affermir, sans se recentrer sur ce qui l'unit, sur ce qui la fonde, sans jouer la transparence. (...) L'UE se dilue plus qu'elle ne s'affermit, comme risque fort de se distendre le 'cordon sanitaire' autour de l'espace Schengen à mesure qu'il est étiré." (20.12.2007)

Lidové noviny - République tchèque

Certains Allemands vivant près de la République tchèque ne sont pas les seuls à émettre des réserves sur la disparition de la frontière. Les Tchèques partagent ce point de vue. Martina Kopecká s'est attardée sur le cas du village de Krompach : "Côté allemand, la voie menant à la frontière a été rénovée, afin de se rapprocher de son voisin. Toutefois, côté tchèque, les autorités locales affirment qu'elles ne disposent pas des fonds nécessaires pour rénover leur partie de la voie. Mais ce qu'elles redoutent tout particulièrement, ce sont les voitures allemandes. Aussi la voie a-t-elle été bloquée à l'aide d'un gros rocher et les responsables locaux ont placé un panneau interdisant le passage dans la ville. (...) Certains habitants ne cachent pas leur agacement, mais les personnes qui possèdent une résidence secondaire tiennent à leur tranquillité. La question va faire l'objet d'un référendum. En attendant, la voie reliant les deux pays reste réservée aux piétons." (20.12.2007)

Sme - Slovaquie

Selon Michal Pisko, "l'entrée de la République tchèque et de la Slovaquie dans l'espace Schengen va rendre superflue la frontière séparant l'ancienne Tchécoslovaquie depuis 15 ans. Les frontaliers apprécient tout particulièrement la future disparition de la frontière, car leurs biens et leurs proches se trouvent de 'l'autre côté'. Josef Tkaldec, maire du village tchèque de Horní Lidec, confie : 'Au moment de la scission, nous ne pensions pas que la question de la frontière trouverait quelques années plus tard une issue aussi agréable'. Cette nouvelle situation revêt pour les habitants une importance significative au plan émotionnel car, sur le plan pratique, ils pouvaient déjà franchir la ligne verte séparant les deux pays." (20.12.2007)

Der Standard - Autriche

La majorité des Autrichiens redoutent l'extension de l'espace Schengen. Wolfgang Weisgram déplore que les journaux à sensation 'Kronen Zeitung' et 'Österreich' attisent les peurs, notamment dans les villes. "Ce n'est rien d'autre qu'une campagne orchestrée par des sociaux-démocrates désorientés. Un coup d'oeil dans les villes proches de la frontière montre que les membres de ce parti ne sont pas tous d'accord. C'est le cas de Schattendorf, ville dirigée par des sociaux-démocrates qui se trouvent à la frontière hongroise et qui n'a pas été touchée par la campagne du 'Kronen Zeitung'. Cette ville se prépare très sérieusement depuis des années à l'ouverture définitive de la frontière. La plupart des villes à proximité font de même car elles savent qu'il en va de leur avenir. Mais seuls les médias locaux hongrois le relateront." (20.12.2007)

Dnevnik - Slovénie

Le journaliste slovène Ervin Hladnik Milharcic se remémore le "rideau de fer" qui existait autrefois entre l'Italie et l'ancienne Yougoslavie. "Deux mondes distincts étaient séparés : dans le nôtre, on ne trouvait que des disques des Beatles ou des Rolling Stones, vendus dans le grand magasin de Nova Gorica [ville frontière entre l'Italie et la Yougoslavie] et probablement jusqu'à Vladivostok. En revanche, dans l'autre monde, on pouvait trouver tous les disques, ceux de Lou Reed, Velvet Underground, Grateful Dead et des Doors. (...) La frontière qui se trouvait autrefois au niveau de la gare de Nova Gorica marquait une séparation culturelle. Resté en place pendant quelques années, le panneau indiquant que la frontière n'allait être que provisoire, constituait l'un de ces signes, qui faisait battre votre coeur plus vite." (20.12.2007)

La Repubblica - Italie

Predrag Matvejevic, écrivain bosniaque et professeur de littérature slave à l'université Sapienza de Rome, revient sur l'ouverture de l'espace Schengen. "Tant de personnes qui hier encore vivaient entre les frontières fermées de l'ex-Europe de l'est doivent aujourd'hui devenir les gardiens attentifs de l'espace limitrophe (...). Il n'est pas difficile d'imaginer par exemple un Polonais ou un Tchèque empêchant un Russe ou un Ukrainien de traverser son territoire. Mais comment se comportera un Slovène, qui à une vingtaine de kilomètres de Zagreb, devra arrêter un Croate ou un Bosniaque, avec lequel dans un passé récent il a partagé un sort commun ?" (19.12.2007)

RÉFLEXIONS

Spiegel Online - Allemagne

Sonja Margolina critique le mythe de la stabilité russe

Le magazine américain Time a élu Vladimir Poutine 'Personnalité de l'année 2007'. Sonja Margolina estime que le président russe n'a pas vraiment stabilisé la situation dans son pays. "Au cours de ses huit ans de règne incontesté, Vladimir Poutine a affaibli ou anéanti toutes les institutions de l'Etat. Invoquant une prétendue stabilité, il a autorisé les services secrets à démanteler le groupe pétrolier Ioukos et a fait main basse sur d'autres ressources précieuses, la plupart issues du secteur énergétique. La combinaison d'un pouvoir incontrôlable et de fortunes personnelles pesant des milliards, confiées à ses amis et relations de Saint Petersbourg, a permis la mise en place d'une puissante corporation d'intervenants informels, qui contrôlent le pays avec l'appui des services secrets. Dans le contexte des élections législatives et présidentielles, il s'agit pour cette clique de conserver ce pactole. Ceux qui croient que Vladimir Poutine contrôle la situation sont bien naïfs." (20.12.2007)

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Télérama - France

La nuit, un espace pour la philosophie, selon Jean-Pierre Luminet

Michel Abescat interroge l'astrophysicien Jean-Pierre Luminet sur les effets des lumières de la ville sur la nuit. "Pour l'astronome amateur, c'est dramatique : tout est éclairé maintenant. Artificiellement. A un niveau plus profond, le risque est grand d'une perte de contact collective avec l'Univers dans lequel nous vivons. Il y a aujourd'hui des citadins qui n'ont jamais vu la Voie lactée. Celui qui n'a jamais contemplé le ciel tel qu'il est réellement a-t-il conscience qu'une dimension fondamentale de l'expérience humaine lui échappe ? A l'origine, c'est le regard que l'homme des cavernes a porté sur la nuit qui a probablement suscité les premières grandes questions métaphysiques. (...) Si, par l'éclairage artificiel, on efface peu à peu le panorama de la nuit, c'est une perte de sens gigantesque qui se produira." (19.12.2007)

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POLITIQUE

Cotidianul - Roumanie

La Roumanie déçoit l'UE

Cristian Pirvulescu dresse le bilan de la situation un an après l'entrée de la Roumanie dans l'UE. "Paradoxalement, en 2007, nous nous sommes plus éloignés de l'Europe que les années précédentes. En effet, l'Europe n'est ni une zone géographique, ni un marché : c'est un état d'esprit. Fondé sur des valeurs, ce mode de vie et de réflexion est inconnu des politiciens de Bucarest. Au départ, la Roumanie suscitait la curiosité en Europe ; désormais, elle est source de déception. Le déficit démocratique polonais n'est plus aussi flagrant après les élections d'octobre 2007 et la nette victoire des libéraux pro-européens, le traité de Lisbonne a été signé et peut être ratifié rapidement. Même en Belgique, un compromis et une solution semblent se dessiner. Aussi ne serait-il pas vraiment étonnant que la Roumanie devienne en 2008 le pays à problèmes de l'Europe." (19.12.2007)

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Diário de Notícias - Portugal

Les immigrants clandestins se tournent vers le Portugal

Les autorités portugaises ont intercepté lundi 17 décembre une barque avec 23 Marocains à bord au large de l'île de la Culatra [dans l'Algarve au sud du pays]. Pour le quotidien portugais, "les côtes portugaises sont en passe de devenir une destination de l'immigration clandestine en provenance d'Afrique. (...) A mesure que l'Espagne renforce la protection aux Canaries et en Andalousie, le Portugal est vu comme le pays de la dernière chance. (...) Les Européens ont intérêt à mettre fin au drame humain qui dure depuis des années et les Africains à empêcher la fuite des jeunes. Lors du sommet Afrique-UE, il a donc été décidé de développer la coopération dans le domaine de la création d'emplois en Afrique. C'est le chemin à suivre. Beaucoup plus efficace que n'importe quel système de surveillance aux frontières." (18.12.2007)

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Phileleftheros - Chypre

Bruxelles oublie Chypre

Le quotidien chypriote s'inquiète de voir la question de l'île ignorée au moment où la Turquie fait un nouveau pas vers son adhésion à l'UE. "Bien entendu, la Turquie ne peut que crier victoire après l'ouverture de deux nouveaux chapitres mercredi 19 décembre dans les négociations en vue de l'adhésion turque. Deux nouveaux chapitres sans même se référer à Chypre à l'éventualité d'une solution. Il va de soit que l'occupation du quart nord de l'île depuis 33 ans n'est pas, pour Ankara, un obstacle à l'adhésion de la Turquie. (…) Mme Merkel et Monsieur Sarkozy proposent une collaboration privilégiée ou une Union Méditerranéenne pour remplacer cette éventualité, mais le gouvernement turc ne l'entend pas de cette oreille. Ce sera l'adhésion, sinon rien. Le problème de Chypre devient ainsi secondaire pour Bruxelles." (20.12.2007)

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El Correo - Espagne

Le système ETA condamné par la justice

La justice espagnole a condamné mercredi 19 décembre 47 membres d'organisations indépendantistes basques à des peines de prison, pour 'appartenance' ou 'collaboration' avec le groupe terroriste ETA. Ce procès est le plus important jamais mené contre les relais sociaux, politiques, médiatiques de ETA. Le quotidien basque salue cette condamnation. "Le fait qu'une bonne partie des condamnés sont des représentants de la gauche indépendantiste illustre avec clarté la manière dont le front etarra a opéré au coeur même de la société basque pendant des décennies. (...) La condamnation de ce fanatisme à l'origine de tant de souffrances dans la société basque stigmatise l'attitude de ceux qui, comme le PNV [Parti nationaliste basque], se réclame de la démocratie pour remettre en cause le côté licite des jugements qui, procès après procès, rendent la gauche indépendantiste responsable de la persistance insupportable du terrorisme." (20.12.2007)

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ÉCONOMIE

Dnevnik - Bulgarie

Le consommateur bulgare profite des importations chinoises

Selon un sondage récent, les Bulgares estiment que leur niveau de vie s'est amélioré, leur permettant de consmmer au-delà leurs besoins fondamentaux. Boiko Pentchev reste sceptique. "Certes, les jeunes doivent être heureux de pouvoir acheter un téléviseur plasma, un téléphone portable ou d'autres articles high-tech [fabriqués à bas prix en Chine]. Toutefois, on observe que de plus en plus de personnes accordent progressivement une plus grande importance à ce qui ne vient pas de Chine : les appartements, l'alimentation, les services. Les activités sportives, les livres et tout ce qui est nécessaire à un bon épanouissement personnel sont de plus en plus chers. (...) La qualité de vie se révèle plus complexe et plus chère que n'importe quel joujou en plastique. Elle repose sur des éléments que l'argent ne peut pas acheter, mais que l'on partage avec les autres : les infrastructures et la nature." (19.12.2007)

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CULTURE

Financial Times - Royaume-Uni

Le marché de l'art contemporain, terrain de jeux des super riches

L'œuvre de l'artiste britannique Damien Hirst 'For the love of God', un crâne incrusté de diamants, a récemment été vendue pour 70 millions d'euros. Jonathan Guthrie réagit. "Hirst, 42 ans, a redéfini sa profession. Un artiste peut maintenant être un magouilleur multimillionnaire avec sa marque personnelle comme le font les couturiers les plus connus. L'art contemporain est devenu un terrain de jeu où investissent les gens enrichis par la mondialisation, qu'ils soient des banquiers américains et européens, des magnats russes des matières premières ou des industriels asiatiques. Tout ça grâce à l'universalité de ses thèmes - ou peut-être leur opacité. (...) Cet artiste a réussi à persuader les élites riches d'acheter des représentations du seul problème que leur fortune ne peut leur faire éviter : la mort." (20.12.2007)

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COULEURS LOCALES

The Economist - Royaume-Uni

'Les terroiristes' s'en prennent aux vins du nouveau monde

L'hebdomadaire enquête sur le sentiment de crainte qui agite les viticulteurs français. "Un vigneron français s'est récemment plaint affirmant que chaque bouteille de vin du nouveau monde qui arrive en Europe est 'une bombe lancée contre notre riche culture européenne'. Peu de choses inquiètent plus les viticulteurs français plus que l'irrévérence innommable de certains producteurs envers le terroir. La force de ce sentiment est si grande que le pays a même son propre groupe de, euh, terroiristes. Un groupe de militants français masqués a attaqué des cuves de vins étrangers, ils ont muré un bâtiment public et fait sauter de petits engins explosifs dans un supermarché. Ces vignerons encagoulés font face à une nouvelle horreur, du vin transgénique. (...) La recherche pour créer des vignes transgéniques avance rapidement et des levures transgéniques ont commencé à faire leur apparition dans les vignobles américains." (20.12.2007)

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