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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 31.01.2008

 

À LA UNE

L'Italie se dote d'un gouvernement de transition

L'Italie se dote d'un gouvernement de transition

 

Après la chute du cabinet de Romano Prodi la semaine dernière, le président italien Giorgio Napolitano a opté le 30 janvier pour la formation d'un gouvernement de transition pour quelques mois. Il est dirigé par Franco Marini, actuel président du Sénat, qui a notamment la charge de réformer la loi électorale en vue de nouvelles élections législatives. » suite

Extraits des publications suivantes:
La Repubblica - Italie, Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne, Le Temps - Suisse, Postimees - Estonie

La Repubblica - Italie

L'éditorialiste Massimo Giannini est satisfait de la décision prise par le président italien. "La République italienne est entre les mains d'un président sage et compétent (...). La solution qu'il a choisie pour sortir d'une crise inédite et insidieuse est un chef d'œuvre d'équilibre institutionnel et de bon sens politique (...). La mission reste difficile, peut être même impossible. Un gouvernement de raison qui pourra convaincre en très peu de temps les différentes forces politiques d'approuver une nouvelle loi électorale et prendre des décisions urgentes reste une chimère lointaine et probablement inaccessible. Pour le moment, cet éventuel exécutif de salut public n'a pas de majorité parlementaire visible (...). Mais Marini a le devoir d'essayer. Et Napolitano a eu le courage de lui indiquer le chemin." (31.01.2008)

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

Pour Heinz-Joachim Fischer estime que "ce dont l'Italie a besoin maintenant, c'est n'est pas d'une nouvelle loi électorale mais d'un gouvernement qui mette fin aux ingérences, à l'image des montagnes de poubelles qui s'accumulent à Naples depuis des années. Les Italiens sont par exemple de plus en plus victimes de la misère. La banque nationale a récemment constaté la stagnation des salaires, le recul du pouvoir d'achat, la progression de l'endettement des ménages. (...) La mafia s'est implantée dans le système de santé, notamment dans le Sud de l'Italie, souvent avec la complicité des politiciens. Et surtout, les affaires publiques privilégient la décontraction aux discussions sérieuses. La dernière fois que l'Italie a été rappelée à l'ordre, c'était à l'occasion de son adhésion à l'Union monétaire européenne. L'UE ne pourra pas rester passive si seul le Nord du pays reste attaché à l'Europe. A Rome, il faut désormais passer aux choses sérieuses." (31.01.2008)

Le Temps - Suisse

Stéphane Bussard rappelle que Romano Prodi a été "le grand médiateur d'une coalition écartelée entre l'extrême gauche et le centre catholique et d'un gouvernement qui n'aura jamais été autant à gauche dans l'histoire de la République italienne. L'avènement d'un pôle réformiste de centre gauche, le Parti démocrate, souhaité par les 'prodiens', a paradoxalement porté le coup de grâce à l'expérience Prodi. Présidé par le quasi-blairiste Walter Veltroni, le Parti démocrate incarne peut-être le seul espoir du centre gauche dans un pays où la gauche a toujours été mathématiquement minoritaire. Son objectif : obtenir une majorité non éclatée, capable de gouverner un Etat fondateur de l'Union européenne, membre de l'OTAN et de la zone euro. Pour porter cet espoir toutefois, il devra gérer les fortes turbulences que la chute de Prodi vient de causer en son sein." (29.01.2008)

Postimees - Estonie

Selon le quotidien estonien, on soumet en Europe la stabilité du système politique d'un pays à un traitement partial. "La chute du gouvernement italien n'a pas été une grande surprise, tant pour les Italiens que pour la plupart des Européens. La majorité de la coalition était simplement trop faible. (...) Il n'y a encore aucune raison de céder à la panique, car le pays a déjà surmonté des crises et des turbulences plus graves. Toutefois, alors que la République tchèque se querellait pour former son gouvernement, pendant que la Hongrie endurait elle aussi une crise gouvernementale et lorsqu'un Premier ministre mal aimé (pour ne pas dire plus) a été élu en Europe, d'aucuns évoquaient régulièrement le manque de maturité démocratique des Européens de l'Est et les dangers qui en résulteraient pour l'UE. Avec la crise italienne, les réactions sont beaucoup plus mesurées." (31.01.2008)

RÉFLEXIONS

The Guardian - Royaume-Uni

Pour Timothy Garton Ash, le Royaume-Uni n'a rien à envier à la Stasi

Le penseur britannique Timothy Garton Ash réagit à un récent rapport officiel selon lequel les autorités britanniques font environ 1000 demandes de mise sur écoute par jour. "L'Etat britannique met son nez partout et dérape complètement (...). La Stasi a commencé à m'espionner lorsque je me trouvais en Allemagne de l'Est voilà 30 ans. Je pensais alors voyager de l'un des pays les plus libres au monde vers l'un des moins libres. Je ne crois pas que j'avais tort à l'époque, mais j'aurais certainement tort maintenant. Aujourd'hui les habitants en Allemagne de l'Est sont beaucoup moins surveillés que le peuple britannique. (...) Bien sûr, cette comparaison avec la Stasi est une hyperbole. Ayant vécu moi-même sous le régime de la Stasi, je sais que nous en sommes loin. Mais la somme d'informations recueillies et partagées - sans parler de l'affaire des données perdues - par le gouvernement britannique dépasse largement les quelque 160 kilomètres de dossiers de la Stasi. (...) On ne protège pas la liberté en se fiant simplement aux bonnes intentions de nos dirigeants, fonctionnaires et espions. L'enfer est pavé de bonnes intentions." (31.01.2008)

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Tribune de Genève - Suisse

Pour Antoine Maurice, l'Europe illustre un cas 'd'helvétisation'

Le chroniqueur Antoine Maurice analyse le poids réel de l'UE sur la scène internationale. "Deux hommes politiques français, Edouard Balladur et Hubert Védrine, entamaient l'autre jour un débat à la radio sur la politique extérieure de l'UE en évoquant le risque 'd'helvétisation' de l'Europe comme un repoussoir. (...) Elle signifie qu'à leurs yeux l'Europe unie se comporte au mieux avec la modestie d'un petit pays sur le plan international, ce qu'ils déplorent. (...) Sur les grands enjeux du monde - sécurité, commerce et environnement -, l'Union se gargarise de la notion de soft power (voies et moyens de l'influence diplomatique). Or elle sait qu'il n'est aujourd'hui comme hier de véritable puissance que gagée en dernier ressort sur la puissance classique, c'est-à-dire l'impact qui lui manque de l'économie et de la force militaire. C'est autre chose qu'un syndrome helvétique." (31.01.2008)

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Die Zeit - Allemagne

Jan Ross analyse le style dévastateur de Nicolas Sarkozy

Après la démission du gouvernement italien, Jan Ross se demande si l'Europe est suffisamment forte pour supporter le duo Berlusconi-Sarkozy, l'empereur italien des médias et le phénomène médiatique français. "La mentalité [de Sylvio Berlusconi], ouvertement axée sur le profit, ne correspond pas aux principes de [Nicolas] Sarkozy. Le jeu [de Sarkozy] avec les médias est plus subtil. Il ne se met pas en scène avec la gestuelle d'un chef qui paye l'orchestre et impose son rythme ou pour mettre en avant son copinage avec les éditeurs et les directeurs de grands groupes. Nicolas Sarkozy est plus fort que Silvio Berlusconi sur ce point. Il est lui-même un phénomène médiatique, ce n'est pas un producteur mais un acteur avide de publicité passé maître dans l'art de la manipulation. Il est le plus fragile, la personne la plus exposée à la chute. Le fait qu'il se soit montré main dans la main avec l'incontrôlable Carla Bruni représente un risque que Silvio Berlusconi, macho jovial et robuste, n'aurait pas pris. Toutefois, ces deux personnalités ont un effet destructeur sur le système démocratique : elles adoptent la même démarche empreinte de personnification, d'hystérie et de vulgarité." (31.01.2008)

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Rzeczpospolita - Pologne

Kinga Dunin demande à la Pologne d'être tolérante

La sociologue polonaise Kinga Dunin regrette que les politiciens polonais de tous les bords n'agissent pas suffisamment en faveur de la tolérance envers les minorités, comme les juifs ou les homosexuels. "Personne ne veut entrer en conflit avec l'Eglise. La droite cherche à reconquérir ses électeurs. La gauche, quant à elle, est en proie à un sentiment de culpabilité qu'elle traîne depuis l'époque communiste. (...) C'est pourquoi nous ne considérons pas l'antisémitisme, le sexisme ou l'homophobie comme des phénomènes négatifs devant être éliminés. Au lieu de cela, nous nous demandons si untel a vraiment offensé ou non une minorité ou bien si le fait de mentionner l'antisémitisme polonais n'est pas un signe fortuit d'un sentiment antipolonais, etc. A vrai dire, nous devrions déjà déjà être bien au-delà de ces discussions." (31.01.2008)

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POLITIQUE

Pravda - Slovaquie

La Slovaquie reporte la ratification du Traité de Lisbonne

La Slovénie et Malte ont ratifié le 30 janvier le Traité de Lisbonne. Cependant, en Slovaquie, le vote a été reporté à la dernière minute. Le motif ? L'opposition, dont les voix sont nécessaires à l'adoption du traité, a fait marche arrière en raison d'un projet de loi gouvernemental relatif aux médias, qui serait non démocratique. Marius Kopcsay se montre compréhensif. "Venant de l'opposition, c'est un comble. Mais elle ne pouvait pas rester sans broncher. Il reste suffisamment de temps pour adopter le traité européen. (...) Les deux thèmes sont étroitement liés. Le traité de Lisbonne met en place des principes européens et la loi sur la presse montre si ces principes s'appliquent en Slovaquie." (31.01.2008)

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Dnevnik - Slovénie

La Slovénie est-elle sous l'influence des Etats-Unis ?

Mitja Drobnic, directeur politique du ministère slovène des Affaires étrangères, a démissionné mardi 30 janvier. Le quotidien slovène 'Dnevnik' avait publié le compte rendu d'une discussion confidentielle entre lui et un haut diplomate américain. Ce dernier lui avait suggéré que la Slovénie reconnaisse l'indépendance du Kosovo. La Slovénie, à la tête de la présidence tournante de l'UE [depuis le 1er janvier], est maintenant soupçonnée de subir l'influence des Etats-Unis. Selon Antisa Korljan, "il fallait s'attendre à ce que l'on cherche un bouc émissaire au ministère. (...) D'une certaine manière, Mitja Drobnic était un choix logique car seul son nom est directement lié à l'affaire du compte rendu. (...) Cependant, le ministre des Affaires étrangères Dmitrij Rupel et le Premier ministre Janez Jansa doivent désormais remuer ciel et terre pour prouver que la politique extérieure slovène agit en toute indépendance et n'est pas à la solde d'un autre pouvoir." (30.01.2008)

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To Ethnos - Grèce

La difficile succession de Mgr Christodoulos en Grèce

Les funérailles du chef de l'Eglise orthodoxe grecque, Mgr Christodoulos, auront lieu le 31 janvier. Giorgios Delastic rappelle qu'en Grèce, l'Eglise, qui n'est pas séparée de l'Etat, a une forte influence sur la politique étrangère. "Mgr Christodoulos était un réformateur nationaliste. Mais il a vite compris le jeu de la diplomatie. La Grèce étant membre de l'UE, Christodoulos a dû renforcer les liens avec le Vatican. (...) Quand il se mettait en colère sur le dossier turc, il se rapprochait de la très puissante Eglise orthodoxe russe, pour ménager les tensions. Plus qu'un archevêque, c'était un homme politique. Un tel charisme ne se retrouve pas parmi les candidats au poste d'archevêque d'Athènes. C'est pour cela que l'élection de son successeur monopolise les médias. Entre les dossiers chypriote, de la FYROM et de la Turquie, une prise de position maladroite aurait des conséquences fâcheuses." (31.01.2008)

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MÉDIAS

La Vanguardia - Espagne

Pas de démocratie sans pluralisme médiatique

Alors que se déroule en Espagne un débat sur le rôle de l'Etat dans les moyens de communication, le professeur de droit Francesc de Carreras insiste sur le besoin de garantir l'indépendance des médias. "La démocratie ne se résume pas à des élections. C'est aussi un débat libre, pluraliste et censé afin que les citoyens puissent former leurs propres critères et voter en fonction de leurs idées ou de leurs intérêts. Il n'y a pas d'institutions politiques démocratiques sans opinion publique libre. Mais le libre jeu entre entreprises de communication privées ne garantit pas non plus une opinion publique libre. En raison de leur rôle démocratique décisif, elles devraient aussi être soumises à des règles." (31.01.2008)

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CULTURE

El País - Espagne

La guerre d'Espagne sous l'objectif de Capa

Plusieurs milliers de négatifs de photographies de la guerre civile espagnole, prises pour certaines par le photographe Robert Capa, viennent d'être retrouvés au Mexique. "Plusieurs générations d'Espagnols ont pu imaginer la brutalité de ce conflit civil grâce au travail de Capa (...)", explique le quotidien. Il se demande si le négatif de l'un plus célèbres clichés de cette époque, 'Mort d'un milicien', se trouve également dans cette valise. "De fins experts se sont employés à analyser le fond de l'image et à calculer l'inclinaison de l'ombre par rapport au soleil pour entretenir la rumeur selon laquelle cette photo serait un montage. On ne pourra peut-être pas en savoir plus cette fois, et on ne connaîtra même peut-être jamais la vérité. Mais s'il s'agit d'un montage, cette falsification aura, paradoxalement, servi à nous informer avec la plus grande des précisions sur l'horreur de ces années sanglantes." (30.01.2008)

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COULEURS LOCALES

Evenimentul Zilei - Roumanie

Les Ceausescu reposent-il vraiment dans leurs tombes ?

L'exhumation des époux Ceausescu fait débat depuis de nombreuses années en Roumanie. Grigore Cartianu soutient cette mesure. "Depuis 18 ans, les Roumains vivent avec la malédiction d'avoir fait exécuter leurs dirigeants le jour de Noël, même s'ils étaient des dictateurs. Mais la Roumanie se pose également une question essentielle : où se trouvent les ossements du couple Ceausescu ? Depuis 18 ans, la réponse de l'Etat est la même : au cimetière bucarestois de Ghencea. Pourtant, l'Etat ne s'appuie pas sur des documents fiables, mais sur le témoignage de Gelu Voican Voiculescu, [l'organisateur de l'exécution et de l'enterrement]. (...) Tout a été filmé mais il n'y a aucun témoin oculaire. Le cimetière peut être n'importe quel cimetière. (...) L'exhumation est non seulement importante pour la famille Ceausescu, mais également pour l'histoire du pays. Nous ne pouvons pas laisser des points d'interrogation dans nos livres d'histoire au motif que le tribunal de Bucarest n'approuve pas l'exhumation. Que se passerait-il si les tombes étaient vides ?" (31.01.2008)

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Corriere della Sera - Italie

La pizza napolitaine met tout le monde d'accord

Le journaliste Paolo Conti constate qu'en pleine crise politique, le gouvernement a réussi à prendre une initiative qui réconcilie les adversaires. "Le gouvernement de centre-gauche de Romano Prodi a réussi à boucler une page bureaucratico-culinaire essentielle pour la protection de la vraie pizza napolitaine. Il a présenté un projet de loi qui doit être soumis à l'UE. D'ici la fin de l'année 2008, celui qui voudra apposer l'appellation Spécialité Traditionnelle Garantie (STG), à sa pizza napolitaine, devra respecter scrupuleusement le poids, les ingrédients, le temps de cuisson et les dimensions (…). Le président du comité pour la protection de la pizza napolitaine et représentant du parti Alliance nationale [AN, droite nationale conservatrice] à Naples, Rosario Lopa, est très satisfait (…). La pizza n'appartient à aucun parti." (30.01.2008)

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