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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 08.02.2008

 

À LA UNE

Le 'oui' discret de la France au Traité de Lisbonne

Le 'oui' discret de la France au Traité de Lisbonne

 

Dans la nuit du jeudi 7 au vendredi 8 février, le Parlement français a autorisé à une forte majorité la ratification du Traité de Lisbonne. La France est ainsi devenue le cinquième pays de l'UE à ratifier ce texte. Trois ans après le 'non' français au référendum sur le traité constitutionnel, la presse européenne regrette que ce texte modifié ait été adopté sans débat public. » suite

Extraits des publications suivantes:
Der Standard - Autriche, Le Courrier - Suisse, Les Dernières Nouvelles d'Alsace - France

Der Standard - Autriche

Stefan Brändle estime que "les politiciens français peuvent être décidément très discrets. Les grands discours et la célébration des perspectives européennes ont cédé la place à une pusillanimité pitoyable le 7 février. Les discussions sur ce traité 'simplifié' ont été reportées jusque tard dans la nuit afin que la télévision et les journaux ne puissent pas en faire le compte rendu. De même, le Sénat a agi pendant la nuit. Dès le départ, il était évident que la ratification allait être approuvée car l'UMP dispose d'une majorité encore plus confortable au Sénat. Le président Nicolas Sarkozy se cache derrière ces débats organisés en toute discrétion, car il voulait en terminer le plus rapidement possible. En effet, ces derniers jours, de plus en plus de voix s'élevaient contre ce que l'on pourrait qualifier de mépris pour la volonté du peuple." (08.02.2008)

Le Courrier - Suisse

"L'Europe est un sujet trop sérieux pour un peuple que l'on devine irrationnel et imprévisible", ironise l'éditorialiste Philippe Bach, qui regrette que le Traité de Lisbonne n'ait pas été soumis à un référendum. "Les citoyens avaient rejeté le traité constitutionnel [en 2005] pour toute une série de bonnes et de moins bonnes raisons. Un des principes de la démocratie, c'est d'admettre que le peuple a raison, même quand il a tort. A vouloir faire son bonheur malgré lui, on légitime la tendance d'ores et déjà forte de voir dans les institutions européennes une machine de guerre surtout au service de l'idéologie dominante. Et, la forme conditionnant le fond, ce n'est pas en prenant des raccourcis démocratiques que l'on va inventer une Europe au service du bien commun et des institutions véritablement à même d'entendre et de défendre l'intérêt de ceux qui ont le plus besoin de la protection de l'Etat. C'est-à-dire de la très grande majorité des citoyens." (08.02.2008)

Les Dernières Nouvelles d'Alsace - France

L'éditorialiste Jean-Claude Kiefer évoque "un vote sans gloire et sans publicité, à des années-lumière de l'effervescence qui s'était emparée du pays il y a deux ans ! (...) Certes, le Traité de Lisbonne, qui n'est pas simplifié du tout et d'ailleurs complètement illisible pour un non spécialiste du droit européen, n'est pas la Constitution. (...) Lisbonne fournit un mode d'emploi avec un outil de montage en montrant - comme dans la notice d'un meuble en kit - de quelle façon assembler les pièces... lorsque ces pièces seront toutes disponibles. Car seuls quelques éléments existent pour l'instant. Aux politiques d'apporter le reste. (...) Même s'il ouvre de nouvelles possibilités, le traité de Lisbonne reste un outil dont l'efficacité sera mesurée à l'habilité des mains qui s'en serviront. Et, abstraction faite de polémiques politiciennes étrangères à l'Europe, ce texte technique ne méritait sans doute pas plus qu'un vote en séance de nuit." (08.02.2008)

RÉFLEXIONS

taz - Allemagne

Robert Misik différencie critique et haine des religions

Selon le journaliste autrichien Robert Misik, la critique des religions ne vise pas à tenir des propos incendiaires contre elles, mais à ne pas attiser la haine contre elles. Il évoque ensuite les formes appropriées de cette critique. "Les critiques, notamment celles destinées à faire la leçon aux toutes puissantes autorités religieuses ne sont pas exemptes de raillerie. Mais la raillerie, n'en est pas toujours une. Selon le philosophe de Leipzig, Christoph Türcke, 'la dérision et la moquerie ont toujours eu une valeur progressiste lorsque les faibles les ont utilisées contre les puissants.' Si les puissants ou les chantres de la bienséance culturelle se moquent des opprimés, ce ne peut être qu'un signe de dédain qui flirte allègrement avec un ressentiment raciste. En bref, le fait de qualifier le prophète Mahomet de 'délinquant sexuel' abuseur d'enfant n'a pas la même signification en fonction de la personne à l'origine de cette critique : un ancien musulman ou un bourgeois du quartier berlinois de Charlottenburg, qui fait la grimace en évoquant les Turcs et les Arabes rétrogrades." (08.02.2008)

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Le Temps - Suisse

Pour Denis MacShane, l'UE ne peut pas oublier Mladic

Dans une tribune également publiée par la presse anglaise, l'ancien ministre britannique Denis MacShane, qui a notamment été en charge de la question des Balkans entre 2001 et 2005, salue les Pays-Bas et la Belgique pour avoir bloqué le lancement des négociations d'adhésion de la Serbie à l'UE. "Ouvrir [ces négociations] sans exiger la reddition préalable [du général serbe Ratko] Mladic pouvait apparaître, aux yeux des diplomates européens, comme un moyen de soutenir les politiciens serbes proeuropéens enlisés dans une bataille électorale difficile. Mais ce, au prix d'un revirement spectaculaire de la politique européenne, traditionnellement soucieuse de conditionner l'adhésion d'un nouvel Etat membre des Balkans à la preuve de sa bonne coopération avec le Tribunal international de La Haye. (...) La Belgique et les Pays-Bas viennent d'empêcher les ministres européens des Affaires étrangères de prendre une décision qui aurait rappelé la diplomatie ratée de l'ère Milosevic." (08.02.2008)

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POLITIQUE

The Times - Royaume-Uni

Le Royaume-Uni doit-il composer avec la charia ?

Le quotidien affirme que Rowan Williams, archevêque de Canterbury "a fait quelque chose hier [le 7 février] qui était loin d'être raisonnable. Il a dit que la reconnaissance et l'application de dispositions contenues dans la charia, la loi islamique, étaient 'inévitables' au Royaume-Uni, et a appelé à un "ajustement constructif de certains aspects de la loi musulmane", dans des domaines comme les différends conjugaux. Les musulmans ne devraient pas avoir à choisir, dit-il, entre 'la loyauté envers leur culture et la loyauté envers l'Etat'. Ces remarques sont sidérantes. (...) Il est fondamental pour cette démocratie qu'il y ait la même loi pour tout le monde. Des personnes de confessions diverses - des juifs, des hindous, des sikhs - se sont installées avec joie au Royaume-Uni sans demander une nouvelle série de lois pour eux-mêmes. (...) Au Royaume-Uni, tous les citoyens sont égaux devant la loi. Tout ce qui pourrait bouleverser cet équilibre doit être considéré comme totalement inacceptable. (...) En 2001, la Cour européenne des Droits de l'homme a statué que la charia divergeait clairement des valeurs des Droits de l'homme inscrites dans la Convention européenne." (08.02.2008)

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Gazeta Wyborcza - Pologne

Vers une amélioration des relations entre Varsovie et Moscou

Le Premier ministre polonais Donald Tusk ralise le 8 février une visite à Moscou pour y rencontrer, entre autres, le président Vladimir Poutine. Tomasz Bielecki voit dans cette visite, la première du genre depuis 2001, un signe de détente entre les deux pays. "Le Kremlin souhaite améliorer ses relations avec l'Europe de l'Ouest. Aussi a-t-il besoin de normaliser ses relations avec Varsovie. Les diplomates russes admettent que Moscou a tout récemment appris à évaluer à sa juste valeur l'influence de la Pologne au sein de l'UE. (...) L'unique conséquence visible de cette normalisation résiderait dans le renforcement des relations économiques. Bien que la Russie utilise souvent le commerce des matières premières énergétiques pour se livrer à son petit jeu diplomatique, elle peut également faire preuve de pragmatisme. On peut citer comme exemple l'attitude de la Russie envers la Lettonie. En dépit du durcissement des relations des Lettons avec le Kremlin, les échanges commerciaux entre les deux pays se sont considérablement renforcés depuis deux ans." (08.02.2008)

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Evenimentul Zilei - Roumanie

Plaidoyer pour une nouvelle Constitution en Roumanie

Le 7 février, la Cour constitutionnelle roumaine a décidé que le président de la République a le droit de refuser une fois - en motivant son choix - la proposition que lui fait le Premier ministre pour un poste ministériel vacant. La Cour a rendu cette décision alors que la nomination du nouveau ministre de la Justice suscite une vive polémique entre le président Traian Basescu et le Premier ministre Calin Tariceanu. Selon Mircea Marian, "quiconque qui croit aux vertus de la démocratie devrait être préoccupé par le fait qu'un seul homme, même s'il s'agit du président, détienne autant de pouvoir. Et pourquoi le président ne devrait refuser qu'une seule candidature ? Pourquoi pas deux ou trois ? (...) Toutefois, nous ne pouvons pas blâmer la Cour. La loi fondamentale mise en place en 1991 et retouchée en 2003 est tout simplement un désastre. Elle devrait encadrer le fonctionnement d'une république présidentielle ou parlementaire, mais pas d'une 'semi-république', véritable aberration à deux têtes qui s'agressent mutuellement." (08.02.2008)

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Le Figaro - France

Sarkozy cède devant la grogne des chauffeurs de taxi

"'Paris est la seule ville au monde où l'on a du mal à trouver un taxi', avait déploré le chef de l'État le 23 janvier, lors de la remise du rapport Attali. Elle risque, hélas, de le rester", constate l'éditorialiste Nicolas Barré. Suite aux grèves des chauffeurs de taxis cette semaine, Nicolas Sarkozy a annoncé que la mesure du rapport Attali les concernant ne serait pas appliquée. "En cédant face aux taxis tout en promettant de moderniser rapidement la profession sans la 'spolier', les pouvoirs publics ont pris le risque de différer une réforme, et peut-être d'autres ensuite, qui devrait s'imposer d'évidence et risquerait n'en a-t-on pas besoin ? de créer des emplois. (...) Il serait dramatique qu'au premier coup de menton les réformes se fracassent sur le mur des corporatismes." (08.02.2008)

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Hospodářské noviny - République tchèque

L'élection présidentielle tchèque en danger

Il est difficile de savoir si les élections présidentielles tchèques prévues ce 8 février vont effectivement avoir lieu. Chargées de désigner le nouveau chef d'Etat, les deux chambres du Parlement ne sont toujours pas tombées d'accord pour savoir si le scrutin doit être ou non secret. Une grave crise se profile à l'horizon. Jan Machacek considère que ce sont surtout les anciens communistes qui pourraient profiter de cette bataille procédurière car ils ne veulent ni du président sortant Vaclav Klaus, ni de son opposant Jan Svejnar, le candidat des Verts. "Il est fâcheux que nous assistions encore à des querelles semblables à celles qui avaient perturbé les élections présidentielles de 2003 et compliqué la formation du gouvernement après les élections législatives de 2006. Et le fait que les communistes aient tous les atouts en main est presque un supplice." (08.02.2008)

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The Irish Times - Irlande

Les 'murs de la paix' de Belfast doivent-ils tomber ?

Réagissant à un article récent, la journaliste Fionnuala O'Connor se demande s'il est temps de détruire les 'murs de la paix' de Belfast, une séries de barrières de séparation qui marquent la ségrégation entre les quartiers catholiques et protestants. "Cela demande un regard nouveau que de considérer que des barrières de 12 mètres de haut entre catholiques et protestants et des murs de briques dans les rues ne sont plus nécessaires. Mais il ne faut pas plus qu'un tour pertinent en voiture dans les quartiers pour se rappeler où se trouve chacun de ses murs, et pour voir que ceux qui ne vivent pas là auraient du culot de venir persuader les résidents de prendre leur marteau et commencer une démolition pacifique. Un semblant de normalité pourrait en encourager certains, mais dans des douzaines de rues, des gens savent qu'une seule mauvaise blessure provoquée par une pierre bien lancée pourrait encore déchaîner la colère des foules. Ils vivent le long des lignes de démarcation d'une vieille querelle non résolue, à vrai dire laissée largement intacte, malgré la paix qui prévaut aujourd'hui." (08.02.2008)

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Göteborgs-Posten - Suède

La Suède réforme le système de notation dans les écoles

La dernière étude du Programme international pour le suivi des acquis des élèves (PISA) a révélé les mauvais résultats des écoliers suédois. Une modification du système de notation est du coup à l'étude. Désormais, les écoliers seront notés à partir de la sixième année d'étude [début du collège] et non de la huitième comme c'est le cas actuellement. Par ailleurs, le ministre de l'Education Jan Björklund a présenté plusieurs propositions pour un nouveau système à six notes. Le quotidien salue cette initiative. "Pendant le débat sur le système de notation, il n'était pas rare de voir surgir une ambivalence qui opposait deux points de vue : le fait que les écoliers avaient besoin de signaux forts et l'idée selon laquelle de mauvaises notes pouvaient les décourager. Aussi peut-on raisonnablement en déduire que l'école, si nécessaire, doit exiger quelque chose de ses élèves. En outre, une échelle de notes affinée permet de rattraper plus facilement une mauvaise note. Le résultat d'un apprentissage studieux sera alors visible plus rapidement qu'avec le système actuel à trois niveaux. Par ailleurs, des évaluations précises stimulent l'ambition. La proposition d'un nouveau système de notation constitue donc une étape majeure de la réforme en vue de l'amélioration du fonctionnement de l'école." (07.02.2008)

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CULTURE

Magyar Hírlap - Hongrie

La culture alternative n'a pas sa place à Budapest

Le Kultiplex, un centre dédié à la culture alternative situé au centre de Budapest, devrait devenir un complexe hôtelier. En dépit du succès de cette forme de culture, le quotidien considère qu'elle fait l'objet d'un certain mépris. "Sous certains aspects, sa situation s'est aggravée depuis les années 1980. Ses centres d'exposition ont dû fermer leurs portes ou sont au plus mal. Mais le plus regrettable, c'est que ce lieu ne semble intéresser personne aujourd'hui. Même l'ancien activiste 'underground' Gábor Demszky, l'actuel maire de Budapest, ne semble pas s'occuper du mouvement 'underground'. Seul 'l'overground', c'est-à-dire les terrains constructibles, semble trouver grâce à ses yeux. L'existence d'une culture dite 'libre', vierge de toute influence politique, ne soulève pas l'enthousiasme des politiciens. C'est pourquoi cette lutte contre la cupidité des élites politiques ne laisse entrevoir guère plus d'espoir que celle que nous avons menée contre le Parti [communiste]. Toutefois, rien n'est encore interdit, au moins en théorie." (08.02.2008)

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COULEURS LOCALES

ABC - Espagne

Les Espagnols ont du mal avec les langues étrangères

Une enquête réalisée en 2007 par le Centre d'enquêtes sociologiques (CIS) de Madrid montre que les Espagnols maîtrisent très mal les langues étrangères. Pour Irene Lozano, "cette ignorance représente non seulement un désavantage grave en terme de compétitivité mais entraîne un appauvrissement culturel regrettable. L'isolement historique de l'Espagne, la tranquillité que confère le fait de parler une langue comprise dans une grande partie du monde et la culture du doublage permettent d'expliquer notre éloignement de l'Europe, mais ne le justifie pas. Dans le meilleur des cas, il nous reste encore à parcourir la moitié du chemin pour arriver au niveau de nos voisins européens. Nous sommes certes partis d'une situation difficile car voilà encore trente ans, on enseignait à peine les langues étrangères à l'école. Mais il faut désormais se mettre à les apprendre." (08.02.2008)

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CHOUX DE BRUXELLES

Le Jeudi - Luxembourg

Tony Blair à la tête de l'UE, de l'humour britannique ?

Jean Portante se moque du "rêve européen" de Tony Blair dont le nom est souvent cité pour occuper le poste de président de l'Europe prévu par le Traité de Lisbonne. "Seul le fin humour britannique permet de saisir une telle aspiration. Rappelons, en effet, même si personne ne l'a oublié, que la Grande-Bretagne gouvernée par un certain Tony Blair n'a pas seulement été championne ès opposition au traité constitutionnel. Elle est également restée à l'écart de l'euro et de Schengen, deux piliers incontournables tout de même de l'unité de l'Europe. Même la Charte européenne des droits de l'Homme a été pour elle une pilule difficile à avaler. (...) Dans ces conditions, promouvoir la candidature du prédécesseur de Gordon Brown à la présidence de l'Union relève au mieux de la plaisanterie, au pire d'une amnésie continentale ou même d'une provocation." (07.02.2008)

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