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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 03.03.2008

 

À LA UNE

Medvedev, un président sous influence

Medvedev, un président sous influence

 

Avec plus de 70 % des voix, Dmitri Medvedev a été élu dimanche 2 mars nouveau président de la Russie, sans surprise. La presse européenne s'interroge sur le partage des pouvoirs entre le prochain Premier ministre annoncé Vladimir Poutine et le nouveau président élu. » suite

Extraits des publications suivantes:
La Libre Belgique - Belgique, La Repubblica - Italie, Népszabadság - Hongrie, Open Democracy - Royaume-Uni, Postimees - Estonie

La Libre Belgique - Belgique

Philippe Paquet s'interroge dans son éditorial, "Que pouvait-on 'observer' dimanche [2 mars] à Moscou ? Rien, sinon le triste spectacle d'un grand pays (théoriquement) européen se livrant à une parodie de la démocratie. Parmi les réalisations dont on crédite les huit années de présidence Poutine, la moindre n'est pas d'avoir restauré jusqu'à un certain point l'honneur d'une nation passablement humiliée par l'effondrement de l'URSS et les déboires de l'ère Eltsine, quand la misère sociale et l'emprise mafieuse progressèrent de concert. Aujourd'hui, la Russie a retrouvé de sa puissance et de sa superbe. Mais, si elle inspire de nouveau la crainte, elle n'inspire toujours pas l'admiration." (03.03.2008)

La Repubblica - Italie

L'éditorialiste Sandro Viola revient sur la victoire de Medvedev aux élections russes. "Pour la première fois depuis la Révolution bolchevique, la Russie aura un dirigeant très différent. Medvedev n'est pas un révolutionnaire de profession, ni un homme du parti, ou issu de la bureaucratie. Il n'est pas non plus un ex-chef du KGB ou de l'armée. Par sa formation et sa connaissance du monde économique, on pourrait le prendre pour un responsable politique occidental. Mais il doit toute sa carrière à Poutine. Pourra-t-il agir avec indépendance? (...) Il est trop tôt pour le dire. Notons déjà qu'il n'a pas les manières de Poutine, ni sa morgue. Bien sur, on ne peut pas faire des hypothèses en se basant sur l'apparence de quelqu'un. Mais un apaisement de relations avec l'Occident est envisageable." (03.03.2008)

Népszabadság - Hongrie

Endre Aczel s'attend à ce que le rôle du gouvernement évolue au gré des jeux de pouvoir en Russie : "A la disparition de l'Union soviétique, le gouvernement est devenu un produit de la bureaucratie. Il n'était pas possible de s'enrichir et de gagner en influence par l'intermédiaire du gouvernement, mais uniquement en dehors de cette entité du pouvoir. (...) Désormais, avec Vladimir Poutine, ce n'est pas un bureaucrate qui est à la tête du gouvernement, mais l'incarnation même du pouvoir. Il va être intéressant d'observer comment les velléités d'indépendance de Dmitri Medvedev vont lui permettre de faire face à un obstacle auquel il n'a jamais été confronté : le gouvernement lui-même." (03.03.2008)

Open Democracy - Royaume-Uni

Nicolai N. Petro, professeur de relations internationales à l'université de Rhode Island, aux Etats-Unis, rappelle que la politique de Poutine au cours de la décennie 1990 visait à "rétablir une autorité centrale, forger un espace légal unifié, renforcer l'économie, (...) construire les bases d'une politique étrangère indépendante. Dans tous ces secteurs, Medvedev était non seulement d'accord avec Poutine, il a également joué un rôle clé dans la mise en œuvre de ces politiques. Maintenant que le pays a retrouvé sa stabilité, il estime qu'il est temps de délaisser la consolidation pour passer à la libéralisation. (...) Les mots d'ordre pour Medvedev ont toujours été 'flexibilité' et 'pragmatisme'. Ce qui fait peser de sérieux doutes sur l'image accolée à Medvedev de laquais exécutant les ordres de Poutine, mais aussi sur l'idée qu'il mettra en œuvre des politiques opposées à celles qu'il a implantées au cours des sept dernières années." (28.02.2008)

Postimees - Estonie

Après les élections présidentielles russes, le journal ne cache pas son incertitude quant à l'évolution de la politique étrangère du pays. "Pour l'Occident et l'Estonie, il est essentiel de connaître la répartition du pouvoir entre Dmitri Medvedev et Vladimir Poutine et, de ce fait, de suivre avec attention l'évolution des relations avec la Russie. Lorsque Boris Eltsine a succédé à Mikhaïl Gorbatchev, il n'y a pas eu beaucoup de changements, car les relations étaient plus ou moins stables. Toutefois, lorsque Vladimir Poutine est arrivé au pouvoir en 2000, les relations se sont considérablement rafraîchies. Le fait que Dmitri Medvedev soit plus libéral que Vladimir Poutine n'est pas vraiment significatif. Il est trop tôt pour parler d'un bouleversement des relations avec la Russie." (03.03.2008)

RÉFLEXIONS

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Irina Brezna revient sur le printemps 1968 à Bratislava

L'auteure Irina Brezna était une étudiante de 18 ans vivant à Bratislava lors du printemps de Prague. Elle revient sur le délitement du pouvoir du président tchécoslovaque Antonin Novotny à cette époque. "L'honnêteté criminelle du président, marque de fabrique des fonctionnaires du comité central du Parti communiste, représentait un mensonge répressif et un ennui étouffant auxquels ma génération a dû se soumettre depuis toujours. (...) Si le portrait du président, accroché dans chaque salle de classe et chaque bureau, avait été aussi séduisant et jeune que celui, devenu célèbre, du Che Guevara, que j'ai eu l'occasion de voir dans les communautés des gauchistes occidentaux, la Tchécoslovaquie aurait connu un tout autre destin. La beauté d'un révolutionnaire barbu, coiffé de son béret chic, s'est accordée avec l'illusion occidentale du socialisme et, non avec notre réalité détestable. Le printemps 1968 a été marquant, non pas parce qu'il nous laissait entrevoir un avenir lumineux, mais parce qu'il nous a montré la véritable nature de l'obscurité." (29.02.2008)

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Télérama - France

Ken Burns et le regard des Américains sur la guerre

Le documentariste américain Ken Burns a réalisé une oeuvre de 14 heures sur la Deuxième Guerre mondiale, intitulée 'The War'. Dans une interview menée par Olivier Pascal-Moussellard, il analyse le rapport des Américains à la guerre. "Aux Etats-Unis, on appelle la Seconde Guerre mondiale la 'bonne' guerre, la certitude de s'être battu pour la bonne cause ne fait aucun doute. Mais avec ce mot on enrobe aussi la bataille de mythologie et on finit par oublier le sang, la souffrance et l'arithmétique de la mort. (...) [Aujourd'hui] pour voir un cercueil rentrant d'Irak, il faut se faufiler comme un pornographe sur les sites Internet de ceux contre lesquels se battent les Etats-Unis ! Les Américains ont beau entendre parler des bombes, savoir qu'il y a des victimes, ils ne les voient pas. Ils ne comprennent donc pas ce qui est en jeu. C'est exactement ce que cherche le gouvernement : nous empêcher de saisir la réalité de la guerre pour que nous fassions des choix sous-informés." (27.02.2008)

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POLITIQUE

România Liberă - Roumanie

La Roumanie a enfin un ministre de la justice

La Roumanie a un nouveau ministre de la Justice : il s'agit de Catalin Predoiu, un avocat de 40 ans. Sa nomination met un terme au conflit entre le Premier ministre Calin Popescu-Tariceanu et le président Traian Basescu. Dan Cristian Turturica commente l'arrivée de ce nouveau membre du gouvernement : "Nous ne savons pas grand-chose de Catalin Predoiu. Toutefois, sa biographie était plus recommandable que celle des autres candidats du Parti national libéral (PNL). (...) Catalin Predoiu est très différent de son prédécesseur Tudor Chiuariu, qui est un militant du parti, alors que le nouveau ministre a travaillé dans un cabinet. En théorie, cela signifie qu'il ne suivra pas les ordres du parti à la lettre. (...) En outre, les postes de ministre représentent un métier de la politique et, pour la Roumanie, il est essentiel que ces postes soient occupés par des experts, même si ce sont des technocrates. Car, de nos jours, il est bien difficile de trouver un dignitaire politique ayant de l'expérience et une morale." (03.03.2008)

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De Volkskrant - Pays-Bas

Les Pays-Bas embarrassés par Geert Wilders

Geert Wilders, chef du Parti de la Liberté (PVV, extrême droite), a récemment annoncé que son film anti-musulman était terminé et qu'il souhaitait le diffuser à la télévision. Le quotidien néerlandais se demande quelle attitude le gouvernement doit adopter vis-à-vis de ce film. "Le gouvernement doit éviter de donner l'impression de violer la liberté d'expression. Cependant, il doit insister sur la responsabilité de Wilders au sujet des conséquences probables de la diffusion de son film sur la sécurité des citoyens, des militaires néerlandais à l'étranger et sur l'économie néerlandaise. Avec l'affaire des caricatures danoises encore fraîche dans nos mémoires, il n'est pas très difficile d'imaginer ce que seront les réactions. Le gouvernement fait bien de montrer d'avance au monde extérieur que les conceptions de Wilders ne sont pas les siennes. Il ne peut rien faire de plus que faire appel au sens de la responsabilité de Wilders." (03.03.2008)

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Lietuvos rytas - Lituanie

L'état d'urgence déclaré en Arménie

Suite à l'élection présidentielle arménienne du 19 février, la capitale arménienne Erevan est le théâtre de manifestations et d'incidents violents qui ont fait 8 morts et 33 blessés. Le président sortant Robert Kotcharian a décrété le 1er mars l'état d'urgence, qui doit être maintenu jusqu'au 20 mars. L'opposition estime que l'élection, remporté par le Premier ministre Serge Sarkissian, a été truquée. Egidijus Vareikis se montre lui aussi sceptique : "Quelque chose ne va pas avec la démocratie en Arménie, aucun doute là-dessus. Comment cela se fait-il qu'un peuple avec une culture et une histoire si riches soit si pauvre et que la corruption soit si répandue ? Les années d'indépendance ont été surtout marquées par les guerres, les blocus économiques et la division de la société. La majorité des Arméniens vit aujourd'hui hors du pays et la plupart des voisins sont en mauvais termes avec lui : le pays est en guerre avec l'Azerbaïdjan, il n'y a pas de réconciliation possible avec la Turquie à cause du génocide, la Géorgie se rapproche de l'Ouest et, bien que les Iraniens ne soient pas des ennemis, ils sont musulmans et, de ce fait, n'ont pas la même religion." (03.03.2008)

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ÉCONOMIE

taz - Allemagne

EADS décroche une grosse commande de l'armée américaine

Le Pentagone a annoncé vendredi 29 février sa décision de confier à EADS et son partenaire Northrop Grumman la construction d'avions de ravitaillement, un contrat d'une valeur de 35 milliards de dollars. Tarik Ahmia constate que "le coup d'éclat de la semaine dernière annoncé par EADS doit être ressenti comme une véritable humiliation par Boeing. Jusqu'à présent, les transactions militaires des européens représentent un chiffre d'affaires d'environ un milliard d'euros. Si EADS développe à une vitesse folle ses activités militaires, c'est avant tout pour des raisons commerciales et l'assurance de profits durables. En revanche, la construction aéronautique civile dépend de la conjoncture et, de ce fait, s'avère plus risquée. (...) EADS est toujours considérée comme une entreprise européenne, bien que la structure de l'actionnariat soit devenue beaucoup plus mixte, avec des actionnaires venant par exemple de Russie ou de Dubaï. Cette internationalisation va se poursuivre par le biais de la fabrication : le montage final des avions militaires doit avoir lieu au Etats-Unis. (...) Aussi le groupe va-t-il continuer à appliquer son programme d'économies pour Airbus en Europe." (03.03.2008)

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Le Temps - Suisse

La réforme fiscale s'annonce difficile en Suisse

Le ministre des Finances suisse "Hans-Rudolf Merz est censé convaincre ses interlocuteurs européens, au début du mois d'avril, que la Suisse est disposée à mettre en œuvre, de manière autonome, dans un délai raisonnable, une solution qui mette fin au différend fiscal avec l'Union européenne (UE)", relate Daniél Miéville. "On sait que la Suisse refuse de négocier avec Bruxelles sur un sujet relevant de sa souveraineté d'Etat non membre de l'UE, mais qu'elle est prête à faire en sorte que la prochaine réforme de la fiscalité des entreprises aille dans un sens satisfaisant, à la fois pour l'économie indigène et pour ses partenaires européens. Le problème du ministre des Finances est que ladite réforme est, depuis le 24 février dernier, politiquement irréalisable [un référendum sur cette réforme n'a pas de résultats concluants]. (...) Le malheureux Hans-Rudolf Merz n'aura donc pas grand-chose à proposer à ses interlocuteurs européens." (03.03.2008)

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CULTURE

Le Monde - France

La culture française craint pour ses budgets

Les 26 et 27 février, des manifestations ont eu lieu à Paris pour dénoncer une baisse globale des budgets culturels. "Aux yeux de certains, la manifestation peut avoir des relents corporatistes. Mais son point de départ est ailleurs. Le 'désengagement de l'Etat' en matière culturelle n'est pas qu'un slogan. Pour la première fois sous la Ve République, un président entend bousculer ce secteur, multipliant les instructions pour le 'banaliser'", écrit le quotidien dans son éditorial. Pourtant, "la culture est devenue un pan non négligeable de l'économie. Elle contribue à revivifier les villes et les régions, qui en ont souvent fait un argument électoral. (...) Les messages envoyés par Nicolas Sarkozy et son entourage vont exactement dans le sens contraire. Plus qu'une revendication corporatiste, les récentes manifestations reflètent une inquiétude réelle et un profond malaise, qu'il serait imprudent de négliger." (03.03.2008)

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The Independent - Royaume-Uni

Le Nord de la France, pas si morose

John Lichfield est ravi de la sortie du film 'Bienvenue chez les Ch'tis'. "Pour les Anglais, le Nord-Pas-de -Calais est un jardin de délices. Cette région est pour nous la porte d'entrée sur le continent, les supermarchés remplis d'alcools à bas prix, et vers des week-ends exotiques à Lille ou Boulogne. Pour les Français, qui s'y rendent rarement, la région la plus au nord de la France est une sorte de terrain vague post-industriel et gelé. C'est une partie de la Belgique, qui est, malencontreusement, une partie de la France. (...) La France aime se moquer des préjugés régionaux. Le succès du moment est une pantalonnade qui raille les stéréotypes nationaux au sujet du Nord-Pas de Calais. Le film (...) a saisi l'imagination des spectateurs dans toute la France, mais particulièrement dans le nord. Pour la première fois, voilà un film, fait dans le patois local par un héros comique local, qui présente la région comme le lieu joyeux et magnifique qu'elle est (ou pourrait être)." (03.03.2008)

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