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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 10.03.2008

 

À LA UNE

Le dilemme européen de la Serbie

Le dilemme européen de la Serbie

 

Le Premier ministre serbe Vojislav Kostunica a présenté sa démission samedi 8 mars. Le gouvernement et le Parlement ne parvenaient plus à gérer leur désaccord sur l'indépendance du Kosovo et leurs relations avec l'UE. Des élections législatives anticipées devraient avoir lieu le 11 mai. » suite

Extraits des publications suivantes:
Delo - Slovénie, Berliner Zeitung - Allemagne, Der Standard - Autriche, ABC - Espagne

Delo - Slovénie

Peter Potocnik estime que, tout comme l'indépendance du Kosovo, la chute du gouvernement de Vojislav Kostunica est, pour de nombreuses personnes en Serbie et à l'étranger, la première bonne nouvelle depuis longtemps. "Il est surprenant que ce soit précisément le Premier ministre serbe, qui était au pouvoir sans bénéficier du soutien idoine des électeurs, qui ait proposé au président Boris Tadic la dissolution du Parlement et la tenue d'élections anticipées. Ces élections, prévues pour le 11 mai, feront figure de référendum sur l'UE, mais elles n'apporteront pas forcément une solution à long terme. (...) La campagne électorale, qui va commencer tout de suite, constitue une occasion que les partisans d'une Serbie pro-européenne ne doivent pas manquer." (10.03.2008)

Berliner Zeitung - Allemagne

Selon Frank Herold, "si la politique d'obstruction des nationalistes devait l'emporter lors des législatives, cela constituerait une défaite et une perte d'abord pour la Serbie. L'économie commence déjà à en pâtir. Des investisseurs étrangers ont déjà retiré des centaines de millions d'euros, l'inflation et le chômage sont en hausse. La Banque nationale serbe considère que, si la situation perdure, le pays sera le théâtre de manifestations dans les deux à trois mois, précisément au moment des élections. Une victoire des radicaux, au final, serait aussi une défaite temporaire pour l'Union européenne. L'UE n'a jamais, dans aucun autre pays de l'ouest de Balkans, déployé autant d'énergie. Ces dernières années, aucun autre pays n'a reçu autant d'aides financières et d'investissements que la Serbie. Une victoire des nationalistes montrerait que le projet européen a perdu sa force d'attraction." (10.03.2008)

Der Standard - Autriche

"Le gouvernement serbe n'a pas survécu à l'indépendance du Kosovo", relève Andrej Ivanji. Sceptique quant à la capacité du camp pro-européen de remporter les élections, il ajoute : "Les conseillers du président Boris Tadic sont essentiellement d'éminents experts en marketing. On est néanmoins en droit de se demander si ces spécialistes parviendront à faire quelque chose pour Boris Tadic lors de la campagne. Jusqu'à présent, le président a joué la carte de la conviction dans le jeu patriotique pour défendre, en apparence, le Kosovo. Il doit désormais utiliser des moyens populistes radicaux et dire aux électeurs, d'une manière ou d'une autre, qu'une adhésion de la Serbie à l'UE ne constitue pas une reconnaissance muette du Kosovo." (10.03.2008)

ABC - Espagne

Le quotidien espagnol rappelle qu'en février, "l'élection présidentielle serbe avait démontré que le pays était partagé entre deux choix irréconciliables : d'un côté, les partisans de la voie européenne qui considèrent que cette option peut leur permettre de sortir du cauchemar dans lequel les a conduits le nationalisme post-communiste, de l'autre, ceux qui souffrent encore de blessures qu'ils attribuent précisément à l'Europe et qui recherchent donc la protection de la Russie. (...) Après le traumatisme de la proclamation de l'indépendance du Kosovo, il est probable que la division se soit accentuée. (...) Il n'est pas exclu que les législatives anticipées débouchent sur une situation pire et encore plus instable qu'avant la dissolution. L'UE doit renouveler son offre d'un statut adéquat en son sein pour la Serbie, parce que c'est la seule solution raisonnable pour tous." (10.03.2008)

RÉFLEXIONS

Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Mircea Cartarescu analyse le rapport entre culture et argent

Dans un entretien avec Andreas Breitenstein, l'auteur roumain Mircea Cartarescu évoque le communisme, l'ex-dictateur Ceausescu et la corruption qui sévit actuellement en Roumanie. Contrairement à de nombreux intellectuels de gauche, Mircea Cartarescu considère que le capitalisme n'est pas nuisible : "Je ne partage pas l'opinion selon laquelle l'argent a une action destructrice. Il a également une force créatrice et insuffle de l'énergie. L'argent, c'est comme le sang : en cas d'infection, c'est tout le corps qui est malade ; lorsque le corps se porte bien, le sang fait circuler la bonne santé. Une société fondée sur de l'argent gagné honnêtement profite de la légèreté de la vie, base de l'activité intellectuelle et artistique. La culture est un luxe. L'histoire nous a montré que la vie intellectuelle s'est souvent épanouie là où l'économie était florissante." (08.03.2008)

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Dziennik Gazeta Prawna - Pologne

Paweł Machcewicz analyse l'antisémitisme polonais de 1968

Le 8 mars, le président polonais Lech Kaczynski a qualifié de "honteux" le fait que 15 000 Juifs polonais, en 1968, avaient été déchus de leur nationalité et expulsés. Dans un entretien avec Cezary Michalski, l'historien Paweł Machcewicz souligne que c'est la Pologne, et non l'Union soviétique, qui est responsable de cette campagne de diffamation antisémite, lancée en mars 1968. "La campagne antisioniste de 1968 était autonome. Rien ne prouve que Moscou en ait dicté la forme ou l'intensité. Le Kremlin exigeait uniquement que le bloc, en conflit avec Israël, choisisse le bon camp. La campagne a été gérée par l'appareil du parti communiste polonais, avec une violence extrême. Naturellement, dans cet Etat non souverain, le gouvernement n'avait pas été élu de manière démocratique, mais il s'agissait malgré tout de Polonais." (08.03.2008)

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Politis - France

Pour Immanuel Wallerstein, universalisme rime avec impéralisme

Le sociologue américain Immanuel Wallerstein doute que liberté et démocratie soient des valeurs universelles. Interrogé par Olivier Doubre, il avance que leur promotion relève d'une forme d'impérialisme : "Les justifications que donnait [le théologien espagnol] Sepúlveda, au XVIe siècle, pour justifier les conquêtes des terres des Indiens [d'Amérique du Sud] sont, presque mot pour mot, les mêmes utilisées pour la colonisation, et qui sont données de nos jours pour ce qu'on appelle l'ingérence. (…) Les arguments de Sepúlveda étaient les suivants : les autres sont des barbares, il nous faut protéger les innocents (que les barbares massacrent) - justification constante de toutes les ingérences- et, enfin, il faut permettre la diffusion de l'universalisme, de valeurs supposées universelles. A l'époque, il s'agissait de l'évangélisation et de l'expansion de la chrétienté. Aujourd'hui, ces valeurs sont 'la liberté et la démocratie'. Mais c'est en fait la même chose." (06.03.2008)

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POLITIQUE

El País - Espagne

La gauche reste au pouvoir en Espagne

Le Premier ministre sortant José Luis Rodríguez Zapatero (PSOE, parti socialiste) a remporté les élections législatives du 9 mars en Espagne. "Comme cela se produit depuis 1977, l'électorat a offert à Zapatero, vainqueur des élections de 2004, un second mandat. Mais à la différence de ses prédécesseurs González et Aznar, Zapatero n'obtient pas la majorité absolue, bien qu'il ait obtenu le meilleur résultat en nombre de voix de l'histoire du PSOE: il devra continuer à compter avec des appuis extérieurs. (...) Quoi qu'il en soit, le chef du gouvernement a l'opportunité de poursuivre l'essentiel de son programme, surtout en matière économique et sociale. (...) Zapatero a promis le 9 mars au soir de corriger 'les erreurs' faites ces quatre dernières années. Il en a commises, et de nombreuses, ce qui l'a sans doute empêché d'obtenir une majorité plus grande. Mais cette fois-ci, il ne doit pas échouer." (10.03.2008)

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Libération - France

La gauche française progresse aux municipales

Après le premier tour des municipales, le 9 mars, le Parti socialiste (PS) est en tête dans de nombreuses villes françaises, notamment à Paris, Lyon et Lille. Pour l'éditorialiste Laurent Joffrin, ce succès "découle de l'évolution historique de l'électorat urbain. On trouve au cœur des grandes agglomérations les couches moyennes et supérieures, sensibles aux questions d'écologie et de logement. Deux points sur lesquels la droite subit un handicap. (…) Un autre facteur est à l'œuvre. S'ils gagnent dans les villes et ailleurs, c'est aussi parce que les socialistes, par la force des choses, présentent des équipes unies, emmenées par un chef de file désigné à l'avance, sur des projets clairs. Le socialisme municipal, vieille figure de la gauche qui a ses états de service glorieux, contraint au réalisme et à l'imagination, à la cohérence et à l'unité. Toutes choses, précisément, qui manquent à la gauche nationale." (10.03.2008)

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Népszabadság - Hongrie

Le gouvernement hongrois désavoué par un référendum

A l'occasion du référendum organisé le 9 mars en Hongrie, une grande majorité des électeurs a approuvé le retrait des réformes gouvernementales du système de santé et de l'éducation. La participation ayant atteint 50 %, le gouvernement hongrois doit se plier au résultat. Péter N. Nagy se demande si ce résultat est effectivement un vote de défiance contre le gouvernement, comme l'avance le chef de l'opposition Viktor Orban. "Les questions du référendum ne permettaient pas de distinguer entre l'égoïsme de la population et une attitude anti-gouvernementale. C'est pourquoi on ne peut pas vraiment interpréter le résultat du référendum. (...) Ce référendum a apporté des réponses sur la question des réformes, mais pas sur le sort du gouvernement." (10.03.2008)

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La Repubblica - Italie

Romano Prodi se retire de la vie politique

Romano Prodi a confirmé le 9 mars son retrait de la vie politique italienne. Edmondo Berselli revient sur la carrière de celui qui, deux fois chef de gouvernement, n'a jamais pu aller au bout de ses mandats. "Deux ans à peine se sont écoulés depuis sa dernière campagne électorale contre Silvio Berlusconi. Tout semblait alors lui promettre, à lui et à sa coalition, le plein succès et l'assurance de gouverner pour longtemps. Rien ne s'est déroulé comme prévu. Le succès a été boiteux. L'expérience de gouvernement a mal fini, et Prodi s'est rapidement retrouvé mis à l'écart. Il a été éclipsé par le leader du Parti démocrate Walter Veltroni. (...). Il est vrai que le prodisme était (...) surtout une alternative au berlusconisme. Face à l'hédonisme du centre droit, Prodi proposait une certaine éthique, du civisme et du respect". (10.03.2008)

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ÉCONOMIE

Revista 22 - Roumanie

La Commission européenne épingle Ford

La Commission européenne a récemment estimé que le constructeur automobile américain Ford avait acquis l'usine roumaine de Craiova à un prix trop bas, ce qui va l'obliger à verser 27 millions d'euros supplémentaires. En effet, Ford s'était engagé, en contrepartie de ce prix bas, à conserver les emplois du site de Craiova, mais la Commission y voit l'équivalent d'aides gouvernementales illégales. Alors que les sanctions européennes ne suscitent que l'incompréhension en Roumanie, Andreea Vass approuve la position de l'UE : "Nous devons respecter les règles d'un marché libre et efficace. Les règles d'attribution des aides de l'Etat doivent être régies par des critères clairement définis. (...) Cette affaire soulève trois questions critiques : pourquoi Ford a accepté ce cadeau de la Roumanie qui ne respecte pas les règles européennes ? Pourquoi le conseil roumain de la concurrence a-t-il approuvé sans mot dire la signature du contrat de privatisation en septembre 2007 ? Pourquoi le comité de privatisation de SC Automobile Craiova n'a-t-il pas assumé la responsabilité de cette violation des règles et n'a-t-il pas informé l'office roumain des cartels et la Commission européenne ?" (10.03.2008)

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Dnevnik - Bulgarie

L'UE gèle le versement des subventions à la Bulgarie

En raison de soupçons de fraude, l'UE a suspendu le 7 mars le versement de près de 140 millions d'euros de subventions au secteur agricole. Les fonds d'autres programmes (Phare, Ispa) ont été également gelés. Ognan Minchev livre ses impressions. "La Bulgarie a beaucoup de mal à respecter les normes et procédures institutionnelles de l'UE. L'ingérence oligarchique de l'élite économique dans les affaires de l'Etat a pris des proportions criminelles, car cette élite s'est enrichie avec l'argent de la nation. (...) Pendant le processus de privatisation des biens d'Etat, cette tendance s'est vérifiée dans les pays d'Europe Centrale et de l'Est. Mais contrairement à la Bulgarie, après que la propriété a changé de main, les nouvelles élites économiques ont conclu un contrat social pour utiliser, à l'avenir, l'argent de manière régulière et légale. En Bulgarie, l'oligarchie s'y est opposée." (10.03.2008)

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CULTURE

The Times - Royaume-Uni

A Londres, les Martiens exposent leur vision de l'art humain

La chroniqueuse Joana Pitman revient sur l'exposition 'Le musée martien de l'art terrestre' que propose le musée Barbican, à Londres, jusqu'au 18 mai. "Voici l'idée de départ : les Martiens viennent sur notre planète, et découvrent que les Terriens sont obsédés par quelque chose qu'ils appellent 'art'. Ils étudient ce phénomène, et prélèvent un certain nombre d'objets pour les emporter sur Mars et les exposer dans un musée, pour l'éducation et le divertissement des Martiens. (...) Cela en valait-il la peine ? Pour commencer, ils pourraient avoir jeté leur dévolu sur un art conceptuel de meilleure qualité. J'aurais voulu voir ce que des Martiens feraient du lit de Tracey Emin ou des oeufs au plat et du kebab de Sarah Luca. Mais peut-être que, pour changer, ils ont voulu faire une place à l'ego d'autres artistes. Peut-être qu'ils ont réussi à nous rendre étranger ce qui nous était familier, à remettre en question cette chose appelée l'art conceptuel. C'est une bonne plaisanterie, tant que vous ne vous mettez pas à théoriser à l'excès la démarche intellectuelle qui est derrière (...)." (05.03.2008)

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COULEURS LOCALES

The Daily Telegraph - Royaume-Uni

Le Commonwealth britannique tombe dans l'oubli

"Le 9 mars marque le jour du Commonwealth. Peu de gens le savent, ou s'en préoccupent, apparemment. Il y a ceux qui sans nul doute considèrent le Commonwealth comme un anachronisme, une gueule de bois de l'Empire ou une gêne, maintenant que nous sommes des membres à part entière de l'Union européenne", considère le chroniqueur Philip Johnston. Il se dit consterné par un projet de loi appelant à l'abolition du visa ancestral qui garantit l'entrée au Royaume-Uni des citoyens du Commonwealth dont un grand-parent est né sur le territoire britannique. "Pour le meilleur ou pour le pire, nous sommes membres de l'UE et tous ses citoyens ont le droit inaliénable de voyager dans notre pays, comme nous dans le leur, pour travailler et s'installer de façon permanente. Mais nous sommes tellement enclins à insister sur nos qualificatifs européens que nous courrons le danger de tourner le dos à notre propre peuple, qui par deux fois au cours du siècle dernier a aidé à sauver l'Europe des tyrans qui souhaitait la diriger." (10.03.2008)

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