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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 25.03.2008

 

À LA UNE

La retentissante conversion de Magdi Allam

La retentissante conversion de Magdi Allam

 

Le pape Benoît XVI a baptisé le 22 mars le journaliste italien d'origine égyptienne Magdi Allam, un critique virulent de l'extrémisme musulman. Vice-directeur du quotidien milanais 'Corriere della Sera', Allam avait notamment défendu le Pape après son discours controversé de Ratisbonne. La presse européenne réagit à cette conversion au catholicisme. » suite

Extraits des publications suivantes:
Corriere della Sera - Italie, El País - Espagne, Die Welt - Allemagne, Le Temps - Suisse

Corriere della Sera - Italie

L'écrivain italien Claudio Magris revient sur la conversion au catholicisme de Magdi Allam, baptisé le 22 mars par le pape Benoît XVI. "Rien n'est plus important que la conquête ou la perte de la foi. Cela l'est d'autant plus quand le baptême intervient à un âge adulte et responsable, et qu'il s'agit d'un choix libre, réfléchi, fait dans la souffrance, comme dans le cas de Magdi Allam. Le baptême est un acte de vie intérieure qui ne dépend pas d'une logique médiatique ou politique. Le fait de le recevoir du Pape n'a pas plus de valeur que de le recevoir des mains d'un simple prêtre de son quartier. Mais le baptême revêt quand même indirectement une importance politique car il change l'homme (...). Les modalités de cette conversion [de Magdi Allam] et de sa communication visent à lui donner une signification politique immédiate."  (25.03.2008)

El País - Espagne

Le quotidien se demande s'il fallait donner un tel retentissement à la conversion de Magdi Allam. "Cet intellectuel ne mâche pas ses mots lorsqu'il s'agit de fustiger l'islam. Et il n'a pas complètement tort lorsqu'il fait allusion au fanatisme terroriste et au manque de libertés dans les pays où il est professé. Il va peut-être trop loin quand il affirme que 'la racine du mal est inhérente à un islam physiologiquement violent'. Ce n'est pas le monde musulman dans son ensemble qui défend la violence ou prétend imposer sa religion par la force. Il ne faut cependant pas minimiser le courage dont fait preuve Magdi Allam pour oser dire les choses de cette manière et il faut également reconnaître son droit à se convertir au christianisme. On peut toutefois se demander s'il était nécessaire que son baptême soit administré par le pape en personne au Vatican." (25.03.2008)

Die Welt - Allemagne

Martin Zöller brosse le portrait de Magdi Christian Allam, né en Egypte sous le nom de Magdi Allam et qui a ensuite émigré en Italie. "Magdi Allam s'est souvent trouvé entre plusieurs feux : la justification de la guerre contre l'Irak, une prise de position contre les Palestiniens ou la critique du prétendu aveuglement de la société italienne. 'J'aime l'Italie. Mais en est-il de même pour les Italiens ?' : tel est le titre de l'un de ses ouvrages. Ses livres témoignent du déchirement entre son origine musulmane et sa proximité avec le christianisme. Magdi Allam suscite facilement la sympathie ou l'animosité. Qu'il critique la construction de nouvelles mosquées ou adresse une mise en garde contre l'infiltration des communautés musulmanes par les extrémistes, les réactions sont déjà convenues : d'un côté, de nouvelles menaces de mort, de l'autre, le soutien de nombreux partis douteux de droite qui ont vu en lui un musulman dont ils ne pouvaient que rêver : critique envers l'islam et bien intégré." (25.03.2008)

Le Temps - Suisse

Eric Joszef, correspondant du quotidien à Rome, analyse la tribune signée par Magdi Allam dans l'édition du Corriere della Sera du 23 mars. "Il explique les raisons de sa conversion en se félicitant que son 'esprit se soit affranchi de l'obscurantisme d'une idéologie qui légitime le mensonge et la dissimulation, la mort violente qui conduit à l'homicide et au suicide, la soumission aveugle à la tyrannie'. 'J'ai dû prendre acte qu'au-delà du phénomène des extrémistes et du terrorisme islamique au niveau mondial, la racine du mal est inhérente à un islam physiologiquement violent et historiquement conflictuel', affirme-t-il. Il se réjouit que le pape ait accepté de le baptiser publiquement, lançant ainsi 'un message explicite et révolutionnaire à une Eglise qui jusqu'à présent a été trop prudente dans la conversion des musulmans'." (25.03.2008)

RÉFLEXIONS

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Gudrun Krämer analyse les fonctions des mosquées

L'universitaire allemande Gudrun Krämer, spécialiste de l'islam, prend position dans le débat allemand sur la construction des nouvelles mosquées. Elle tente d'expliquer pourquoi les craintes suscitées par ces édifications sont infondées. "Faute de concept plus précis, les mosquées sont souvent qualifiées de 'maisons de Dieu' et donc de bâtiments sacrés. Cela n'est pas entièrement faux car la prière nécessite une pureté rituelle, une attitude mesurée et une mentalité appropriée. (...) En revanche, l'idée selon laquelle Dieu est omniprésent dans les mosquées est étrangère aux musulmans. Dans l'expression 'maison de Dieu', il faut comprendre que cet édifice permet seulement de vénérer une divinité. Or, il convient de dire qu'une mosquée est prioritairement destinée à la vénération car le rôle d'une mosquée ne se limite pas uniquement à cela. Elle sert d'autres buts qui n'ont rien à voir avec le sacré. (...) En principe, elle reste ouverte, nuit et jour, à tous ceux qui souhaitent y méditer, lire, parler, manger ou même dormir. (...) Pour les habitants d'agglomérations inhospitalières, étriquées, étouffantes, laides et bruyantes, une mosquée est souvent l'unique lieu de retraite et de soulagement." (25.03.2008)

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Les Echos - France

Pour Robert Reich, le capitalisme menace la démocratie

"Dans leur rivalité acharnée, les entreprises cherchent à accaparer tous les leviers du pouvoir", explique l'économiste américain Robert Reich, interviewé par Jean-Marc Vittori. Il estime qu'il y a un décrochage entre capitalisme et démocratie après l'émergence d'un "supercapitalisme" né d'un renforcement de la concurrence ces dernières années. "Nous avions l'habitude de penser que le capitalisme et la démocratie avançaient main dans la main. Mais depuis trente ans, le capitalisme s'est renforcé et la démocratie s'est affaiblie. Elle répond de moins en moins bien aux besoins des citoyens. En réalité, le capitalisme est un préalable de la démocratie, mais l'inverse n'est pas vrai. La Chine développe une nouvelle forme de capitalisme, très autoritaire. Si nous ne faisons pas attention, nous pourrions tous finir là. Le supercapitalisme devient la forme dominante de l'organisation sociale." (25.03.2008)

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POLITIQUE

Cyprus Mail - Chypre

Le climat politique a changé à Chypre

Mehmet Ali Talat, dirigeant de la République turque de Chypre du Nord (RCTN) et le nouveau président chypriote Demetris Christofias se sont rencontrés le 21 mars et ont convenu d'une relance des négociations sur le processus de réunification de l'île. "L'atmosphère n'a jamais été aussi favorable à un règlement de la situation", juge le quotidien. "Pour la première fois depuis 1974, les présidents des deux autorités chypriotes appuient un règlement du dossier et sont de pragmatiques partisans d'une fédération partagée en deux zones et deux communautés. (...) La création et le maintien d'un climat positif constituent la plus haute responsabilité de Talat et Christofias au cours des prochains mois. Pour y parvenir, ils doivent éviter les déclarations pouvant susciter des réactions hostiles de part et d'autre. (...) Les différends qui peuvent surgir au cours des discussions menées par des comités techniques et les groupes de travail devront être réglés derrière des portes closes et loin des micros. La presse a souvent joué un rôle destructeur dans le passé et les responsables politiques opposés à tout règlement se tiendront à l'affût pour tenter de couler le processus." (23.03.2008)

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Sme - Slovaquie

Le souvenir des manifestations anticommunistes réunit la Slovaquie

Il y a vingt ans, des milliers d'habitants de l'ex-Tchécoslovaquie défilaient dans les rues de Bratislava avec des bougies. Ils manifestaient pour demander le respect de la liberté de culte et des droits civiques. Il s'agissait alors de la première manifestation contre la dictature communiste. A l'occasion de la commémoration de cet événement, l'opposition slovaque et le Smer (gauche) du Premier ministre Robert Fico, habituellement divisés sur l'histoire du pays, sont cette fois tombés d'accord : le Smer va soutenir sans réserve une déclaration du souvenir de l'opposition. Monika Todova commente cette harmonie momentanément retrouvée. "Si le Smer n'avait pas soutenu la proposition de l'opposition, le parti se serait discrédité. En approuvant la résistance contre le régime communiste, le parti n'est pas soupçonné de voir ce régime avec une certaine nostalgie, contrairement à ce que laissent parfois entendre les discours de ses plus hauts dirigeants." (25.03.2008)

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ÉCONOMIE

Gândul - Roumanie

Les salariés de Dacia en grève pour de meilleurs salaires

Les salariés de l'usine Dacia de Pitesti, en Roumanie, sont en grève depuis le 23 mars. Les 13 000 employés de cette entreprise qui fait partie du groupe Renault veulent profiter de l'augmentation des bénéfices la société et exigent une augmentation de salaire de 65 %. Selon Caterina Nicolae, "cette revendication salariale de 550 lei, soit 150 euros, est la plus forte de ces dernières années en Roumanie. Les salariés de Ford, Nokia et d'autres multinationales qui souhaitent implanter des sites de production en Roumanie, tireront vraisemblablement des leçons de ce qui va se passer chez Dacia. Toutefois, les multinationales resteront uniquement en Roumanie tant que les salaires n'auront pas d'effet négatif sur leur bilan. Si les salaires roumains se rapprochent de ceux d'Europe de l'Ouest, les entreprises délocaliseront leurs activités dans des pays où les coûts sont encore plus faibles. C'est ce qu'on appelle le 'capitalisme de caravane'. C'est pourquoi les Français plus riches et les Roumains plus pauvres n'ont qu'une seule solution : 'Syndicats de tous les pays, unissez-vous !'" (25.03.2008)

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CULTURE

New Statesman - Royaume-Uni

La culture polonaise prospère au Royaume-Uni

"Une nouvelle vague de culture polonaise bat en brèches les clichés", note le critique James Hopkin. "Oubliez les blagues sur les plombiers polonais. (...) Depuis que le pays est devenu membre de l'UE en 2004, le nombre d'événements culturels polonais au Royaume-Uni a doublé à chaque année et 2008 ne manque pas d'être très active sur ce front. (...) La sixième édition du festival du film polonais de Londres, qui débutera le 10 avril, sera la plus importante de l'histoire de cet événement. (...) Le festival musical de Glastonbury présentera un volet polonais spécial, avec quatre groupes sur scène un samedi soir. Une rumeur veut que le Festival international d'Edinburgh, en août, présentera pour la première fois des productions polonaises, d'habitude maintenues dans le volet 'off'. Pourtant Pawel Potoroczyn, le directeur du centre culturel polonais de Londres, est encore plus enthousiaste pour l'exposition Censorship as a Creative Force [la censure, une force créatrice], un événement d'une semaine organisé par le centre culturel Barbican à Londres à la fin du mois." (25.03.2008)

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Polska - Pologne

Stanislaw Mucha est-il le nouveau Kieslowski ?

Le scénariste Krzysztof Piesiewicz a collaboré sur 17 films avec le réalisateur Krzysztof Kieslowski (1941-1996), dont la célèbre série du 'Décalogue' et la trilogie des 'Trois couleurs'. Son dernier scénario a été mis en scène par le jeune réalisateur Stanislaw Mucha : son thriller 'Nadzieja' [Espoir], centré sur le vol d'une oeuvre d'art, sort le 28 mars dans les salles polonaises. Magdalena Lukaszewicz-Rigamonti évoque cette collaboration : "Le réalisateur Stanislaw Mucha, âgé de 38 ans, habite depuis 15 ans en Allemagne. Il a fait des études à Berlin pour devenir metteur en scène. Il a réalisé plusieurs documentaires remarqués [dont 'Absolut Warhola' (2001), sur le village slovaque d'où est originaire la famille d'Andy Warhol]. (...) Mais la collaboration avec un jeune réalisateur n'est pas sans risque. 'En fin de compte, tout le monde sait que Krzysztof Piesiewicz a travaillé avec Krzysztof Kieslowski. Quoique je fasse, les spectateurs compareront toujours mes films avec ceux de Kieslowski', confie le réalisateur." (21.03.2008)

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SPORT

Le Soir - Belgique

Pékin met à mal les valeurs européennes

"Les réactions des démocraties occidentales à la répression au Tibet ont clairement démontré les limites de leur politique étrangère lorsque celle-ci doit affronter non plus un petit Etat voyou comme la Birmanie, mais une grande puissance, dont l'économie détermine en partie la stabilité financière du monde", estime l'essayiste Jean-Paul Marthoz. "La 'politique des valeurs' dont se réclament les pays européens semble ainsi guidée par un commode et peu convaincant partage des rôles qui délègue le devoir d'indignation à des institutions dénuées de réel pouvoir et réserve le droit de dénonciation aux seuls dirigeants de l'opposition. D'un côté, le président du Parlement européen, le chrétien-démocrate allemand, Hans-Gert Pöttering, évoque la possibilité d'un boycott des JO de Pékin si la répression se poursuit ; de l'autre, les ministres européens des Sports excluent toute sanction. Au Parlement donc, la virtualité de la morale ; au Conseil et à la Commission, la réalité des intérêts... " (25.03.2008)

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Népszabadság - Hongrie

La politique s'invite sur les podiums de natation

En réaction aux troubles au Tibet, Janos Koka, président du petit Parti des démocrates libéraux SZDSZ, membre de la coalition gouvernementale hongroise, a appelé les représentants hongrois à boycotter les événements qui ne seront pas directement liés aux épreuves sportives lors des Jeux olympiques de Pékin. Gyula Karjczar s'interroge sur la "définition du sport, au sens premier du terme" et estime que le sport est aujourd'hui hautement politisé. "La Ligue Européenne de Natation (LEN) vient d'exclure des championnats d'Europe de natation à Eindhoven le nageur serbe Milorad Cavic parce qu'il portait, lors de la remise des médailles, un T-shirt sur lequel on pouvait lire 'Le Kosovo est serbe'. (...) Certes, Milorad Cavic ne s'est pas attiré la colère des Pays-Bas, le pays organisateur. Mais, en Chine, la situation sera différente. Allons-y et crachons discrètement sur le tapis." (25.03.2008)

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COULEURS LOCALES

The Herald - Royaume-Uni

Le jardinage, une tradition bien britannique

Le quotidien souligne que les habitants de Glasgow doivent parfois attendre huit ans pour obtenir l'accès à un jardin partagé. "Les 700 personnes qui veulent faire pousser des légumes et des fleurs à Glasgow participent à un mouvement qui prône un mode de vie plus écologique : il y a environ 330 000 jardiniers qui s'adonnent à ce loisir dans des espaces partagés au Royaume-Uni et 100 000 personnes sont inscrites sur des listes d'attente. (...) Le gouvernement, qui tente de manière ridicule de définir les valeurs communes des Britanniques, a ignoré une évidence. Nous sommes une nation de jardiniers. (...) Visiter un centre de jardinage fait autant partie des rituels de Pâques que se rendre à l'église. Ceux qui peuvent utiliser les jardins partagés forment une population qui reflètent la diversité de notre pays en âge, en sexe, en origine ethnique et en classe sociale. Ils sont unis par un goût de la culture des plantes." (25.03.2008)

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Dagens Nyheter - Suède

La Suède n'a pas tourné le dos à 1968

Le journal dresse un bilan positif de l'évolution de la société suédoise après 1968. "Il est certes regrettable d'avoir assisté à la disparition de [symboles traditionnels] comme les nappes ou bien les casquettes autrefois portées par les étudiants d'université. Mais cela en valait la peine. En Suède, il est devenu naturel de tutoyer les autres. L'optimisme progressiste de l'après-guerre a connu son apogée en 1968, la révolte avait le regard tourné vers l'avenir. (...) Plus précisément, il s'agit peut-être de cette foi en l'avenir qui fait que 1968 nous semble si éloigné aujourd'hui. Entre-temps, nous avons connu la crise pétrolière, la stagflation, les catastrophes environnementales et le bouleversement du climat. Aujourd'hui, personne ne peut accuser les jeunes générations de faire preuve d'un optimisme naïf, bien qu'ils soient assez souvent confiants dans leur avenir, ce qui constitue un paradoxe. Le fait que les jeunes d'aujourd'hui aient chacun un projet de vie est la contribution impérissable de l'année 1968 à notre société." (25.03.2008)

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