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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 11.04.2008

 

À LA UNE

Berlusconi va-t-il reprendre le pouvoir ?

Berlusconi va-t-il reprendre le pouvoir ?

 

Le chef de l'opposition italienne, Silvio Berlusconi, espère remporter les élections législatives organisées les 13 et 14 avril et revenir ainsi à la tête du gouvernement. Face à lui se dresse Walter Veltroni, ancien maire de Rome et leader du Parti démocrate. La presse européenne se demande si le candidat de centre-gauche parviendra à empêcher le retour au premier plan du Cavaliere. » suite

Extraits des publications suivantes:
Le Temps - Suisse, Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne, La Tribune - France, La Repubblica - Italie, Die Presse - Autriche

Le Temps - Suisse

L'éditorialiste Stéphane Bussard tente de comprendre pourquoi l'Italie s'apprête à élire pour la troisième fois Silvio Berlusconi à la tête du gouvernement. "Parce que le pays n'a jamais été autant disloqué entre un Nord prospère et un Mezzogiorno à la dérive. La division profite à Berlusconi, qui titille l'esprit entrepreneurial du Nord et le nationalisme identitaire du Sud. Parce que la seule évocation du vocable 'gauche' effraie des Italiens inquiets de leur pouvoir d'achat et de hausses d'impôt. Parce que Berlusconi représente encore l'illusion du succès, syndrome d'un pays qui se ment à lui-même. La probable victoire du Cavaliere, c'est aussi la défaite de Veltroni. L'ex-maire de Rome a pourtant créé un pôle réformiste de centre gauche, le Parti démocrate, pour rompre avec l'impossible gauche plurielle. La stratégie était juste. Mais il n'a pas eu le courage d'assumer jusqu'au bout la rupture centriste." (11.04.2008)

Frankfurter Allgemeine Zeitung - Allemagne

En Italie, cela fait longtemps que les différences entre droite et gauche s'estompent pour être remplacées par un conflit d'intérêts entre l'ancienne et la nouvelle génération, relève Dirk Schümer. "Désormais, le pays paie le prix de la mentalité paternaliste de sa classe politique et le blocage des solutions pratiques : en matière de natalité, l'Italie est la lanterne rouge de l'Europe. (...) Comme l'ancienne génération se mobilise plus que les jeunes pour les élections, les partis politiques prolongent l'agonie du pays. (...) Ce week-end, le nombre d'abstentionnistes en colère ou désespérés et le nom de la formation politique arrivant en tête au beau milieu de cette confusion importent peu. Le sociologue [Alessandro] Rosina avance déjà un chiffre clé : 53 ans, l'âge moyen des nouveaux députés. La marginalisation des jeunes, qui aboutit de facto à un suicide social, va donc très probablement se poursuivre." (11.04.2008)

La Tribune - France

L'éventuelle formation d'une grande coalition en Italie laisse sceptique le correspondant du quotidien en Italie Frank Paul Weber. "Les Italiens se bercent (...) de douces illusions sur leur propre capacité à faire vivre cette union droite-gauche. La grande coalition à l'allemande est en fait plus la règle que l'exception outre-Rhin : les chanceliers, de Kohl à Schröder, ont souvent dû composer avec un Bundesrat - équivalent du Sénat italien - contrôlé par leurs opposants. Les réformes sont souvent le fruit de longues négociations entre droite et gauche dans la commission mixte parlementaire des deux chambres. (...) Cette grande coalition de tous les jours inscrite dans les institutions et une certaine pratique du compromis est en revanche complètement absente du paysage politique italien. En ce sens, le scénario d'un 'Veltrusconi' pour diriger la troisième économie de la zone euro (...) inquiète plus qu'il ne rassure." (10.04.2008)

La Repubblica - Italie

Le réalisateur italien Nanni Moretti donne les raisons de son vote pour le Parti démocrate et estime qu'il ne faut pas s'abstenir dans ces législatives. "Je n'aime pas le concept de 'vote utile'. Personnellement, je n'ai aucun doute sur mon vote. Le Parti démocrate est la seule nouveauté dans la vie politique italienne, il peut être l'ultime occasion de ne pas offrir l'Italie aux extrémistes Berlusconi et Bossi [le leader de la Ligue du Nord]. Malheureusement, chez les électeurs de gauche comme de droite, la tentation est grande de s'abstenir. Les indécis le sont certainement par désillusion, fatigue ou habitude. La déception à l'égard du gouvernement de centre-gauche est concevable mais elle ne doit pas faire oublier le véritable abysse politique, culturel et éthique qui existe entre le centre-gauche et la droite italienne (...)." (11.04.2008)

Die Presse - Autriche

Wieland Schneider estime que connaître le vainqueur des élections législatives importe peu. Aucun des deux principaux candidats, Silvio Berlusconi et Walter Veltroni, ne semble avoir de solution pour sortir le pays de sa crise sociale. "La croissance économique est très faible et l'inflation a atteint son plus haut niveau depuis plus de 10 ans. Les aliments et les autres produits de consommation courante ont vu leur prix augmenter et le budget de nombreuses familles en souffre. (...) Les puissants syndicats bloquent les réformes, l'appareil étatique est pléthorique et coûteux, mais, en définitive, se révèle inefficace et la culture du népotisme est omniprésente : tous ces éléments accablent encore plus un pays déjà mis à mal. Et il ne faut pas attendre une solution de la classe politique car elle fait partie de ce système. (...) L'Italie n'en a pas encore fini avec la récession." (11.04.2008)

RÉFLEXIONS

Le Monde - France

Pour Olivia Rosenthal, la littérature est subversive par nature

La romancière française Olivia Rosenthal s'inquiète de l'uniformisation des goûts littéraires qui découle de la logique commerciale des best-sellers. "Au lieu de s'accrocher au hit parade des livres les mieux vendus, comme si cela pouvait faire office de critère, comme si le règne du goût pouvait remplacer la recherche du sens, comme si on devait tous aimer pareil et penser pareil et éprouver les mêmes émotions, comme si l''universel', qui est le nom philosophique que l'on donne à l'uniformisation, avait un quelconque rôle dans l'élaboration d'une œuvre d'art, on ferait mieux d'admettre et de défendre une idée toute simple mais qui n'est pas très répandue : c'est que la littérature ne peut pas être, ne sera jamais une pratique majoritaire, parce qu'elle est, par nature, subversive." (11.04.2008)

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The Guardian - Royaume-Uni

Simon Jenkins insiste sur le pouvoir de la foule

A la lumière des protestations organisées sur le parcours de la flamme olympique, le chroniqueur Simon Jenkins estime que l'effet de foule est un phénomène politique sous-estimé. "Une foule déchaînée courant dans les rues d'une capitale est plus puissante d'une certaine manière que les sondages d'opinion et les victoires électorales dans l'esprit des dirigeants. Ceux qui occupent les palais du pouvoir claquent des dents lorsqu'ils se rassemblent autour des rideaux et voient une foule rugissante. (...) La foule à Londres, à Paris et à San Francisco était petite et ne représentait pas l'opinion tibétaine généralement non-violente. Mais en réalisant un coup médiatique, la foule a humilié la plus dure dictature au monde, le régime chinois. (...) Les Jeux donnent du pouvoir à la foule. (...) Vingt à trente milliards de dollars sont investis dans les Jeux aujourd'hui et il n'y a que deux semaines pour espérer dégager un retour sur investissement. Cette limite met un pouvoir extraordinaire à la disposition des activistes, un pouvoir qui pourrait même pousser les Chinois à alléger la répression." (11.04.2008)

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The Irish Times - Irlande

Susan George rejette catégoriquement le Traité de Lisbonne

"Ce petit continent, qui ne compte que 15 % de la population mondiale, pourrait donner l'exemple à la planète entière en matière d'écologie et de développement durable et prouver aux peuples qu'ils peuvent dépasser même les haines les plus tenaces et vivre en harmonie", écrit l'auteure et militante altermondialiste Susan George. Elle rejette le Traité de Lisbonne parce qu'il emmène l'Europe dans la mauvaise direction. "C'est un modèle de recettes néolibérales inefficaces, de confiance mal placée dans le marché et d'érection de la concurrence en panacée universelle. Les Européens méritent mieux. Commençons avec une convention élue pour écrire cette Constitution, puis donnons suffisamment de temps au débat et à un processus de ratification populaire. L'Europe a maintenant dépassé les Etats-Unis comme l'entité politique la plus riche du monde. Nous pouvons nous payer la préservation et le perfectionnement du modèle social européen, un niveau de vie décent pour tous et un virage vers une conversion rapide à une économie écologique." (11.04.2008)

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POLITIQUE

Lidové noviny - République tchèque

Le Parlement slovaque finit par approuver le Traité de Lisbonne

Le 10 avril, le Parlement slovaque a adopté une nouvelle loi vivement critiquée encadrant la presse. Dans le même temps, le Traité de Lisbonne a été ratifié. L'opposition bloquait cette décision pour exprimer son rejet de la loi sur la presse. Le Parti de la coalition hongroise (des Slovaques-Hongrois) a joué un rôle déterminant en abandonnant le front formé par l'opposition et en permettant ainsi l'adoption du traité modifié. Selon Lubos Palata, "ces vingt dernières années, les Slovaques-Hongrois n'ont manqué aucune étape importante de la politique slovaque. Lors du conflit sur la loi de la presse, ils se sont mis du côté des journalistes. Jusqu'à la dernière minute, ils sont montés au créneau. Cependant, contrairement au reste de l'opposition, ils ont réalisé que la ratification du Traité de Lisbonne était plus importante que ce combat perdu d'avance contre la loi de la presse. En signe de protestation, les journaux slovaques ont publié en première page une lettre ouverte encadrée de noir." (11.04.2008)

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Diario Sur - Espagne

Le Parlement européen se mêle à la dispute olympique

Les députés européens ont mis la pression le 10 avril sur les dirigeants de l'UE en leur demandant de conditionner toute participation à la cérémonie d'ouverture des Jeux olympiques de Pékin à la reprise d'un dialogue entre le régime communiste chinois et le dalaï-lama. Le quotidien estime que cette résolution votée à une large majorité "donne une nouvelle dimension au conflit olympique déclenché par la crise du Tibet. L'implication de l'UE dans le conflit sino-tibétain va au-delà des gestes ou déclarations ponctuelles entendues jusqu'à présent. Elle s'est transformée en une réprobation qui englobe l'ensemble des pays de l'UE d'une manière officielle. (...) La solidarité à l'égard du peuple tibétain a augmenté de façon imparable. Et les puissants intérêts économique et commerciaux avec la Chine ne semblent pas capables de contenir une boule de neige que contribuent à faire grossir des régions, des pays, des personnalités et des sportifs du monde entier." (11.04.2008)

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The Independent - Royaume-Uni

La paix en Irlande du Nord n'a rien d'exemplaire

Le chroniqueur Gary McKeone dresse le bilan de l'accord de paix du Vendredi Saint en Irlande du Nord, dont on vient de célébrer le dixième anniversaire. "Cet accord a réussi à annihiler ce que l'on désignait auparavant comme les partis constitutionnels. Le SDLP, [catholique modéré] et le parti unioniste d'Ulster, [protestant modéré] sont dépassés parce que la violence a payé. (...) Dans un documentaire de la BBC, Seamus Mallon, membre du SDLP, cite un diplomate qui affirme que le problème de son parti est qu'il n'a pas d'armes. (...) Nous devrions garder cette idée en tête quand des accords seront signés - car on en signera inévitablement d'autres - avec des organisations terroristes à travers le monde. La terreur fonctionne. Rien de tel pour attirer l'attention. Tirez-leur dessus à la sortie des églises, faites-les sauter dans des restaurants, jouez-leur de sales tours ou menacez-les avec des mitraillettes dans un pub. Tenez-vous y assez longtemps et un beau jour, un fonctionnaire vous tendra des notes de synthèse qu'il a rédigées pour vous, avant que vous ne montiez dans une voiture avec chauffeur." (11.04.2008)

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MÉDIAS

Postimees - Estonie

Les médias estoniens inspirent plus de confiance que les politiciens

Un sondage réalisé en Estonie a révélé que les habitants n'ont qu'une faible confiance dans le Parlement et le gouvernement. Les médias bénéficient eux d'une bien meilleure considération. Le journal estime que ces deux éléments sont liés. "Ces derniers mois, la presse a vivement critiqué les dirigeants et traité de nombreux thèmes qui touchent leurs lecteurs, comme la hausse des indemnités parlementaires, la proposition de loi injuste visant à modifier la protection contre les licenciements, le déficit budgétaire et la controverse sur le monument à la gloire de la liberté. Si les élus représentant les intérêts du peuple négligent leur mission, les médias s'enfonceront dans la brèche. En outre, la presse a renforcé l'influence des citoyens sur la vie publique, par exemple avec une pétition contre la hausse des indemnités parlementaires." (11.04.2008)

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CULTURE

Observator Cultural - Roumanie

Le destin des Saxons de Transylvanie porté à l'écran

Le film de Radu Gabrea, 'Le coq décapité', tiré du roman éponyme de l'écrivain germano-roumain Eginald Schlattner et coproduit par plusieurs pays (Allemagne, Autriche, Roumanie et Hongrie), est actuellement projeté en Roumanie en présence d'une partie de l'équipe. Mihai Fulger revient sur le contexte historique à laquelle se déroule l'action du film. "Le fil conducteur est la soirée du 23 août 1944, lorsque les Saxons de Transylvanie, qui ont été nombreux à intégrer l'armée allemande, ont été, du jour au lendemain, déclarés ennemis de la Roumanie après huit siècles de cohabitation pacifique. Ce fut le début de la fin de cette minorité, qui, depuis 1944, cherche vainement la tête d'un coq décapité, considérée comme un porte bonheur. (...) D'un point de vue technique, le film est bien réalisé. En outre, c'est le premier long métrage qui traite le destin tragique des Saxons de Transylvanie. Cette démarche mérite le respect. Toutefois, un problème se pose : le film ne contentera pas les cinéphiles qui recherchent autre chose qu'un divertissement éducatif." (11.04.2008)

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Tygodnik Powszechny - Pologne

Berlin est une ville polonaise

Le Centre de recherche historique de Berlin, qui fait partie de l'Académie polonaise des sciences, a lancé un projet pluriannuel de recherche, intitulé 'Nous sommes des Berlinois !', relatif à l'influence des Polonais sur la métropole allemande. Dans un entretien avec Joachim Trenkner, Robert Traba, directeur du Centre, estime que les Allemands et les Polonais devraient s'intéresser à l'évolution de leurs relations. "Nous devons finalement comprendre que cette histoire ne se limite pas à quelques décennies du XXe siècle. Nous devons la considérer sous l'angle de la 'longue durée' et de la diversité des événements historiques, et l'étudier à l'aide de plusieurs méthodes de recherche. Ainsi, il n'y a aucun risque de relativisation de l'histoire. Au contraire : l'objectif de tout dialogue scientifique est la confirmation des méthodes de recherche concernant les principaux thèmes de recherche et la création de nouveaux défis. Tant de perspectives doivent être prises en compte, notamment celles venant des différentes traditions nationales." (09.04.2008)

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CHOUX DE BRUXELLES

Die Welt - Allemagne

Les eurodéputés ont parfois du mal à se faire entendre

Pour venir en aide aux 83 millions d'Européens souffrant de problèmes d'audition, la députée européenne polonaise Lidia Joanna Geringer de Oedenberg a proposé de sous-titrer tous les programmes des chaînes publiques. "Lidia Geringer de Oedenberg a d'abord dû apprendre à ses dépens que les traductions ne sont pas sans risque. En effet, une 'faute de traduction' dans sa déclaration a fait en sorte que son idée, qui n'avait aucune mauvaise intention, a provoqué une agitation injustifiée. (...) De nombreuses personnes ont cru que cette ancienne femme de télévision voulait supprimer le doublage et autoriser uniquement la diffusion de programmes en version originale. (...) En fin de compte, ce qu'elle a voulu dire n'est pas le plus important, car sa déclaration n'avait pas force de loi. Elle a tout de même réussi à recueillir l'adhésion de 427 des 785 parlementaires, ce qui n'est pas anodin. Cela signifie également que, manifestement, beaucoup ne lisent pas ce qu'ils signent."  (11.04.2008)

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