Dans le cadre des mouvements sociaux actuels, le journal économique Les Echos analyse l'évolution de la culture des grèves en France et en Europe au cours des 20 dernières années. "Les cheminots aujourd'hui, les caissières et les marins pêcheurs hier, les chauffeurs routiers et les travailleurs sans papiers demain. ... A en juger par cette kyrielle de mouvements sociaux, on pourrait croire que la France a renoué avec la grande onde sociale de mai-juin 1968 et son record de 9 millions de grévistes. Il n'en est rien. Selon les statistiques officielles, l'usage de la grève est en net déclin depuis vingt ans, en France comme dans presque toute l'Europe. … Pour autant, la grève est loin d'être morte. … Surtout, le déclin de la grève, dans sa forme traditionnelle, généralement attribué à la précarisation de l'emploi et à l'affaiblissement des syndicats, n'est pas le signe d'un dépérissement des conflits sociaux. … On aurait tort de considérer que les mouvements de juin 2008 n'en sont forcément qu'une pâle copie négligeable [des grèves de 1968]. Les métamorphoses de la grève n'impliquent pas forcément le dépérissement du domaine de la lutte." (10.06.2008)
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