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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 11.06.2008

 

À LA UNE

Controverse autour de la directive sur le temps de travail

Controverse autour de la directive sur le temps de travail

 

Après des années d'une longue polémique, les ministres du travail des Etats membres de l'UE se sont entendus sur une réglementation européenne sur le temps de travail. Mais les journaux poursuivent le débat : la presse européenne commente cette nouvelle directive sur le temps de travail et sur ses répercussions. » suite

Extraits des publications suivantes:
La Repubblica - Italie, El País - Espagne, Karjalainen - Finlande, taz - Allemagne

La Repubblica - Italie

Le quotidien La Repubblica estime que le compromis sur la directive de l'UE sur le temps de travail est avant tout une victoire britannique : "Les Britanniques, défenseurs de la longue semaine de travail, jubilent, les Belges et les Espagnols annoncent la guerre, tandis que la Confédération européenne des syndicats juge ce compromis inacceptable. Les médecins s'insurgent car la nouvelle directive compte les heures de garde inactives comme des heures de repos. Ce document était resté inutilisé depuis six ans. Il doit maintenant permettre de concilier la politique sociale européenne et la politique britannique de libre échange. … Il s'agit dans tous les cas d'une victoire de la dérégulation britannique." (11.06.2008)

El País - Espagne

Dans son éditorial, le quotidien espagnol El País condamne la nouvelle directive de l'UE sur le temps de travail qu'il considère comme une attaque contre le droit des travailleurs : "En adoptant cette directive … les ministres ont réduit à néant la conquête de la semaine de 48 heures qui avait été obtenue après des années de lutte syndicale. … Cette grave dérive antisociale a été rendue possible par les changements de gouvernement en France et en Italie. La droite au pouvoir dans ces pays a modifié son opposition à cette directive (opposition partagée par l'Espagne), ce qui lui a permis d'obtenir une légère majorité. … En matière de temps de travail, cette directive initie la démolition du droit des travailleurs qui a préservé la paix sociale en Europe pendant des décennies. … Certains gouvernements … profitent de l'élargissement [de l'UE] vers l'Est pour importer certaines des pires caractéristiques ultralibérales de son capitalisme sauvage." (11.06.2008)

Karjalainen - Finlande

Le quotidien Karjalainen considère le nouvel accord sur le temps de travail comme un "chef-d'œuvre de l'UE" : "Les ministres du travail ont convenu de la possibilité d'une semaine de 65 heures, si nécessaire. … Les travailleurs temporaires doivent bénéficier dès le premier jour de travail des mêmes conditions de travail et d'emploi que n'importe quel autre travailleur. … Dans l'ensemble, il est bon que la définition de la directive du travail prenne en compte les différences nationales spécifiques. Le marché du travail et les conventions collectives sont très différentes d'un pays à l'autre. "Le résultat bienvenu" serait une augmentation de la flexibilité des marchés du travail." (11.06.2008)

taz - Allemagne

Le quotidien de gauche Die tageszeitung craint que la nouvelle directive européenne sur le temps de travail ne menace les élections européennes de l'année prochaine : "La Slovénie voulait à tout prix trouver un compromis avec la directive sur le temps de travail et le travail temporaire. Celui-ci devait venir redorer l'image d'une présidence de l'UE pauvre en résultats pour le nouvel Etat membre, et rendre par la même occasion les élections européennes de l'année prochaine plus attractives. … Mais l'Europe ne dispose pas aujourd'hui des bases nécessaires à une politique sociale commune. Alors que la Grande-Bretagne et la plupart des nouveaux Etats membres sont convaincus que la flexibilité des travailleurs favorise une croissance bénéfique à tous, la plupart des gens dans des pays comme la Belgique et la France pensent que les droits des travailleurs doivent être protégés. Le débat sur les normes minimales communes en matière de droit du travail devrait, par conséquent, être ajourné tant que les 27 anciens et nouveaux Etats membres ne sont pas en mesure de donner une définition commune de ce qu'est une économie de marché sociale. Reste à espérer que d'ici là, les derniers électeurs n'aient pas quitté le navire." (11.06.2008)

POLITIQUE

ABC - Espagne

Un mort pendant la grève des chauffeurs routiers

La grève persistante d'une partie des chauffeurs routiers espagnols a entraîné la mort d'un gréviste, écrasé alors qu'il tentait d'arrêter une camionnette. Le quotidien conservateur ABC commente cet évènement : "Une nouvelle journée de grève des transporteurs a coûté la vie à un gréviste hier, à Grenade. Les barricades demeurent et les difficultés d'approvisionnement … augmentent pour de nombreux citoyens qui se sentent otages d'une situation face à laquelle le gouvernement ne sait pas comment réagir. D'un côté il ne parvient pas à mener de négociations, de l'autre il est incapable de respecter ses engagements visant à assurer le déroulement normal de la vie quotidienne. … Ceux qui souhaitent poursuivre la grève doivent le faire dans le cadre des lois en vigueur, et les transporteurs qui préfèrent travailler doivent être protégés contre toute menace." (11.06.2008)

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Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Les difficultés de la lutte contre le changement climatique

Suite à l'accord intervenu entre l'Allemagne et la France sur de nouveaux seuils d'émissions de CO2 pour les fabricants automobiles, le quotidien Süddeutsche Zeitung critique la politique environnementale européenne. "Les Etats de l'UE se tous sont engagés dans la lutte contre le changement climatique mais le secteur des transports génère aujourd'hui plus de gaz à effet de serre qu'en 1990. On construit partout de nouvelles voies rapides … tandis que la part du trafic ferroviaire n'a augmenté significativement que dans un seul pays de cet espace économique : la Suisse qui ne fait pas partie de l'UE. Cette situation n'est pas logique et est en grande partie due à l'attitude de l'Allemagne. Sa Chancelière et le président français viennent juste de bricoler un compromis qui à différents égards ne sert à rien. … Des prescriptions européennes pour la consommation sont nécessaires car la politique n'ose pas s'attaquer au paramètre déterminant, à savoir le nombre de kilomètres parcourus en voiture. … Dans la situation actuelle, le seul facteur correctif efficace est l'augmentation des prix du pétrole. Celle-ci pourrait finalement contribuer à donner l'élan nécessaire au développement des transports en commun publics et du transport ferroviaire de marchandises." (11.06.2008)

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Magyar Hírlap - Hongrie

Les médias étrangers sont-ils des miroirs déformants ?

Le quotidien Magyar Hirlap déplore l'image déformée de la Hongrie qui domine dans les médias étrangers. L'exemple le plus récent est le reportage du magazine allemand Der Spiegel sur les Hongrois d'extrême droite : "Il semble que nous devions nous habituer - progressivement - au fait que les correspondants occidentaux n'écrivent rien sur ce qui se passe en Hongrie ou sur ce qui préoccupe les Hongrois. Ils préfèrent évoquer des questions qui servent les intérêts de quelconques groupes d'influence en politique et en économie. … Une personne qui connaît les faits et la situation réelle est pris de vertige à la lecture de ces récits. Elle ne peut y reconnaître la réalité hongroise. … Il est dommage que la correspondante du 'Spiegel' ne se soit pas donné la peine de faire des parallèles entre l'Allemagne et la Hongrie. En Hongrie, aucune synagogue n'a été incendiée, elles ont été au contraire très bien rénovées. Aucun étranger n'a été poignardé dans la rue en raison de sa couleur de peau. Nous pourrions poursuivre la comparaison entre les deux pays encore longtemps." (11.06.2008)

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La Stampa - Italie

Dépendance européenne au gaz

Dans un contexte de crise énergétique mondiale, le quotidien La Stampa met en garde contre la dépendance européenne au gaz russe. "Le prix du pétrole va atteindre les 250 dollars le baril. Et si l'Europe veut s'approvisionner en gaz, il lui faudra s'entendre avec le géant russe Gazprom. Voilà une synthèse brutale des relations entre les pays de l'UE et leur fournisseur de gaz prioritaire, Gazprom, qui en dépit des … craintes politiques est en passe de devenir le partenaire le plus important dans le domaine de l'énergie. … Gazprom réfute les doutes de l'UE … en rappelant son comportement loyal lors de la crise énergétique ukrainienne. Depuis, la construction des gazoducs bat son plein et il est [même] question d'une bourse pour le gaz en roubles. Gazprom a l'intention de devenir le plus grand groupe de gaz du monde." (11.06.2008)

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RÉFLEXIONS

Les Echos - France

La culture européenne de la grève a-t-elle disparu ?

Dans le cadre des mouvements sociaux actuels, le journal économique Les Echos analyse l'évolution de la culture des grèves en France et en Europe au cours des 20 dernières années. "Les cheminots aujourd'hui, les caissières et les marins pêcheurs hier, les chauffeurs routiers et les travailleurs sans papiers demain. ... A en juger par cette kyrielle de mouvements sociaux, on pourrait croire que la France a renoué avec la grande onde sociale de mai-juin 1968 et son record de 9 millions de grévistes. Il n'en est rien. Selon les statistiques officielles, l'usage de la grève est en net déclin depuis vingt ans, en France comme dans presque toute l'Europe. … Pour autant, la grève est loin d'être morte. … Surtout, le déclin de la grève, dans sa forme traditionnelle, généralement attribué à la précarisation de l'emploi et à l'affaiblissement des syndicats, n'est pas le signe d'un dépérissement des conflits sociaux. … On aurait tort de considérer que les mouvements de juin 2008 n'en sont forcément qu'une pâle copie négligeable [des grèves de 1968]. Les métamorphoses de la grève n'impliquent pas forcément le dépérissement du domaine de la lutte." (10.06.2008)

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ÉCONOMIE

Blog Sme - Slovaquie

La Slovaquie démantèle l'économie de marché

Toute personne qui augmentera les prix de ses marchandises ou de ses services, avant ou pendant l'introduction de l'euro, prévue pour le début de l'année prochaine en Slovaquie, pourra être condamnée jusqu'à trois ans de prison par la volonté du gouvernement. L'auteur Ľubomír Heinrich critique ce projet dans le blog du quotidien Sme : "Vingt ans après la révolution, le socialisme est de retour. Certes dans notre constitution il est question d'une économie de marché sociale et écologique. Mais que vient faire là le projet du gouvernement ? L'économie de marché repose sur un principe de base : le marché détermine le prix. Point barre. Nous avons eu une économie planifiée centralisée pendant 40 ans. Et nous savons comment ça s'est fini. … L'Etat doit intervenir dans la politique des prix des monopoles exempts de concurrence mais il n'a pas à s'occuper des autres prix. Et lors de l'introduction de l'euro non plus." (11.06.2008)

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Flensborg Avis - Allemagne

La criminalité dans les groupes allemands

Suite aux scandales de la Telekom, de Lidl, Volkswagen et Siemens, le journal de la minorité danoise en Allemagne, Flensborg Avis, trouve "incroyable la quantité d'énergie criminelle qui se manifeste dans les directions de certains groupes allemands" et se demande "s'il est démodé ou naïf de se plaindre de la déchéance du monde ? Qui peut vraiment en vouloir aux musulmans ou aux autres de trouver que le monde occidental est marqué par le matérialisme, l'aspiration au pouvoir et aux richesses, et le déclin intellectuel ? Il faudra faire en sorte que les sanctions financières contre les abus de pouvoir des dirigeants, qui devraient plutôt être des exemples, puissent difficilement être contournées. Il serait peut-être judicieux d'aménager une législation plus sévère dans ce domaine." (11.06.2008)

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Mladá fronta Dnes - République tchèque

Le prix du pétrole mène de la mondialisation à la localisation

Le groupe énergétique russe Gazprom n'écarte pas la possibilité que le prix du pétrole atteigne bientôt les 250 dollars le baril. Le quotidien libéral Mlada fronta Dnes imagine les répercussions d'un tel scénario : "Les Américains habitués à leur voiture commencent à utiliser les transports en commun. Les entreprises états-uniennes modifient les horaires de travail de leurs employés pour les passer à dix heures de travail quotidien sur quatre jours. Cela permet de faire des économies d'essence. Comme le prix des produits alimentaires augmente en raison des coûts de transport, on sert de plus petites portions dans les restaurants. Les compagnies aériennes se battent pour avoir des passagers. Même sur les autoroutes allemandes, on conduit déjà plus lentement. La mondialisation s'étrangle elle-même et rend la localisation moins chère. Les régions se tournent vers l'autosuffisance. Prévoyons de ne plus pouvoir acheter le monde entier dans les magasins. Cela semble terrible. Mais un baril à 250 dollars paraissait encore plus terrible il y a six mois." (11.06.2008)

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MÉDIAS

NRC Handelsblad - Pays-Bas

Des sous-titres mutuels

Le ministre flamand des médias, Geert Bourgeois, ne veut plus que les chaînes de télévision en Belgique et aux Pays-Bas sous-titrent mutuellement leurs émissions. Le néerlandais est finalement parlé des deux côtés de la frontière. Le journal du soir interrégional NRC Handelsblad est pourtant opposé à un abandon généralisé des sous-titres en raison des différences dans la nature de la langue. "Cela sera pourtant un honneur pour ceux qui font les programmes de voir leurs émissions diffusées sans sous-titres. Ils ne peuvent le faire que si dans leurs productions, la langue néerlandaise est toujours claire, bien articulée, et exprimée dans le respect des règles de grammaire et de syntaxe." (11.06.2008)

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SPORT

De Telegraaf - Pays-Bas

Une internationalisation dangereuse du football

La Commission européenne veut empêcher un projet de la Fédération internationale de football association (FIFA) visant à limiter le nombre de joueurs étrangers dans les clubs de football. L'internationalisation menacerait pourtant les jeunes générations de joueurs des clubs, écrit le tabloïd De Telegraaf : "Le télescopage des intérêts et de la législation est un danger pour l'avenir des Pays-Bas en tant que nation de football. Les grands talents qui ont commencé à jouer aux Pays-Bas et qui mûrissent dans les clubs européens, sont ceux qui permettent aujourd'hui à l'Oranje [la sélection nationale néerlandaise] de se distinguer. … Ici aussi l'Europe devrait faire marche arrière, et si cela est impossible, des accords entre les fédérations dans chaque pays peuvent constituer une alternative. Après la victoire de l'Euro 1988 et les débuts très prometteurs en Suisse, il est important que l'Oranje ait encore une chance de remporter le titre européen dans 20 ans." (11.06.2008)

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