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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 12.06.2008

 

À LA UNE

Les routiers européens en grève

Les routiers européens en grève

 

Les routiers protestent dans toute l'Europe contre les prix élevés du carburant. En Espagne et au Portugal, des affrontements violents ont même causé la mort de deux grévistes. Comment faut-il réagir face aux manifestations contre le prix du carburant ? » suite

Extraits des publications suivantes:
The Irish Times - Irlande, Cinco Días - Espagne, La Repubblica - Italie, Diário de Notícias - Portugal

The Irish Times - Irlande

Le quotidien The Irish Times met en garde contre l'augmentation permanente du prix du pétrole et contre les manifestations croissantes en Europe en réaction aux interventions politiques sur le marché. "Les routiers ont bloqué la circulation en Espagne. Les pêcheurs occupent les ports en France. A Londres, les routiers ont récemment porté un cercueil aux portes du Parlement pour attirer l'attention sur la détresse de leur secteur. Il n'existe pourtant pas de solutions simples ou rapides à ce problème global d'énergie, qui a été, en majeure partie, causé par le déséquilibre croissant entre la demande et l'offre pour des ressources en pétrole limitées. … Le président français Sarkozy a proposé que les pays européens suspendent la TVA au dessus d'un niveau indéterminé, afin de compenser la charge sur les prix du carburant. … Sa proposition est peu logique sur le plan économique. ... Il est fort probable que les bénéficiaires d'une diminution de la taxe sur les carburants seraient les pays producteurs de pétrole. L'OPEC profiterait sans doute de l'occasion pour augmenter les prix du pétrole. … Un problème de marché - un déséquilibre entre l'offre et la demande - nécessite une solution de marché pas une intervention politique française erronée." (12.06.2008)

Cinco Días - Espagne

Le journal économique libéral Cinco Días est irrité par l'attitude des chauffeurs routiers en grève : "Des 12 organisations syndicales [des entreprises de transport] qui participent à la table des négociations, trois d'entre elles, qui représentent moins de 20 pour cent du secteur, rejettent le paquet de mesures [du gouvernement]. L'argument invoqué est que leur revendication principale n'a pas été prise en compte : un tarif minimum. Ce tarif minimum est refusé par le gouvernement parce qu'il va à l'encontre de ses convictions politico-économiques et des prescriptions de l'UE sur la libre concurrence. Fenadismer, la principale organisation représentante des grévistes, considère que l'imposition d'un tarif minimum, qui devrait être appliqué par toutes les entreprises du transport, permettrait d'exclure du marché de nombreux chauffeurs-routiers qui travaillent en dessous du seuil de rentabilité [et font ainsi baisser les prix] … La tentative des organisations en grève d'imposer à tout prix leur tarif minimum en excluant toute possibilité de dialogue n'est pas justifiée. Et leur maintien d'un moyen de pression exagéré, voire même illégal, l'est encore moins." (12.06.2008)

La Repubblica - Italie

Le quotidien La Repubblica évoque les mesures envisagées par l'UE pour remédier aux conséquences de l'augmentation des prix du pétrole : "Le document suggère que les gouvernements devraient réfléchir à deux fois avant de dire non à l'énergie nucléaire. Une plus grande transparence des réserves et une diminution de la TVA sur les produits énergétiques constituent un autre volet de la solution proposée. … Bref, une ligne souple pour ramener l'UE à la réalité des prix élevés du pétrole et une tentative de coordonner les différentes initiatives des Etats membres. Des initiatives telles que 'la taxe Robin des Bois' en Italie dont la possibilité d'application est pour la première fois remise en question par l'UE. Ou encore la ligne dure, avec laquelle le gouvernement espagnol a répondu aux routiers." (12.06.2008)

Diário de Notícias - Portugal

Après une grève des routiers de trois jours qui a vidé les rayons des supermarchés et provoqué la fermeture des stations-services dans tous le pays, le gouvernement portugais et les transporteurs sont parvenus à un accord. Le rédacteur en chef du quotidien Diário de Notícias commente cette sortie de crise : "Compte tenu du fait que nous sommes confrontés à l'une des pires crises économiques internationales, il est inacceptable que les routiers paralysent le pays et occasionnent des pertes élevées dans les secteurs économiques qui dépendent d'eux. Le chef du gouvernement, José Sócrates, a décidé d'emprunter la voie diplomatique. Il a cédé sur des points insignifiants et est resté ferme sur les plus importants. Il est logique que les chauffeurs routiers soient préoccupés par la hausse des prix du carburant. Mais … faire en sorte que tous les contribuables subventionnent leur carburant serait une régression." (12.06.2008)

POLITIQUE

Der Nordschleswiger - Danemark

Référendum sur les réserves à l'égard de l'UE

Le Premier ministre du Danemark, Anders Fogh Rasmussen, veut organiser, au cours de la présente législature, un référendum sur les réserves danoises à l'égard de l'UE, y compris la non participation actuelle à la zone Euro. Rassmussen n'a toutefois pas indiqué quand et dans quel but les citoyens auraient à prendre position. Il n'a pas non plus répondu à cette question lors des débats de clôture du parlement danois de mercredi dernier. Le Nordschleswiger, le journal de la minorité allemande au Danemark, écrit à ce sujet : "Fogh ne semble (plus) prendre trop au sérieux l'aspect important qui consiste à accorder suffisamment de temps à la population pour qu'elle puisse débattre, publiquement et dans le calme, de ces questions compliquées avec les politiques. L'expérience des précédents référendums a appris à Fogh qu'une longue phase de concertation publique a plutôt tendance à favoriser le non plutôt que le oui. C'est une question de tactique : il aurait naturellement mieux valu que le ministre d'état indique hier la date du vote. Mais tant que le gouvernement, y compris en interne, n'a pas une ligne de conduite claire, au Danemark, il faudra également suivre la première règle européenne de base : patience, patience !" (12.06.2008)

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Corriere della Sera - Italie

Merkel s'attaque au modèle économique britannique

Le quotidien italien Corriere della Sera revient sur les propos tenus hier par la chancelière allemande Angela Merkel dans une interview accordée au journal britannique Financial Times, faisant état d'un déclin du modèle économique britannique. "Angela Merkel doit avoir de nombreuses raisons pour déclarer l'échec du modèle anglo-saxon de régulation des marchés financiers et réclamer un rôle plus important pour la zone euro. La politique intérieure et le souhait de mettre un frein au populisme de la nouvelle gauche, … le référendum en Irlande, qui doit montrer que l'Europe n'est pas la remorque des Etats-Unis. Et de manière générale la croissance économique. Le débat est virulent et en même temps prématuré, car les stratégies communes manquent. Le modèle du capitalisme autoritaire - comme en Chine ou en Russie - est une grosse tentation, car il permet manifestement d'atteindre des objectifs plus vite que dans les démocraties libérales. L'association entre liberté et économie, qui a fait autrefois fait ses preuves, semble ne plus résister à l'épreuve de la réalité. … La tentation du capitalisme autoritaire n'est pourtant valable que pour des puissances économiques en devenir, et certainement pas pour les nôtres, qui évoluent au moins dans des modèles sociaux avancés. Beaucoup de choses sont en jeu quand on dénonce le modèle anglo-saxon. Mme Merkel a peut-être été un peu trop véhémente, d'autant plus que personne ne dispose encore d'une meilleure solution." (12.06.2008)

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De Volkskrant - Pays-Bas

Le mutisme de Bruxelles face à la "drôle de démocratie" turque

La décision de justice confirmant l'interdiction du port du voile dans les universités en Turquie risque de conduire maintenant à une interdiction du parti au pouvoir, l'AKP. L'Europe doit réagir, écrit le quotidien De Volkskrant. "Bruxelles n'a malheureusement encore formulé aucune réaction claire. Quelle drôle de démocratie trouve-t-on de l'autre côté du Bosphore ? Comment pouvons-nous encore croire en une 'démocratie européenne' si ce genre d'attitude ne provoque aucune réaction immédiate ? Les choses doivent être claires : si l'AKP, élu par le peuple avec 47 pour cent des voix, est interdit par le biais de la Cour constitutionnelle, toutes les négociations devraient être immédiatement suspendues et un avertissement sévère adressé à Ankara. En l'absence de réaction, les Irlandais auront alors toutes les raisons de rejeter le nouveau traité européen. Cela signifierait en effet que toutes les belles normes et valeurs démocratiques louées par les partisans de l'Europe n'ont aucun sens." (12.06.2008)

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România Liberă - Roumanie

Une corruption "positive" en Europe de l'Est

Le quotidien Roumania Libera évoque la corruption en Europe de l'Est : "Presque tous les Etats postcommunistes ont connu une union incestueuse entre le pouvoir, l'aile économique des services secrets et les organes responsables des privatisations. Les services secrets ont participé quasiment partout aux privatisations, et quand ils n'étaient pas directement présents, ils l'étaient indirectement comme une partie de la mafia 'aux mains propres'. En Russie, les structures énergétiques sont dominées par ceux que notre chef d'Etat, Traian Basescu, nomme les 'petits rusés'. … L'oligarque russe Anatoli Tschubais a ouvertement fait l'apologie de la corruption, … en la considérant comme utile. D'après Tschubais, les fils de ceux qui s'enrichissent de manière obscène deviennent d'excellents citoyens qui fréquentent les universités. Bref, ils forment la classe des technocrates et des intellectuels fortunés, dont nous avons besoin : la classe moyenne." (12.06.2008)

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RÉFLEXIONS

The Times - Royaume-Uni

Réforme des institutions multinationales

George Robertson, l'ex-secrétaire général de l'OTAN, et Paddy Ashdown, l'ancien représentant des Nations unies en Bosnie, évoquent dans le quotidien The Times les menaces liées à la sécurité dans la société mondialisée. "Nous avons besoin d'une nouvelle époque de réorganisation des institutions multinationales et d'un niveau de collaboration plus poussé en matière de sécurité et de défense au sein de l'UE. … Une réforme du Conseil de sécurité est indispensable afin de pouvoir intégrer de nouveaux membres permanents tels que l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud. … L'ONU doit être considérée comme un garant de légitimité lors des actions internationales, et non comme un simple organisme réalisant ces actions. Au-delà de l'ONU, nous avons également besoin d'une nouvelle ére d'actions basées sur des traités. … Le traité de non-prolifération des armes, l'Agence internationale de l'énergie atomique, la Cour de justice internationale et un cadre post-Kyoto sur les changements climatiques par exemple. … En Europe, une collaboration renforcée permettrait de mieux répondre à tous les besoins en terme de sécurité." (12.06.2008)

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Les Echos - France

La volonté identitaire européenne

L'essayiste suisse Roger De Weck réfléchit dans le journal économique Les Echos à la question de l'identité européenne : "Y a-t-il une identité européenne ? Etre européen, c'est peut-être aussi se poser cette question sans réponse et... très européenne. … Qui porte son regard sur les Etats-Unis saisit d'emblée, à travers toutes les diversités, la soudure américaine. En Europe, ce sont les différences qui sautent aux yeux. Mais elles nous réunissent autant qu'elles nous séparent. … De fait, l'Europe développe au fur et à mesure une 'identité par la volonté', tout comme les Suisses issus de quatre cultures disent qu'ils sont une 'nation par volonté' de l'être. Or les Européens détestent qu'on tente de leur imposer ou recomposer une identité de manière volontariste. Ni l'UE ni les Etats membres n'y parviendraient. … Si l'Union européenne est à la hauteur de ses défis et tâches, la question identitaire se posera de moins en moins. L'identité est aussi une question de succès." (11.06.2008)

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ÉCONOMIE

Financial Times - Royaume-Uni

Réformes urgentes du marché du travail en France

Le quotidien Financial Times commente les réformes du marché du travail en France : "L'une des promesses phares faites par Nicolas Sarkozy pendant sa campagne était de récompenser ceux qui se lèvent tôt : les millions de travailleurs qui sont laissés pour compte et qui payent trop d'impôts. … La devise fort louable du président français était : travailler dur pour gagner plus. … Choqués par les appels du parti UMP de M. Sarkozy, … à la suppression de la semaine des 35 heures, les syndicats ont appelé à une manifestation massive le 17 juin prochain. C'est une bataille que M. Sarkozy ne peut pas se permettre de perdre. Il vaudrait mieux que les employeurs, les syndicats et le gouvernement puissent mener conjointement des réformes consensuelles. Mais si nécessaire, le gouvernement français devrait pouvoir agir seul. Cela fait trop longtemps que les groupements d'intérêt mettent un frein aux réformes. … La France doit … libérer les efforts créatifs de ses concitoyens et les récompenser." (12.06.2008)

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CULTURE

Dnevnik - Slovénie

Des questions vestimentaires internationales

Le quotidien Dnevnik réfléchit à l'importance de la tenue vestimentaire dans la politique internationale : "Le village de Bazargan à la frontière entre l'Iran et la Turquie est un bel endroit pour méditer à l'influence de la mode sur la culture politique du monde. Venant d'un côté et traversant la frontière, les Iraniennes revêtent un voile noir et se couvrent la tête. ... Du côté gauche de la frontière, la Cour suprême a abrogé la semaine dernière une loi qui autorisait les étudiantes à porter le voile lors des cours et des examens dans les universités nationales . … Le Premier ministre Erdogan s'est exprimé au Parlement et a prononcé un discours émouvant, pleurant presque et déclarant que le tribunal avait porté atteinte aux droits de l'homme. … Il est étrange de constater que la frontière entre la peau et un bout de tissu à Istanbul et Téhéran a bien plus d'importance que les voitures piégées et la perspective de l'UE." (12.06.2008)

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MÉDIAS

Gazeta Wyborcza - Pologne

Un journal allemand soupçonné de racisme

Pour la chroniqueuse du Washington Post, Anne Applebaum, qui vit en Pologne, la réaction du journal allemand de gauche die tageszeitung sur la victoire d'Obama aux primaires démocrates avait un caractère raciste. Le journal avait présenté sur en couverture la Maison Blanche avec en titre 'la cabane d'oncle Barack'. "Oui, les Américains votent pour un noir. Mais les habitants des autres pays accepteront-ils un président américain noir ? … Les directeurs de publication ont indiqué qu'il s'agissait d'une satyre. Ce journal a déjà pourtant publié un article sur la secrétaire d'Etat américaine [de l'époque] Condoleezza Rice sous le titre 'la Rice d'Oncle Tom' (avec un jeu de mots sur son nom). Vos journalistes ont donc parfaitement consciences des graves associations d'idée qu'évoque l'expression 'Oncle Tom'. Il est positif d'entendre des voix étrangères s'inquiéter du manque d'expérience d'Obama dans les affaires internationales. Bien que ces craintes soient justifiées, je ressens parfois un ton raciste dans les propos. … La façon dont est perçue la politique américaine dans les autres pays en a toujours beaucoup dit sur ces pays eux-mêmes. Mais jamais autant que lors des élections de cette année." (12.06.2008)

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COULEURS LOCALES

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Pas d'interdiction de fumer dans les bistrots du coin en Allemagne

Au sujet de la probable correction de la loi allemande sur l'interdiction de fumer par le tribunal constitutionnel suprême, le quotidien Süddeutsche Zeitung écrit : "Le Conseil constitutionnel … va traiter différemment le bistrot du coin et le restaurant spacieux parce qu'ils sont justement différents et poursuivent d'autres objectifs sociaux. … La question de savoir si l'Etat peut pousser aussi loin la protection sanitaire en ayant recours à la loi constitutionnelle afin de protéger les individus du danger qu'ils représentent pour eux-mêmes est … douteuse : une protection étatique rigide des individus vis-à-vis d'eux-mêmes entraîne une déresponsabilisation remplie de sollicitude. Qui va être protégé par une interdiction de fumer dans les bistrots du coin ? Certainement pas les non-fumeurs puisque, de toute façon, ils ne les fréquentent pas. Ce sont les fumeurs qui seront chassés et les patrons acculés à la faillite. Il est bien moins question de protection sanitaire que d'intolérance et de paternalisme. Pourtant la constitution n'aborde pas ce sujet. Ce jugement va susciter des débats hystériques et trouver un compromis entre la protection sanitaire et la responsabilité de chacun envers soi-même." (12.06.2008)

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Mladá fronta Dnes - République tchèque

Une querelle conjugale à cause de l'Euro

L'Euro de football a provoqué une querelle de couple dans la ville de Hradec Kralove, rapporte le quotidien tchèque Mlada fronta Dnes : "C'est lorsque son mari, fan de foot, a refusé de changer de chaîne au milieu du match opposant l'Espagne à la Russie alors qu'elle voulait regarder le programme 'le marchand de sable' que sa femme a craqué. 'Elle a insulté son mari si violemment que celui-ci n'a pas trouvé mieux que d'appeler la police en renfort pour se tirer de cette situation. Une patrouille dépêchée sur place est parvenue à calmer le jeu. La porte-parole de la police n'a pas indiqué comment cela s'est terminé. 'C'est probablement le football qui a gagné. C'est bien le plus important', a-t-elle indiqué." (12.06.2008)

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