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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 16.12.2008

 

À LA UNE

Adieu à l'Irak

Adieu à l'Irak

 

Lors de la visite d'adieu de George W. Bush en Irak, un journaliste a jeté une chaussure sur le président sortant des Etats-Unis. La presse européenne commente l'incident et dresse le bilan de l'intervention américaine entre le Tigre et l'Euphrate. » suite

Extraits des publications suivantes:
Večer - Slovénie, Pražský deník - République tchèque, Trouw - Pays-Bas, Financial Times - Royaume-Uni, La Repubblica - Italie

Večer - Slovénie

Le quotidien Večer évoque la politique de Bush en Irak et en Afghanistan : "La première fois que le président américain ... s'est rendu dans ces deux pays, il était accompagné d'un 'feu d'artifice'. Un feu d'artifice provoqué par des avions de chasse, des bombardiers et des missiles Tomahawk, et lors duquel sont morts aussi bien des talibans que des soldats de Saddam Hussein, mais surtout des civils innocents. ... Avec leur combat contre le terrorisme, le gouvernement américain a aussi entraîné [d'autres] pays dans cet enfer de la terreur... – en particulier l'Espagne et la Grande-Bretagne. Dans ces pays, les terroristes ont perpétré des attentats en 2003 et 2005. En outre, d'autres pays dans l'UE ou dans le monde sont entrés en conflit à cause de l'administration américaine. Bush laisse derrière lui un véritable champ de ruines politiques. Il abandonne à son successeur Barack Obama la plus lourde charge qu'aucun président nouvellement élu n'ait jamais eu à gérer : mettre fin à deux guerres sans reconnaître la défaite." (16.12.2008)

Pražský deník - République tchèque

"Le président américain continue aujourd'hui de défendre l'invasion et l'occupation [de l'Irak]", remarque le journal de la capitale tchèque Pražský deník. "Il est difficile de s'attendre à une autre position quand on sait que le divertissement des Américains a coûté plus de 100 milliards de dollars. Et ce n'est pas encore fini, puisque Bush a signé un traité prévoyant que les soldats américains restent trois ans supplémentaires. ... L'argent pour les bombes, les provisions et la solde des troupes n'est pas perdu. Quelqu'un a fini par présenter l'addition. Ce sont 'seulement' des vies humaines qui ont été perdues. Il n'y a pas d'excuses pour cela. Pour ces morts, Bush aurait mérité que la chaussure de l'Irakien l'atteigne. Il aurait également mérité une offense américaine. Qu'on aille jusqu'à lui cracher dessus au cours d'une interview sur CNN [chaîne d'informations américaine]. Cela ne l'aurait certainement pas autant fait rire que l'offense irakienne." (16.12.2008)

Trouw - Pays-Bas

Le quotidien Trouw compare l'attaque à la chaussure contre Bush avec l'enthousiasme des Irakiens au début de la guerre : "A cette époque-là, ils ne pouvaient pas se douter que leur pays déraperait au bord du précipice, que les promesses de reconstruction ne donneraient aucun résultat, que la violence [de la guerre] coûterait la vie à des dizaines, voire à des centaines de milliers de gens et que des millions d'Irakiens prendraient la fuite. L'Irak se disloquera, ce n'est qu'une question de temps. La guerre en Irak n'a pas rendu le monde plus sûr, comme Bush et ses alliés l'ont promis. Au contraire : elle n'a eu pour effet que d'augmenter le nombre des partisans des organisations militantes et terroristes. Voilà l'héritage que le président Bush laissera derrière lui en Irak. Le journaliste irakien ... ne peut rien faire d'autre qu'utiliser ses chaussures pour exprimer son profond mépris au nom de millions d'Irakiens. C'est un geste d'impuissants." (16.12.2008)

Financial Times - Royaume-Uni

Le quotidien Financial Times écrit : "George W. Bush s'est montré étonné après avoir dû éviter le jet de chaussures d'un journaliste en colère lors d'une conférence de presse à Bagdad. L'incident a été une offense monumentale pour un grand incompétent. Mais à l'instar de la chaussure, cela l'a complètement dépassé. M. Bush, qui a enterré la réputation de l'Amérique dans l'ensemble du monde arabe et musulman sous les ruines irakiennes, ne comprend pas, n'a jamais compris et ne comprendra jamais. Le gouvernement Bush a détruit l'Etat irakien sous un prétexte fallacieux, dispersé sa classe moyenne au Proche-Orient, provoqué la prolifération du djihadisme et engendré une guerre sectaire qui va hanter la région pendant longtemps encore. En envahissant l'Irak, il a également élevé l'Iran au rang de puissance régionale." (16.12.2008)

La Repubblica - Italie

L'attaque de chaussures sur Bush revêt une puissance symbolique, estime le quotidien progressiste de gauche La Repubblica. "L'intifada des chaussures, partie hier du bastion chiite de Sadr City, s'est étendue à de nombreuses villes irakiennes, où le journaliste jeteur de chaussures a été célébré comme un héros et où des cortèges ont promené son portrait dans les rues. Cela risque de devenir la souillure indélébile de ce que de nombreux Occidentaux et Américains considèrent comme la plus mauvaise présidence de l'histoire des Etats-Unis. ... A la raillerie médiatique s'ajoute le tort politique. Le même jour a en effet été présentée l'étude sur l'escroquerie de plusieurs milliards concernant la reconstruction de l'Irak. ... Il n'y a aucun doute sur le fait que le journaliste irakien a fourni une traduction saisissante d'un sentiment anti-américain répandu aussi bien dans le monde arabe que dans les pays en développement. Tous les sondages indiquent que la popularité des Etats-Unis a atteint son plus bas niveau. C'est l'héritage le plus lourd que Bush, qui a échappé au jet de chaussures mais pas au jugement de l'histoire, lègue à son successeur Barack Obama." (16.12.2008)

POLITIQUE

Evenimentul Zilei - Roumanie

Le Premier ministre roumain désigné se retire

Au lendemain de l'accord sur une grande coalition en Roumanie, le Premier ministre désigné, Theodor Stolojan, a renoncé lundi à son mandat à la surprise générale. Le quotidien Evenimentul Zilei écrit : "Même si les menaces de retrait des différents politiques sont depuis longtemps une mauvaise blague, ce que Stolojan a fait enfreint tout code politique et dénote un manque de bonnes manières nécessaires à ce poste. De manière totalement inattendue, l'ex-Premier ministre a décidé qu'il ne voulait plus être le chef de l'exécutif. Il est vrai que la coalition des libéraux-démocrates (PD-L) et des sociaux-démocrates (PSD) l'a fait blêmir mais personne ne l'a forcé à se sacrifier pour le pays. … Le geste de Stolojan est inexcusable. Il est même complètement infantile. C'est le geste d'un enfant gâté auquel on n'a pas donné son jouet favori. Stolojan ne peut pas maintenant se faire passer comme innocent. Il s'est moqué des gens qui avaient confiance en lui, et il a plongé l'ensemble de la classe politique dans une situation embarrassante." (16.12.2008)

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Rue89 - France

Une législation sur le droit d'asile stricte en Suisse

Le blog d'informations Rue89 critique la politique de droit d'asile de la Suisse, considérée comme la plus stricte d'Europe : "Les Suisses ont adopté les lois sur l'asile et les étrangers les plus dures d'Europe. Alors, racistes les Helvètes? Pas si simple. Au pays de la démocratie directe, c'est le peuple qui a le dernier mot. ... L'histoire est symptomatique du climat qui règne dans un pays dont la tradition humanitaire s'érode. La Suisse a durci sa législation sur l'asile et les étrangers et les ONG accusent les nouvelles dispositions de violer les droits de l'homme. Ou plutôt, il faudrait dire 'les Suisses'. Car c'est bien le peuple qui s'est exprimé par référendum, le 24 septembre 2006." (16.12.2008)

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Neue Zürcher Zeitung - Suisse

Les Suisses travaillent volontiers dans l'UE

De nombreux Suisses profitent de la liberté de circulation des personnes entre la Suisse et l'UE, et émigrent dans l'espace européen. Si le traité avec l'UE devait être rejeté suite à un non au référendum de février 2009, ce serait "une catastrophe", estime le quotidien Neue Zürcher Zeitung. "Selon les autorités, le séjour et l'activité professionnelle des Suisses dans l'UE seraient de nouveau régis par les règles nationales de chaque Etat membre, en cas de suppression des droits inscrits dans le traité. Il faut donc s'attendre à ce que ces dispositions diffèrent en partie considérablement et que la décision sur une autorisation soit souvent laissée à l'appréciation des autorités, ce qui augmenterait l'incertitude du droit." (15.12.2008)

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Corriere della Sera - Italie

L'Europe muette face à la dictature de Poutine

Le quotidien progressiste italien Corriere della Sera publie une lettre ouverte de l'ancien champion du monde d'échecs et chef de l'opposition russe Garry Kasparov, texte qui s'apparente à un acte d'accusation contre l'Europe : "Le 2 mars 2008, Dmitri Medvedev a été élu président de Russie. Il est cependant difficile de ne pas écrire 'élu' entre guillemets. En Russie, la démocratie et les élections sont deux choses bien différentes. Le lendemain, ce fut encore pire : les personnalités politiques de l'Ouest ont applaudi cette ascension au pouvoir frauduleuse. ... Nous, dans l'opposition, nous avions espéré de la part des pays libres démocratiques une critique sévère contre le retour de l'arbitraire et du despotisme en Russie. ... Mais le monde libre a laissé entendre que la démocratie est une fiction, un prétexte pour les échanges commerciaux. ... Le point culminant de l'immunité de Poutine fut la marche des troupes russes en Géorgie, déclenchée dès lors que l'Ossétie du Sud avait fourni le moindre prétexte. Poutine n'a pas eu à craindre la réaction de l'Occident. La véritable catastrophe qui lui a permis ce bain de sang remonte au 3 mars 2008, lorsque la communauté internationale gâcha la dernière chance de sonner l'alarme face à la dictature de Poutine." (16.12.2008)

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RÉFLEXIONS

Diário de Notícias - Portugal

Mário Soares sur les répercussions de la crise grecque en Europe

Dans une tribune parue dans le quotidien Diário de Notícias, l'ancien chef d'Etat portugais Mário Soares explique pourquoi la France, l'Espagne et le Portugal devraient s'inquiéter des affrontements en Grèce : "Ce ne sont pas des groupes marginaux, comme c'était le cas il y a quelques mois en France, qui s'activent en Grèce. Ce sont les enfants de la bourgeoisie, fortement touchés par la crise. La France a été le premier pays à s'inquiéter. A juste titre. Quand la crise touche la couche moyenne de la société, tout prétexte est bon pour un soulèvement. Tel était le cas en mai 1968. … L'Espagne a elle aussi largement des raisons d'être préoccupée : un taux de chômage en hausse, un malaise général qui succède à une période de croissance, et une recrudescence des tensions entre les gouvernements régionaux et Madrid. Le Portugal ne devrait pas non plus observer les problèmes de la Grèce avec indifférence. L'augmentation des inégalités sociales et le chômage croissant, qui va encore s'accentuer en 2009, l'impunité pour les banques et les blocages de la justice, notamment de la police et du parquet – tout cela mène la société à la défiance et au soulèvement. Rien de bon ne peut résulter de tout cela. … Tout va bientôt exploser. La France, l'Espagne et le Portugal ne sont pas la Grèce, c'est vrai. Chaque pays est un cas particulier. Mais l'Union européenne n'aide pas non plus à résoudre le problème." (16.12.2008)

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Népszabadság - Hongrie

Ákos Szilágyi sur les rois somptueux et les politiques thaumaturges

Dans le journal progressiste de gauche Népszabadság, le poète et essayiste Ákos Szilágyi s'interroge sur la différence entre la magnificence sacrée des rois d'antan et le charisme médiatique des politiques modernes. "Aujourd'hui la consécration des politiques – ou en d'autres termes leur extraction hors de la masse vulgaire des hommes et du monde profane – même pour un bref moment et bien sûr sans aucune spiritualité, est le fait des médias. … Il ne faut pas s'étonner dès lors que les politiciens modernes, dénués du charisme des rois sacrés d'autrefois, se précipitent dans les bras de la nouvelle Eglise - les médias -, afin de participer à la 'consécration' de l'image électronique et devenir ainsi eux-mêmes des stars, autrement dit des saints modernes. … C'est ainsi que se comporte chaque politicien qui fait grand cas de sa personne et est consacré par les médias comme un roi. … Le politique thaumaturge a dans tous les cas un gros avantage sur le roi thaumaturge d'antan. S'il n'obtient pas de résultat thérapeutique par simple imposition des mains, il lui est toujours possible d'inverser le rituel de guérison en donnant sa bénédiction au malade. Le politicien bénit ainsi l'économie et celle-ci se remet immédiatement sur pied ; il bénit les caisses de l'Etat et immédiatement un nouveau miracle se réalise ; il bénit la société et celle-ci reprend son souffle, et poursuit sa route." (16.12.2008)

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ÉCONOMIE

El Mundo - Espagne

Agir contre des prix des carburants trop élevés

En Espagne, au cours du semestre dernier, le prix du pétrole brut a baissé de 66 pour cent, celui de l'essence à la pompe de seulement 32 pour cent, constate le quotidien El Mundo qui demande au Conseil de la concurrence d'intervenir : "Les [représentants] des stations-service expliquent que les groupes pétroliers ont la main mise [sur les prix] en raison des contrats exclusifs d'approvisionnement que les stations-service sont obligées de conclure depuis des années. Cette situation restreint la marge de compétitivité des stations-service puisqu'elles n'ont pas le droit de se tourner vers d'autres fournisseurs. Dans ces conditions, une intervention de la Commission nationale de la concurrence devient urgente afin d'estimer s'il s'agit d'une pratique contraire aux règles de la concurrence." (16.12.2008)

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Die Zeit - Allemagne

L'Allemagne est isolée

L'Allemagne doit davantage participer au programme conjoncturel européen et ainsi briser son isolement dans l'UE, estime l'hebdomadaire Die Zeit. "[La chancelière allemande Angela] Merkel et le [ministre des Finances Peer] Steinbrück disent à tous ceux qui ne voulaient pas l'entendre que les dépenses extraordinaires de l'Allemagne à l'étranger ne donnent rien. Peut-être. Il n'empêche que premièrement, 'l'étranger' c'est principalement l'UE, à savoir une sorte 'd'intérieur'. Et deuxièmement, parler comme quelqu'un qui s'en sort mal n'est pas de mise pour une superpuissance économique (numéro un en Europe, numéro trois dans le monde). Personne ne profite davantage de l'Europe que le champion du monde des exportations ; c'est pourquoi les Allemands peuvent bien investir un peu plus en Europe que les pays plus petits. ... Reste un reproche: cette crise est l'heure des grands. Les deux pays à la deuxième place, l'Angleterre et la France, ont saisi cette opportunité. Le numéro un, comme pris de malaise, l'a laissée passer. Etait-ce faute de pouvoir ? Appelons plutôt cela un manquement au devoir." (11.12.2008)

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CULTURE

The Independent - Royaume-Uni

La langue allemande sous-estimée ?

Les chrétiens-démocrates allemands (CDU) souhaitent que la Constitution allemande fasse état de l'allemand comme langue nationale. "Une langue a-t-elle jamais été autant sous-estimée ?", demande ironiquement le quotidien The Independent. "Pour Charles Quint, Empereur du Saint empire romain germanique, l'allemand était tout juste bon à donner des ordres à son cheval. Mark Twain trouvait cette langue horrible. ... Mais aujourd'hui, les Allemands défendent leur langue maintes fois calomniée. Les chrétiens-démocrates espèrent ajouter un alinéa à la constitution pour confirmer que 'la langue de la République fédérale d'Allemagne est l'allemand'. Et ils ont tout à fait raison. Il n'y a qu'à songer aux joies que nous a procurées la langue de Schiller et de Goethe, non seulement aux Allemands mais à nous tous. Comment décririons-nous cette joie que nous éprouvons à nous délecter du malheur des autres sans ce mot délicieux 'Schadenfreude'? 'Realpolitik' résume parfaitement la véritable nature des relations internationales. Et comment parlerions nous du conseil relatif aux solutions juridiques applicables sans la, euh, 'Rechtshilfebelehrung' ? Oui, la merveilleuse langue allemande doit être préservée. 'Alles klar'?" (16.12.2008)

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Sme - Slovaquie

Le commissaire Derrick est mort

Horst Tappert qui a incarné pendant près d'un quart de siècle l'inspecteur de police munichois Stephan Derrick à la télévision allemande, est mort. Le quotidien libéral Sme note que Derrick était un "personnage culte pour de nombreuses générations. Il était différent de la plupart des autres détectives. Il portait des lunettes aux verres épais, de larges poches sous les yeux et de temps en temps d'étranges costumes qu'il associait toujours à son imperméable à ceinture. En dépit de son allure, il dégageait un certain charisme et est resté pour de nombreux téléspectateurs aussi immortel que d'autres super-stars de la police britanniques ou américaines du petit écran. Derrick avait sa propre image de marque, ses propres méthodes. Il n'élevait jamais la voix, il n'était jamais 'en action'. Ses armes principales étaient le téléphone et les conversations personnelles. Son 'Harry, va chercher la voiture !' est resté une réplique classique pour les Allemands. … Derrick a été diffusé dans plus de 100 pays. Ce n'est donc pas une surprise que la République fédérale lui décerne la plus haute distinction pour avoir représenté l'Allemagne dans le monde." (16.12.2008)

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