Dans une tribune parue dans le quotidien Diário de Notícias, l'ancien chef d'Etat portugais Mário Soares explique pourquoi la France, l'Espagne et le Portugal devraient s'inquiéter des affrontements en Grèce : "Ce ne sont pas des groupes marginaux, comme c'était le cas il y a quelques mois en France, qui s'activent en Grèce. Ce sont les enfants de la bourgeoisie, fortement touchés par la crise. La France a été le premier pays à s'inquiéter. A juste titre. Quand la crise touche la couche moyenne de la société, tout prétexte est bon pour un soulèvement. Tel était le cas en mai 1968. … L'Espagne a elle aussi largement des raisons d'être préoccupée : un taux de chômage en hausse, un malaise général qui succède à une période de croissance, et une recrudescence des tensions entre les gouvernements régionaux et Madrid. Le Portugal ne devrait pas non plus observer les problèmes de la Grèce avec indifférence. L'augmentation des inégalités sociales et le chômage croissant, qui va encore s'accentuer en 2009, l'impunité pour les banques et les blocages de la justice, notamment de la police et du parquet – tout cela mène la société à la défiance et au soulèvement. Rien de bon ne peut résulter de tout cela. … Tout va bientôt exploser. La France, l'Espagne et le Portugal ne sont pas la Grèce, c'est vrai. Chaque pays est un cas particulier. Mais l'Union européenne n'aide pas non plus à résoudre le problème." (16.12.2008)
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