Thomas Assheuer explique dans l'hebdomadaire Die Zeit comment nous assimilons la crise économique et écologique au quotidien avec l'aide des médias : "Cela peut paraître curieux, mais le fait de communiquer continuellement sur la crise ôte à celle-ci la violence que devrait susciter sa prise de conscience. Les mêmes médias qui dressent le tableau de cette catastrophe et qui accordent de la place à l'idée selon laquelle 'toute chose a ses limites', l'affaiblissent par la même occasion. Pourquoi ? Parce que chaque choc que la machine médiatique met en image à travers une transposition poétique, est désamorcé par sa répétition incessante. La photographie d'un pauvre courtier newyorkais qui entasse une boîte en carton dans sa Porsche après son licenciement, illustre certes le déclin de Wall Street mais elle offre également un cadre rassurant à ce qui est encore inimaginable. Les images d'un ours polaire femelle et de ses petits dérivant sur un bloc de glace, allant au devant d'une mort tragique, font un effet semblable. La monotonie séquentielle avec laquelle l'apocalypse est gravée dans les consciences collectives, endort l'effroi contre lequel elle souhaite pourtant mettre en garde. Pour dire les choses telles qu'elles sont, la vérité se meurt quand elle est répétée inlassablement dans les médias." (17.12.2008)
» informations complémentaires (lien externe, allemand)
Pour en savoir plus sur les thèmes de la revue de presse » Environnement, » Audiovisuel, » Marchés Financiers, » Allemagne, » Mondial
Tous les textes disponibles de » Thomas Assheuer