Marcus Jauer s'interroge, vingt ans à peine après la chute du mur, sur le rôle actuel des archives pour les dossiers de la sécurité d'Etat de la République démocratique allemande (RDA). "La sécurité d'Etat n'a pas collecté des biographies, elle a collecté des informations qui devaient lui permettre de se faire une idée de l'humeur du pays. Elle a consacré une énergie croissante à cette tâche et au vu de l'ampleur des dossiers qu'elle a constitués, elle apparaît en effet comme l'entreprise du peuple la plus efficace. Mais ce n'est pas pour autant que cela a beaucoup influé sur le résultat. Au final, elle n'a pas engendré de sécurité, seulement du papier. A la lumière de cette masse de papier, l'Etat tout entier apparaît aujourd'hui comme une expérience monstrueuse visant à l'obtention de données sur la façon dont les êtres se comportent dans un contexte de dictature et d'enfermement. Pour ceux pour qui ces événements appartiennent au passé, ceci constituera peut-être un jour la valeur de ces dossiers. Après que les villes aient été réhabilitées, les usines démolies et les relations déchirées, elles constituent un élément authentique de ce qui a été conservé de la RDA. Elles pourraient permettre de reconstituer facilement le pays tout entier, mais il ne s'agirait que du pays tel que les services secrets le voyaient." (06.01.2009)
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