Dans le quotidien de gauche Népszava, le psychologue social György Csepeli s'intéresse aux origines des préjugés que la société majoritaire hongroise nourrit à l'encontre de la minorité rom. "La science se penche la plupart du temps sur les préjugés haineux car ceux-ci entraînent souvent des guerres, des génocides, des pogroms, des discriminations qui empoisonnent le quotidien ainsi que des attentats et des meurtres. … Parmi les préjugés dont les groupes font l'objet, ceux qui concernent des minorités relèvent d'une catégorie particulière. La minorité se définit toujours par rapport à la majorité. L'utilisation même de ce mot suggère une insuffisance, le préfixe "min" étant apparenté sur le plan du sens aux termes "réduit", "moins" et "incomplet". Par rapport à l'appartenance à la majorité, l'appartenance à la minorité est d'emblée chargée d'un handicap. … L'image des Roms de la société majoritaire repose depuis toujours sur le corps [couleur de la peau], les vêtements, la langue, le mode de vie et le nom. Ces différences ont été associées à des traits de caractère stéréotypés. Ceux-ci se nourrissent de façons de se comporter contraires aux normes de la société majoritaire. … Le mode de vie nomade et les associations d'idées qui s'y rapportent telles que la liberté, l'absence de limites et l'indiscipline provoquent chez la majorité des non-Roms une contre-identification exacerbée." (02.02.2009)
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