Sur fond de crise financière, Benedikt Fehr estime dans le quotidien Frankfurter Allgemeine Zeitung que l'économie mondiale se trouve dans une phase de changement profond : "Après la dissipation de la crise, on ne retrouvera pas les comportements qui prévalaient auparavant, mêmes avec des circonstances favorables. En effet, au sein des pays importateurs actuels, les consommateurs largement endettés ne pourront plus dépenser autant et les banques se montreront parallèlement plus prudentes. … Il y aura toujours à l'avenir un commerce international, des pays avec des balances excédentaires et d'autres avec des balances déficitaires. Toutefois on peut s'attendre à ce que les acteurs privés manient avec plus de prudence à l'avenir 'l'hormone de croissance' de l'endettement. Il en ira de même, espérons-le, pour les banques centrales et les gouvernements. La politique ne devrait pas tenter de contrer cette allure plus lente résultant du calcul basé sur l'économie de marché, en subventionnant abondamment par exemple le commerce extérieur. Au contraire, elle devrait renforcer le pouvoir du marché en renonçant aux interventions sur le marché des devises ou en finalisant le cycle de Doha. Cela a fait disparaître les barrières commerciales et d'investissement. L'octroi de crédits et l'endettement sont des carburants indispensables à la croissance économique. Si on en consomme trop, ils se transforment en poison destructeur - c'est une des leçons de la crise." (22.04.2009)
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