Dans le quotidien progressiste de gauche El País, l'écrivain espagnol Juan Goytisolo analyse la politique étrangère française du président de l'époque, François Mitterrand, par rapport à la réunification allemande il y a 20 ans et face à la guerre en ex-Yougoslavie : "En accord avec sa vision stratégique surannée de l'histoire … , il [Mitterrand] a tenté dans la politique étrangère qu'il a menée avec John Major [le Premier ministre britannique de l'époque] comme allié, au cours des dernières années de son mandat, de raviver l'esprit de l'Entente cordiale [l'accord conclu entre le Royaume-Uni et la France relativement aux intérêts coloniaux en Afrique] de la première moitié du siècle passé. L'implosion de la Fédération yougoslave après le détachement de la Slovénie, de la Croatie et de la Bosnie - suscitée par l'ultranationalisme serbe de [Slobodan] Milošević - l'a renforcé dans sa perception anachronique de la nouvelle réalité européenne. Pour Mitterrand (et John Major), les Républiques nouvellement créées de Slovénie et de Croatie, en raison de leur passé austro-hongrois et de leur situation géographique, tomberaient inévitablement dans la sphère d'influence allemande et seule une Serbie forte - alliée de la France et de la Grande-Bretagne dans les deux Guerres mondiales … aurait pu stopper l'expansionnisme allemand redouté." (18.10.2009)
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