Navigation

 

Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 12.11.2009

 

À LA UNE

De la manière d'aborder le tournant de 1989

De la manière d'aborder le tournant de 1989

 

L'Europe a abondamment fêté les bouleversements intervenus il y a 20 ans. L'heure est désormais au bilan. Les légendes sur la chute du mur, la nostalgie aveugle et les craintes erronées sont au cœur des critiques des médias. » suite

Extraits des publications suivantes:
Corriere della Sera - Italie, Népszabadság - Hongrie, El País - Espagne

Corriere della Sera - Italie

Un nouveau mythe est né à l'occasion du 20e anniversaire de la chute du mur, estime le philosophe Bernard-Henri Lévy : celui de la-chute-du-mur-que-personne-n'avait-prévue. Cette légende veut intentionnellement déformer les faits, écrit-il dans le quotidien conservateur et libéral Corriere della Sera : "Nous sommes en train … de confondre tranquillement deux choses [en Occident] : lâcheté et cécité. … Nous sommes en train de confondre cela avec, de l'autre côté, l'apparent mutisme, le long grondement silencieux des peuples qui, sur place, avaient depuis longtemps tout compris et n'attendaient que l'ultime étincelle pour oser dire que le roi, c'est-à-dire la dictature, était nu. Cette confusion est mieux qu'une erreur, c'est une faute. C'est pire qu'une légende, c'est une désinformation. … Marre, oui, de la banalité, du cliché, ressassés jusqu'à la nausée ; et honneur à ceux qui, avec leur tête ou avec leurs pieds, ont vu venir l'écroulement et l'ont hâté." (12.11.2009)

Népszabadság - Hongrie

D'après une enquête, douze pour cent des Allemands souhaitent le retour du mur. Le quotidien progressiste de gauche Népszabadság réfléchit à cela : "Ce souhait doit être compris de manière métaphorique. Douze pour cent des Allemands ne veulent pas le retour du monstre de béton, mais 'seulement' celui de la RDA. … Cette position a déjà trouvé sa manifestation sur le plan politique avec le parti Die Linke. Aujourd'hui, celui-ci s'est imposé comme une force politique à prendre au sérieux non seulement dans les nouveaux länder, mais aussi au Parlement allemand. … Avant la chute du mur, des voix s'élevaient dans les rangs de l'opposition de l'époque en RDA et préconisaient le maintien d'une 'alternative socialiste démocratique' face à la RFA. Cela ne pouvait être que bénéfique pour l'Allemagne, estimait-on à l'époque. Die Linke se nourrit peut-être aujourd'hui également de cette idée paradoxale. A l'Ouest en tout cas, on évoque de plus en plus souvent le fait que le 'poison rouge' de l'Est s'infiltre sous la forme du parti Die Linke en Allemagne de l'Ouest." (11.11.2009)

El País - Espagne

Après la chute du mur de Berlin il y a 20 ans, de nombreux politiques européens ont vu se profiler de nouveau le danger allemand, car le pays réunifié aurait alors été en mesure d'abuser de ses nouvelles forces. Mais ils avaient tort, comme le constate Lluís Bassets dans le quotidien progressiste de gauche El País : "Pour le moment, nous n'avons pas une Europe allemande mais une Allemagne européenne telle que [le chancelier allemand de l'époque Helmut] Kohl la désirait. La réunification allemande a également amené l'unification européenne qui a avancé directement avec l'adhésion des pays qui étaient restés neutres pendant la guerre froide, dont l'Autriche. Même avant cette étape, certains, effrayés, mettaient en garde contre un nouveau rattachement ou une nouvelle annexion de l'Autriche, comme en 1938. Mais ce n'a pas été le cas, au contraire. L'Autriche est un autre partenaire de l'alliance européenne qui partage la même monnaie que l'Allemagne, mais qui mène sa propre vie politique de manière complètement indépendante de Berlin." (12.11.2009)

POLITIQUE

Financial Times Deutschland - Allemagne

Protéger les données bancaires contre les Etats-Unis

Avec l'aide de l'UE, les Etats-Unis doivent obtenir un accès étendu aux données bancaires européennes. Le quotidien économique libéral Financial Times Deutschland critique la capitulation des Européens devant la frénésie sécuritaire des autorités américaines : "Après les attentats du 11 septembre, cette fin a justifié presque tous les moyens. … Aujourd'hui ce n'est plus le cas. Jusqu'à aujourd'hui, les autorités de sécurité n'ont pas apporté de justificatif plausible établissant qu'une atteinte aussi généralisée aux droits de la protection des données puisse être raisonnablement proportionnée par rapport à l'objectif affiché. … Le plus effrayant, c'est toutefois que les Etats-Unis puissent également transmettre les informations ainsi obtenues à d'autres Etats. Quand on sait avec quels gouvernements douteux Washington coopère dans la lutte contre le terrorisme, on peut commencer à avoir peur. … On reconnaît le fait que le chèque en blanc pour des comptes transparents semble suspect aux Suédois et à la Commission elle-même, au fait qu'ils veulent faire passer cet accord au Parlement européen discrètement. C'est une marque de mépris non seulement pour les députés mais aussi pour les citoyens européens." (12.11.2009)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

Novinar - Bulgarie

Merci de faire de nouveau de la politique

Le président bulgare Georgi Parvanov a refusé de rappeler deux ambassadeurs à qui l'on reproche d'avoir autorisé des irrégularités lors des élections. Les partis d'opposition DSB (Démocrates pour une Bulgarie forte) et Ataka ont exigé par la suite un processus de destitution. Le quotidien Novinar recommande à tous les politiques de se consacrer aux sujets importants : "DSB et Ataka se sont de nouveau servis de l'épouvantail que constitue la destitution anticipée du chef de l'Etat, seule possibilité prévue par la loi, et ont ainsi laissé de côté le chômage croissant et la crise financière. … Les représentants des deux institutions les plus importantes de la Bulgarie [le Parlement et le président] devraient consacrer leur énergie et leur temps à résoudre les véritables problèmes de la population, la santé, la formation, le chômage et la situation économique, plutôt que de remplir les pages des journaux et les programmes TV d'attaques personnelles." (12.11.2009)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

De Volkskrant - Pays-Bas

La politique d'Obama au Proche-Orient dans l'impasse

On n'a pas vu de sourires lors de la visite du Premier ministre israélien Benjamin Nétanyahou cette semaine à Washington, constate le quotidien progressiste de gauche De Volkskrant. Celui-ci estime que les efforts du président américain Barack Obama pour relancer le processus de paix au Proche-Orient, ont jusqu'à présent échoué : "Il est peu probable qu'un traité de paix obtenu par la force ait une portée qui dépasse la table à dessin sur laquelle celui-ci a été conçu. Et avec la passivité diplomatique, le risque que l'instabilité continue d'être attisée au Proche-Orient est trop important. Il ne reste rien d'autre à faire que de s'occuper des coqs de combat en maniant la carotte et le bâton - de manière encore plus attractive pour la première et de façon toujours plus menaçante pour le second. Et si dans cette perspective, cela devient nécessaire, il faut recevoir officiellement un homme politique très controversé comme le ministre israélien des Affaires étrangères, [Avigdor] Lieberman. On peut alors difficilement continuer à exclure tout contact avec un mouvement repoussant mais désormais néanmoins incontournable comme le Hamas." (12.11.2009)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

Dziennik Gazeta Prawna - Pologne

Déchirure au sein du parti au gouvernement

Le quotidien Dziennik Gazeta Prawna écrit qu'après deux ans au gouvernement, la Plate-forme civique (PO) n'est toujours pas un parti efficace. Cela pourrait nuire à sa réussite jusqu'ici très importante : "La Plate-forme civique a simplement gaspillé les deux années qu'elle a occupées à la tête du pays, qu'elle attendait depuis si longtemps. Elle a gaspillé tout ce temps car elle a manqué l'occasion de se transformer en un organisme efficace sur le modèle des partis de l'Europe de l'Ouest. Elle est et reste un mouvement politique qui n'est actif qu'en période de campagne électorale. Seuls son dirigeant [le Premier ministre Donald Tusk] et sa réussite dans les sondages rassemblent la Plate-forme civique. Le diagnostic que l'on retire de la situation actuelle de la PO est aujourd'hui une suite de contradictions. D'une part, l'image de la situation au sein du parti est fatale ; ce ne sont en effet que des personnes qui se disputent et qui se détestent. ... D'autre part, la Plate-forme est un géant sur la scène politique polonaise qui a déjà remporté les futures élections présidentielles, les élections municipales et probablement aussi les élections parlementaires. C'est du moins ce que la situation laisse présager." (12.11.2009)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

Le Monde - France

L'Allemagne et la France s'éloignent

En dépit des apparences, les relations franco-allemandes se sont constamment dégradées au cours des dernières années, estime le quotidien Le Monde : "Paris et Berlin défendent des positions proches sur la régulation financière et la lutte contre le réchauffement de la planète. Cela ne dessine pas pour autant une ambition vigoureuse et partagée. La France fait un peu figure d'amoureuse éconduite dans ce couple de raison : gouvernement économique, ministre franco-allemand, politique énergétique et industrielle commune, les propositions émanent de Paris. L'Allemagne n'en veut guère, persuadée d'avoir trouvé la martingale économique, tandis que la France peine à se moderniser et apparaît peu crédible du fait de ses déficits publics. Les deux capitales donnent le sentiment d'avoir signé un pacte de non-agression, sans projet commun. ... Le volontarisme des années 1960 - jumelages et échanges linguistiques - a fait long feu." (11.11.2009)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

RÉFLEXIONS

Lidové noviny - République tchèque

Václav Havel sur l'Europe et la souveraineté

A l'occasion du 20e anniversaire de la révolution pacifique en Europe centrale et orientale, l'ex-président tchèque Václav Havel a prononcé, mercredi, devant le Parlement européen, un plaidoyer en faveur d'une plus grande intégration. Son discours, rapporté par le quotidien conservateur Lidové Noviny, aborde avant tout les craintes propres à son successeur, Václav Klaus : "A tous les niveaux de notre identité, nous avons atteint un certain degré de souveraineté. Mais nous ne pouvons disposer d'une souveraineté complète à aucun niveau. … Le débat sur Lisbonne a tourné autour de la question de savoir de quelle façon souverainetés nationale et européenne pouvaient coexister. La réponse est claire : elles devraient se compléter. Si je me sens européen, ce n'est pour autant que je ne me sens plus tchèque. Au contraire, de la même façon que je suis tchèque, je suis également européen. De manière poétique, je dirais que l'Europe est la patrie de nos patries." (12.11.2009)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

Evenimentul Zilei - Roumanie

Matei Vişniec sur le dégoût des Roumains pour la politique

La Roumanie n'a pas de dirigeants : la coalition au gouvernement s'est écroulée il y a un mois parce que les partis roumains avaient été accusés de fraudes à la veille des élections présidentielles. Les causes de la pagaille actuelle résident dans les traditions de la société roumaine, estime le metteur en scène expatrié en France Matei Vişniec dans un entretien accordé au quotidien Evenimentul Zilei : "Je fais partie d'une génération qui pensait que le communisme était le plus grand mal qui soit. Maintenant, je constate qu'une société libre peut également se développer en empruntant une autre trajectoire du mal, dans laquelle les êtres humains ne souffrent pas des mêmes maux que sous le communisme, mais souffrent malgré tout. Si je devais quantifier le poids de la contrariété que ressentent les Roumains actuellement, et le dégoût qu'ils ont ressenti pendant la période Ceauşescu, alors je serais près de penser que ce poids est le même. … Je pourrais dire que la démocratie est une partition que les peuples jouent de manière différente, selon leur culture, leur histoire et leurs coutumes locales. … Nous, les Roumains, nous effectuons un mélange de la culture romane et de la culture slave parce que nous sommes une 'île romane dans une mer slave', à laquelle s'ajoutent en outre les traditions balkaniques et orientales. Nous interprétons la partition démocratique en choisissant le kitsch le plus affreux, le plus grotesque et le plus démesuré de tous les autres interprètes." (12.11.2009)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

ÉCONOMIE

Savon Sanomat - Finlande

Les nouveaux impôts européens ne sont pas appréciés

La Commission européenne a proposé une fois encore de prélever un impôt européen. Le traité de Lisbonne le permet mais pas l'opinion générale dans les pays membres, estime le quotidien Savon Sanomat : "Pour que l'UE ait le droit souverain de prélever des impôts, une réforme financière importante est nécessaire, d'après la Commission. ... Actuellement, il est cependant pratiquement impossible d'imposer des impôts européens directs. La récession mondiale a augmenté l'endettement des Etats membres de l'Union et quand la situation s'améliorera, tous les pays auront suffisamment à faire pour rembourser leurs propres dettes. Un impôt européen provoquerait immanquablement dans ces conditions le renforcement des taux d'imposition et comment les politiques parviendraient-ils à vendre une telle réforme à leurs électeurs ? Pour toute une série d'Etats membres, soutenir l'Europe est devenu de toute façon la dernière des préoccupations." (12.11.2009)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

NRC Handelsblad - Pays-Bas

Le secteur énergétique s'internationalise

Le groupe énergétique allemand E.ON vend son réseau de distribution électrique allemand au gérant de réseau TenneT dont la totalité des capitaux est entre les mains de l'Etat néerlandais. Par cette mesure, la société publique TenneT devient le premier gérant de réseau électrique transfrontalier en Europe. Mener une politique purement nationale sur le marché énergétique est une erreur, estime le quotidien interrégional NRC Handelsblad : "Selon l'opinion des parties concernées … les acquéreurs ne pourront à l'avenir qu'en retirer des avantages puisque désormais, l'électricité allemande moins chère est disponible sur le réseau néerlandais. Mais malgré des perspectives de bénéfices inattendues et à court terme, on ne doit pas oublier qu'il est du devoir de l'UE de ne pas laisser la politique énergétique devenir trop nationale. Ce ne sera qu'associés au niveau de l'Union que les pays européens seront puissants sur le marché mondial de l'énergie. L'énergie se raréfie, il faudra donc innover beaucoup si l'on considère les problèmes climatiques et environnementaux." (12.11.2009)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

SOCIÉTÉ

Der Tagesspiegel - Allemagne

L'islam reste l'ennemi

Le meurtrier de l'Egyptienne Marwa El-Sherbini, Alex W., âgé de 28 ans, a été condamné à la réclusion à perpétuité. Le quotidien Der Tagesspiegel déplore que ce "meurtre du voile" n'ait pas entraîné de débat dans la société sur l'hostilité envers l'islam : "Les charnières essentielles de la charpente idéologique d'Alex W. sont ancrées dans de nombreux esprits des classes moyennes bobos, et de par les lois relatives au port du voile dans différents pays, les lieux communs de tels modes de pensée sont même devenus juridiquement valables. Les points de jonction entre la vision du monde grossière d'Alex W. et ce que beaucoup en Allemagne considèrent désormais comme une connaissance avérée, auraient toutefois dû … effrayer. Pour autant qu'on le sache, cela ne s'est pas produit. Il semble que dans la 21e année de la réunification de l'Allemagne, il soit difficile de renoncer à un ennemi qui permet de fraterniser à droite comme à gauche : l'islam, que l'on peut condamner à droite comme étranger culturellement parlant, et à gauche, comme l'ennemi des femmes, des homosexuels et de la liberté individuelle." (12.11.2009)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

Polska - Pologne

Les Polonais sont connus pour se disputer

A l'occasion de l'anniversaire de l'indépendance de la Pologne, le 11 novembre 1918, l'historien Jan Ciechanowski critique dans le quotidien Polska la propension de ses compatriotes à se disputer : "Oui, les plus grands ennemis des Polonais sont les Polonais eux-mêmes - principalement parce qu'ils ne savent pas utiliser leurs victoires. Lorsque nous devions résister à une puissance quelconque, nous étions toujours capables de nous unir contre cet ennemi. Mais lorsque nous parvenons à un succès, nous commençons tout de suite à nous disputer au lieu de tirer profit de ce succès. [Les dirigeants politiques polonais du début du XXe siècle Roman] Dmowski et [Józef] Piłsudski ont cependant pu s'unir, car ils avaient compris que cela servait les intérêts de la Pologne. Mais depuis le début du XXe siècle, nous nous battons les uns contre les autres - et ce de manière assez acharnée." (12.11.2009)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

MÉDIAS

Kristeligt Dagblad - Danemark

Des subventions pour les quotidiens

Une étude danoise a montré que 71 pour cent de toutes les informations publiées au Danemark provenaient au départ des quotidiens. Internet, la radio et la télévision ne font souvent que les copier. Le quotidien Kristeligt Dagblad y voit une nouvelle preuve de la nécessité de soutenir les journaux par des fonds publics : "Les nouveaux médias ont modifié la consommation médiatique des Danois. Il y a moins de personnes qui achètent des journaux et davantage qui consultent Internet. Ce sont ici les géants internationaux et américains tels que Google, Facebook et Ebay qui empochent l'argent. Ils enlèvent aux quotidiens la base traditionnelle issue des recettes publicitaires mais ne contribuent en aucune manière au contenu. … De même que les grands du monde artistique et les meilleurs écrivains, théâtres et orchestres reçoivent plus de subventions que les autres parce qu'ils apportent une contribution particulière, il est nécessaire d'aider les quotidiens. La contribution qu'ils apportent à la démocratie et à l'information de la société est tout simplement indispensable." (12.11.2009)

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

Google+ LinkedIn Digg Delicious Academia.edu

D'autre contenu