Le juge d'instruction espagnol connu au niveau international Baltasar Garzón doit comparaître devant un tribunal pour répondre aux accusations selon lesquelles il aurait intentionnellement outrepassé ses compétences dans le cadre des investigations menées sur les crimes commis sous la dictature de Franco. Carmen Magallón considère dans le quotidien de gauche Público que cette situation reflète le manque de maturité de la société espagnole : "Généralement, la paix et les droits de l'homme sont asynchrones. Le fait de parvenir à la paix, au sens de l'absence de guerre, ne va pas toujours de pair avec la justice, la connaissance des noms et des circonstances des agresseurs, la dénonciation de l'impunité et le rétablissement de la vérité pour les victimes. Ce n'est qu'avec les années qu'advient, parfois, le temps des droits de l'homme qui au sein d'une société mature sont considérés comme une condition fondamentale du vivre ensemble. Ce qui est terrible dans le procès contre Garzón, c'est que sous prétexte que des formalités juridiques n'ont pas été accomplies, c'est précisément la recherche de la vérité pour les victimes toujours dans l'expectative qui est visée, alors que cette tâche, qui devrait recueillir l'approbation de tous, demeure inachevée dans ce pays, tant d'années après. Il est erroné de conforter dans leurs droits ceux qui représentent l'idéologie des agresseurs d'autrefois." (23.04.2010)
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