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Home / Revue de presse / Archives / Revue de Presse | 19.11.2010

 

À LA UNE

L'OTAN à l'aube d'une réorientation

 

Lors du sommet de l'OTAN qui débute aujourd'hui à Lisbonne, les chefs d'Etat et de gouvernement auront deux jours pour négocier une nouvelle stratégie pour l'alliance militaire et se pencher sur le projet de bouclier antimissile avec la Russie. Une réorientation stratégique s'impose, estiment les commentateurs, pour lesquels une collaboration avec Moscou est quasi impossible.

Hospodářské noviny - République tchèque

Litige autour du bouclier antimissile

Le bouclier antimissile constituera le point de litige principal lors du sommet de l'OTAN, estime le journal économique Hospodářské noviny : "Certains membres font déjà part de leurs doutes quant à la nécessité d'investir dans le bouclier antimissile. Cela est lié à la différente évaluation des risques. Les nouveaux membres voient d'un mauvais œil l'intention … d'associer la Russie au bouclier. La France veille à ce que l'on n'associe pas au bouclier la demande de réduction des armes nucléaires stratégiques. Et la Turquie conditionne son approbation au stationnement du système sur son territoire à l'exigence de ne pas orienter celui-ci contre l'Iran, et d'en avoir le commandement. … En outre, la mise en place du système dépasse dans le temps l'horizon de la présidence d'Obama. Il n'est pas à exclure que le nouveau Congrès républicain réévalue les priorités des dépenses de défense. Comme toujours, il convient de rappeler que les Etats-Unis peuvent survivre sans l'OTAN, mais pas l'OTAN sans les Etats-Unis." (19.11.2010)

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România Liberă - Roumanie

L'influence grandissante de la Russie sur l'OTAN

La Russie a été invitée ce samedi au sommet de l'OTAN à Lisbonne et va une nouvelle fois diviser l'Alliance, estime le quotidien România Liberă : "Les pays occidentaux ont fermé les yeux sur les régressions de la société russe afin de s'assurer l'accès au gaz et aux matières premières bon marché. La démocratie, l'Etat de droit, la protection des minorités ou la libre économie de marché sont des critères qui ont disparu des relations bilatérales avec la Russie. Celles-ci sont plutôt déterminées par des principes de realpolitik. Le résultat, c'est que le fossé s'est creusé davantage entre les alliés. Cela était déjà perceptible lors du sommet de l'OTAN à Bucarest, où Angela Merkel et Nicolas Sarkozy ont fait des pieds et des mains pour défendre le statu quo, s'opposer au plan d'action MAP pour l'adhésion de l'Ukraine et de la Géorgie, et accorder ainsi une sorte de droit de veto à la Russie dans les affaires de l'OTAN. … Ce morcellement deviendra officiel demain, la Russie ayant été invitée à participer au bouclier antimissile. … Le fait que le président russe ait uniquement accepté l'invitation à Lisbonne du tandem Sarkozy-Merkel, et non celle du secrétaire général de l'OTAN, revêt également une valeur symbolique." (19.11.2010)

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Jyllands-Posten - Danemark

Une nouvelle stratégie pour de nouvelles menaces

L'OTAN doit se préparer aux nouvelles menaces du terrorisme international, aux actes de piraterie sur les réseaux informatiques de tous les Etats ou encore aux menaces présentes sur les principales routes commerciales. C'est le seul défi qui justifie l'existence de l'organisation, estime le quotidien conservateur libéral Jyllands-Posten : "Si les Etats-Unis ne s'engagent pas pleinement à une collaboration intense et ouverte avec l'Europe lors de ce sommet, et si les deux camps ne reconnaissent pas qu'il existe, en dehors de la coopération économique, d'autres valeurs communes pour lesquelles il convient de lutter, alors ce sommet de l'OTAN s'achèvera lui aussi dans la frustration et dans la simple énumération d'éventualités. La clé de l'avenir de l'OTAN réside dans la nouvelle stratégie, née du constat que les menaces ont évolué. Si tous les partenaires s'accordent sur ce point, l'OTAN conservera sa justification d'alliance garante de notre sécurité." (19.11.2010)

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El País - Espagne

Obama considère l'Europe comme un allié fidèle

A l'occasion de sa participation au sommet de l'OTAN à Lisbonne, le président américain Barack Obama s'est adressé aux Européens dans une tribune. Les Etats-Unis et l'Europe forment ensemble les alliés les plus importants, confirme-t-il dans le quotidien de centre-gauche El País : "L'OTAN, en tant qu'alliance des nations démocratiques, garantit notre sécurité collective et contribue à renforcer les jeunes démocraties. L'Europe et les États-Unis travaillent main dans la main afin d'empêcher la prolifération des armes nucléaires, d'encourager la paix au Proche-Orient et de faire face au changement climatique. … En d'autres termes, l'Europe est pour les Etats-Unis l'allié le plus proche, et inversement. Aucun des deux pays ne peut relever les défis de notre époque sans compter sur l'autre. Par conséquent, un sommet tel que celui-ci offre l'opportunité de renforcer notre collaboration et permet de garantir que l'OTAN - l'alliance la plus réussie dans l'histoire de l'humanité - continuera de jouer un rôle important, comme elle l'a fait au cours du siècle dernier." (19.11.2010)

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POLITIQUE

Süddeutsche Zeitung - Allemagne

Un tribunal civil américain sauve l'honneur de l'Etat de droit

Un tribunal correctionnel civil américain a condamné jeudi l'ancien détenu de Guantánamo Ahmed Ghailani pour de destruction de biens, sans retenir l'accusation d'homicide. Il est considéré comme l'un des complices d'Al-Quaïda dans les attentats commis en 1998 contre les ambassades américaines au Kenya et en Tanzanie, au cours desquels 224 personnes avaient perdu la vie. Cela ulcère les conservateurs américains. A tort, écrit le quotidien de centre-gauche Süddeutsche Zeitung : "C'est seulement sous la torture que les enquêteurs avaient réussi à soutirer de cet homme les preuves les plus accablantes de sa culpabilité. Le tribunal a décidé à juste titre de récuser des indices et des témoins aussi douteux. … Les juristes conservateurs ne font que dénoncer un affront, mais en vérité, les critiques trop bavards sont eux-mêmes une honte. C'est le cas des politiques de droite qui concluent de ce procès modèle qu'il faudrait maintenir éternellement en place le camp de la honte de Guantanamo, et ne plus jamais faire comparaître un individu soupçonné de terrorisme devant un tribunal civil. Cela nuit aux principes établis et à la réputation d'Etat de droit de l'Amérique. C'est justement cet honneur national que le tribunal de New York … a rétabli." (18.11.2010)

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Le Quotidien - Luxembourg

L'UE ne peut apaiser les marchés

L'Irlande vient de se déclarer prête à demander des aides financières dans le cadre du fonds de sauvetage de la zone euro. Le journal Le Quotidien s'interroge sur la capacité de l'UE à garantir la stabilité en Europe : "Il y a quelques mois encore, lorsque la Grèce s'enfonçait dans une grave crise économique menaçant de faire basculer toute la Zone euro, les Européens rechignaient à accepter la main tendue et l'argent du Fonds monétaire international (FMI) dans la résolution de la crise. Redoutant d'abord de perdre aux yeux du monde une certaine souveraineté quant à leur capacité à régler des problèmes sur leur propre territoire, ils ont finalement accepté. Aujourd'hui alors que l'Irlande frôle à son tour la faillite, c'est avec le FMI lui-même qu'une délégation européenne s'est rendue à Dublin. ... Alors l'Europe est-elle incapable d'agir pour assurer sa propre stabilité? Certainement pas, en revanche, elle semble aujourd'hui incapable de rassurer les marchés sur lesquels les banques irlandaises n'ont plus droit de citer." (18.11.2010)

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The Guardian - Royaume-Uni

Le blocage du traité Start nuit à Obama

Aux Etats-Unis, le parti républicain veut s'opposer au traité Start sur le désarmement nucléaire. La réputation du président américain Barack Obama est en jeu, estime le quotidien de centre-gauche The Guardian : "Il est temps de mettre un terme aux concessions et de tacler les républicains qui ont la fâcheuse habitude de se cacher derrière le drapeau national et de qualifier leur position de patriotique. Hier, Obama a déclaré que la ratification du traité Start n'était plus un thème de politique de parti mais une question d'intérêt national. Les Etats-Unis risqueraient d'être fragilisés sans ce traité. Et il n'a pas exagéré. Si le président américain n'a pas la possibilité d'honorer les accords passés avec les dirigeants étrangers, et pas seulement avec la Russie, il risque de passer pour une simple décoration sur la scène internationale. Et ceci ne profiterait à personne, encore moins à l'Europe." (19.11.2010)

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RÉFLEXIONS

Mozgo Vilag - Hongrie

László Végel déplore l'absence de travail de mémoire en Serbie

Il y a un peu plus de dix ans, en octobre 2000, Slobodan Milošević, président de Serbie puis président de la République fédérale yougoslave, était renversé après plusieurs semaines de grandes manifestations. Un nouveau système n'a toutefois pas remplacé l'ancien, estime l'écrivain serbe d'origine hongroise László Végel, dans la revue mensuelle de centre-gauche dédiée aux questions sociales et culturelles, Mozgó Világ : "Le travail de mémoire n'ayant connu que des avancées timides en Serbie, il reste peu tangible. C'est l'impasse ! Le niveau de vie a légèrement augmenté et il n'y a plus de règlements de comptes politiques. Mais est-ce ce pour quoi des centaines de milliers de personnes ont manifesté il y a dix ans ? … Seuls les nouveaux riches en ont profité. Ceux qui occupent le devant de la scène en Serbie sont ceux que le capitalisme a enrichis à l'époque de Milošević. De leur côté, les politiques sont impuissants, l'Etat est faible. … Si l'ancien système a été renversé, on attend toujours qu'un nouveau le remplace. Les grands espoirs ont cédé le pas à des mesures limitées et incertaines, émaillées de pauses persistantes et désagréables. La Serbie vit dans une période de transition durable." (19.11.2010)

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De Standaard - Belgique

Hendrik Vos sur la première année réussie de Van Rompuy

La première année d'Herman Van Rompuy en tant que président permanent du Conseil européen est une réussite, estime Hendrik Vos, professeur de politique européenne, dans le quotidien De Standaard. Seul bémol selon lui, il n'a pas vraiment donné de visage à l'Europe : "A l'instar du drapeau et de l'hymne, la présidence contribue également à une forme de reconnaissance, notamment pour le peuple. Et à ce niveau, les choses ne sont pas encore vraiment au point. … Jeter des ponts vers un large public ne signifie pas forcément la perte d'une solide réputation. L'Union européenne, surtout perçue aujourd'hui comme un projet anonyme mené par des bureaucrates et des lobbyistes douteux, souffre d'un énorme problème d'image. Un président charismatique peut susciter l'intérêt sur le mode de fonctionnement de l'Union. Van Rompuy doit encore trouver le moyen d'atteindre l'Européen moyen. … Dans une période difficile, il a fait ce qu'on attendait de lui, même s'il a dû constamment improviser. Il n'a toutefois commis aucune erreur grossière et il est apprécié par les observateurs de l'Europe." (19.11.2010)

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ÉCONOMIE

Postimees - Estonie

Restreindre la vente d'alcool met en péril le petit commerce

Le débat est ouvert en Estonie pour trouver les mesures appropriées permettant de lutter contre la consommation d'alcool croissante. Il s'est avéré peu productif jusqu'à présent, critique le quotidien Postimees : "On a proposé de fermer les points de vente d'alcool, puis d'interdire les campagnes publicitaires sur l'alcool. D'autres propositions ont été faites, prévoyant la délivrance de licences spécifiques pour la vente d'alcool ou la commercialisation de boissons à faible teneur en alcool. C'est bien sûr une bonne chose de prendre des mesures actives pour lutter contre l'abus d'alcool, car l'Estonie a effectivement un gros problème à ce niveau par rapport aux autres pays. Mais en même temps, on oublie souvent que de telles campagnes peuvent avoir des effets négatifs. Par exemple, la vente d'alcool dans les petits commerces sera restreinte, ce qui signifie la faillite pour certains magasins du pays, et l'impossibilité pour les habitants d'acheter du pain ou du lait. Des restrictions trop strictes peuvent, en outre, entraîner une augmentation du marché noir." (19.11.2010)

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CULTURE

NRC Handelsblad - Pays-Bas

Les coupes dans le budget culturel nuisent aux Pays-Bas

Aux Pays-Bas, des manifestations sont annoncées pour le week-end prochain en réaction aux coupes drastiques dans le domaine de la culture. Le gouvernement veut réduire le budget de 20 pour cent. Sur fond d'autres mesures d'austérité, on redoute une diminution de moitié des moyens culturels. Cela aura des conséquences négatives pour les villes, met en garde Gerard Marlet, directeur de l'institut de recherches Atlas, dans le quotidien NRC Handelsblad : "La culture n'est-elle qu'une passion réservée à l'élite ? Lui supprime-t-on un hobby ? Non. … Les villes dotées d'une offre culturelle importante offrent également plus de travail. Un bon nombre de ces emplois se trouvent dans des secteurs porteurs, comme l'hôtellerie, la restauration et le petit commerce. Ce sont justement des personnes disposant de qualifications inférieures qui en profitent. … Le risque, c'est de porter avec cette rigueur un coup au cœur des villes néerlandaises. A long terme, la peine infligée à notre pays risque d'être plus conséquente que les économies réalisées dans le secteur culturel." (19.11.2010)

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SOCIÉTÉ

La Repubblica - Italie

Les déclarations de Saviano font peur aux politiques

Une polémique a éclaté entre le ministre italien de l'Intérieur, Roberto Maroni et l'écrivain Roberto Saviano. Lors de son talk-show politique Vieni via con me (Viens avec moi), Saviano a évoqué une relation étroite entre la 'Ndrangheta', la mafia calabraise, et la Ligue du Nord, parti populiste de droite auquel est affilié Maroni. Le quotidien de centre-gauche La Repubblica revient sur l'émission : "Les déclarations de Saviano ont un poids politique, précisément parce qu'il ne fait pas de politique et qu'il refuse d'en faire. … C'est donc un discours dénué d'arrière-pensées, car centré sur sa propre essence. C'est la raison pour laquelle il est perçu comme authentique par des millions de téléspectateurs. Et cela fait peur au pouvoir dominant, frappé d'aphasie dans ses déclarations, car celles-ci ne fonctionnent plus ou sonnent faux. Ce qui fait peur, c'est l'idée que ces neuf millions de téléspectateurs pour Saviano ressentent un besoin de sens, et ce non seulement à la télévision, mais aussi dans un langage neuf. Un besoin de changer de programme à la télé, mais aussi de transformer le pays." (19.11.2010)

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Standart - Bulgarie

Les Bulgares ignorent la valeur de leur patrimoine culturel

Des habitants de l'ancienne cité portuaire bulgare Nessebar ont signé une pétition pour que leur ville soit retirée de la liste du patrimoine mondial de l'Unesco. Le motif invoqué : la démolition par le service de surveillance des travaux publics de bâtiments et de magasins non-autorisés qui leur rapportaient d'importantes recettes touristiques. Le quotidien Standart s'étonne de la bêtise et de la cupidité des habitants de Nessebar : "Il y a des gens qui, pour une petite mansarde, un étage supplémentaire et des revenus locatifs, sont prêts à cracher sur l'histoire, l'État et la culture. Ils ne se compliquent pas la vie : si l'Unesco menace notre écurie, il suffit alors de supprimer l'Unesco pour conserver l'écurie. Il y a vraiment de quoi fuir. Car ici, ce n'est pas le pauvre citoyen qui se récrie, mais la vieille logeuse qui encaisse chaque été l'argent facile des touristes stupides. Il ne lui vient pas à l'esprit que leur chambre d'hôte n'aurait aucune valeur sans les églises antiques de la vieille ville." (17.11.2010)

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To Vima Online - Grèce

Athènes doit enfin avoir une mosquée

Athènes est l'unique capitale européenne dans laquelle il n'existe aucune mosquée officielle. C'est la raison pour laquelle des milliers de musulmans de la ville ont célébré mardi en plein air la fête islamique de l'Aïd El-Kébir. Le quotidien de centre-gauche To Vima critique le débat relatif à la construction d'une mosquée, qui dure depuis près de quarante ans, et l'attitude hypocrite de l'Etat : "Il existe une grande hypocrisie concernant la mosquée d'Athènes. Les seuls à avoir une position claire sont les opposants au projet. … Le débat dure depuis le début des années 1970. Pendant cette période, il y a eu de nombreuses entraves … de la part de l'Etat et de l'Eglise. Et si la construction d'une mosquée dans les années 1970 avait été un geste de politesse de la junte militaire envers les gouvernements des pays arabes, il s'agit aujourd'hui d'une nécessité sociale. … Il faut rappeler qu'il existe des mosquées dans toutes les autres capitales occidentales et qu'il y a des églises chrétiennes dans de nombreuses capitales musulmanes." (18.11.2010)

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